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L’auteur

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MOA

La peur de la Mère…

Le paradoxe de la civilisation patriarcale est d’avoir soumis les femmes et développé dans le même temps une peur viscérale de la mère.

La mère, dans l’imaginaire de l’homme qui se veut dominant est à la fois désirée dans une fusion intense et crainte car cette fusion pourrait le détruire. Freud a parfaitement décrit ce phénomène avec son complexe d’Oedipe qui épouse sa mère et nie ainsi sa dimension d’homme en remettant son pénis entre les mains de celle qui l’a fait.

L’homosexualité latente de Freud l’a mis sur la voie d’une analyse très juste des mécanismes complexes et cachés de la société où l’Homme détient, seul, le pouvoir. Car, et ceci est un autre paradoxe, l’homosexualité masculine, l’amour pour le Même, est la forme la plus aboutie du patriarcat.

On y voit généralement ces hommes se débattre entre un amour profond pour leur mère dont ils ont beaucoup de mal à se détacher et une crainte du sexe des femmes. Amour ambivalent de petit garçon où la mère est à la fois le seul recours, la seule protection contre l’angoisse de séparation et de mort, et une taulière qui leur a confisqué leur pénis, l’emblème de leur puissance masculine à l’encontre des femmes. La Mère, cette femme sans sexe, cette femme qui fait « un » avec eux et donc qui partage leur pénis, qui est donc Même, à la fois interdite et désirée, cette Mère Castratrice de Freud, les pousse à préférer aimer des hommes, des Mêmes, non angoissants, non geôliers potentiels, non castrateurs.

Mais ce pouvoir terrible de la Mère toute puissante et castratrice est la conséquence de l’organisation sociale patriarcale. L’homme ayant asservi la femme, celle-ci ne peut renoncer à son pouvoir naturel, et donc le fait renaitre dans une lutte occulte et sournoise de l’esclave contre le maître. N’ayant plus la force et la légitimité sociale, elles utilisent la séduction et la manipulation.

On le voit bien dans les cultures les plus oppressives pour les femmes: la femme est une esclave mais la Mère est toute puissante. La Mère des garçons s’entend. Le pouvoir qui est dénié aux femmes est récupéré de manière affective et occulte par la Mère qui se venge de l’oppression de son mari sur son fils qu’elle met en son pouvoir… et sur la Belle fille… avant que celle-ci ne devienne mère du garçon-héritier et reprenne le pouvoir à la mort de sa belle mère.

C’est toute la problématique des régentes, à la fois recours salvateur et détestées.

Paradoxe apparent car le maître a toujours peur de ceux qu’il opprime. Il sait bien qu’à la moindre faiblesse, ceux-ci le tueront pour se libérer. Tous les dictateurs vivent dans la peur. Car ils savent que leur prise de pouvoir est obtenue par la force et n’a aucune légitimité naturelle. Fragile, elle peut s’effondrer d’un moment à l’autre…

De même le pouvoir exclusivement masculin n’a rien de naturel.

Je dirais même plus, comme Dupont et Dupond de Tintin, le pouvoir exclusivement féminin non plus.

Car, n’en déplaise à Rousseau, l’Etat de nature n’existe pas pour l’Homme. Il n’y a pas un état primitif de l’homme, qu’il soit bon ou mauvais, que la société et la civilisation aurait perverti ou du moins changé.

Toutes les expériences, parfois assez atroces, qui consistaient à vouloir élever des enfants sans interactions sociales pour voir émerger cette strate « naturelle » et primitive de l’homme, pure de toute influence sociale, se sont soldées par la folie et la mort pour les malheureux sujets de l’expérience.

C’est la grande différence de la nature de l’homme avec les animaux et les autres êtres vivants sur cette terre. L’Homme n’existe pas en dehors de son organisation sociale. Le pouvoir masculin n’est donc pas lié à une donnée naturelle et génétique contre laquelle on ne peu rien. C’est une détermination qui lui permet de grandir et de se développer en tant qu’être humain pensant. Une structure de pensée préexistante à sa naissance, dont il hérite et qui va le tuteurer, l’accompagner, le former tout au long de sa croissance. Une « éducation » avec laquelle il pourra prendre ses distances à l’âge adulte mais qui est la condition sine qua non de sa vie d’être humain. C’est un moule qui va lui donner sa forme.

