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Apocalypse or not apocalypse ?

Devons nous avoir peur des temps qui viennent?

C’est vrai que l’ambiance est morose, voire anxiogène. On nous rabat les oreilles de catastrophes et d’effondrements qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux.

Les films, livres, médias divers nous assomment d’images et de discours épouvantables dans lesquels l’humanité sombre dans un cataclysme géant. Le dit cataclysme change un peu selon les croyances et les opinions politiques des gens:

A droite, on voit venir la guerre civile avec des hordes de pauvres, des terroristes (c’est à dire simplement des étrangers basanés), des monstres assoiffés de sang qui vont venir tout détruire « chez nous » et égorger dans nos bras nos femmes et nos enfants (musique de la Marseillaise).

A gauche, on voit venir une terre brulée et devenue folle, polluée et détruite, qui va amener des milliards de gens à mourir de famine, de drames climatiques (raz de marrée, inondations, feux de forets, pandémies etc…) et de cancers variés dus aux polluants.

Joyeux.

On a hâte d’y être !

Mais pourquoi ? J’aimerai me poser la question de cette tendance à programmer l’horreur dans l’esprit de gens et à leur faire peur. Ça profite à qui ?

Parce que l’on sait que la peur est une émotion qui annihile le jugement, qui pousse à l’inaction (on est tétanisé), à faire n’importe quoi (on panique), qui rend agressif. C’est à dire tout ce qu’il ne faut pas être ou faire dans une situation de crise.

La situation est grave. Certes. L’humanité, par le fait que quelques imbéciles (en gros 1%) qui se croient plus intelligents que les autres parce qu’ils savent s’amuser avec un code binaire (0, 1) et l’utilisent pour mettre en coupe réglée la nature et le monde, tout en persuadant les gens qu’ils ont LA seule et unique solution à Tout grâce à ça, est dans de sales draps. (quasiment du Proust… relisez si nécessaire)

Ils ont tout abîmé, ces C..s ! Et ils en sont fiers en plus !

Et ils veulent aller plus loin pour que rien ne change. Ce qui se fera si on accepte d’être totalement dépendant d’eux (puisqu’ils ont LA solution (la technologie), qu’ils sont les seuls à l’avoir (les brevets) et qu’ils contrôlent les moyens de la mettre en oeuvre (l’argent). CQFD

Pour cela, il faut qu’on soit tétanisés de trouille.

Qu’on soit persuadés qu’on ne peut rien faire sans eux (c’est à dire sans argent et/ou sans technologie ou brevets).

Bien sûr, certains d’entre nous vont devenir violents puisque la peur peut rendre agressif. Mais cela ne concerne qu’une minorité. Mais ils ont mis en place un appareil répressif de premier choix pour les réduire très vite au silence. Au nom de l’ordre et de la paix. Et de la démocratie…

Bon.

Et si on prenant du recul ?

Et si on se disait qu’avoir peur n’écarte jamais le danger et qu’il est plus judicieux de le regarder en face et d’élaborer des réponses intelligentes. Des solutions alternatives.

Et si on réfléchissait à cet épouvantail qu’on nous joue ?

Ces Cassandres s’appuient sur l’histoire pour nous persuader que cela se passe toujours ainsi et que tout changement de paradigme est dangereux, épouvantable, cataclysmique (la chute de l’empire romain, de l’empire Maya, les Vikings razziant nos côtes, la terreur révolutionnaire, Pompéi… et leur cortège de massacres, d’égorgés, d’étripés, de violé(e)s et de destruction ? )

Voyons voir…

L’histoire est faite par et pour les puissants. Elle nous a habitués à avoir peur des bouleversements sociaux, des effondrements de systèmes de pouvoir, des révolutions et des conquérants qui leur prennent leur place.

Ce n’était pas des parties de plaisir. Mais pour qui ces évènements ont été les pires ?

Suspens….

Pour ceux qui avaient quelque chose à perdre: leurs richesses, leur pouvoir, leur autorité, leur place dominante.

Les autres n’intéressaient personne. Enfin, ceux qui ne restaient pas loyaux à leurs anciens maîtres déboulonnés ont pu y gagner leur liberté (les esclaves, les femmes mariées contre leur gré, les pauvres, les serfs, les enfants libérés de leurs liens de caste ou de classe…). Pour les autres, ils partageaient l ‘étripement de leur maître. Que c’est noble ! Mais bien dommage pour eux.

Pour ceux qui ont laissé leurs maîtres assumer tout seuls leur place de puissants, le changement a pu être une belle opportunité de construire une autre vie, plus libre, plus intéressante, plus chouette en somme.

Les bouleversements de cet ordre, massifs et globaux, sont des moments de redistribution de pouvoir, de destitution des puissants, de table rase pour détruire ce qui ne fonctionne plus. C’est parfois un peu violent, mais cela peut permettre de retrouver une société plus équilibrée et plus juste. Bon, ok, parfois pas…

Parce que, là, tout de suite, détrôner les puissants, leurs porte flingues et le système capitaliste financier qui massacre la terre, le vivant et les hommes… Ben, c’est pas une catastrophe.

Que la bourse s’effondre, chouette ! Ils perdent leur argent. Vous en avez, vous des dividendes ? Non. Bon alors, qu’est ce que ça peut vous faire ? Il n’y aura plus de liquidités car les banques vont se casser la figure avec? Chouette! On va se mettre en place une monnaie locale pour nous, pour acheter les œufs de Ginette et les carottes de René du coin (et même le pastis de Marius de chez plus loin) et on se fout pas mal de ne plus participer à l’économie mondialisée (sous la forme d’un achat en supermarché d’un pot de Nutella plein d’huile de palme ou d’un tee shirt qui ne passera pas le premier lavage et a été cousu par des esclaves).

Les multinationales s’effondrent?  Chouette ! On a compris depuis longtemps que compter sur elles pour nos emplois est un leurre et on ne travaille plus pour elles (sauf ceux qui se laissent manipuler, comme les anciens esclaves loyaux, voir ci-haut. mais bon, c’est leur choix). D’abord, elles ont licencié à tour de bras pour réduire les coûts (et on robotise, et on délocalise vers les pays esclavagistes, Chine, Éthiopie…! L’idéal étant l’usine sans salariés). Donc, des emplois, de toute façon, il y en a de moins en moins (et elles gagnent de plus en plus de sous). Ensuite, on préfère ne pas attraper le burnout, et on a choisi un travail qui a du sens dans un environnement humain. Et comme les multinationales s’effondrent, il y a plein d’opportunités pour produire des tee shirts de qualité ou des pots de pâte à tartiner aux noisettes du jardin sans huile de palme…

Le cours du pétrole s’effondre ? On s’en fout. On s’est organisé avec ses voisins pour construire une éolienne avec nos petites mains et mettre des panneaux solaires récupérés sur nos maisons, et on a Duduche le cheval pour aller faire les courses au marché du coin. Et c’est jour de fête, on y rencontre plein de gens à qui on parle ! (et on récupère son crottin pour nos jardinières)

Il y a une pandémie ? On fait confiance à notre hôpital du coin et tout le monde va aider parce que on ne laisse personne tout seul, ni les malades, ni les vieux. Et bien sûr, tout en isolant et en soignant correctement toute personne infectée, on met en place une quarantaine comme période de réflexion et de méditation pour protéger tout le monde…

Il y a des réfugiés climatiques ? Bienvenue pour toute l’intelligence et les savoirs faire qu’ils amènent chez nous. Vous savez ferrer un cheval, vous ? Fabriquer un pot ? Coudre un manteau ? Raconter une histoire passionnante ? cuisiner un mafé ?

Bien sûr, il y aura des problèmes. Des années compliquées où le climat s’affole et empêche une belle production agricole, des voyages qu’on ne pourra plus faire, des chaleurs et des tempêtes terribles, des morts et des maladies dues à tout ce que nous avons subis, des gens violents, des cons et des criminels…

Et il est même possible qu’on n’ait plus de portable, ni de Netflix. On ne pourra plus regarder des mêmes de chats ou avoir une appli pour savoir si on a fait le bon nombre de pas dans la journée. On ne pourra plus aller un Week-end à Djerba ou un semaine à Bali… Oui, je sais , c’est triste.

Mais  tout ça, on l’affrontera ensemble. Et on trouvera des solutions pour bien le vivre. POur le vivre du mieux possible. Déjà pour rester vivants, ensemble.

Donc à quoi bon avoir peur ?

Que les puissants d’aujourd’hui aient peur, je le comprends. Ils vont tout perdre.

Mais pas nous. (De toute façon, je n’ai pas les moyens d’aller à Bali, ni même à Djerba, et je n’ai pas Netflix)

Mais il faut prendre conscience que nous lier à eux est dangereux, ça, oui. Sinon, on sombrera avec eux.

Il nous faut accepter de changer nos façons de voir la vie et introduire de nouvelles valeurs:

Au lieu de la dépendance à leur argent, à leurs écrans ou à leurs brevets, la liberté !

Au lieu de l’emploi dépendant du système pour un salaire, la fierté d’un vrai travail qui donne quelque chose de vrai, de concret à la société et aux autres !

Au lieu de la soumission aux puissants par la peur, la démocratie !

Nous sommes bien plus intelligents qu’eux. Nous sommes plus scientifiques et experts qu’eux (qui disent souvent n’importe quoi avec un bel argument d’autorité, creux et crétin)

L’Apocalypse n’est pas la fin du monde, c’est l’avènement d’un monde nouveau.

Qu’en pensez-vous ?

Pour des solutions et des explications sur notre monde, Ref Vandana Shiva. 1%, reprendre le pouvoir face à la toute puissance des riches. Elle est trop géniale, cette nana !

Bisous

Changement de paradigme, ça gratouille ou ça chatouille ?

Petite histoire du paléolithique.

Oui, je sais, j’aime bien cette période, mais c’est qu’elle me parait très utile dans nos temps bouleversés.

Après 30 000 ans de stabilité écologique, les hommes et les femmes du paléolithique ont dû faire face à un bouleversement radical de leurs conditions de vie. Ils sont entrés dans le mésolithique, une période d’environ 5000 ans, pas très confortable, dans laquelle ils ont dû survivre sans tout ce qui leur paraissait naturel et indispensable. Heureusement que certaines personnes ont compris les changements en cours et ont inventé d’autres façons de vivre (le néolithique), sinon, nous n’aurions pas existé. La terre ne s’en serait pas portée plus mal, remarquez… Mais il semble que nous soyons coriaces et nous avons toujours trouvé le moyen de survivre et de nous multiplier de surcroît !

