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Le prince, la princesse et le crapaud (petit conte moral à l’usage des demoiselles)

Un jour, un monsieur crapaud, bien mis de sa personne et qui pouvait se prévaloir d’un certain succès auprès de mesdames les crapaudes, croisa le chemin d’une princesse.

C’était une princesse toute simple, une petite princesse qui n’était guère prise en considération au château. Elle préférait alors la compagnie des porcs, oies et canards à celle, hypocrite, des courtisans de la Cour.

Quant à ses sœurs, elles passaient leur temps à se préoccuper de leurs robes, de leurs bals et de leurs prétendants, toutes choses qui ennuyaient à mourir notre petite princesse.

Non pas qu’un prétendant lui aurait tant déplu. Non ! Bien sûr ! Comme toute jeune fille, elle avait envie de se sentir aimée et de partager des moments doux, graves et tendres avec un prince… Mais, ceux qui passaient leur temps dans les boudoirs-si-bien-nommés de ses sœurs étaient vraiment assommants avec leurs prétentions, leurs conversations vides de sens et leurs manières mielleuses. Ils l’ennuyaient. Au bout de trois minutes de conversation sur les mérites comparés de leurs voitures ou des perspectives de leurs brillantes carrières, elle ne pouvait s’empêcher de regarder par la fenêtre et d’avoir envie de s’échapper.

-         Princesse, qu’en pensez-vous ?

-         Hein ? de quoi ?

-         Et bien, des 4X4 en ville…

-         Euh, et bien…..

-         Gontran disait que….

-          

C’était plus fort qu’elle, elle déconnectait.

Il y avait un oiseau qui chantait dehors. Les roses devaient maintenant s’épanouir. Il faudrait qu’elle aille voir si les œufs de la canne étaient éclos…

 

-         …. et c’est quand même plus pratique pour se garer… un petit coup derrière et devant… et voilà… hahaha !

-         Quels sous-entendu, mon cher, hahaha !

Elle les regardait s’esclaffer, faisant mine de camoufler leurs rires gras derrière un bon mot. Grotesques. Elle finissait par se lever et partait marcher dehors.

Au moins le souffle du vent était moins con.

 

C’est par une de ces promenades qui l’avait emmenée jusqu’au bout du parc qu’elle rencontra le crapaud. Tout d’abord, elle ne lui prêta pas beaucoup d’attention. Elle lisait sur un banc et il s’arrêta devant elle. Elle lui jeta un vague coup d’œil et replongea bien vite dans ses pages, se demandait pourquoi il se permettait de la dévisager ainsi, planté devant elle, immobile.

Un peu plus tard, il vint s’assoir auprès d’elle. Et il lui confia, l’air complice, qu’il vivait seul, qu’il était libre et qu’il la trouvait belle. Il lui parla longtemps. Lui expliquant sa vie, s’intéressant à la sienne, lui brossant un tableau de tous les possibles.

Il serait heureux de l’aider, ne demandant rien pour lui-même. Il réaliserait ses rêves, même les plus fous, même les plus secrets, ceux qui dormaient dans son cœur et qu’elle n’osait même pas s’avouer à elle-même. Il serait son pygmalion, son associé, son complice et peut être, éventuellement, mais ce n’était pas très important… son amant.

 

Elle devint effectivement sa maîtresse.

Elle le laissa se glisser dans les plis de ses draps et les recoins de son cœur. Elle prit à son compte sa vie et ses intérêts, souffrant pour lui s’il souffrait, le soutenant, l’aidant, le distrayant. Elle adapta sa vie à la sienne, cherchant des solutions, sacrifiant ses propres besoins pour les siens, se mettant parfois en danger pour le suivre.

Elle l’aima. Elle se donna.

Lui ne resta que crapaud.

Chef d’entreprise pressé qui l’avait négociée comme un contrat et qui en espérait un certain nombre de dividendes. Sans trip investir. Même au lit, c’était pitoyable.

Peinant et suant à satisfaire son jeune corps de princesse, il trouvait sans cesse de nouvelles raisons pour s’excuser lui-même de son infortune. C’est que la grande période de gloire était passée pour lui. Il fut un temps, se vantait-il, où il pouvait satisfaire plusieurs crapaudes dans la même nuit… Mais il avait pris de l’âge et, et….

Mais le pire fut la découverte d’une madame crapaude bien en place et ne désirant d’aucune façon la céder, sa place.

 

Monsieur crapaud changea alors de registre. Devenu raide et digne dans sa moralité retrouvée, il expliqua à la princesse que « Voilà, c’est fort regrettable, mais il avait à faire un choix. Et pour des raisons qui ne dépendaient pas de lui, il se devait de ne plus la voir. » Bref, elle lui avait fait passer un bon moment. Mais il fallait sonner la fin de la récré, reprendre les choses sérieuses. Elle ne faisait plus partie du film. Salut.

Et interdiction d’y trouver quoi que ce soit à redire, ce serait parfaitement injuste pour lui qui n’en pouvait mais… Ce serait inconvenant et indigne.

Congédiée comme une domestique sans même avoir eu ses gages.

Il l’avait simplement utilisée, puis, sacrifiée sans un remords, sans un regard.

Mesdemoiselles les princesses, cessez de croire au prince charmant (ben, oui, le voilà le prince du titre… on se demandait où il était passé celui-là !) lorsque vous croisez un crapaud sur votre chemin. Et surtout méfiez vous des belles paroles, ne tenez que les actes d’engagement pour preuve d’amour.

 


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