Or ce moule n’est pas prédéterminé. En étudiant l’histoire de l’humanité, ce qui a été, en étudiant la diversité du monde actuel, ce qui est, on ne peut manquer de remarquer qu’il en existe de multiples formes, certaines apparentés, d’autres non, de moules.

Certains sont en totale contradiction, d’autres extrêmement proches malgré les apparences. Certains donnent le pouvoir aux hommes, d’autres aux femmes, d’autres à seulement certaines catégories de personnes, d’autres encore ont des systèmes compliqués où la religion et la politique s’entremêlent…

Qu’est ce qui détermine se moule ? Comment s’est il formé un jour avant d’être reproduit génération après génération, respecté ou remis en question et détruit ?

je crois qu’il y a une réponse très simple: la Nature. La grande oubliée de notre civilisation, et pourtant celle qui a le plus grand pouvoir sur nous (qu’on se souvienne du Tsunami par exemple)…

L’accès aux ressources est la clé de la fabrication du moule.

C’est un bouleversement climatique et un changement radical des ressources disponibles qui a fait s’effondrer la civilisation paléolithique et a créé notre monde patriarcal dans la plus grande partie du monde.

C’est la crise des ressources naturelles, pillées et abîmées, détruites aujourd’hui qui va aboutir, également à un changement civisationnel profond… ou à la destruction de l’humanité.

Comme il y a 10 000 ans, il va falloir s’adapter. Et comprendre ce qui s’est passé à cette époque pour des hommes et des femmes « naturellement » pareils à nous (mais sans téléphone portable greffé à l’oreille) peut nous aider à gérer cette adaptation au mieux. Nous n’avons pas le choix.

Et, enfin, ne plus avoir peur de la Mère…

Une maison en Provence

J’ai retrouvé ma maison en Provence….

Et avec elle, mes racines. La ciel si haut qui emmène mon regard dans des espaces libres et bleus infinis, le soleil qui caresse, le vent qui secoue et les légumes du marché, les tomates, mures, rondes, rouges ou les olives vertes ou  noires comme des billes de bois d’ébène, les salades verts tendres, perlant de rosée, les courgettes, les aubergines, les fromages de chèvre…

La sensation des tomettes sous mes pieds, la lumière qui inonde la chambre, l’accent chantant sous mes fenêtres, et le petit déjeuner sur la terrasse…

Je n’ai pas trop les moyens de l’entretenir. C’est une vieille dame qui a besoin de  tant de soins… Alors je la loue.