Cela me fait penser à aujourd’hui…

Donc revenons à nos mammouths…

Des mammouths qui n’apprécient guère le réchauffement de l’Europe, la disparition des glaciers et des grandes plaines herbeuses dans lesquelles ils paissaient tranquillement au profit de forêts encombrantes avec leurs troncs et leurs branches et de plantes nettement moins goutues. Avant, c’était open bar, et aucun animal, ni même l’homme, n’osait attaquer ces mastodontes à la peau épaisse recouverte de fourrure impossible à transpercer (en tout cas pas avec un bout de caillou au bout d’une lance). C’était cool, mais cela devenait un peu chaud pour leur cuir poilu… Bref, les mammouths ont commencé à remonter vers le nord. Les derniers se sont retrouvés en Sibérie, où il y en a quelques spécimens congelés qui font aujourd’hui la joie des scientifiques.

Mais il n’y avait pas que des mammouths qui offraient leurs tonnes de viande fraiche ou congelée (en saison froide) aux tribus humaines. Les cerfs géants, les rhinocéros laineux, les antilopes Saïga et les rennes désertent peu à peu et remontent vers le nord ou disparaissent.

A la place, de nouvelles espèces s’installent dans des forets plus denses, les vallées sont envahies par la mer, les 4 saisons s’installent. Ces nouvelles espèces ont le mauvais goût de courir bien vite, de se cacher dans les fourrés, et surtout d’être un peu maigres avec rien à rousiguer dessus quand enfin on a réussi à en choper un exemplaire. (note de l’auteur: rousiguer est un idiome familial qui veut dire récupérer un peu de viande sur un os maigrement pourvu de chair, on rousigue l’os du gigot quand tout le monde est servi)

Bref, c’est comme passer d’un Picard approvisionné de tonnes de barbaque et ouvert 8 mois sur 12 (à peu près), dans lequel on se sert quand on veut pour gratis, à …. rien, en fait. Désormais, au lieu d’aller se servir sur la carcasse gelée, on doit courir après la bête, suer sang et eau, se prendre des branches dans la figure, viser, réussir son coup (ou pas), se battre avec les mecs de la tribu à côté qui vont prétendre qu’on est sur leur terrain de chasse, ou avec un pote qui l’a « vu en premier », « si », « non », « si », « non », (etc)… pour enfin rentrer au camp avec un truc sur lequel il y a un dé à coudre à manger (c’est pour vous donner une idée, les dés à coudre n’ayant pas été inventés… quoique…) alors qu’il y a 30 à personnes à nourrir. Malaise.

Imaginons ce jour de -15 000 ans, dans une yourte de défense de mammouth un peu défraichie (on ne trouve plus de pièces de rechange), c’est le printemps, il fait doux et les oiseaux, ces stupides animaux minuscules et difficiles à attraper (et sur lequel il n’y a pas grand chose à manger) chantent.

- Je vais chercher à manger. Femme-médecine, dis moi où les esprits t’ont dit qu’ils ont déposé l’animal ?

- Je ne sais pas trop. c’est confus.

- Avons-nous déçus les Esprits, qu’ils nous mettent à l’épreuve ? Cela fait 2 jours que nous n’avons rien mangé.

- Tu exagères, s’exclame prudemment un jeune homme occupé à tester des fruits. Ada et moi, nous avons rapporté des trucs à manger.

- Ouais ! et Umi a été malade et a tout vomi ! génial ! Tes trucs, tu te les gardes. Moi je fais comme d’habitude. Un renne ou deux doit bien se balader par là…

- Ça fait un bail qu’on n’en pas vu… dit une voix chevrotante au fond. De mon temps, c’était autre chose. Mais les jeunes sont exigeants, ils ne savent faire aucun effort! Les Esprits nous écoutaient, nous… Le reste se perd dans un murmure…

- Femme-médecine, que te disent les Esprits?

- Les choses changent…

- Oui, ça on a vu. Mais mon père, mon grand père ont toujours trouvé de la viande, j’en trouverai aussi. On n’a pas le choix. Grand chef blanc (moi) va trouver la solution.

- Ben … si, on peut faire autrement, ose le jeune boutonneux aux cheveux longs. (ce n’est pas un stéréotype, mais essayez de manger n’importe quoi dans une nature nouvelle, pour voir si c’est comestible, et vous me direz si vous finissez pas par avoir des boutons… hein ?)

- Tais-toi, espèce d’Amish ! On ne va pas revenir au Moyen-Age ! On va faire comme si rien ne change.

- Ça ne va pas marcher…

- Espèce d’écolo de mes fesses, je vais t’apprendre ! On va continuer à croire à la croissance (des gros animaux), à croire que rien ne change parce que, nous on est habitué et qu’on n’a pas le choix, et que ça nous arrange . Il suffit d’optimiser notre quête pour que les Esprits nous disent où chercher…  Comme La tribu des Quatquarante de la haute colline, là bas. D’ailleurs on ne les a plus vus depuis longtemps… Vous avez des nouvelles ?

- Le dernier est mort de faim hier. Ils avaient fait des réserves de leur dernier mammouth, mais il a tout pourri avec ce temps.

- On s’en fout, suivez moi, on continue tout comme avant ! Celui qui râle et qui met un GJ, je lui enlève un œil (ou une main).

Et c’est ainsi que le premier chef et la première violence sociale de domination est née.

S’est ensuivi une période sombre de l’humanité, le mésolithique.

Parce que bien sûr, espérer un gros gibier qui n’existait plus cela ne risquait pas de nourrir qui que ce soit! Famines, concurrence (on dirait compétitivité), malnutrition, violence, vols, viols, bêtise et maladies se sont répandues sur le monde. Plus question d’art, de musique ou de philosophie, le chef, c’est celui qui tape le plus fort. Plus question d’amour non plus, c’est la brute qui choisit sa femelle, dans le clan parce qu’on aime pas les autres clans (inceste et mariages en famille, tares en pagaille), on vit dans des huttes quand on sait encore les faire (ben oui, on n’a plus le temps d’apprendre les choses aux jeunes, il faut passer tout son temps à la chasse ou à la cueillette pour survivre) , on se protège dans des cavernes malsaines. Et puis on reste sur son terrain de chasse car ailleurs fait peur… et les étrangers aussi (on leur tape dessus avant d’apprendre leur potentiel savoir, et puis parfois on les bouffe, variante, on leur prend leurs femmes encore baisables, ça romp la monotonie). C’est un gibier facile…

Le progrès est en marche: les hommes se battent pour se prendre les uns les autres les maigres ressources de la chasse, et de la pauvre cueillette de ceux qui ne partent pas chasser. La hiérarchie est apparue, non pas sur le mérite ou la sagesse, mais se fonde sur la force physique au détriment de l’intelligence. L’inégalité devient une structure sociale. Faibles, femmes, handicapés, enfants doivent se soumettre au chasseur et au guerrier, le séduire et se lier à lui pour pouvoir manger. Il faudra de longs siècles pour que l’intelligence reprenne le pouvoir et encore ce ne fut pas tout le temps…

Mais ce progrès a aussi amené la technique, qui au néolithique a permis à l’humanité de s’en sortir en créant la nourriture, puis les objets nécessaires à la vie de la communauté. L’homme a pu travailler et produire les richesses que la nature ne lui donnait plus. On a été chassé du jardin d’Eden, mais on est devenus puissants.

Et l’humanité a repris sa route. Pour le meilleur ou le pire. Ce fut notre histoire

La religion, la philosophie, la sagesse ont posé des valeurs qui ont posé des limites à cette puissance humaine pour éviter le danger de la toute-puissance. Le chevalier protégeait le faible, aimait et respectait sa dame, le religieux soignait les malades et accueillait les étrangers, le mari recréait une égalité amoureuse avec son épouse pour fonder un foyer heureux, le père éduquait ses enfants dans le respect d’eux mêmes et des autres. Pendant longtemps, il y a eu une sorte d’équilibre entre la nature et l’homme.

Beaucoup s’en foutaient, profitaient de leur domination, se permettaient violence et massacres en appliquant la loi du plus fort ou plutôt leur propre loi. Certes…

Mais globalement, on a inventé la morale pour éviter les grosses dérives. On a construit des valeurs qui ont tissé un équilibre social.

Aujourd’hui, on est arrivé au bout de ce système.

Les dominants sont arrivés à tout contrôler, y compris les institutions vecteurs de morale, de valeurs. L’individualisme et l’égoïsme se moquent des valeurs sociales. Les religions sont moquées ou versent dans l’intégrisme, la philosophie est ringarde, la sagesse est trop lente pour être utile. La pensée est devenue impossible dans un tourbillon d’accélération et de perte de repères qui nous arrache à notre humanité et à notre réel terrestre. Le langage est dévoyé, le chiffre a remplacé le mot. Or, c’est le langage qui permet l’humanité.

Et surtout, la prédation des dominants sur notre environnement terrestre a atteint les limites du supportable.

Comme les mammouths il y a 15 000 ans, ce qui nous permet de vivre, de nous nourrir et de penser à un avenir vivant pour nos enfants va disparaître. Cette manière de produire, agressive, dominatrice, égoïste et concurrentielle aboutit à la destruction de toute production. Parce que nous ne pourrons pas vivre avec une planète à 2 degrés de plus (notre flore et faune  n’auront pas le temps de s’adapter, il y a 15 000 ans, cela a pris 2 000 à 3000 ans ), avec des terres asséchées et stériles à cause des intrants chimiques, des villes submergées et paupérisées, des océans vides et toxiques, des régions entières irradiées par des accidents nucléaires, des pandémies récurrentes, et j’en passe…

Certains craignent la surpopulation. Je pense que ce qui arrive va les rassurer. Des morts il y en aura !

Les dominants pensent que seuls les pauvres vont subir tout ça. Ils se trompent. Nous sommes liés dans la même humanité, ils ne pourront pas s’en extraire. Leurs enfants seront peut être les premiers à le subir car ils ne pourront prétendre à la solidarité qui, seule, sauvera les pauvres.

Car il nous faut changer. Et nous sommes en train de changer.

Renoncer à notre délire de puissance et accepter que la mondialisation est une connerie qui nous détruit. Rentable à court terme mais désastreuse à moyen et court terme. Que l’entreprise n’est pas l’alpha et l’oméga de notre monde, surtout lorsque son but n’est plus de produire et de donner du travail aux gens mais de distribuer des dividendes aux actionnaires, à n’importe quel prix.

On ne peut plus produire à des milliers de kilomètres des produits (bien souvent inutiles, en plus), on ne peut plus massacrer la terre et les animaux d’élevage avec une agro-industrie à gros rendements et qualité toxique, on ne peut plus réduire des population en esclavage (parce que c’est rentable d’avoir une main d’œuvre pas chère), on ne peut plus détruire les océans pour alimenter des poubelles de supermarchés, ou produire des plastiques qui vont finir sur le 5eme continent pour que des star uppers puissent se payer des Mazératis polluantes, on ne peut plus …

On doit changer.

On a le choix.

Arrêter de croire ces élites qui sont devenues stupides, obsédées par les profits à n’importe quel prix.

Arrêter de croire ces experts soumis aux puissants qui mentent à la demande.

