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Sexe et humanité: l’art du jouir relationnel

Ils se regardent l’un l’autre.

Leurs corps nus s’attirent et s’effleurent. Ils se respirent avec délices. Il la prend dans ses bras et elle niche son visage au creux de son cou. Un frisson de plaisir la traverse lorsqu’elle sent son odeur. Une odeur subtile qui signe celui qu’il est et le rend unique pour elle. Il est lui aussi ému par la caresse subtile de ses cheveux sur sa peau et par le charme indéfinissable qui s’échappe d’elle. Ils rient, se découvrent, se parlent doucement. Questions pour apprendre l’autre,  paroles douces de tendresse et d’admiration, d’attention l’un à l’autre…

Peu à peu les caresses se font plus affirmées, les mains naviguent sur leurs corps nus, s’attardent sur un endroit qui leur plait ou qui plait à l’autre. Ils expriment ce qu’ils ressentent pour se guider mutuellement. Ils sont embarqués dans un navire vers Cythère et s’organisent comme un équipage aguerri pour arriver au port.

Les sexes se sont gonflés de désir. Ils finissent par se rencontrer et s’accueillent l’un l’autre. La danse commence, délicieuse, entrecoupée de baisers, de regards et de mots d’amour, de reconnaissance et de respect. Les sexes emmêlés, ils plongent aussi leurs yeux dans les yeux de l’autre et découvrent leurs âmes et leur âme commune qui danse.

Le plaisir est profond, scandé comme une musique, la jouissance vient à eux.

Elle commence par le clitoris, se propage dans le vagin et dans le pénis, elle remonte dans l’utérus, le ventre, le coeur, les seins, les lèvres et jusques au sommet du crâne de la femme pour redescendre comme une marée puissante et douce jusqu’à la pointe des pieds. En même temps, elle part du pénis, des bourses, pour irradier le corps de l’homme d’énergie bienfaisante. C’est comme un grand cercle divin. La jouissance les enveloppe ensemble dans une unité sans limites, elle même unie à tellement plus grand qu’eux mêmes. Expérience étrange que cette spiritualité issue du sexe, dans notre monde matérialiste et rationnel.

La jouissance circule, fait des pirouette, les remplit, les comble, les rend libres et sereins… et peu à peu s’apaise dans un immense bien être qui les laisse l’un près de l’autre, respirant tranquillement le bonheur d’être, présents l’un à l’autre, en souriant…

C’est chouette, hein ?

C’est ça jouir pour un humain (un peu différent des bonobos ou gorilles, non ?)

Ca n’arrive malheureusement pas tout les jours car il faut pour cela oser aimer et croire en soi et en l’autre. Or la plupart des être humains ont peur de la vraie rencontre et se contentent de relations sexuelles Samsuffit, où chacun se sert de l’autre pour quelques spasmes masturbatoires de détente.

Je l’ai parfois vécu, ça. (Donc je peux vous dire que c’est vrai)

Et très honnêtement, j’espère le revivre.

Cela dit, il ne fait pas en faire une obligation et renoncer à l’autre manière de faire l’amour… Le jouir jubilatoire ne se décide pas plus que le bonheur. Il est le résultat d’une rencontre et l’expression de moments magiques… Et surtout pas une performance obligée sous peine d’échec! Surtout pas. Il est des moments où le samsuffit est très bien, et où on n’a pas besoin de plus…

On ne mangerai pas tous les jours à la Tour d’argent ! Parfois un bon pot au feu maison est un vrai plaisir… Ben, c’est pareil. Le pied, c’est d’être libre de choisir ce qui convient à tous les deux au bon moment. Le petit coup de détente, le câlin sans prétention, ou le grand jeu… Selon ses envies et celles de son partenaire… en toute liberté et bien être…

En ce moment, là, comme je ne suis pas en couple, et donc, ben,  j’en suis à sublimer mon désir en écrivant ce blog… bon… voilà.

L’abstinence a aussi l’avantage de nous pousser à créer une oeuvre… rires !

Kenavo !

Jouissance jubilatoire…

Deux jouissances pour le prix d’une ou l’histoire de l’oubli de la jubilation dans les sociétés humaines…

Ceci est malheureusement arrivé lors de la « réduction » de la femme à un objet. Or, il ne peut y avoir relation avec un objet, que possession et utilisation.