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Salon de Provence

Les mecs…

Je crois qu’un mec, quand il sait ne pas avoir la possibilité d’assumer matériellement une vie de couple, met sa fierté à l’éviter.
Une femme non. Elle fait avec les difficultés et se contente des moyens du bord.
La présence de l’homme qu’elle aime est le plus important, pas le rapport financier inégalitaire ou la situation bancale du compte en banque du dit homme.
Un homme se sent diminué s’il est pris en charge, plus ou moins. S’il est « aidé » par une femme… S’il n’est pas en position de ramener le gigot de mammouth … Héritage de 10 000 de patriarcat qui met les rapports Homme/ Femme sous la houlette de l’avoir, du matériel, du pouvoir (de l’argent). Remake désagréable, également, du rapport de dépendance d’avec la mère qui pouvait lui dicter ce qu’il devait faire.
Le couple comme possession de l’autre, lien social et lieu de pouvoir.
Le mariage comme acte politique.
Pour un homme, il est important d’ »en » avoir… de l’argent, des objets de prestige, des couilles… au risque de ne pas se sentir un homme.
Pour un homme il est important d’avoir les moyens du pouvoir, même s’il ne les utilise pas. C’est l’assurance qu’on ne les utilisera pas contre lui, qu’il les contrôle et s’en protège.
Pour une femme, c’est l’être qui compte… Le rapport entre les êtres est un rapport de deux êtres particulier, homme et femme, uniques et sans lien avec ce qu’ils possèdent ou pas. Le couple n’est pas un lien essentiellement social, de pouvoir mais personnel et totalement égalitaire.
Généralement.
En effet, le conditionnement social de notre société depuis belle Lurette, fait que beaucoup de femmes aiment se sentir « dominées » pour se sentir femme… Jouent à ce jeu du pouvoir, usent de séduction manipulatoire…
Rares sont les femmes ayant retrouvé cette puissance libératrice de leur sexe et renoncé à la soumission patriarcale (j’entend pas là réagir pour ou contre et ne se comporter, non pas en fonction d’elles mêmes, mais en fonction de cette domination masculine: Les féministes pures et dures sont elles aussi dans un rapport de pouvoir face aux hommes et ne pensent le couple qu’en fonction du pouvoir) pour un échange de collaboration et d’enrichissement immatériel l’un de l’autre (bonheur, plaisir, énergie).
J’ai un ami qui me fait penser à cela…
Peut être, sa gêne relationnelle avec moi vient de là. Incapable de se projeter dans un avenir professionnel stable, submergé de problèmes personnels, il n’a pas envie et a peur d’être « pris en charge » par une femme à cause de sa fragilité actuelle. Et il fuit. Pour garder sa fierté d’homme.
J’espère qu’il a envie de me voir mais il voudrait le faire en gérant les choses, en « mâle dominant », pas en victime de la vie…
Sans doute faut il laisser le temps au temps, en espérant qu’il retrouve ses repères… un boulot, un appart, une organisation avec sa fille sans que ses parents ne prennent trop de place. Et qu’il réalise que je n’ai rien à foutre d’un mâle dominant… Qu’un rapport de couple peut être bien différent du rapport familial qu’il a connu dans son enfance et peut être même encore maintenant, et que l’amour n’a rien à voir avec la dépendance, la possession ou la prise  de pouvoir…
C’est lui qui m’intéresse, ni son compte en banque, ni son image sociale ou son prestige viril…
ce n’est pas ce qu’il a qui m’intéresse, mais ce qu’il est. Et ce qu’il fait avec ce qu’il est et avec moi.
Mais il y a un risque qu’il n’y parvienne pas.
Je prie pour qu’il y arrive…

Les indiens

Notre société de « progrès » réservé aux plus agressifs est en train de massacrer l’Amazonie dans l’indifférence du gouvernement du Bresil.

Des bucherons stupides et avides déforestent et détruisent, une compagnie de chemin de fer veut faire passer ses trains de profit, les indiens de cette région réservée vont disparaître et avec eux une part de notre humanité.

Je me sens impuissante et désolée. Le pouvoir et les armes sont à l’argent.

Ceux qui veulent toujours plus, toujours plus, dans une surenchère démente qui n’aboutit qu’à la destruction et ne les rend même pas heureux. Ils essaient de combler leur vide intérieur par toujours plus de gadgets extérieurs. Ils mettent la réalisation d’eux mêmes dans l’avoir. Cela ne sert à rien.

Bien sûr, quand on n’a rien, il est légitime d’avoir le nécessaire… Mais ce ne sont pas ceux là qui sont dangereux. Ce sont ceux qui exploitent cette misère pour soutirer de force des richesses à la nature. Les ouvriers, les bucherons, les petites mains gagnent des salaires de misère. Ils détruisent sur ordre mais n’en récupèrent même pas les dividendes. Ce sont les patrons, les décideurs, les politiques qui engraissent et mourront un jour dans leurs manteaux d’or arraché au sang de la terre, dans un monde dévasté…

Où sont les belles âmes émues ? Ou sont les mouvements solidaires médiatisés pour sauver ce qu’on peut encore sauver ?

Où est la remise en question de notre société de l’avoir toujours plus qui produit tant de burn out et de dépressions ?

je ne voit pas. Je ne vois que des robots qui obéîssent aux ordres de production et de consommation pour nourrir des financiers égoïstes et brutaux.

Et je suis désolée… de ne servir à rien.

Pougne Herisson

Au milieu de nulle part est perdu le nombril.

On désespère de le trouver quand on tombe dessus, d’un coup, comme par les effets bizarres d’un merveilleux de lapin à la montre.

On tombe dedans comme dans le puits aux histoires d’Alice aux pays des Merveilles.