Arrêter de penser que les scientifiques qu’on nous montrent à la télé ont une vraie légitimité, simplement par leur titre ronflant.

Arrêter de croire qu’il est impossible de changer et de vivre autrement. Que changer revient à vivre dans l’inconfort et la précarité, qu’on aura froid ou faim ou qu’on sera vêtu de peaux de bêtes… Au contraire, c’est ce monde de croissance, de rentabilité, de mondialisation, d’investisseurs et de multinationales qui va faire vivre 90 % de la population mondiale dans la misère. Sans les peaux de bêtes, ça, c’est réservé aux riches, friands de fourrures.

Changer, c’est au contraire, s’organiser ensemble pour vivre confortablement, dans l’entraide (tiens, j’ai plein de tomates dans mon jardin, tu en veux ?) et la solidarité (ta machine à laver a un souci, viens laver ton linge chez moi pendant que Mathias va réparer ta machine). Dans la débrouille et l’innovation (tu as vu ma nouvelles éolienne ? avec mes panneaux solaires, et l’éolienne du village, j’ai assez d’énergie pour mes appareils électriques), de la récup et de la créativité (ouais, c’est ma voiture ! j’ai enlevé le moteur thermique et Bébert m’a mis celui là, tout écolo) et profondément humain (oui, c’est Djemel et Nikita, de super artisans, ils savaient encore forger des outils, bien utile! et Paquita est une maitresse d’école géniale, avec Marius qui n’est pas mal non plus. Quant à Françoise, qui vient de Paris, elle est adorable avec Mémé Louisette et les vieux du village. Depuis que l’Ehpad a fermé, on en a créé un autre, autogéré. Il fait aussi garderie pour les petits. Ça, c’est l’école, avec un jardin et un atelier, et un espace de lecture. Là, c’est le jardin potager du quartier, et puis là, l’éolienne qui nous permet de ne pas trop consommer d’énergie nationale. Et là, ce sont les troquets, les guinguettes et les jolies boutiques où on se retrouve pour passer du bon temps et trouver ce dont on a besoin…

Et ça ?

« Ah, ça ? C’est l’ancien supermarché avec son parking. C’est devenu une salle de sport. Le parking, on a enlevé le béton (recyclé ailleurs) et on en a fait un jardin. Ben oui, il n’était plus assez rentable, alors il a fermé. On s’est retrouvé bien embêté, alors, on s’est organisé. On pouvait pas aller faire 30 km pour faire nos courses, l’essence était trop chère et rationnée! Et ça ? C’est l’atelier informatique. On recycle tout ce qui ne nous sert plus au quotidien (télé, portables, pc…) pour les remettre au poil et rester en lien avec les autres. On a eu envie de tout regrouper dans un lieu unique, comme ça on s’entraide et c’est plus sympa. Parce que le reste du temps, entre nous, on se voit tout le temps, pourquoi s’envoyer des sms ou des mails ? La télé? On n’a plus le temps avec les apéro et les fêtes, et puis, c’était devenu tellement nul… Par contre on a un ciné club et un théatre. Et un conservatoire.

Voilà, je vous laisse rêver… Au nouveau paradigme.

La vie, c’est le mouvement. Restons dans la vie. Ne choisissons pas le néo-libéralisme mortifère qui veux que rien de change… N’ayons pas peur. Nous n’avons rien à perdre.

Bises

Nous voulons danser encore… Nous allons danser encore !

A la gare du Nord:

https://www.youtube.com/watch?v=Gq9qFvoMKaY

Pour en finir avec la peur et la culpabilité… reprenons confiance en notre puissance.

Parce que nous sommes puissants à partir du moment où nous acceptons nos limites, notre condition humaine, la vie, la vieillesse, la mort, la maladie… Sans en faire un drame.

Le bouddhisme a raison de dire que nous nous rendons malheureux tous seuls. C’est en donnant autant d’importance à nos limites, en en faisant un drame, au lieu de les accepter et de les laisser passer, que nous nous fabriquons une vie pourrie.

Le détachement à l’asiatique est bien souvent le meilleur moyen de vivre, et nous en avons bien besoin en ce moment ! Cela nous permet d’encaisser les chocs sans trop souffrir, de faire qu’ils ne durent pas très longtemps et de récupérer notre sentiment de puissance là où il est effectif: pour construire notre vie.

A quoi bon vouloir changer ce qui n’est pas en notre pouvoir ? Marc Aurèle le disait déjà il y a bien longtemps… On ne peut que le subir, souffrir encore plus, avoir peur et se reprocher de ne pas être super man (ou woman)… et subir encore plus. Se sentir impuissant (alors qu’on se trompe simplement de lieu de la puissance humaine).

La sagesse est d’accepter ce qui est.

D’observer ce qui est

Et de mettre en place ce qui est utile pour nous et pour les autres pour que ce truc qui est négatif n’impacte pas trop notre vie ou celle des autres

Et oublier ce truc

Pour porter notre attention sur ce que nous avons plaisir à faire.

Exemple (chacun pourra faire sa propre réflexion là dessus, je vous donne le mien)

Le covid nous est tombé dessus. Pandémie mondiale.

Qu’est ce que c’est ? Une maladie infectieuse qui tue essentiellement les personnes fragiles et âgées (donc avec un corps fragilisé, une immunité défaillante, un mécanisme usé). Une maladie qui se transmets assez vite car elle a une phase d’incubation sans symptômes très contagieuse. Une maladie qui attaque surtout dans les pays riches et les gens en mauvaise santé physique et psychique (c’est à dire, les populations qui ont développé, par exemple,  un affaiblissement du microbiote avec une asepsie quotidienne trop importante, la désinfection permanente, les antibiotiques, une alimentation industrielle pauvre, sucrée, grasse et polluée, du stress et qui s’imposent une vie pourrie…). Une maladie qui tue peu, mais qui peut être très pénible et donner des séquelles. Une maladie que l’on n’a pas encore assez étudiée pour savoir exactement comment elle se transmet et comment elle fonctionne exactement. Une maladie donnée par un organisme vivant, le virus, qui sait développer très vite des stratégies de résistance aux anticorps ou aux médicaments. Une maladie qui fait terriblement peur et qui a généré des réactions dans tous les sens.

Qu’est ce qu’on peut mettre en place ? A l’échelle des autres, regarder ce que les pays qui ont peu de cas et peu de morts ont fait et en prendre exemple. Étudier tous les travaux scientifiques sur le sujet sans arrières pensées commerciales. On a plus d’un an de recul maintenant. On peut. Fermer les frontières et isoler les cas testés + (les retirer de la société le temps de la maladie, les soigner) semble une bonne formule. Renforcer notre immunité collective en prenant de bonnes habitudes alimentaires (bio, pas de produits transformés), d’activité (marche), de respiration, de détente et de plaisir (no-stress, on prend son temps que ce soit au travail, en amenant les enfants à l’école ou en faisant ses courses) et en tissant des liens vrais et humains avec les gens qui nous entourent (c’est fou ce qu’un sourire, c’est efficace !) aussi.  A notre échelle personnelle, en se testant dès qu’on a un doute, en s’isolant si nécessaire, en développant notre propre immunité personnelle avec de la vitamine D, du zinc ou tout ce qui nous fait du bien ou est censé nous faire du bien (le placébo a une réelle efficacité thérapeutique), en vivant notre vie comme elle nous plait, dans le respect de nous mêmes et des autres. Ce qui veut dire danser, se marrer, se régaler, embrasser et prendre le risque de vivre. Avec un grand V. Ne pas priver le monde et les autres de notre présence. Être là pour eux, être là pour nous mêmes. Sentir qu’on décide, librement, de notre vie. Ne pas obéir aux injonctions par peur ou servilité mais parce qu’on les a réfléchies et considérées comme bonnes.

Oublier ce truc. Le covid n’est pas la vie. Le covid n’est qu’un épisode de vie, d’histoire. Dans 2 ans, ce sera du passé. Donc, ce n’est rien, qu’un truc qui bientôt ne sera plus un sujet. Un truc comme il y en aura d’autres. Ne pas lui donner plus de place dans notre vie qu’il n’en prend. Donc, s’intéresser à autre chose de plus important pour notre chemin de vie. Par exemple, avoir un projet, aimer, être heureux, penser, créer, renouer avec quelqu’un, pardonner, se pardonner, s’aimer dans toute notre petitesse et notre imperfection, avec beaucoup de tendresse et d’autodérision, cuisiner pour nos amis, aider ceux qui nous demandent de l’aide, les écouter, etc. Il y a plein de choses à faire dans une vie qui nous donnent le sourire au lèvre et la fierté de vivre.

Et sourire à la vie, parce que le soleil se lève chaque matin, parce que nous respirons, parce que pour l’instant nous ne sommes pas malade (et si nous le sommes, soignons-nous pour ne plus l’être), parce que nous ne sommes pas morts (et si nous le sommes, la question ne se pose plus), parce que le monde recèle plein de merveilles, qu’il y a plein de gens géniaux à découvrir ou redécouvrir, que la beauté est partout, il suffit de vouloir la voir, parce que être heureux et se marrer, c’est la meilleure recette de vie et le meilleur vaccin !

Et ça, c’est possible. Et franchement, je ne vois pas pourquoi je m’en priverai pour aller geindre dans mon coin que tout va mal, que c’est la catastrophe, que c’est l’horreur… Eh, mec, c’est toi qui décides que c’est l’horreur ! Pas moi !

Le Bien peut toujours vaincre le mal parce que le mal et le Bien naissent en nos cœurs. Il suffit de choisir.

C’est la puissance de l’être humain, sa liberté. Il peut dire Oui. Il peut dire Non. Il n’est pas conditionné, sauf s’il se laisse faire. Réveillez vous ! prenez la responsabilité de votre vie pour bâtir un chemin qui vous donne envie de sourire… (Cf, la Vie est belle, le film…)

Et non, le sourire n’est pas niais…. Ceux qui le pensent sont simplement maso et de tristes sires sans intérêt …

Bises à tous de tout cœur

A.

Un peu d’histoire anti Darwin

Tous les grands pontes de la science qui croient qu’ils ont accès à la vérité révélée à leurs cerveaux (et ordinateurs) surpuissants nous disent d’autorité un certain nombre de choses qui m’agacent.

Oui, j’ai ce culot. Même pas impressionnée par leurs grands titres !

Pour autant, je ne veux pas faire pas comme eux, en prétendant savoir la vérité.

Les lignes ci-dessous ne sont que des hypothèses et des essais de réflexion.

Mais ils s’appuient sur la réflexions et l’analyse la plus poussée possible des éléments dont on dispose. Une recherche de cohérence dans le savoir.

Je ne parle ici que du paléolithique (-50 000 à -15 000 ans environ) en Europe, ce que j’ai étudié. Au mésolithique, quand le climat a changé pour devenir celui des 4 saisons qu’on connait, les choses ont radicalement changé.

