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Attention, une discrimination peut en cacher une autre !

Les femmes de pouvoir posent un vrai défi. En effet, elles contreviennent aux stéréotypes les plus communément admis des femmes discriminées et renvoyées aux fonctions subalternes, si ce n’est pas simplement à leurs fourneaux et bébés. En même temps, ayant traversé le fameux plafond de verre, les femmes de pouvoir devraient sereinement profiter de leur position chèrement acquise et même permettre aux autres femmes d’accéder également à des fonctions valorisantes.

Or, il n’en est rien. L’idée très répandue dans la littérature scientifique féministe qu’une société régie par les femmes serait bienveillante obéit également à un stéréotype : celui de la femme douce, bienveillante et dévouée.

Or, il apparaît qu’être une femme de pouvoir, ce n’est certainement pas mener une vie sereine et la discrimination continue  à être active, mais d’une autre manière. Parfois, souvent même ce sont les femmes elles mêmes qui discriminent d’autres femmes.

Les femmes ont le choix : soit reprendre les stéréotypes masculins les plus machos et se comporter comme un homme, soit se retrouver à devoir prouver en permanence leur valeur en en faisant toujours plus, en ne s’autorisant aucune erreur ou faiblesse (la perfection est leur seul objectif), tellement dévouées à leur travail qu’elles doivent renoncer à une vie privée « normale » et en particulier à vivre pleinement leur maternité.

Face à un tel « choix » imposé par une société phallo-centrée, les femmes qui réussissent sont celles qui, d’une manière ou d’une autre, obéissent à l’image du pouvoir comme une fonction agressive et violente. Elles en « imposent » tout autant que les autres. Parfois mêmes elles en imposent plus car elles doivent prouver leurs capacités au commandement, parce qu’elles sont femmes, là où un homme n’aurait rien à prouver. Elles doivent également renoncer à être aimées et à avoir des enfants (ou du moins à les élever). Les premières femmes à occuper des postes importants (professeurs, médecins…) étaient célibataires sans enfants (1920-1930) et légèrement suspectes.

 

En fait, lorsqu’on va rechercher l’origine de la construction sociale des stéréotypes de genre qui sous-tendent les discriminations des femmes, on tombe sur l’idée d’une « nature » féminine au rôle social bien définis.

La femme est épouse et mère. C’est à dire belle (pour être choisie par un mari), physiquement fragile (pour ne pas pouvoir se révolter) et donc dépendante de la force physique des hommes, serviable et douce pour soigner et prendre soin de sa famille, intuitive (car plus proche de la nature qu’elle subit tous les mois ou qu’elle porte pendant 9 mois), relationnelle (elle parle, elle n’agit pas), et n’aime pas la violence (elle a moins de testostérone qui rend agressif) et… un peu moins intelligentes. Ainsi, la femme reste fatalement dominée, ne pouvant opposer qu’un discours de conciliation et de pacification à la violence des hommes.

Or, l’histoire et les mythes (qui retranscrivent les fantasmes sociaux) nous montre des femmes très différentes. Des femmes violentes (Médée), puissantes (Catherine de Russie, Élisabeth Ière d’Angleterre), indépendantes et libres (Artemisia Gentileschi), solides et combatives (Jeanne d’Arc), cassantes et autoritaires (Mme Thatcher)…

Dans les pays mêmes où les femmes sont les plus opprimées par la culture, on trouve des maîtresses femmes que les hommes respectent et dont ils ont peur (la Mama italienne, la Mère juive (madame Proust ou la mère de S. Freud), la mère d’un fils dans la culture arabe, la reine-mère en Occident). Ces femmes ont acquis un pouvoir qui leur permet d’imposer leurs décisions bien mieux qu’un homme, comme de choisir elles mêmes l’épouse de leur fils (Haifaa Al-Mansour, film Wadja, 2012).

Car le pouvoir appelle toujours un contre-pouvoir (Bourdieu, 1985). Il n’y a pas de domination naturelle dans le monde des être humains. La spécificité des êtres humains est d’être uniques et non réductible à un comportement d’espèce et de genre. La liberté du choix d’agir, de penser et de s’exprimer est ce qui différencie radicalement les animaux des hommes. La nature humaine est d’entraide, non de domination. Fragile, avec comme arme de défense que son cerveau, l’être humain doit pouvoir compter sur ses semblables pour survivre. Et le plus fragile, le plus petit ou le plus handicapé peut être aussi le plus intelligent. Lorsque les ressources ne manquent pas, cette collaboration peut se mettre en place et la société s’organisera autour de l’échange, du partage et du vivre ensemble. La domination masculine ne date que du néolithique. Il semblerait que les âges de la Grande Chasse du paléolithique aient vu se développer pendant presque 20 000 ans, une société humaine bien plus égalitaire et collaborative (Falabrègues, 2013).

Dans un contexte de pénurie, que ce soit en ressources ou en partenaire, la compétition se met en place et la société, en organisant les rapports entre les être humains va imposer des hiérarchies et des rôles sociaux et de genre. Mais on voit bien, en observant la diversité des cultures que ces rôles n’ont rien de « naturels ». Ils ne sont pas inhérents à la nature humaine mais construits pour répondre à un objectif social déterminé : être plus fort pour s’attribuer la plus grosse part de ressources.

Il en est de même pour les hommes et les femmes. Parfois ce sont les hommes qui dominent, parfois ce sont les femmes. L’existence même de sociétés matriarcales prouve que la domination masculine n’a rien de « naturel ». C’est un choix social.

La domination est toujours une construction sociale imposée par les circonstances qui ont obligé les catégories dominées à accepter le pouvoir des dominants contre sa protection ou un autre avantage. Pour autant, les dominés vont développer un contre-pouvoir occulte, masqué et chercher à renverser la domination qui leur est imposée.

Dans les sociétés patriarcales des premiers villages, les femmes vont ainsi, et au fil des siècles, développer des contre-pouvoirs : la séduction de la jeune fille, la puissance de la mère castratrice, et peu à peu, vont exclure les hommes de la parentalité comme incompétents avec les enfants. La « mâle peur » devant la sexualité féminine (interdite pour rassurer les hommes), les sorcières des contes populaires, les blagues sur les belles mères autoritaires et les blondes stupides sont des transcriptions de cette puissance occulte.