C’est comme quand on était petite. On ferme les yeux et quand on écarte un peu les mains, tout a pris de nouvelles couleurs…

C’est drôle, le sourire vient aux lèvres sans qu’on y pense.

Enclave farfelue, pays d’ailleurs, parenthèse magique…

Belle surprise…

Méditation sur la mort…

Vite, vite, écrire mon article… car j’ai à vivre moi !

Et puis, là, j’ai sommeil, en plus…

Mais penser un peu à cette mort que tout le monde redoute alors que lorsqu’on la vit, on ne s’en rends même pas compte…

Je ne parle pas de la souffrance qui la précède… celle là est une belle saloperie…

Mais la mort, non. Enfin… pas la nôtre. (Car celle ce ceux que l’on aime est si cruelle, en établissant une sinistre séparation définitive, du moins dans cette vie ici bas… selon les croyances de chacun).

Notre mort personnelle est la fin de la vie, et ce qui donne toute sa valeur à notre vie.

C’est parce qu’on meurt que chaque instant de vie, chaque souffle que l’on exhale, chaque inspiration qui nous vient, a un sens et de la valeur. Car, grâce à la mort, chaque seconde est unique et ne reviendra pas. Il faut donc essayer de déguster son temps comme un plat merveilleux qui enveloppe les papilles, et cela d’autant plus que la portion est peu généreuse…

Prendre le temps de déguster la vie comme un petit miracle qui échappe à sa fin…

Bon, oui, c’est facile à dire. Je ne suis ni malade, ni sous l’épée de Damoclès d’une échéance rapide. Soit.

Mais est-ce si Sûr ? Un accident est si vite arrivé…

Personne ne sait…

Et puis, je ne suis plus si jeune…. j’arrive à un âge ou la mort a tendance à de moins en moins se faire oublier… Si tant est que j’ai pu l’oublier un jour de ma vie, avec une mère macabre qui mettait de la mort partout, en assaisonnement habituel de nos jours et de nos nuits. Catastrophes planétaires, guerrières, maladies diverses et variées, mort annoncée de proches et enthousiasmes dans les cimetière. J’en ai tété, de la mort…

Alors…

Je n’ai pas envie de mourir. La camarde viendra bien assez vite. Mais j’ai envie de vivre ce qui me reste à vivre comme un cadeau de chaque instant, un émerveillement d’être là, vivante, malgré tout ce qui pourrait me menacer et ne le fait pas. Les petits tracas perdent de leur importance… Il y a un réajustement des choses essentielles face à cette triste dame en noir…

Sentir le soufle de vie, l’énergie pétillante de la vie me traverser et sourire de bonheur que ce soit possible encore, et encore. Mais que cette joie s’arrêtera un jour évite que jamais on ne risque de s’en lasser…

La vie ne s’use que si on ne l’en sert pas… comme le sexe.

D’ailleurs, à ce propos…..

La Tarentelle…

Toute seule dans ma maison en désordre, j’ai regardé « Tous les soleils » sur mon petit lecteur DVD.

Sur mon lit, avec mon chien à mes pieds, la musique baroque, L’Italie et l’histoire très douce d’un deuil et d’un amour se sont reposés à mes côtés.

Et mon esprit s’est mis à danser la Tarentelle. Mon coeur l’a suivi…

D’autres visages, d’autres mains m’ont entraînés dans cette jolie danse qu’est la Tarentelle…

C’est le bonheur qui s’invite dans ma vie, parce que c’est comme ça et qu’il y a un moment où l’on décide que décidément, souffrir est surtout bien bête…

Demain, sans doute, la magie va s’effacer et l’ombre va essayer de reprendre ses droits. La solitude, la lutte et l’impression que je n’y arriverai jamais… comme d’habitude. Mais peut être pas. Peut être que le joie va prendre ses quartiers. Il est peut être temps de tourner cette putain de page triste et de dire au revoir à l’angoisse, cette vielle maquerelle qui me fait croire depuis si longtemps que l’on ne va m’aimer et prendre soin de moi que si je vais mal…

Je n’en ai plus besoin…

J’ai envie d’être une femme libre et joyeuse, de cette naîve gaîté toute simple qui pare de beaux atours la vie et de couleur rose mes joues. Un peu bête, c’est vrai, mais si l’intelligence est forcément sérieuse et triste, je préfère être simplette. C’est plus agréable à vivre…