Les sociétés des hommes ont toujours été construites sur une hiérarchie entre des dominés et des dominants, dans un rapport de pouvoir. Bref, il y a toujours eu des chefs.

Un groupe d’homme sans chef (ou femme-chef au pire), ça ne peut pas exister. Il y a toujours eu une concurrence entre les être humains et seuls, les plus forts (ou les plus riches) imposaient leur volonté aux autres. Donc, dès qu’il n’y a plus de chefs, c’est la gabegie, l’anarchie et les hommes sont des loups pour les autres hommes. Ils s’entredéchirent. Genre scénario à la Mad Max. Or l’histoire nous montre que les plus grandes horreurs, génocides, violences, guerres, n’ont été faite QUE lorsqu’il y a eu des chefs. Ce sont eux, les chefs, qui ont initié la violence, pour l’espace vital, leur gloire ou leur dieu. La soumission à l’autorité et la peur a fait le reste.

L’annexe à cette idée, c’est que la démocratie directe et l’autorité librement consentie sont des utopies irréalistes. L’entraide, la douceur, la solidarité sont des trucs de faibles qui ne marchent pas, qui ne construisent rien de valeur. Et bien c’est faux. La démocratie est le système le plus efficace sur tous les plans. Il engage chacun dans un projet commun, il économie les forces et l’énergie de tous et permet de créer et d’inventer des merveilles grâce à l’intelligence collective. Ne serait-ce que parce que l’intelligence est dialogique. C’est à dire qu’elle fonctionne en question/réponses. Donc, elle est la plus vive lorsque plusieurs personnes y participent dans une saine émulation, sans concurrence, dans l’égalité. L’intelligence humaine ne peut fonctionner seule. Elle s’étiole et tourne en rond. C’est la rumination et bientôt la folie. Un cerveau a besoin d’un autre cerveau humain pour fonctionner. Voilà, c’est comme ça. Le génie solitaire est un leurre. Einstein n’aurait rien été sans sa femme…

Nos ancêtres étaient des chasseurs cueilleurs, vivant misérablement d’un peu de chasse et de cueillette

N’importe quoi !

1. Ils ne cueillait rien ou par grand chose. D’abord les végétaux non améliorés ne ressemblaient à rien, voire étaient toxiques. Vous avez déjà essayé de manger une carotte du paléolithique ? ou une graine de céréale ? ou une noisette de l’époque ? Ben vous auriez eu du mal à vous remplir une dent creuse avec. Et en plus c’était pas bon. Beurk. Demandez aux paléo biologistes.

Qui plus est, vu le climat, vous aviez la majeure partie de l’année sous la neige et la glace. Vous cueillez quoi par -25 °, 1m50 de neige et un sol gelé ? Vous croyez que 3 mois par an (dégel, été, regel) ça suffit pour faire des réserves pour l’année et pour une tribu d’une vingtaine de personnes ? Sérieux ! demandez aux paléo-climatologues.

2. Ils ne chassaient pas non plus ou très peu. Juste pour le fun. Pourquoi ? Vous avez déjà essayé de tuer un mammouth (pour rappel la peau est laineuse et encore pus épaisse que celle d’un éléphant, enrobée d’une bonne couche de graisse mettant à l’abri les organes vitaux, avec une pointe de flèche au bout d’un bout de bois ? Alors un renne de temps en temps, peut être, mais franchement, aller crapahuter dans la neige dans un froid glacial pour tuer une bébête alors qu’il y avait autour d’eux des tas de carcasses congelées à disposition, faudrait être con; Et ils n’étaient pas cons. Sinon, on ne serait pas là aujourd’hui, à trembler devant un virus (parce qu’on refuse de dépenser de l’argent pour les gens qui soignent, bon). Parce qu’à l’époque du paléolithique, il y avait peu d’humains et plein de bébêtes (non immortelles), et un climat qui ressemblait aux coffres de Picard. Pour manger il suffisait d’aller se servir. ET il y en avait pour tout le monde. Pas la peine de créer une hiérarchie. Au contraire, il fallait le concours de tous pour réussir l’opération de prélèvement du gigot, de la cuisine, de la fabrication des trucs pour découper, présenter, et pour la distribution et le rangement. Sans compter sur le salage, séchage, enfumage pour se faire un peu de rab pour les jours de tempête. Bref, nos ancêtres n’étaient pas de grands guerriers, de nobles chasseurs ou d’avisés cueilleurs, mais des charognards. Et cela leur convenait très bien. Le prestige devait être plutôt au niveau de l’intelligence, de l’art, de la philosophie plutôt que de la force physique. Savoir interpréter la nature pour savoir où trouver le cadavre encore chaud (et savoir comment récupérer dessus tout ce qui était utile: viande, tendons, os, fourrure…) était plus important que de s’affronter à un tigre à dents de sabre pour la frime! Parce que, libéré du souci des ressources alimentaires et de la chasse, on avait du temps… Pour soi, pour les autres, pour créer. A preuve, les magnifiques oeuvres d’art conservées dans nos musées qui datent de cette époque.

 

Les femmes étaient dominées (genre tirées par les cheveux dans la caverne, avec un seyant déshabillé de peaux de bêtes dévoilant un bout de téton) ou des matriarches menant les mecs à la baguette (de mammouth)

Les femmes étaient puissantes et libres. Les hommes aussi. Il n’y avait pas de domination.

A quoi sert une domination ? A confisquer les ressources pour une minorité de personnes qui ont le pouvoir. Ca sert à maintenir l’inégalité.

A quoi cela aurait servi dans une époque où l’égalité était la seule condition de la survie? Car l’égalité permettait l’intelligence collective, la solidarité et la cohésion du groupe. Les ressources étaient abondantes, cela n’a aucun sens de s’en arroger une partie et de la capitaliser. D’autant plus que la viande se conserve mal très longtemps. Des céréales, de l’or, des dollars, OK. Mais de la barbaque avariée ? L’inégalité brise la solidarité et faisant du favoritisme, de la concurrence, des jalousies et des conflits et met le groupe en danger. D’ailleurs, les paléontologues ne trouvent pas sur les rares squelettes de cette époque des signes de violence sociale (genre pointe de flèche dans le crâne). Bon, on n’a pas beaucoup de squelette. C’est peut être pour cela. Bon, relisez ci dessus: comment vous faites pour enterrer mamie dans du permafrost ? Et attendre le dégel n’est pas trop possible non plus, Mamie ne ressemblerait plus à rien, et elle attirerait les charognards (il n’y avait pas que les humains).

Alors, comme vous avez lu Freud et sa Tribu primitive, vous allez me dire: les hommes pouvaient se battre pour avoir les plus belles femmes.

Alors, je n’y étais pas. Et il devait bien entendu y avoir des petites histoires de jalousies et des drames d’amour. C’est humain. Mais les femmes n’étaient la propriété de personne, les hommes non plus. Pourquoi, les femmes se sont soumises aux hommes plus tard ? Parce qu’elles dépendaient d’eux et de leur force physique pour survivre. Mais pas au paléolithique. Les deux sexes étaient à égalité et s’aimaient librement, vraiment, pour eux mêmes. La femme n’était pas un trophée. Et l’enfant le fruit de l’amour et pas un investissement (pour garder les chèvres ou hériter de la fortune). Pourquoi je dis ça ? Parce que je crois qu’elles n’étaient pas des imbécile et qu’en 30 000 ans elles ont eu le temps de s’observer, de se comprendre de se transmettre les secrets de la vie et de leurs corps. Elles maîtrisaient leur fécondité. Elle étaient les maîtresses de la vie, pouvaient décider de l’avenir du clan en mettant au monde son avenir d’entre leurs jambes.

Des petites figurines féminines ont été retrouvées avec 27, 28, 30 stries sur le corps. Les stries du milieu à l’emplacement du pubis. Calendrier lunaire ? Non ou pas seulement. Calendrier menstruel personnel. Elles pouvaient ainsi déterminer leur période fertile et adapter le nombre d’enfants de chaque clan en fonction des ressources et des désirs du clan et de leur propre désir. La naissance sécurisée par les rites de rasage des parties génitales et l’accompagnement du clan des femmes (les sages femmes) à l’accouchement. Les naissances, plus espacées, rendant les enfants plus précieux. Et sauvegardaient la santé et la vitalité des femmes.

Pas étonnant que dans l’imaginaire collectif, ces débuts du monde ont été gardés en mémoire comme le Paradis terrestre…

Aujourd’hui, on est dans un monde riche. L’intelligence et le travail humains peut produire tout ce qui est nécessaire pour tous. On a bien mieux que les pointes de flèches.

Alors on a le choix:

Soit on partage et on met en avant l’intelligence, l’amour et le respect et on construit une belle société stable et heureuse (dans laquelle chacun pour se construire son propre bonheur). On affronte les dangers ensemble et on y trouve des solutions ensemble.

Soit on préfère la domination et on va vers un monde de violence. Lutter, abattre les dominants pour devenir dominant à son tour, c’est la logique qui s’est mis en place depuis 15 000 ans. Subir, se coucher et devenir les esclaves des dominants, dans l’abandon de notre liberté et de notre propre puissance, c’est leur Projet ! Tout cela n’aboutit en général qu’à plus de souffrance.

Mais c’est vous qui voyez !

Viva la vida !

 

Célébrer mon corps comme exercice spirituel

Mon titre fait classe, non ?

Je suis tout à fait dans le ton de ce que l’on trouve à longueur de net, surtout en cette période de confinement !

Des drôles de tutos spirituo-allumés qui vous font part du « secret » (diffusé à des milliers d’exemplaires, bonjour le secret ! C’est bien pire que Madame Michu, qui « est une tombe et, promis, ne le racontera à personne… » mis à part tous les gens qu’elle va croiser), le secret, donc, dont ils sont dépositaires (ils ont intimement connu un shaman, ils sont shamans, ils ont vécu 2 ans dans la jungle et recueilli le savoir d’un vieux sage édenté, ils ont été méditer au Népal et en sont revenus transformés, ils ont vécu une grave maladie ou un grave accident et ont vu la mort de près, etc… )

Je suis un peu dure, là… et dans le tas, il y a certainement des gens qui sont sincères.

Mais globalement, plus la vidéo est longue (ce qui permet de gagner des sous, ne me demandez pas comment, je n’y comprends rien) ou plus il y a des formations à la clé des vidéos, plus on peut se poser des questions sur la pureté des intentions de ces belles âmes qui nous transmettent dans le secret de Youtube,  des éléments de développement personnels qui ne peuvent être efficaces. Trouver le sens de sa vie en 50 mn, en e-learning, sans sortir de chez soi, et puis, quoi encore ?

Pourquoi ?

Parce que la transmission du savoir ne passe que par la relation et donc par un lien réel et affectif entre deux personnes réelles. De plus, ça prend du temps. Beaucoup de temps, avec des avancées et des reculs. Mais ça, c’est juste pour le savoir faire ou le savoir penser, ou le savoir se comporter.