D’autres femmes se sont simplement affirmées libres, intelligentes et puissantes et ont pu s’imposer dans un monde d’homme sans renoncer à leur propre féminité. Artémisia a été la première femme peintre de l’Académie de Florence, a eu un mari, des amants et des enfants et recevait de grosses commandes pour faire marcher son atelier. Se sentir puissante est le meilleur moyen d’être reconnue comme telle. La puissance n’est pas le pouvoir. Elle suppose la liberté et permet la rencontre d’une autre puissance pour la création d’un couple égalitaire (Pinkola Estes, 1996).

Accepter la domination des hommes comme un fait naturel revient à s’y soumettre. Lutter contre la discrimination des femmes au travail, c’est exiger un salaire égal à celui des hommes pour un même travail comme une évidence, c’est se savoir forte et renoncer à se plaindre et à accuser les hommes. Tout le monde n’en est pas capable. Tout le monde n’en a pas envie.

Parce que, justement, chacun est différent et la multiplicité des désirs, des besoins et des personnalités font que certains (hommes ou femmes) peuvent avoir envie de diriger, d’autres (hommes ou femmes) de s’occuper de son foyer, d’autre encore (hommes ou femmes) de se bâtir une vie harmonieuse entre travail et enfants. La frontière des rôles sociaux n’est pas entre les genres mais entre les individus. Les femmes peuvent être mères, mais les hommes peuvent être pères. Les femmes peuvent être chefs et les hommes aussi.

La fin des discriminations permettrait à chacun de choisir sa vie en fonction de ses désirs spécifiques et non en fonction de stéréotypes erronés qui imposent au sujet les rôles (ou contre rôles)  de son genre, de son ethnie, de sa religion ou toute autre catégorie.

A la discrimination des femmes au travail répond la discrimination des hommes dans leur fonction paternelle. Elle crée frustration et agressivité là où devrait s’organiser une collaboration sereine. Remplacer la domination par une autre n’a aucun sens. L’égalité s’est accepter chacun pour ce qu’il est, quel que soit son sexe et bâtir ensemble une société équilibrée, naturelle.

 

 

 

 

Illustration du texte précédent… Sexe et préhistoire

Avant la chute…

Quand la femme et l’homme avaient encore tous leur pouvoir de jouissance.

« Le feu crépitait dans l’âtre posé à même le sol. Des ombres étranges dansaient, donnant vie aux dessins magiques qui couraient le long des parois de la caverne. La vieille femme était là, accroupie sur ses talons. Elle avait vécu de nombreuses lunes et donné naissance à des enfants vigoureux et magnifiques. Elle avait pleuré, aimé et ri. Elle avait du accompagner certains de ceux qu’elle aimait vers les terres sacrées de l’au delà et avait souffert de leur absence. Elle avait aimé des hommes profondément, et avait dansé avec eux la danse sacrée de l’amour, emportés dans les vagues du plaisir et de la tendresse.

Son visage maintenant ridé disait tout cela. Le feu éclairait par intermittence ses traits et ses cheveux rassemblés en une immense natte grise enroulée autour de sa tête. Un chat roux présentait ses pattes aux flammes virevoltantes, avec ravissement.

Les yeux de la femme étaient brillants et vifs dans la pénombre douce de l’abri. Elle souriait. Elle était d’une grande beauté.

deux jeunes femmes et leur compagnon intimidés et gauches, lui faisaient face.

- Grande Mère, explique nous ! lança, rougissante, la plus jeune des filles.

- Que voulez-vous savoir ?

- Le plaisir, comment vient le plaisir ?

- Il vient de la vie.

- Et la vie, où faut t’il la chercher ? Que faut il faire ? demanda un des garçons.

- La vie nous est donnée. Il n’y a rien à faire. Il ne s’agit que de l’accueillir, pas de la contrôler. Nous ne sommes pas maîtres de la vie. Elle vient dans notre sein, à nous les femmes, et nous devons la protéger et l’aider à émerger au monde.

- Grande mère, à quoi servons nous, nous, les hommes, alors… bredouilla un des garçons légèrement hirsute.

- Oh! Mais vous avez un grand rôle ! C’est de la rencontre d’un homme et d’une femme que nait la vie. L’amour éprouvé, vécu l’un pour l’autre, appelle la vie qui vient se poser dans le ventre de la femme. Rien ne peut arriver sans la communion de vous deux, l’un avec l’autre, l’un dans l’autre…

Les deux jeunes hommes se regardent, un peu inquiets. Ils ne comprennent pas. Pour eux, il y a un simple désir qui les prend au sexe et cette histoire de vie qui se pose…

La vieille femme sourit. Elle connait ces réticences masculines. Ils préfèrent aller au plus simple, ne pas se poser de questions, ne pas se livrer, aussi, aux mains des femmes qui les effraient un peu. Ces femmes qui semblent disposer du pouvoir de vie et de mort sur l’humanité, qui saignent régulièrement sans mourir, qui savent les herbes qui soignent et communiquent avec les grands esprits qui décident de la vie et de la mort…

Désignant leurs compagne, la femme sage dit:

- Sois sans crainte, elles vous guideront. Elles ont reçu l’enseignement des femmes. Elles vous aiment et respectent. Soyez sans peur pour découvrir votre force virile au fond de vous.

Le plus jeune insiste:

- les autres disent qu’il ne faut pas écouter les femmes, qu’il y a danger, qu’elles nous prennent notre force si nous les laissons faire. Qu’elles veulent nous garder pour elles et que pour cela elles nous prennent notre sexe… Qu’elles nous envahissent et nous dévorent si nous ne les dominons pas… le jeune homme parlait de plus en plus vite et commençait à bégayer…

- Il y a en toi une grande frayeur. Qui te l’a donné ?

Le jeune homme rougit et baisse la tête:

- les autres hommes, ceux qui ne veulent plus obéir aux esprits, qui veulent être libres et prendre ce qui leur fait envie. Ils disent que les femmes sont dangereuses, menteuses, qu’elles utilisent leur ventre pour nous mettre en esclavage, faire toujours ce qu’elles veulent… Qu’il faut les prendre et les posséder. C’est tout !