Il y a donc, à mon sens (et selon mon expérience, qui n’engage que moi) deux sortes de jouissance dans la vie humaine.

La première est la jouissance physiologique.

Celle qui nous rattache à nos cousins animaux et qui n’est là que pour favoriser la reproduction. En gros, nous en donner envie (c’est plutôt agréable en général) et faire remonter les spermatozoïdes vers les trompes, à la rencontre de l’ovule. Pour celle-là, on se débrouille assez bien tout seul. Elle dérive globalement de la masturbation, et ne concerne que le corps. Suite de spasmes agréables, elle fait un peu perdre la tête mais se concentre vraiment sur les organes génitaux et on en sort secoué et épuisé… ouf !

Et l’autre…

Et puis celle, proprement humaine, qui, comme toutes les choses spécifiques à l’homme (le langage, l’écriture, les rapports sociaux…), demande un apprentissage et une transmission. Elle est issue de la relation proprement humaine et concerne à la fois le corps et l’âme. Énergétique, elle est aussi plus profonde, moins secouante et plus vibrante et elle est aussi bien plus durable. On en sort plein d’énergie et pas fatigué du tout…

La plupart des hommes ne cherchent pas plus loin que la première. Épatés par leurs premières expériences en solitaire sous les draps de leur adolescence, ils se contentent de vivre celle-là, sans se douter qu’une autre jouissance existe. Ce sont les « S’amsuffit  du sexe» qui se masturbent simplement sur les corps des femmes, juste à le recherche de leur propre plaisir et qui sont sans doute responsables des vers de Brassens, « 99 femmes sur 100 s’emmerdent en baisant… » Ils sont persuadés que la jouissance des femmes dépend de leur engin (le plus gros possible) et les plus avisés s‘intéressent un peu également aux préliminaires clitoridien. Techniciens avisés, ils sont performants, compétitifs (genre la mienne est plus grosse que celle du copain, ou bien, elle bande plus longtemps, et variantes kamasoutresques…) et oublient allègrement la relation humaine qui doit s’ajouter à l’acte.

J’en ai connu un qui a transformé une rencontre amoureuse en séance de gym dans laquelle je faisais plus office de matériel de sport que de personne. Une grande affiche des positions du Kama Sutra était affichée dans sa chambre et il a consciencieusement suivi toutes les positions dans un trip solitaire… Pas emballant…

D’autres sont très appliqués. Il font bien « tout comme il faut ». Ils se sont renseignés sur des magazines féminins feuilletés en douce dans la salle d’attente de l’ophtalmo ou du médecin, ou sur internet. Ils connaissent la stimulation clitoridienne et s’appliquent à faire « jouir » leur partenaire comme des bons élèves avant de se laisser aller à leur éjaculation, les yeux fermés pour bien se concentrer… Mais, là encore, c’est une vision tronquée, limités aux spasmes des organes génitaux qui est la règle. Les bonobos, les gorilles ou les canards font de même.

A leur décharge (si je puis me permettre), ce n’est pas forcément fait exprès. Ils ont « appris » le sexe à partir des films pornos et des vantardises adolescentes et personne ne leur a expliqué à faire l’amour. Seulement à baiser. Et c’est dommage, parce qu’ils loupent le meilleur !

Faire l’amour implique la totalité des deux personnes, plus quelque chose en plus qui circule entre eux. Le corps en entier, les émotions, l’intelligence et l’amour qui se déverse de l’un vers l’autre. La jouissance humaine d’une femme peut partir d’une jouissance physiologique pour irradier, dans la relation, jusque dans son ventre, son cœur, sa peau, des pieds à ses cheveux, partout et s’unir à la grande vague correspondante dans le corps de son amant. Ils tanguent alors et vibrent ensemble dans quelque chose qui les dépasse et dansent en jubilatoire.

C’est bien mieux qu’un truc de pénis et de clitoris… frotti frotta, mmm, pschitt et puis voilà !

Enfin moi, je trouve…

Sauf que pour cela il faut prendre le risque d’aller sincèrement à la rencontre de l’autre et oser aimer…

Sexe masturbatoire et sexe jubilatoire

Deux jouissances pour le prix d’une ou l’histoire de l’oubli de la jubilation dans les sociétés humaines…

Consécutivement à la « réduction » de la femme à un objet.

Il ne peut y avoir relation avec un objet, que possession et utilisation.

A finir


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