Le savoir vivre sa vie ne se transmet pas. Personne ne peut le faire pour vous. Personne.

Personne n’est vous.

C’est compliqué, cela fait peur et en plus, on n’est jamais sûr du résultat. On croyait aller là, et puis on se retrouve dans un endroit improbable. Personne de peux vous dire qui vous êtes, ce que vous avez envie de faire et ce qui vous rend heureux. Parce que vous ne le savez pas vous même, que ça change tout le temps et que la vie est faite pour le découvrir en permanence.

Au lieu de payer des gens qui vont vous dire, soit ce que vous savez déjà (les meilleurs), soit ce que vous devez être (les pires), faites vous confiance. Il faut beaucoup d’humilité pour accompagner les gens dans leur désir de vouloir être eux mêmes. Ce qui n’est pas vraiment la caractéristique de ces vendeurs de bonheur. Sinon, comment justifieraient-ils l’argent qu’ils vous demandent ?

Au lieu de faire l’effort d’apprendre et de suivre des enseignements, vivez avec légèreté et insouciance. Vous serez au plus près de vous.

Aïe, voilà que je me mets à parler comme eux !

Mais quand même, l’insouciance est une belle vertu que l’on a trop oubliée. On lui préfère la raison, la vilaine raison du « il faut », « tu dois être raisonnable »… sinon, c’est dangereux…

Et on s’interdit de vivre parce que, oui, on risquerait d’être heureux, gai, insouciant, drôle et léger.

« Ça va pas la tête ? » disent ils:  « la vie est une vallée de larmes. Il faut souffrir pour gagner, tu dois travailler, être performant, gagner de l’argent, acheter plein de choses, dont ma formation à la méditation ou mon trekking à Bali, résultat garanti… sinon, t’es un looser, un minable, un moins que rien, déraisonnable. »

Il faut gagner… quoi ?

La beauté ? elle se flétrira

L’argent ? Il sera décevant (parce qu’il en faut toujours plus. Assez, n’est jamais assez)

L’amour ? Il nous mentira. (parce que c’est un échange de service qui rend la vie ensemble conditionnelle)

Le Paradis ? J’en doute.

Parce que, en fait, tout ça, on l’a déjà. J’y reviendrai peut être dan une prochaine chronique… Si j’y penses.

Revenons à mon corps à célébrer.

J’ai un corps. Un plutôt bon serviteur. Grâce à lui, j’ai pu faire plein de choses (y compris taper sur mon clavier en ce moment, tout en serrant mes abdos pour ne pas me faire mal au dos).

Il m’a donné de faire des choses vachement belles: découvrir la beauté d’un paysage, écouter un ami, parler à un ami, caresser une joue d’enfant, jouer à cache-cache, lire de beaux livres, cueillir une rose, bricoler de trucs et des machins dans la cour de récré, jouir, nourrir mes enfants, aimer, rire, porter des enfants, nager dans les vagues, manger des carrés de chocolat ou croquer dans une fraise pulpeuse et parfumée… et tant d’autres choses encore.

Et quand je fais une ânerie, que je prends un mauvais chemin, il me le dit. Il m’envoie des signes: émotions, chocs, maladies, lapsus, pour me secouer et me faire réfléchir. Il est cool, mon corps, un vrai body guard. un ange gardien.

Et tout cela a laissé de belles marques sur lui, chaque partie de mon corps raconte une histoire. La cicatrice sur le genoux de mon premier cours de vélo (je suis tombée sur un silex, ben, ça coupe très bien, entaille de 3 cm bien nette), la trace de la péridurale dans mon dos, les rides autour des yeux d’avoir ri ou pleuré, …

Un corps qui est comme un livre et qui dit la vie, l’amour, les joies, les peines, l’inscription dans le temps et l’espace, les liens avec les autres et la puissance de création de l’être humain.

Non ?

Pendant longtemps, quand on ne voit son corps que comme une enveloppe d’apparence, on le traine comme un boulet. Il n’est jamais assez beau, assez fort, assez résistant, assez séduisant. Parce qu’on le définit en fonction des autres, de ce que les autres nous disent de lui. Il ne représente pas qui nous sommes, il n’est pas nous, il n’est qu’un pauvre déguisement pitoyable d’un personnage qu’on croit être nous.

Il est mort, triste, laid.

Et on n’est pas dedans. Il est déserté.

Longtemps, de 33 à 50 ans, environ, je l’ai laissé vide. Je n’étais pas dedans. Et que m’importait qu’on lui fasse des choses pas top, qu’on ne le respecte pas, qu’on se serve de lui.

Je l’avais renié, je crois.

J’avais l’impression qu’il m’avait trahie. Alors, je l’ai abandonné.

Je n’habitais pas mon corps. Et, je dois avouer que je n’étais pas plus présente dans ma vie.

Un long sommeil.

Et puis, comme la Belle au Bois dormant, je me suis réveillée. Et j’ai pu accueillir mon corps, tel qu’il est, avec ses défauts et ses fragilités mais aussi avec sa puissance et son humour, surtout avec reconnaissance pour avoir été fidèle malgré ma trahison.

A mon âge, je n’ai plus un corps parfait de magazine. De toute façon, je ne l’ai jamais eu. Mais, il est parfait pour moi. Il est moi. Il me convient parfaitement et je suis contente de l’avoir. Surtout qu’il frétille tout plein de la joie de me retrouver et il m’inonde de plaisir et de plaisirs. Ceux de la vie. Simples, merveilleux, lumineux, légers, sans questions.

Plus je l’écoute et plus je me sens bien.

Et je reconstruis le chemin vers moi, avec lui, avec moi, entière, respectueuse.

Un chemin, pas un état. Avec des hauts, des bas, des moments et des expériences différentes, des larmes et des rires. Chouette!

Mais pas toute seule. J’ai un compagnon qui m’aime et ne veut que mon bien: mon corps.

Qui est aussi mon âme.

D’où le titre.

Scénario, ça dévisse

Ce n’est pas encore catastrophique, les marches financiers peuvent encore s’en sortir et la panique n’est pas encore d’actualité.

C’est embêtant pour les 1% les plus riches mais il n’y a pas encore lieu de leur envoyer des couvertures de survie.

Ils peuvent même profiter de la demande de désinfectant et de masques.

Certes.

Cela dit, c’est une bonne nouvelle pour les 99 % qui restent.

Peut être que le changement est en marche ? Que leur économie virtuelle et fictive, à ces 1%, leurs châteaux en Espagne vont, enfin, se retrouver en cendres et qu’on va pouvoir reprendre les choses en main pour remettre le monde à l’endroit… Arrêter de polluer, de dérégler le climat, de générer misère et terrorisme.

J’espère, mais je ne me fais pas d’illusions, qu’ils ne vont pas nous faire le coup du chantage à l’emploi et nous faire croire que notre vie (emploi, santé, bien être matériel…) dépend de leur manière de gérer l’économie ! C’est archi faux. Regardez! A chaque fois qu’ils ont demandé des « efforts » aux gens (accepter des baisses de salaires, des licenciements partiels, des pollutions et divers malheurs…) pour « éviter le pire »… On a eu le pire. Il ne faut pas avoir fait les grandes écoles pour comprendre que licencier pour garder des emplois, c’est crétin.

Bon. reprenons. Revenons à notre coronavirus.

Je peux me tromper, mais le système actuel est le suivant:

Toute la version réelle du monde est dénigrée et méprisée. Travail, capital réel (l’argent sonnant et trébuchant, celui qui s’échange pour s’acheter une baguette), capital immobilier, capital alimentaire (nos campagnes) et de santé (nos savoirs faire de santé), capital social (liens humains, métiers, transmission de savoirs, morale…), tout cela est soumis au monde financier et numérisé , détenu sur des lignes de code par 1% de la population.

Ces 1% déterminent absolument tout dans notre monde par le biais de politique néo libérales autoritaires. Le seul mot d’ordre: le profit immédiat.

Ce profit immédiat n’existe pas par la production de richesse réelle dans une entreprise (des trucs et des machins vendus , des besoins de vie apaisés par l’action humaine, réelle: santé, éducation, soins aux personnes âgées, sécurité au quotidien, banque de proximité…) mais par une pure spéculation financière utilisant des algorithmes qui tournent au milliardième de seconde. Ou par des traders fous et shootés.

Le système est uniquement basé sur un grand jeu de Monopoly dans lequel on s’échange des « valeurs » symbolisées par de grandes multinationales qui doivent bidouiller leurs chiffres et employer de moins en moins de monde (ou des gens de moins en moins bien payés) pour produire des trucs de moins en moins bons puisqu’on utilise des matières premières de moins en moins chères et donc produites là où c’est le moins cher, c’est à dire, en général, loin.

On remplit donc les super marchés et les Mall d’une abondance délirante de produits markettés et packagés avec plein de couleurs et de mensonges dessus, dont personne n’a vraiment besoin et de très mauvaise qualité. Bref, on vend de la merde bien empaquetée pour générer une activité. (je ne dis pas des bénéfices exprès). Cette activité va légitimer le jeu spéculatif des multinationales elles-mêmes, qui vont faire leur bénéfice sur les marchés boursiers.

Et ce bénéfice, au lieu de la réinjecter dans l’investissement ou l’économie réelle, elle va être donnée aux actionnaires sous forme de dividendes.

Ca tourne tout seul.

On achète de grandes quantité de produits (ben oui, y a promo !) qui ont nécessité de grands transports avant et après leur production. On est licencié ou dans un boulot précaire qui gagne rien. Donc on a moins de sous. Donc on se replie sur soi, car on ne veut pas partager. Donc l’Etat n’a plus d’impôts pour faire tourner les services publics. Donc tout se dégrade, donc on achète pour oublier. On est prisonnier du système et on croit que c’est le seul possible.

Et le Coronavirus se balade, puisque le système de santé, même dans les pays riches, n’a plus assez d’argent pour fonctionner normalement (baisse des crédits des politiques néolibérales: résultat: Italie)

Pour qu’on accepte cette société inégale et lamentable, ils nous racontent une histoire de dynamisme économique et détruisent tranquillement toute économie, en créant un système virtuel juste fondé sur la croyance que cela va pouvoir continuer comme ça éternellement. Et qu’il est impossible de faire autrement. Ils ont pris le pouvoir politique, et médiatique pour nous raconter leurs salades.

Pourquoi le coronavirus est un danger pour eux ?