- Ils ont peur, répond la Grande Mère d’une voix douce, parce qu’ils n’ont pas confiance en eux mêmes. Ils craignent pour leur puissance parce qu’ils n’y croient pas au fond, et projettent leur impuissance sur les autres, les femmes. Ils veulent dominer parce qu’ils craignent d’être dominés. Mais, crois-moi, ils se coupent d’eux mêmes et de la vraie jouissance. Ils se comportent comme des animaux furieux parce qu’ils sont blessés. Oublie-les et découvre le vrai plaisir avec ton amie. fais lui confiance et vis ta dimension d’homme. Tu sais, ajoute t’elle avec un clin d’oeil, ils ne vivent pas. Ils survivent et ne peuvent plus voler avec les esprits. Ils sortent de leur éjaculation épuisés et impuissants. Toi, tu en sortira heureux et puissant. Tu pourras te connecter, avec ton amie, aux Esprits, à l’énergie de vie du monde… Crois-moi, ça vaut le coup ! Avec elle, tu va pouvoir créer un nouveau monde… Bon, allez, déguerpissez… j’ai besoin de me reposer maintenant !

 

Femme de 50 ans (besoin de votre avis !)

50 ans : ce fut une fin pour nos grand mères et nos mères.

Ce sera un début pour nous.

Image de soi qui se lézarde dans le miroir. Image qui s’éloigne des standards du jeunisme obligatoire, visage où la vie s’est inscrite, doucement ou pas, unique.

Lézarde vers un effondrement ou une reconstruction ?

On a vécu, aimé, pleuré, ri, séduit, essayé de trouver sa place, sa juste place dans le monde tel qu’il nous était donné.

Et puis, on se trouve là, étonnée et surprise face à ce miroir qui nous renvoie cette image de nous qu’on reconnaît sans se reconnaître.

Age des paradoxes, des remises en question, du sens.

Ai-je bien fait ? Ai-je bien agi ? Silence

 

Et puis après… est-ce si important ?

Tout cela est le passé, c’est fini. Il n’est pas encore temps de le fixer dans un bilan crispé et un jugement définitif. On a agi. Voilà. On a vécu. Bien ou mal, on a traversé le monde de notre présence et on est arrivé ici, là, au présent.

Une fin ? Non.

Une naissance, un recommencement, un tremplin, une nouvelle vie, avec expérience, cette fois.

Vivre quelque chose de radicalement différent, de nouveau et de vivant (je dirais « jeune »). Bien dans son corps accepté, vibrante d’âme, donneuse de vie.

La perte de nos fertilités biologiques nous ouvre la porte de la fertilité d’une autre sorte à inventer. Créative, spirituelle, intellectuelle, poétique, artistique, sage, philosophique, belle, généreuse…

Chacune la sienne. Le passage du temps et les épreuves nous ont modelées, rendues plus humaines et nous ont appris tant de choses ! Appris à être, à assumer notre féminité, sa douceur et sa puissance, qui met en mouvement, en vivance, notre corps, notre sexe, notre esprit et notre cœur. Les hommes jeunes ne s’y trompent pas, qui recherchent les « kougards », des femmes qui savent être femmes et les guider vers la découverte de leur virilité.

Car être femme, cela s’apprend (comme être homme d’ailleurs.) L’être humain n’est pas déterminé. Il doit donc apprendre à être, grâce aux autres mais aussi grâce à lui même, par la pensée sur soi.

Pendant des siècles, la société nous a coupé de notre savoir féminin, on nous a reléguées dans nos rôles « traditionnels » de mères ou de putain, on nous a interdit d’être femmes grâce à l’ignorance de notre corps, de notre sexe.

Il faut arriver à 50 ans, parfois, pour se libérer des rôles assumés, dans la soumission ou la révolte, et prendre le risque d’une remise en question de notre être, pour enfin, le rencontrer dans sa vérité.

Parfois, c’est une maladie, un accident qui nous y pousse. Parfois, une « crise » de vie, un divorce, un licenciement, qui produit un effondrement du sens de notre vie, une remise en question psychologique…

Passage douloureux, mais sans doute nécessaire, pour déconstruire ce qui nous avait enfermées, pour ouvrir la prison des culpabilités, des frustrations, des peurs et des croyances erronées.

Nos nouveaux enfants ne porteront pas de couches (ça, on en laisse le plaisir aux plus jeunes… héhé ), nous ne paierons plus tous les mois un tribu au sang versé avec la fatigue et les douleurs, nous n’aurons plus peur de tomber enceinte lorsque nous prendrons du plaisir dans les bras d’un homme (les contraceptif, c’est bien, mais il y a des ratés !… et puis, la capote avec un mec sans HIV, c’est bof !), nous ne serons même plus obligées de faire semblant (au lit, au bureau, à la maison… on s’assume)…

Nous allons être libres !

 

Libres d’utiliser notre énergie créatrice pour autre chose ! Pour ce qui nous correspondra, ce qui sera la marque de notre nouvelle fertilité : notre don au monde, notre empreinte pour et dans le monde.

Libres car essentiellement responsables de nous mêmes, nous pouvons enfin prendre le risque de renverser la tyrannie du sexisme rampant qui n’ose se dire, qui se cache mais se pratique encore très bien.

Libres parce que nous ne sommes plus dépendantes. Que peux t’on nous enlever ? Nous n’avons plus peur de ne pas vivre (la maternité, le mariage, la carrière, la reconnaissance des autres), nous l’avons vécu. Bien ou mal, mais c’est fait. Il nous reste à aller vers l’essentiel, ce qui est gratuit : l’amour, la joie, l’épanouissement de nous mêmes, le partage de cette richesse avec d’autres.

Les plus belles histoires d’amour arrivent souvent à 50 ans !

On partage ce que l’on est au lieu de demander à l’autre de nous rassurer et de nous donner ce qui nous manque.

D’une manière plus générale, les femmes de 50 ans ont la chance de pouvoir remettre l’être humain au centre de notre société et détrôner le règne de l’avoir pour inaugurer l’idée du règne de l’être. Elles ont le temps, le bagage, la sagesse.

Autrefois maîtresses de la vie et de la mort, les femmes sont garantes de l’humanité contre les mécanismes de notre société déshumanisée soumise à la finance destructrice.

Avoir 50 ans, c’est oser, c’est rire, c’est choquer parfois, c’est devenir pleinement vivante et dire au monde que la femme, sans être forcément l’avenir de l’homme, a bien des choses à lui apprendre ! A commencer par savoir être !

La peur de la Mère…

Le paradoxe de la civilisation patriarcale est d’avoir soumis les femmes et développé dans le même temps une peur viscérale de la mère.

La mère, dans l’imaginaire de l’homme qui se veut dominant est à la fois désirée dans une fusion intense et crainte car cette fusion pourrait le détruire. Freud a parfaitement décrit ce phénomène avec son complexe d’Oedipe qui épouse sa mère et nie ainsi sa dimension d’homme en remettant son pénis entre les mains de celle qui l’a fait.