  1. La Chine est l’atelier du monde aujourd’hui. Entre les métaux rares, des production agricoles (thé, tilleul, arômes…),l’informatique, le textile et j’en passe. 26 % de son PIB est exporté. Une Chine à l’arrêt, c’est toute les chaines d’approvisionnement des multinationales qui est coincée. C’est le foyer idéal pour une contamination mondiale. Or le Coronavirus est apparu en Chine.
  2. Le système mondial est totalement dépendant des échanges internationaux au long cours. S’ils s’arrêtent, il y aura très vite des ruptures d’approvisionnement, dans les livraisons, dans les productions… et donc sur les bilans des multinationales qui ne savent plus faire autrement. Le coronavirus empêche les échanges.
  3. Tout le système est interconnecté. Ce qui arrive à un point A va avoir une influence sur tout le système. Chaque acteur financier est impliqué dans des réseaux complexes qui lie tout le système. Lehman Brother n’a pas entraîné tout le monde dans sa chute mais ça a été moins une. Et aujourd’hui, c’est pire (et il n’y a plus d’argent public pour venir au secours des crétins qui font n’importe quoi). La peur d’une endémie qui bloquerait l’économie génèrerait une perte de confiance dans des dividendes juteux, qui peut entraîner de ventes rapides  d’actions pour se désengager et donc générer très vite une crise financière. Comment légitimer le haut niveau de l’action APPLE si l’entreprise ne peut plus livrer ses produits pendant des mois? Comment faire venir des Iphone de Chine avec le risque de contamination possible ?

Pour autant, est ce que nous allons vers un monde à la Mad Max s’ils s’effondrent ?

C’est ce qu’ils voudraient nous faire croire. Pour que nous acceptions des « mesures d’urgence » (leur donner le peu qui nous reste) pour les sauver. « Sinon, on licencie! » « Sinon, on ferme »! Mais heureusement, l’économie, ce n’est pas QUE les multinationales !

Et puis, de toute façon, ils le font déjà.

Il me semble que la seule chose à faire, c’est de les laisser s’effondrer tranquillement, de nous désengager de leur système et apprendre à vivre autrement. Vivre SANS les multinationales et réapprendre à produire nous même ce dont nous avons besoin. Revenir aux bases de l’économie: Des agriculteurs (bio, c’est à dire à l’ancienne, avec pas mal de main d’oeuvre, mais  aussi à la moderne: une grosse productivité), des artisans (mais avec des imprimantes 3D, des logiciels libres performants, de nouveaux outils), des petites usines familiales (idem), des distributeurs locaux spécialisés qui connaissent et respectent les produits qu’ils vendent, peut être une monnaie locale, des lieux d’échange de savoir, de prêts, d’échange de services, des professions libérales qui apportent des réponses aux besoins de la population (soin, éducation, culture…) et… aussi une proposition politique qui permettra la reconquête de l’Etat, de l’Europe et du Monde pour, par le biais d’une fiscalité juste et la réduction des inégalités à un niveau raisonnable, permettra d’assumer les grosses dépenses d’infrastructure. Car l’exemplarité est puissante. Ce que chaque village fera pour s’en sortir et remplacer ce que le système ne donnera plus, servira d’exemple pour d’autres villes et villages partout dans le monde, et rallieront ceux qui ont besoin de vivre un monde juste normal.

Et je vous assure que vivre comme ça, ça risque d’être chouette ! Autonome, libre, respecté, avec des liens sociaux de qualité, des gens qui sont heureux de travailler, d’échanger, des bons produits dans l’assiette et dans des bons restaurants, des chouettes habits faits à vos mesures, des transports collectifs chaleureux (c’est le voisin qui s’y colle cette fois-ci, la prochaine fois ce sera la charrette du village avec Flon flon (Flon flon est le percheron auxquel les enfants apportent les carottes en tire bouchon), puis le tour du minibus électrique de Mimile rechargé par l’éolienne du village ou les panneaux photoélectriques de son toit… en attendant le train et la réouverture de toutes les petites gares), des écoles de la vie et pas seulement de l’éducation nationale, dans lesquelles ont fait le jardin, la cuisine, le bricolage avec les vieux du coin, en plus des maths, du français et de l’histoire. C’est le prof de Bio qui est content !

Alors, oui, Agnès, tu nous gonfle avec ton village. Et les villes ?

Alors, d’abord, qu’est ce qui vous obligera à rester dans des villes polluées et pourries quand vous aurez perdu votre bullshit job ? Ensuite, ce que l’on fait dans un village, on peut le faire pareil dans une rue,  une tour, un quartier, une ville. Regardez Detroit ! Reconstituer du collectif avec ses voisins, on peut faire ça partout !

Voilà pourquoi, le Coronavirus peut être utile.

Par la peur qu’il inspire plus que par le nombre de morts, par le blocage des échanges internationaux des multinationales, par le fait que l’offre de produits merdique risque de diminuer sensiblement, il peut nous amener à créer un mouvement qui pourra exiger de changer le système. Parce que le nouveau monde ne dépendra pas du système pour vivre.

Sans importation d’Iphone, il faudra bien se débrouiller. Et vous verrez, cela ne sera pas si terrible !

Et sans face de bouc aussi. On n’aura plus le temps, on aura footing avec Mimile ! et crapette avec nos enfants !

Bon, en attendant, soyez prudents. On se lave les mains, on met un masque et on ne fait pas des poutous à quelqu’un qui vient de Chine, d’Iran ou d’Italie du Nord (provisoirement)

Aller mieux… ouais…

Constat

Pas top

Ma traversée du désert n’est toujours pas finie et je trouve, personnellement que ça commence à bien faire.

Il faut dire que je ne suis pas aidée.

Je ne sais pas comment je fais, mais je me retrouve chaque fois en relation avec des gens qui ne me font pas de bien (c’est un euphémisme) et qui n’ont comme objectif que de m’utiliser (au mieux) ou me détruire.

La logique devrait être que je les envoie bouler, et que je reprenne ma vie en main pour construire, jour après jour, une vie qui me convienne.

Et je n’y arrive pas.

Et tout mon être se révolte et s’autodétruit dans une colère qu’il retourne contre lui. J’ai mal partout, je ne peux plus dormir, je suis fatiguée en permanence, je ne digère plus grand chose, découragée et pleine de larmes, déprimée et vraiment très seule. Obligée de gérer et de m’occuper de luttes, de conflits et de merdes qui me gonflent, coincée dans une vie que je n’aime pas, culpabilisée de ne pas être à la hauteur avec mes enfants… pas top.

Et pourtant, je continue pareil.

Faut être conne.

Je fais exactement l’inverse de ce que je conseille à mes patients.

Débile.

Bon. si on fait le compte:

  1. je dois repartir en bataille contre mon ex qui refuse de me verser la pension des enfants. Du coup, j’ai réduit drastiquement ce que je leur donnais, ils m’en veulent et je me sens super mal. Il va falloir monter un dossier, perdre du temps à argumenter, aller chercher un huissier, me battre pour simplement récupérer ce qu’il doit à ses enfants.
  2. Je ne supporte plus de m’adapter avec la vie commune avec O. Je lui en veux de m’avoir éloigné de mes enfants, d’être de très mauvais conseil et de me les imposer, de me bouffer mon temps et mon énergie, de ne pas pouvoir m’écouter et dialoguer avec moi, de m’empêcher de dormir, d’être malheureux, négatif, et d’aimer ça, de m’imposer son angoisse qui irradie de son corps au quotidien, de devoir m’occuper de lui au lieu de me laisser m’occuper de moi (sans parler de me demander ce que je voudrais qu’il fasse pour m’aider… il n’a pas besoin de me demander, il a son idée), de m’interdire la joie, la légèreté, et l’amour (même s’il n’en est pas conscient). Il est totalement dépendant de moi et me culpabilise de ne pas être ce qu’il voudrait que je sois pour lui. J’en crève. Cette nuit, j’ai eu l’impression de faire une crise cardiaque, ou un syndrome du cœur brisé, je ne sais pas, mais c’était horrible.
  3. je ne suis pas chez moi. Je n’ai pas de chez moi. J’ai besoin de ma chambre à moi, de mon intimité et de mon refuge, seule. Je suis obligée de partager son espace. Et il prend toute demande de tranquillité pour un rejet, me le reprochant et me renvoyant une image de moi détestable, égoïste et injuste. je n’ai plus de vie personnelle (enfants, amis, lieu, temps…), il estime qu’il doit être sans cesse présent dans ma vie.
  4. Je dois faire le deuil de mon amour pour B. La dé-cristallisation stendhalienne joue à fond. B. n’est que lui-même et pas du tout l’homme que je me suis imaginé, construit, rêvé. Et surtout, il n’est absolument pas amoureux de moi. C’est comme ça. Il n’y est pour rien, même s’il en a un peu profité. Mais, j’étais tellement dans un déni de réalité, qu’à vrai dire, c’est compréhensible… Cela dit, la vache, ce que ça fait mal! J’avais l’illusion d’être aimée. C’était faux mais cela me faisait tenir. Je dois y renoncer.
  5. J’ai l’impression que le couple et le bonheur d’être deux m’est interdit. Autour de moi, personne ne semble avoir envie de tomber amoureux de moi. Coucher, oui, y a du monde. Mais s’intéresser à moi comme une compagne possible, ben, là, tout le monde regarde ailleurs.

Ne me reste que m’aimer moi même. ouais…  là, je ne suis pas très douée, en fait.

En fait si.

Mais c’est aller contre mes croyances que d’oser prendre ma liberté. Et ça, j’ai du mal. Qui  je suis pour oser vivre ? Ma mère, mon père (par son inexistence en tant que père), mes frères, m’ont bien répété et enfoncé dans la tête et le corps que je n’y ait pas droit ! que je dois juste être utile, servir les autres, qui eux, ont le droit d’exister, d’être en colère pour se protéger, de refuser ce qu’on leur donne parce que cela ne leur convient pas, de choisir leur vie et de me donner l’ordre de les aider à le faire au mépris de mes désirs les plus essentiels!

Oui, oh, la belle victime ! Oh la belle plainte ! ça je sais faire… et ça m’amène où?

En fait si.

Mais c’est renoncer à accuser les autres de mon mal être alors qu’ils essaient simplement de gérer le leur et que je leur donne l’autorisation de le faire en m’utilisant, alors que je me trahis moi même comme une grande. Alors que c’est moi l’andouille. Pas eux.

Comme dit Guy Corneau « ce qui rend nous rend lourds est notre croyance en nos drames, en nos chaînes, qui sont autant de raisons que nous inventons pour limiter notre liberté parce qu’elle nous fait trop peur. »

Parce que il suffirait:

  1. D’enlever tout l’affect de cette histoire de pension et de le traiter simplement en responsabilité. je ne suis pas méchante parce que je remets la loi en place. Trouver un moment (et un espace) pour cela et m’y tenir.
  2. Dire à O. ce que je ressens et accepter de changer ma vie en fonction de ce qu’il peut accepter lui.
  3. Assumer de mettre Langast comme mon chez moi, et m’y tenir. Y inviter O, B, et mes amis, comme invités. Et peut être, un jour, le partager avec un compagnon.
  4. Regarder autrement mon histoire avec B. et en tirer des enseignements pour m’aimer mieux. (je n’aurais jamais du accepter d’être traitée comme je le fus, je méritais mieux). Je mérite mieux. Je vivrais l’amour mieux car je saurais maintenant les limites à poser.
  5. Arrêter de me plaindre. Bien sûr que le couple m’est permis. Mais pour l’instant, pas encore. c’est tout…

Mais alors, ça me terrifie… surtout le 2 et le 4.

Dingue… Dire la vérité me terrifie! ce que je suis nulle!

Revenons à Guy : »Nous refusons le contentement et inventons l’histoire de notre disette. Nous inventons la guerre pour crier l’injustice de la situation. Toutefois, chaque rayon de lumière nous nourrit, chaque respiration nous purifie, chaque verre d’eau nous structure et nous redonne l’information essentielle. Chaque pensée nous crée.

Tout est là. Il n’y a qu’à goûter, à savourer. Le bonheur, l’extase et la joie vous attendent. Vous n’avez rien à faire pour mériter ça. C’est déjà là, en vous. »

Tout mon amour à vous, lecteur (trice)….

 

Deuil de lumière, La belle au bois dormant, c’est fini

Pfffffffff…..

Et la bulle se dégonfle. La bulle d’illusion explose face à la lame acérée de la réalité . Bang ! Pffffff……

Parfois c’est comme une explosion qui me saisit en pleine face et j’en suis comme assommée, parfois c’est plus insidieux. Cela s’immisce dans les interstices de ma vie, l’air de rien, par petites touches grises et cela contamine tout comme une mauvaise peste.

Ce n’est pourtant pas si terrible de regarder la vérité en face. D’accepter la réalité, telle qu’elle est. Ben si.

D’ouvrir tout grand les yeux et de sortir d’un monde d’illusions et de rêves qui me font passer à côté de ma vie.

Ma vie est pleine de possibles, joyeux ou douloureux, mais des possibles vrais. Des possibles qui font vibrer, qui font rire, pleurer, ressentir, qui font que l’on est vivant, vraiment. Alors que mes illusions me faisaient vivre dans un univers fictif de grands et beaux sentiments, de fantasmes et de mensonges qui me détachaient de cette unique vie que j’ai à vivre.

Vivre comme si…, n’est pas vivre; c’est marcher à côté. C’est accumuler un vide d’expériences et de liens qui, à force, nous transforment en sac vide et angoissé. C’est imaginer des relations qui n’existent pas, c’est vivre des sentiments qui n’existent pas , c’est s’enthousiasmer pour des projets qui n’existeront pas. C’est renoncer à exister soi-même, dans la singularité de notre apport au monde, pour endosser des costumes normalisés qui ne nous vont pas.

Ce rêve, pourtant, je ne le renie pas. Il m’a protégée dans une période de ma vie où je n’étais pas capable d’affronter la réalité toute nue, cruelle.

Détruite par mon enfance, par mon mariage, chargée de la responsabilité de 5 enfants, sans travail, sans soutien, j’étais une proie facile pour les beaux parleurs et les hommes sans scrupules. Et ils ne se sont pas gênés! Mais mes illusions ont transformé ces expériences lamentables en belles histoires d’amour et j’ai pu les traverser sans trop de dommages.

Comment j’ai pu croire une seconde qu’un homme aurait voulu partager ma vie avec mes 5 enfants et toutes mes emmerdes ? Comment j’ai pu imaginer qu’un homme allait m’aimer tellement qu’il allait prendre le risque de vivre avec moi ? Il y a toujours une part de calcul dans la formation des couples et j’étais un vrai repoussoir! Un joli repoussoir cependant qu’on pouvait maintenir dans l’illusion et mettre dans son lit pour quelques promesses. Et j’y ai cru. Dur comme fer. Comme dans les films. Une adorable idiote.

Bien sûr j’ai pleuré à chaque trahison, mais derrière, après quelques jours, l’espoir renaissait, et je repartais au combat, munie d’une nouvelle foi naïve, mes illusions en cuirasse. Celui là était un con, mais il s’en mordrait les doigts quand il réalisera ce qu’il a perdu en me voyant heureuse avec le suivant , celui qui allait m’aimer… en happy end.

et rebelotte.

Cela a duré 13 ans, à peu près.

Dont 10 ans de fidélité à un amour puissant et ténébreux qui allait, bientôt, bientôt, me revenir quand il allait réaliser à quel point il m’aimait sans le savoir… En écrivant cela je suis à la fois effarée de ma bêtise et de ma candeur toute fraîche. Cette bêtise crasse est attendrissante et si jolie. Bien sûr qu’il ne m’aimait pas, bien sûr qu’il revenait vers moi, de temps en temps, dès que ses affaires de femmes le laissaient sur le carreau, comme un marin à sa pute attitrée dans un port, bien sûr qu’il me gardait soigneusement à la marge de sa vie, disponible, plaisante et insignifiante, mais moi je l’ai aimé de toute mon âme, tel qu’il était. J’ai tout accepté pour voir son sourire et sentir ses yeux caresser mon corps, et ça, je ne le regrette pas.

Mais désormais, il s’agit de me réveiller.

La belle au bois dormant, c’est fini.

Ce deuil est donc la porte vers ma liberté. Ma vie. Celle à nulle autre pareille et surtout, celle qui n’a rien à voir avec un script ou un scénario.

Une vie que je vais vivre pour moi, et pour personne d’autre.

En attendant, je traverse un hivers de dépouillement, d’arrachement de toutes mes illusions, une à une, qui déchirent une partie de ma peau à chaque fois. souffrance… Et honte. J’ai honte de m’être montrée si bête, d’avoir tant donné à ceux qui ne le méritaient pas. J’ai mal de tout ce temps que je trouve gâché, de ces heures perdues, de ces souffrances inutiles…

Mais est ce que cela a été si inutile que cela ?

Aujourd’hui, je suis une écorchée vive que le moindre souffle abat. Je pleure 13 ans de ma vie. Je perds ce qui me faisait vivre (cette certitude, en acier trempé, d’être aimée, malgré tout), je perds mes repères même s’ils étaient artificiels. Je vacille, je me sens fragile, vide, quasi morte.

Même si je sais que cette mort n’est que celle du mensonge, je la ressens comme glaciale au fond de moi.

Et j’ai peur.

Pourtant je sais une chose:

J’entre dans un âge lumineux, un âge où je serai libre de vivre ce qui me convient, un âge où je peux être moi sans me soucier le moins du monde du regard des autres. Un âge de plénitude existentiel. Un âge dont je ne sais encore rien mais qui me sera offert.

J’ai peur, j’ai mal, mais il faut que je tienne la barre et que j’avance, les yeux ouverts, acceptant ce qui est, soucieuse de construire quelque chose de bien avec ce qui est.

 

Un nouveau monde? une nouvelle société? Il faut transgresser

Transgression…

Ah ! je vous vois penser… vous êtes en train de penser la transgression à la mode libération sexuelle et/ou morale. Dans la lignée de 1968, il est devenu tendance de renoncer à toute règle, à tout repère, à tout cadre qui pourrait limiter la victoire totale de l’individu sur le collectif.

L’individu a le droit de tout faire, de tout oser, de tout transgresser pour mener son propre épanouissement personnel. Il doit le faire. Sinon, c’est un coincé, un étriqué, un passéiste. Tant pis si cela implique de renoncer à l’autre. L’autre est de toute façon un concurrent, un empêcheur de réalisation de soi, un poseur de limites. Pouah caca !

Et on peut en dire autant de ces structures collectives que l’on appelle société, famille, équipe, collectif de travail, nation, humanité. De même l’héritage de ceux qui nous ont précédés, les sagesses traditionnelles, les philosophes qui nous ont donné leur compréhension de leur réel, la morale, la pensée religieuse… Elles mettaient en place un vivre ensemble dans un cadre reconnu de tous, et limitent, oui, d’une certaine manière, la liberté individuelle, mais en échange, permettent une reconnaissance, une sécurité, une solidarité et des liens d’amour qui nous permettent de ne pas être seuls, rejeté, abandonné, en errance, et fou. Bien sûr, ces structures vivent et comme tout vivant, vieillissent. Comme tout vivant, elles sont imparfaites, maladroites, parfois étroites et castratrices. Mais, s’il est utile de les remettre en permanence sur le chantier, il me parait dangereux de les détruire.

Aujourd’hui, il y a une injonction à tout transgresser, détruire tous les cadres, toutes les règles, tout se permettre sans limites, jusqu’au non sens, sauf la pensée.

On doit créer sa propre vie, à partir de soi et uniquement de soi, sans les autres, sans héritage, sans transmission, dans un unique but: diviniser une image de soi imposée par la société, faire de soi-même un absolu, l’alpha et l’oméga de tout mais dans un cadre normalisé, marketé, rentabilisable. Le « Je » devient roi et nous enferme dans un délire narcissique infantile qui veut tout, tout de suite, éternellement, dans la logique bien huilée de la société de l’Avoir. Il faut tout le temps avoir envie de quelque chose pour se sentir vivant, pour correspondre à l’image qui nous est assénée de la personne belle, heureuse, et admirée parce qu’elle a une voiture (ou une montre, ou un parfum, ou une lessive, ou une application, ou un téléphone, … vous complèterez…) L’objectif de l’être humain de la société de consommation est d’Avoir, d’Avoir l’autre, d’Avoir l’air, d’Avoir tout compris… et d’avoir payé pour ça. Donc de se débrouiller le mieux possible pour Avoir de l’Argent, par le travail ou la bidouille… L’Argent est le maître qui donne accès au bonheur.

Et à mesure que la transgression devient la règle en ce qui concerne les relations humaines et la morale, ce qui se manifeste à travers le sexe, qui est le domaine le plus intime et donc le plus fragile de notre humanité, la pensée, elle est de plus en plus enfermée.

La pensée se voit enfermée, limitée, technicisée, étriquée, étouffée dans les règles et des dénis, tuée.

Et c’est grave en sciences sociales, car c’est elle qui élabore les propositions du vivre ensemble d’une société. C’est elle qui doit donner du sens, c’est à partir d’elle que chacun et tous, nous construisons notre monde.

Où sont les intellectuels qui nous donnent à voir autre chose que ce qui s’est pensé avant eux, sans pédantisme, sans rabâchage, parfois revanchard, souvent abscons, de vieilles querelles ? Des intellectuels qui transgressent la pensée de leurs prédécesseurs pour adapter leur analyse au réel ?

Où sont les chercheurs qui cherchent à comprendre le monde tel qu’il est et non pas tel qu’ils ont appris à le voir ?

Où sont les femmes et les hommes qui cherchent à comprendre ce qui se passe et posent des hypothèses réellement novatrices car ils se sont oubliés en tant que « références en vue » pour se mettre humblement à l’écoute ?

Où sont les universitaires qui transgressent les règles pour rendre à la pensée sa liberté, sa folie, sa force et son intelligence, au delà du cadre scientiste et technique qui l’étouffe et la castre ?