L’homosexualité latente de Freud l’a mis sur la voie d’une analyse très juste des mécanismes complexes et cachés de la société où l’Homme détient, seul, le pouvoir. Car, et ceci est un autre paradoxe, l’homosexualité masculine, l’amour pour le Même, est la forme la plus aboutie du patriarcat.

On y voit généralement ces hommes se débattre entre un amour profond pour leur mère dont ils ont beaucoup de mal à se détacher et une crainte du sexe des femmes. Amour ambivalent de petit garçon où la mère est à la fois le seul recours, la seule protection contre l’angoisse de séparation et de mort, et une taulière qui leur a confisqué leur pénis, l’emblème de leur puissance masculine à l’encontre des femmes. La Mère, cette femme sans sexe, cette femme qui fait « un » avec eux et donc qui partage leur pénis, qui est donc Même, à la fois interdite et désirée, cette Mère Castratrice de Freud, les pousse à préférer aimer des hommes, des Mêmes, non angoissants, non geôliers potentiels, non castrateurs.

Mais ce pouvoir terrible de la Mère toute puissante et castratrice est la conséquence de l’organisation sociale patriarcale. L’homme ayant asservi la femme, celle-ci ne peut renoncer à son pouvoir naturel, et donc le fait renaitre dans une lutte occulte et sournoise de l’esclave contre le maître. N’ayant plus la force et la légitimité sociale, elles utilisent la séduction et la manipulation.

On le voit bien dans les cultures les plus oppressives pour les femmes: la femme est une esclave mais la Mère est toute puissante. La Mère des garçons s’entend. Le pouvoir qui est dénié aux femmes est récupéré de manière affective et occulte par la Mère qui se venge de l’oppression de son mari sur son fils qu’elle met en son pouvoir… et sur la Belle fille… avant que celle-ci ne devienne mère du garçon-héritier et reprenne le pouvoir à la mort de sa belle mère.

C’est toute la problématique des régentes, à la fois recours salvateur et détestées.

Paradoxe apparent car le maître a toujours peur de ceux qu’il opprime. Il sait bien qu’à la moindre faiblesse, ceux-ci le tueront pour se libérer. Tous les dictateurs vivent dans la peur. Car ils savent que leur prise de pouvoir est obtenue par la force et n’a aucune légitimité naturelle. Fragile, elle peut s’effondrer d’un moment à l’autre…

De même le pouvoir exclusivement masculin n’a rien de naturel.

Je dirais même plus, comme Dupont et Dupond de Tintin, le pouvoir exclusivement féminin non plus.

Car, n’en déplaise à Rousseau, l’Etat de nature n’existe pas pour l’Homme. Il n’y a pas un état primitif de l’homme, qu’il soit bon ou mauvais, que la société et la civilisation aurait perverti ou du moins changé.

Toutes les expériences, parfois assez atroces, qui consistaient à vouloir élever des enfants sans interactions sociales pour voir émerger cette strate « naturelle » et primitive de l’homme, pure de toute influence sociale, se sont soldées par la folie et la mort pour les malheureux sujets de l’expérience.

C’est la grande différence de la nature de l’homme avec les animaux et les autres êtres vivants sur cette terre. L’Homme n’existe pas en dehors de son organisation sociale. Le pouvoir masculin n’est donc pas lié à une donnée naturelle et génétique contre laquelle on ne peu rien. C’est une détermination qui lui permet de grandir et de se développer en tant qu’être humain pensant. Une structure de pensée préexistante à sa naissance, dont il hérite et qui va le tuteurer, l’accompagner, le former tout au long de sa croissance. Une « éducation » avec laquelle il pourra prendre ses distances à l’âge adulte mais qui est la condition sine qua non de sa vie d’être humain. C’est un moule qui va lui donner sa forme.

Or ce moule n’est pas prédéterminé. En étudiant l’histoire de l’humanité, ce qui a été, en étudiant la diversité du monde actuel, ce qui est, on ne peut manquer de remarquer qu’il en existe de multiples formes, certaines apparentés, d’autres non, de moules.

Certains sont en totale contradiction, d’autres extrêmement proches malgré les apparences. Certains donnent le pouvoir aux hommes, d’autres aux femmes, d’autres à seulement certaines catégories de personnes, d’autres encore ont des systèmes compliqués où la religion et la politique s’entremêlent…

Qu’est ce qui détermine se moule ? Comment s’est il formé un jour avant d’être reproduit génération après génération, respecté ou remis en question et détruit ?

je crois qu’il y a une réponse très simple: la Nature. La grande oubliée de notre civilisation, et pourtant celle qui a le plus grand pouvoir sur nous (qu’on se souvienne du Tsunami par exemple)…

L’accès aux ressources est la clé de la fabrication du moule.

C’est un bouleversement climatique et un changement radical des ressources disponibles qui a fait s’effondrer la civilisation paléolithique et a créé notre monde patriarcal dans la plus grande partie du monde.

C’est la crise des ressources naturelles, pillées et abîmées, détruites aujourd’hui qui va aboutir, également à un changement civisationnel profond… ou à la destruction de l’humanité.

Comme il y a 10 000 ans, il va falloir s’adapter. Et comprendre ce qui s’est passé à cette époque pour des hommes et des femmes « naturellement » pareils à nous (mais sans téléphone portable greffé à l’oreille) peut nous aider à gérer cette adaptation au mieux. Nous n’avons pas le choix.

Et, enfin, ne plus avoir peur de la Mère…

Les mecs…

Je crois qu’un mec, quand il sait ne pas avoir la possibilité d’assumer matériellement une vie de couple, met sa fierté à l’éviter.
Une femme non. Elle fait avec les difficultés et se contente des moyens du bord.
La présence de l’homme qu’elle aime est le plus important, pas le rapport financier inégalitaire ou la situation bancale du compte en banque du dit homme.
Un homme se sent diminué s’il est pris en charge, plus ou moins. S’il est « aidé » par une femme… S’il n’est pas en position de ramener le gigot de mammouth … Héritage de 10 000 de patriarcat qui met les rapports Homme/ Femme sous la houlette de l’avoir, du matériel, du pouvoir (de l’argent). Remake désagréable, également, du rapport de dépendance d’avec la mère qui pouvait lui dicter ce qu’il devait faire.
Le couple comme possession de l’autre, lien social et lieu de pouvoir.
Le mariage comme acte politique.
Pour un homme, il est important d’ »en » avoir… de l’argent, des objets de prestige, des couilles… au risque de ne pas se sentir un homme.
Pour un homme il est important d’avoir les moyens du pouvoir, même s’il ne les utilise pas. C’est l’assurance qu’on ne les utilisera pas contre lui, qu’il les contrôle et s’en protège.
Pour une femme, c’est l’être qui compte… Le rapport entre les êtres est un rapport de deux êtres particulier, homme et femme, uniques et sans lien avec ce qu’ils possèdent ou pas. Le couple n’est pas un lien essentiellement social, de pouvoir mais personnel et totalement égalitaire.
Généralement.
En effet, le conditionnement social de notre société depuis belle Lurette, fait que beaucoup de femmes aiment se sentir « dominées » pour se sentir femme… Jouent à ce jeu du pouvoir, usent de séduction manipulatoire…
Rares sont les femmes ayant retrouvé cette puissance libératrice de leur sexe et renoncé à la soumission patriarcale (j’entend pas là réagir pour ou contre et ne se comporter, non pas en fonction d’elles mêmes, mais en fonction de cette domination masculine: Les féministes pures et dures sont elles aussi dans un rapport de pouvoir face aux hommes et ne pensent le couple qu’en fonction du pouvoir) pour un échange de collaboration et d’enrichissement immatériel l’un de l’autre (bonheur, plaisir, énergie).
J’ai un ami qui me fait penser à cela…
Peut être, sa gêne relationnelle avec moi vient de là. Incapable de se projeter dans un avenir professionnel stable, submergé de problèmes personnels, il n’a pas envie et a peur d’être « pris en charge » par une femme à cause de sa fragilité actuelle. Et il fuit. Pour garder sa fierté d’homme.
J’espère qu’il a envie de me voir mais il voudrait le faire en gérant les choses, en « mâle dominant », pas en victime de la vie…
Sans doute faut il laisser le temps au temps, en espérant qu’il retrouve ses repères… un boulot, un appart, une organisation avec sa fille sans que ses parents ne prennent trop de place. Et qu’il réalise que je n’ai rien à foutre d’un mâle dominant… Qu’un rapport de couple peut être bien différent du rapport familial qu’il a connu dans son enfance et peut être même encore maintenant, et que l’amour n’a rien à voir avec la dépendance, la possession ou la prise  de pouvoir…
C’est lui qui m’intéresse, ni son compte en banque, ni son image sociale ou son prestige viril…
ce n’est pas ce qu’il a qui m’intéresse, mais ce qu’il est. Et ce qu’il fait avec ce qu’il est et avec moi.
Mais il y a un risque qu’il n’y parvienne pas.
Je prie pour qu’il y arrive…

Le bracelet

Apprendre le détachement.

Apprendre à se séparer du passé, de ce qui nous rassurait et nous tenait enchaînés…

C’est sans doute le sens de la perte de ce bracelet.

J’avais donc un bracelet qui n’avait pas grande valeur, si ce n’est que je le considérais, sur la foi de … (je ne sais pas trop sur la foi de quoi, en fait… peut être de la pub marqué dessus lorsque je l’ai acheté), bref, je le considérais porte bonheur. Le porter devait mettre mes chances de mon côté pour avoir enfin ce que je désirais, le bonheur d’être aimée…

Le fait est que, pendant tout le temps que je l’ai eu en ma possession, je n’ai pas vu de différence notable dans ma vie et que ma vie amoureuse n’a pas vraiment pris le tournant que je souhaitais.  J’ai rencontré les habituels billes narcissiques que je semble attirer et, chaque fois, mon château en Espagne est devenu un château en ruines… Franchement, je n’ai pas trop l’impression qu’il m’ait beaucoup porté chance, ce bracelet…. Mais bon, un vieux fond superstitieux, sans doute hérité de ma mère, me poussait à vouloir quand même y croire et à lui donner une certaine importance.

Ce matin, je l’ai perdu.

Inexplicablement, je l’ai posé sur ma cheminée, et il a disparu.

Impossible de mettre la main dessus. Le genre de chose très énervant parce qu’incompréhensible et irrationnel. Les choses nous échappent, on prend conscience que l’on ne maîtrise pas grand chose et c’est assez angoissant, finalement. Pourquoi ce bracelet posé à un endroit précis, n’y est plus deux heures plus tard ? L’aurais-je déplacé comme une somnambule ? L’aurais-je fait tomber sans le voir, sans rien entendre ? Vide total…

Je déteste cela. Cela me donne l’impression que je suis à la merci de n’importe quel évènement et que je n’ai prise sur pas grand chose puisque je ne peux même pas me souvenir de ce que j’ai fait de ce truc.

J’ai commencé à embêter tout le monde pour le retrouver. Sans succès.
Et puis, j’ai décidé de prendre les choses autrement…

Ce bracelet, cet grigri dont j’attends le bonheur et l’amour a t’il vraiment une raison d’être ? Finalement, ne me maintenait t’il pas dans une sorte de passivité vis à vis de ma vie puisqu’il était sensé faire ce que je n’osais pas faire moi même, me donner ce que je ne faisais pas grand chose pour le prendre. Pourquoi attendre de la chance (apportée par un grigri) ce que je dois aller chercher moi même? Pourquoi attendre de l’extérieur ce que je dois trouver à l’intérieur ??? hein ?

Il représente sans doute mes comportements passés. Cette manière d’être soumise aux désirs des autres, victime du destin forcément funeste, pleine de peurs et d’angoisses, méconnaissant ma force et ma valeur, et ne me faisant absolument pas confiance pour trouver par moi-même le bonheur, croyant ne pas mériter d’être aimée… et donc usant de stratagèmes…

je vous demande un peu … Quelle gourde !

Finalement, c’est peut être une chance d’en être débarrassée. Cela recadre les choses.

Le bonheur n’est pas un truc qui vous tombe dessus, c’est un état d’être que l’on doit cultiver.
L’amour n’est pas non plus un cadeau que vous recevez par hasard, c’est une lumière que l’on doit faire naître et faire vibrer en soi. Une lumière qui attirera une autre lumière.

Un jour je pourrai déposer mon coeur dans le coeur d’un homme heureux. En attendant, il y a tant de choses à aimer… à commencer par moi même…

Cela dit, si je le retrouve, ce foutu bracelet, je serai contente, mais je crois que je ne le porterai plus… ou plus pareil… Ce sera juste un bracelet… et rien d’autre…

Papillon de mai

J’ai bien fêté la fête du travail !