Où sont les livres qui donnent de l’espoir parce qu’ils permettent de penser le réel, la vie, et engagent un dialogue intelligent avec la société ?

Moi je ne vois que vieilles recettes, idéologies racornies, manque d’imagination, cadre étroit et confus (sous prétexte de complexité), compétition idiote et rancœur nauséabonde. je vois de pauvres et tristes enfants qui ont peur et qui essaient d’impressionner les autres… Je ne vois qu’experts infatués d’eux mêmes qui pontifient sur les médias pour montrer à quel point ils sont intelligents et qui ne brassent que du vent ou des vieilles rengaines obsolètes.

Ah oui, on transgresse ! On a le droit de faire tout ce que l’on veut de notre corps. L’abîmer, le tatouer, l’exposer, le torturer, le vendre, le mépriser, le transformer. On a le droit de faire tout ce qu’on veut des autres dès qu’on en a les moyens et le pouvoir. Les épuiser, les violer, les licencier, les éborgner, les handicaper, les humilier, les voler, les asservir , les maltraiter (« ils n’ont qu’à se défendre, traverser la rue, avoir économisé pour leur retraire, prendre un emprunt pour leurs études, ce sont des loosers… »). Mais on n’a pas le droit de penser autrement que ce qu’on nous dit de penser. On n’a pas le droit de penser le Bien, ensemble, de penser un Bien commun possible en dehors du cadre productif !

La pensée officielle en sciences sociales est devenue esclave d’une double pensée unique, qui se bagarrent comme des gamins de cour d’école primaire, sous l’œil amusé de ceux qui sont en train de prendre le pouvoir totalitaire sur nos vies, grâce au contrôle et la désagrégation de la culture, de l’histoire, de la philosophie, des transmissions des savoirs faire qui nous donnaient les moyens de maîtriser le monde par nous mêmes, des savoirs-être ensemble qui nous permettent un juste équilibre entre notre liberté individuelle et la liberté des autres à travers des règles de respect et d’égalité de droits communs.

Il faut produire pour consommer. Et consommer pour pouvoir écouler la production.

Tout le temps

Toujours

Sans limites

Le travail, c’est une technique pour produire, toujours plus et toujours plus vite. En échange d’un salaire pour pouvoir consommer toujours plus et toujours plus vite.

Toutes les activités humaines, même les plus simples et les plus intimes doivent être utilisées pour créer de l’argent. Méditer, se reposer, dormir, aimer, lire, marcher, regarder, manger, toucher, être avec l’autre, donner, écouter, entendre sont des marchés à rentabiliser, à faire rentrer dans le cadre productif.

On crée des produit pour cela. Des formations, des coachs, des applications, des start-ups, des sites, des lieux, des méthodes, des spécialistes… payants. Et qui vont nous imposer de vivre selon un cadre bien précis. « Bien » marcher, « bien » méditer, « bien » manger, « bien » travailler… Être là où c’est rentable, rassemblé comme un troupeau à tondre, connectés, tracés, fichés.

Dans ce monde qui érige la liberté comme un absolu, notre liberté de vivre à notre guise (bien ou pas bien) en fonction de notre humeur et de notre envie, notre liberté à déterminer nous-mêmes ce qui nous fait du bien, choisir qui nous fait du bien, et où et comment on a envie de vivre, et de ne pas faire comme tout le monde, mais d’obéir à notre petite folie particulière, est condamnée.

Avoir le choix

Voir le travail comme une œuvre

Penser le loisir comme le plaisir de ne rien faire

Renoncer à la laisse des nouvelles technologies

Laisser notre corps être ce qu’il est avec plaisir

Préférer le lien à l’épanouissement uniquement personnel

Imaginer un monde dans lequel la production est au service du Bien commun et se trouve limitée par notre intelligence

Imaginer un monde où l’Avoir est raisonné,

et, à la place de l’Avoir, choisir le lien à l’autre, les moments d’échange et de partage, le temps avec l’être aimé

Imaginer un monde que tout le monde construit, à l’intérieur de règles communes, pour que personne ne reste sur la route.

Respecter la merveilleuse capacité des humains à prendre soin des autres et renoncer à la compétition et à la compétitivité qui détruit

Ce qui veut dire:

Imaginer un monde qui n’a jamais existé dans l’histoire (dans la préhistoire, c’est autre chose)

C’est renoncer aux vieilles manières de penser, adaptées (plus ou moins) au monde du passé, c’est à dire renoncer au Capitalisme néo libéral

Mais aussi au Marxisme

Et inventer les règles qui vont prendre dans le capitalisme et dans le marxisme et aussi dans notre pensée créatrice pour créer une structure fiable, pragmatique et intelligente adapté à notre temps.

Peindre, raconter, créer ce nouveau monde

Pour que les gens puissent avoir le plaisir de le construire ensemble

Et de le penser.

C’est le rôle de penseur. Initier un récit.

Je n’en voit pas…. dans les « officiels » du moins

Politique, politiques, où allons-nous comme ça?

Les dernières élections, européennes, au delà des analyses partisanes de chaque clan politique, ont surtout montré une perte de repères et de cohérence d’une société qui ne sait plus où elle va.

Les anciennes recettes ne fonctionnent plus. C’est une évidence, mais personne ne veut l’admettre.

Et on continue allègrement à penser et à décider en fonction de vieilles rengaines, qu’elles soient de gauche ou de droite. Même Macron, le grand réactionnaire qui voudrait ressusciter Adam Smith dans une version financière et caricaturale, même Mélanchon, qui s’accroche encore à ses rêves marxistes de lutte des classes.

Notre monde est devant le plus grand défi que l’humanité doit relever.

Un défi que nous ne pouvons pas éviter.

Oui, je suis grandiloquente. Mais comment faire autrement quand on constate le déni de réalité et l’infantilisme pervers qui  dirigent le monde.?

Des Macron, des Trump, des Poutine, des Assad, des « hommes d’affaires » obèses de trop d’argent qui détruisent tout sur leur passage pour le fric, des bons apôtres du marketing et du business qui nous persuadent qu’il n’y a pas d’autre solution que d’aller nous détruire tous ensemble avec nos consommations et nos petites habitudes…

Comme la grenouille qui se veut plus grosse que le bœuf (parce qu’elle a peur), nous allons bientôt éclater, exploser, partir en confettis misérables.

Nous avons peur. peur que nos habitudes changent, peur de devoir prendre nos responsabilités, peur de vivre, peur de tout.

Alors, nous mettons les mains devant nos yeux pour ne pas voir ce qui nous dérange. Et croyant, comme les enfants, que cela va disparaître…

On se raccroche aux vieilles recettes (le libéralisme de droite, le marxisme de gauche, tous les deux désuets et inadaptés à la réalité d’aujourd’hui)

On nous dit qu’il n’y a pas d’alternative. Que c’est ça (la mondialisation, la croissance, le néo libéralisme, la soumission à la finance la plus débridée et la plus stupide tout en étant la plus orgueilleuse) ou rien. Que c’est ça (la lutte des classes, la nationalisation des moyens de production, la prise du pouvoir par les classes populaires, la révolte et la révolution de ceux qui n’ont rien…) ou rien.

Alors, je vais vous dire, ce que pourrait être ce rien.

Je ne connais pas l’avenir, et bien sûr il y a plein de gens qui vont dire que je raconte n’importe quoi.

Mais ce n’est pas grave. Je le dis quand même.

Ce n’est pas la première fois que le climat oblige les hommes à changer de société. (Du moins en Europe. je n’ai pas étudié l’Asie ou l’Afrique, mais je ne fais pas de l’histoire, là, je prends juste un exemple pour réfléchir)

Et ils y ont réussi.

La première fois, c’était au mésolithique. Ça a pris 2000 à 3000 ans environ parce que c’était naturel, mais comme on n’avait pas internet, on avait besoin de plus de temps ;)

La terre s’est réchauffée, les 4 saisons se sont installées, les grands gibiers sont partis vers le Nord pour finalement disparaître, la glace a disparu (et avec elle les réserves de viande congelée, le Picard du coin de l’époque), les ressources alimentaires traditionnellement utilisées par les hommes ont donc disparu. Il a fallu en trouver d’autres. Mais avant, les hommes ont crevé de faim.

Jusques-là, c’était ce que les plus anciens écrits (qui ont transcrit notre vieille mémoire orale) décrivent le Paradis. Un monde où le travail, la domination et la propriété n’existaient pas. La Nature (Le Esprits, Dieu, quelque soit la manière de personnaliser ce qui était vécu) leur donnait suffisamment à manger (les troupeaux bien plus nombreux qu’eux laissaient des animaux morts congelés sur lesquels il suffisait de se servir). La chasse n’était qu’une activité, pas une nécessité, un art. (On n’a absolument pas la preuve de la chasse aux mammouths chère aux préhistoriens du XIXème siècle. Allez chasser une bête de quelques tonnes, poilue, une peau massive, avec une pointe de flèche en pierre taillée, vous m’en donnerez des nouvelles…)…

Bref, nous avions à cette époque une société, qui pour survivre et exister, pratiquait la solidarité, l’entraide, la valorisation des talents de tous et le partage des tâches dans le respect de chacun et le bien commun de tous. Une société égalitaire, peu nombreuse, dans laquelle chacun avait sa place, occupée à philosopher, prier les esprits, faire de l’art, de la musique, des fêtes et s’aimer… Avoir des biens matériels, avoir plus, dominer n’avait aucun sens. cela mettait même l’ensemble de la société en danger en créant des sources de conflits. Et quel intérêt d’avoir un mammouth mort ou un cerf géant gelé à soi tout seul ? Le reste ? de la glace.

Par contre, quand il s’est agi de partager le lapin maigre chassé par le plus fort des chasseurs, là, on comprend bien l’intérêt de se battre. D’être le mec le plus fort, celui qui impose sa volonté… ou la femme la plus belle, la plus séduisante, celle qui va être choisie par le plus fort et va pouvoir vivre et nourrir ses enfants à elle. Début de la domination et du pouvoir. Début de la soumission des femmes et des « faibles » (ceux qui ne pouvaient aller chasser. La viande était toujours la source « noble » de la nourriture (souvenir de 30 000 ans de régime carné presque exclusif)).

Puis l’élevage et l’agriculture ont été inventés. On a créé, par le travail, ces ressources qui nous manquaient si cruellement.

La propriété est apparue, la richesse aussi. La possession des êtres humains également. Et notre société.

Et l’argent.

On a bien perfectionné le travail et la technique, ce qui nous a permis de créer, non seulement de l’alimentation mais plein de richesses, gadgets, machins, trucs, ordinateurs, avions, immeubles, beaux vêtements, design, etc… en puisant de plus en plus dans les réserves naturelles, en les polluant, en détruisant de plus en plus…

Pour l’argent. Passé d’un moyen de transaction à une valeur absolue, signe de pouvoir, de tous les pouvoirs. Déifié.

On en est là.

Bon, alors maintenant, on va où ?

 

 

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