Je n’ai quasiment rien fait, à part dormir, rêver, écrire mon journal et lire…
Balade dans le parc voisin.
Le chien saute après les grenouilles près de l’étang.

Des fleurs de Lotus s’y épanouissent.

Je respire. Harmonie de vert.

Je fais tomber les petites pétales blanches des fleurs d’un arbuste, cela fait comme une neige de printemps qui s’envole…

Pavillon coréen. Calme. Pivoines blanches, chant des oiseaux…

Rentrée, je me fais un festin.

Croustillant de chèvre accompagné de sa salade verte-radis rose-champignon blanc

Compotée de courgettes-tomates-ail avec la douceur d’une quenelle et d’un peu de conté

Moelleux au chocolat (très moelleux) avec le contraste du fromage blanc, des fraises et un kiwi.

Le tout accompagné de vin et d’un café.
J’ai du me coucher pour faire la sieste… le vin m’a tourné la tête…
Réfugiée dans mon lit, j’étais tranquille, attendant que l’ivresse passe un peu.
Réfléchi dans cette douce euphorie, à de la philosophie (Gilles Deleuze et son anti-Oedipe, structuralisme et psychanalyse, obsession des systèmes (le système capitaliste, le système marxiste, l’homme créé par la structure et non l’inverse) issue des idées scientistes du monde, et toutes sortes de choses un peu fumeuses…)  et à des plaisirs moins conceptuels aussi… pour revenir à l’essentiel de l’ être: mon corps…

Envie d’écrire…

…………………………………………………………………………………..autoportrait
Comme ceci:

Le papillon japonais…

Le papillon s’est posé doucement sur la fleur sans même faire fléchir le fragile pétale.

Dans son jardin de la banlieue de Tokyo, la jeune fille regarde le printemps pointer le bout de son nez et transformer doucement l’air qu’elle respire. Elle est nue, fraîche et tendre dans un grand peignoir de coton brodé de fleurs qui s’enlacent et courent de sa taille à ses poignets. Ses cheveux noirs et lisses sont dénoués. Ils flottent souplement jusqu’à sa taille. Ses cheveux ont la souplesse de ceux des occidentales, ses yeux sont immenses, et peu bridés, ses lèvres sont charnues et rouges. Ils  constituent son héritage d’une grand-mère française qui était venue ici il y a bien longtemps, fuyant son pays et sa famille, avec son fils, bâtard né d’un amour réprouvé par la morale d’alors. Cette morale qui faisait que l’on préférait la mort à la honte, cette mort lente.

Elle vient de se lever, et a ouvert les portes sur le jardin. La brise a soulevé quelques mèches de ses cheveux. Elle regarde le petit chemin de pierres inégales qui serpente jusqu’au  pavillon de thé, le saule pleureur, la petite fontaine en bambou et le soleil qui commence à éclabousser de taches lumineuses le feuillage et les pierres.

Son amant est parti dans la nuit.

Quelques larmes coulent doucement sur ses joues. Elles coulent sans que rien ne bouge dans son visage lisse, petites fontaines d’eau salées qui ne veulent pas s’arrêter. Il est parti et elle a réussi à retenir ses larmes jusqu’à ce qu’il parte. Mais elle n’a pas pu cacher sa détresse. Celle-ci débordait de son cœur à travers ses yeux.

Il avait besoin d’espace, il avait besoin d’autres femmes. D’être rassuré par le regard d’autres femmes…  Comme à chaque fois…

Il le lui avait dit lors de leur rencontre. Elle l’avait accepté. Comme si elle ne méritait pas d’être la seule. Peut-être, d’ailleurs, ne l’a t’elle pas vraiment cru. Dans sa naïveté de femme amoureuse, elle pensait que son amour le guérirait… Illusions !

Alors, elle s’est oubliée, a oublié de réclamer quelque chose pour elle, pour le garder quand même, pour qu’il reste près d’elle, un peu. Elle s’est tue mais en a souffert, au fil des jours.

Blessée de n’être pas capable de lui apporter ce dont il avait besoin, blessée dans son identité de femme,  dans son besoin d’être aimée, cette nuit, elle s’est révoltée et la plainte est sortie, expression d’une souffrance plus que d’un reproche. Cela a suffi. Il est parti, furieux et en colère. Elle n’a pas vraiment compris. Sonnée…

Elle a eu mal. S’est sentie stupide, se reprochant d’agir de travers, de ne pas le respecter.

Elle a hurlé dans la maison vide. Est tombée à terre, ivre de douleur, emportée par la souffrance. Elle a laissé sortir toute sa peine pendant des heures puis s’était endormie alors que la nuit finissait, pelotonnée sur son futon comme un petit chat. Le jour l’a réveillée dans un frisson, elle ne s’était pas couverte. Elle a un peu froid. Et ses larmes coulent toujours. De honte, de peur de le perdre, de tristesse.

Elle se lève et va voir le jardin.

Elle s’assoit devant la porte, elle entoure ses genoux de ses mains et pose son menton dessus. Elle suit des yeux le papillon, et ses yeux peu à peu s’assèchent, elle regarde la fleur qui s’ouvre aux rayons du soleil, elle respire. Elle essaie de ne penser à rien, juste aux sensations d’être là et de ne rien faire, de laisser la terre tourner en toute liberté, de laisser respirer l’univers et peu à peu son cœur s’apaise.

Elle ne lutte plus. Elle laissait entrer en elle la sérénité de la nature. Elle est triste mais elle vit cette tristesse sans en accuser personne, même pas elle. Elle la laisse la traverser, simplement. Accepter.

Elle s’accepte enfin telle qu’elle est. Elle l’accepte aussi tel qu’il est, avec ses envies de fuir, de la fuir. De quel droit exigerait-elle quoi que ce soit de lui ?

Elle l’aime. même sans retour, elle sent cette vibration de vie en elle. Elle aime. Et cela suffit…

Jusqu’alors elle s’était refusée à se laisser aller à l’aimer. D’abord parce qu’il ne le voulait pas, considérant tout amour à son endroit comme un enfermement, et puis parce qu’elle en avait très peur. Elle enfouissait ses sentiments au plus profond d’elle-même pour pouvoir les nier. Mais il est inutile et dangereux de nier l’évidence, et la réaction qu’elle avait eu cette nuit n’était que le fruit de cet amour qu’elle avait refoulé et qui voulait malgré tout s’exprimer. Mal et de travers.

Elle entre dans la maison. Elle laisse tomber son kimono à ses pieds et reste nue. Elle a besoin d’être ainsi, de sentir l’air du matin sur sa peau, d’être ainsi qu’il l’a prise cette nuit là. Cette nuit où elle a hurlé de plaisir avant de hurler de douleur.

Elle s’assit devant la petite table et se mit à écrire une lettre qu’elle ne lui enverra pas.

« C’est parce que je t’aime que je vais cesser de pleurer, de gémir et de hurler ma douleur d’être rejetée. Je t’aime et je vais donc accepter cette souffrance et vivre avec elle, en faire ma compagne. D’une certaine façon, elle m’est chère car elle vient de toi.

Je t’aime et c’est pour cela que j’accepte que tu sois ce que tu es, que tu aies peur d’aimer, que tu aies besoin de séduire sans cesse pour te sentir exister, et que je vais, désormais m’écarter de ta route pour que tu te sentes libre vis-à-vis de moi.

Je t’aime et je respecte ta manière de vivre. Elle est toi et je l’accepte en tant que telle. Je ne te demande surtout pas de changer. C’est toi que j’aime, pas un idéal que j’aurais plaqué sur toi. Je t’aime et je vais m’occuper de moi pour que tu n’aies pas le sentiment que je te demande de me prendre en charge. Je t’aime et je vais apprivoiser ma douleur d’être loin de toi, car je ne veux pas t’en faire porter le poids. Je t’aime et je vais tâcher de construire mon bonheur toute seule car, de toute façon, tu n’en es pas responsable.

Je ne compte pas sur toi pour être heureuse. Sinon, qu’aurais-je à t’offrir ?

Je t’aime et je vais me mettre en vacance de toi. Travaillant, lisant, rêvant, cultivant le souvenir des bons moments que nous avons passé ensemble. Te laissant libre de revenir vers moi ou pas. Je t’aime et c’est pour cela que j’accepte de te perdre car si ton bonheur est ailleurs, il faut que tu ailles le chercher ailleurs.

Je t’aime et je ne veux pas être une entrave à ta vie, mais l’enrichir, bien au contraire.

Je t’aime profondément, je n’ai pas fait exprès. C’est comme cela. Cette chose que tu considères monstrueuse est arrivée entre nous. Tu ne l’acceptes pas, moi si. Ce n’est pas grave. Tu n’en es pas responsable, pas plus que je n’en suis coupable. Nous avons le droit de le vivre différemment. On ne se doit rien l’un à l’autre. L’amour n’est pas là pour répondre à un besoin. Il est, c’est tout. L’amour est libre, il ne s’impose pas. Sinon, c’est de la dépendance. Et je ne suis pas dépendante de toi. Je peux très bien vivre sans toi. Même si j’ai l’impression que ma vie serait plus riche avec toi. Je t’aime et c’est pour cela que j’accepte que tu puisses ne pas m’aimer.

C’est parce que je t’aime que je ne te le dirai pas, que je ne t’enverrai pas ce texte. Car je sais que tu ne peux l’entendre.

Je t’aime et ne vais rien dire, ni rien faire. Etre absente et peut être attendre que tu reviennes vers moi. Peut être pas… Je ne sais pas. J’ai besoin d’autre chose que cette manière que tu as d’être avec moi. Je suis désolée.

Je t’aime et je vais aimer cette femme qui t’aime.

Garder comme un trésor ces moments de bonheurs avec toi… En jouir…

Et vivre… »

Elle posa sa plume.

Son amant est entré par le jardin. Elle ne le voit pas. Elle est belle, la soie sombre de ses cheveux épars étalés sur le sol, son corps lisse et doux, ses fesses rondes qu’il aime tant toucher, ses seins blancs et tendres…

Il se pose près d’elle, et sa main caresse.

Elle sursaute un peu, ouvre les yeux, le reconnaît, son papillon volage qui était parti, qui est revenu, qui repartira sans doute… elle sourit et se donne.

PS: toute ressemblance avec des personnes existantes en ce moment dans ma vie est purement forfuite… si, si…

Retour de thérapie 5/ Je ne suis pas une mère parfaite !

Il faudra que je m’habitue…

Cette impression de tristesse, de vide et de manque total de sens fait indéniablement partie de ma vie. Je me sens incapable et assez nulle. Inapte… Plus d’énergie pour réagir…
cette impuissance douloureuse, je ne peux qu’apprendre à la gérer pour qu’elle ne soit pas trop envahissante et essayer de l’équilibrer en développant une autre partie de moi, plus joyeuse et pleine de vie, le Soi (jungien, pour ceux qui s’y connaissent).

Bon, c’est pas une nouvelle extra. J’espérais bien que mon investissement hebdomadaire chez la psy allait me permettre de lâcher cet espèce de boulet dans le vide et de commencer une autre vie, plus cool.

Cela semble un peu « planète des bisounours », dit comme cela, mais j’y croyais… Il semblerait que je doive atterrir sur une réalité moins rigolote… mais peut être plus constructive… Qui sait ?
Ce soir, les cheveux trempés et dégoulinants dans le cou après mon bain, au lieu de me répandre comme une estrasse (ndlr: expression marseillaise pour dire larve, merdouille, invertébré neurasthénique et flasque) sur mon blog, je devrai être de train de réviser pour mon examen de vendredi, ou, au moins, assumer ma charge de mère… Mais je n’y arrive pas.

Raz le bol, tête vide, pas envie. Du fond de ma baignoire dans laquelle je m’étais sournoisement réfugiée après leur avoir servi leur repas, j’entendais mes enfants s’écharper et je n’avais pas le courage d’aller rétablir le calme… Peux plus.

Avant, ils étaient en garde alternée. C’était pas mal. Je n’avais pas cette charge, si lourde à porter seule, en permanence. Je pouvais souffler une semaine sur deux et m’octroyer une vie personnelle…

Mais j’ai du y renoncer et réclamer la garde pleine. Non pas, comme leur père m’en a accusé, pour le faire chier, le séparer de ses enfants (trémolos hypocrites de sa part) ou récupérer une pension (au demeurant dérisoire) mais parce qu’il ne s’en occupait pas bien, voire très mal, mis à part le minimum vital alimentaire. Ils étaient laissés à eux mêmes et commençaient à avoir de sérieux problèmes…

Ce fut un sacrifice, car désormais, je n’ai plus de plages de décompression et je dois tout assumer de front, ce qui, seule, est parfois au dessus de mes forces…

Pas le droit de craquer… Il faut être parfaite… et éventuellement, renoncer à tout ce qui n’est pas mon rôle maternel… (mes études, ma vie perso, mes loisirs, mes rêves…) Au risque d’être une mauvaise femme, une mère dégénérée, un monstre…
Quant à ma place de femme, cela fait un bail que je suis sommée de ne pas y penser… Mes précédents articles n’ont été qu’une manière de faire illusion avec des textes écrits il y a 3 ans dans d’autres circonstances et que je suis bien en peine d’avoir mis en pratique récemment… Et puis, pour être honnête, je fais comme la plupart mes soeurs, je ne fais pas la difficile et me contente de ce que le monsieur veut bien me donner, quand il y a un monsieur, ce qui n’arrive pas souvent… Je n’oserais jamais lui dire tout cela…

Enfin, peut être si, désormais. Je change quand même peu à peu et je me mets à voir mes engagements amoureux d’un oeil plus serein et moins peureux (Arghhhh j’ai peur qu’il me jette, je suis une nulité et il ne va pas vouloir de moi, ma vie dépend de ce homme, je ne peux vivre sans lui, ma vie sans sa présence n’a ps de sens, je veux mourriiiirrr…. et je vous en passe et des plus idiotes… Bon, vous y êtes, pas besoin d’un dessin je suppose. On est plein comme cela, hélas…) Et quitte à ne pas avoir la quantité, je crois que je vais me rabattre sur la qualité… The must sinon rien…

Donc, c’est rien en ce momentLangue….  Sourires…

Chronos

C’était vrai ce qu’il disait… Que la rencontre, celle qui compte, se fait « comme ça », sans qu’on y pense.Sans doute, elle y pensait trop. Sans doute, elle demandait trop et trop vite à la vie, aux hommes. Elle avait fait des progrès, mais ce n’était pas encore cela.

Fermer les yeux et attendre, confiante, qu’un baiser vienne un jour se poser sur ses lèvres…

Ou plutôt, non, ne rien attendre et être simplement bien, dans sa vie, chaque instant. Ne pas tout gâcher dans une attente stérile…

Cela lui faisait peur…  Si peur… encore. Au fond, la vie, le bonheur lui faisait terriblement peur et elle sabotait systématiquement toute chance d’y accéder. Elle n’attirait que ceux qui ne savaient pas aimer, ceux qui ne pouvaient être heureux, simplement, dans un partage libre et épanouissant. Elle avait peur de recevoir parce que, enfant, recevoir avait été trop lié à une menace de mort.

Elle haïssait le temps. Le temps menait tout droit à la mort. Implacable. Le temps dévorait tout: elle, ce qu’elle aimait, l’espoir et la beauté. Le temps abîmait la vie, le temps vous entrainait vers la mort avant que d’avoir vécu, avant d’avoir pu goûter au bonheur. Et puis ensuite, c’est fini. Trop tard…

Trop tard, deux mots qui la glaçait d’angoisse. Trop tard, circulez, il n’y a rien à voir, la pièce est finie. « Tu n’as pas su saisir l’instant et il s’est envolé comme un papillon. Il ne reste rien dans tes mains qu’un peu de cendres amères… »

La nuit précédente, elle s’était réveillée en larmes, oppressée, haletante. Il lui avait fallu de longues minutes pour se calmer et reprendre une respiration normale. Elle avait revécu son enfance, revécu cette douleur atroce de n’être rien. De n’appartenir à aucune famille et surtout pas à la sienne.

Non pas abandonnée. Pour être abandonnée, il faut pouvoir perdre quelque chose. Elle, on ne lui avait rien donné… que pouvait on lui reprendre ? On avait satisfait ses besoins physiologiques mais elle restait transparente, inexistante… Un spectre.

Ce n’est pas évident d’être un spectre, à 1 mois, à 8 ou 10 ans, à 20 ans et ensuite …

 (ça, c’était avant… ces journées de fin avril…)

Petit mot du dimanche soir

Il était une fois un ange qui était une femme.

Oh oui, je sais, vous allez dire les anges n’ont pas de sexe… et vous avez raison.

Mais cet ange là en avait un. C’est un mystère mais c’est ainsi.

Cet ange avait une mission très spéciale, il faut dire. Il devait aller auprès des femmes pour les aider, leur souffler qu’elles étaient dignes de respect, qu’elles étaient belles et qu’elles faisaient de belles choses. Il protégeait la vie aussi, la vie dont les femmes étaient dépositaires, gardiennes. Il les aidaient à prendre soin de leurs enfants, à s’émerveiller sur un petit pied qui sortait d’un chiffon sale alors même que tout était difficile dans leur vie. Il les aidait à créer, devenir peintres, écrivains, musiciennes, cuisinières, artistes, médecins, chef d’entreprise, sculpteur et bien d’autres choses encore. Car les femmes ont tellement de richesses en elles !

Cet ange avait beaucoup de travail, vous pensez ! Avec ce qui se passe en ce monde!

C’était un ange qui aimait rire et qui aimait la douceur, qui était fort et qui n’était que tendresse. Il était respect et Vie. C’était un ange qui permettait aux femmes de donner un sens à la vie des hommes. Car ce sont les femmes qui font les hommes, savez-vous? Elles leur permettent d’être un jour un homme lorsque, devenus grand, ils doivent se séparer d’elles et qu’elles les poussent dooucement vers les autres au lieu de les garder pour elles. Est-ce pour cela, parce qu’ils savent cela, qu’ils n’ont parfois de cesse de les rabaisser de les mettre sous leur pouvoir ?
Lorsque l’ange passait, les femmes oubliaient de pleurer et retrouvaient le sourire, leurs mains devenaient actives et elles n’avaient plus peur de se réaliser. Il était cette lumière qu’on trouve parfois au fond des yeux de certaines femmes. Cette petite lumière d’amour et de sagesse dans ces yeux délavés pas l’âge de celles qui ont connu toutes les cruautés du monde et ont été, finalement, plus fortes.

Clarissa Pinkola Estes appelle cet ange la Femme Sauvage. Celle qui redonne vie aux choses mortes en nous.
Elle est en moi comme en chacune de mes soeurs, comme en ma mère, grand mère et toute la lignée de femmes avant moi. Femmes qui ont eu le courage de porter en leur sein la petite fille qui deviendra ma grand mère, ma mère, moi… femmes blessées mais qui ont eu le courage de vivre.

Envie, moi aussi, d’accueillir cet ange et de l’écouter…

 


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