Et si je l’invite, le bonheur viendra bien vite…

sourires…

 

Festival de Préfailles (5éme édition)

Une perle musicale sur la côte de Jade, une bulle de plaisir dans ce monde de brutes…

Le festival m’a offert de merveilleux moments.
Frederic Chiu ne m’a pas déçu. Ce mec est vraiment magique. Ses mains caressent le piano dans une relation symbiotique et amoureuse.
C’est réellement magique. Son jeu parait facile et passe du bruissement calme de l’eau fraiche du torrent de montagne à la violence des orages en mer, avec fluidité et justesse.
Il éveille les profondeurs de âme, de l’être, ses mains sourient avec bienveillance à ceux qui l’écoutent…
Il me donne envie d’écrire de la poésie, de dessiner… de pleurer et de rire, de me relier au monde…
Rebelotte ce soir. Il joue avec Mr Demarquette, violoncelliste…
Hier, soirée coréenne. Un peu déstabilisante au début. Pour apprécier cette musique d’Asie, on manque de repères.
L’émotion musicale vient sans doute des liens que l’on tisse avec les sons et notre histoire personnelle, nos émotions…
Or là, ce sont des sons tellement nouveaux qu’on ne sait à quoi les relier…
Mais au fil de l’écoute, des choses s’éveillent, l’expression d’une humanité universelle apparait et le coeur reconnait des choses.
C’est moins facile qu’avec la musique occidentale mais plus subtil…

Notice explicative du sujet Agnès

Agnès est une femme. ok, ça ce n’est pas un scoop… mais bon…

Donc, elle va généralement réagir d’une manière présentant  une certaine similitude avec l’élément féminin dont elle fait partie. Ce n’est pas fait exprès, mais c’est en quelque sorte une constante de fabrication…

Donc, Agnès étant une femme, lors d’un stress important, elle va avoir tendance à avoir besoin de se confier pour décharger sa peine et exprimer son émotion. Cela va faire baisser la pression et l’écoute et le soutien moral qu’elle va recueillir va lui confirmer qu’elle est légitime à penser ce qu’elle pense et la rassurer sur elle-même. Elle sait très bien que la solution à ses problèmes, elle ne la trouvera qu’en elle-même, comme tout un chacun. Mais la force de la trouver, cette solution, elle la trouvera dans la parole d’encouragement d’un autre, dans la présence amie d’un autre à ses côtés.

En effet, elle a appris, dans son enfance et ensuite en se confrontant aux stéréotypes de sa vie sociale, qu’une femme est inapte à analyser correctement un problème et à rationaliser les choses. Par contre, on l’a encouragée, à la place, à exprimer ses émotions et ses sentiments comme la marque de sa féminité: « Ca ne mange pas de pain et pendant qu’elle chiale, elle ne fait pas de conneries… ». Confronté à une difficulté, elle arrive à lâcher la tension émotive mais elle n’a pas confiance en elle pour la partie résolution du problème et va inconsciemment se trouver incompétente. Elle  cherche donc chez un autre la preuve qu’elle est malgré tout légitime et capable de régler le problème. C’est pourquoi une femme va spontanément parler de ses problèmes, non pas pour qu’ils soient résolus mais pour obtenir ce soutien moral dont elle a besoin pour agir.

En revanche, un homme a du très tôt apprendre qu’il est sensé être capable de résoudre tous les problèmes et de trouver toutes les solutions avec un esprit clair et aiguisé dénué de toute émotivité, à la Monsieur Spock (pour ceux qui étaient trop jeunes pour la série Star Treck, Mr Spock avait de grandes oreilles pointues et aucun sentiment, un genre d’ordinateur sur pattes et avec un brushing impec). Celle ci serait une preuve de faiblesse et de confusion…

Un homme qui a des difficultés, va donc se recroqueviller dans sa bulle, s’interdire d’ « ennuyer les autres avec ses problèmes » et chercher les solutions dans la solitude. Ce faisant, il refoule ses émotions comme inadaptées, une marque de sa « féminité » cachée et donc de son incompétence (puisque dans le stéréotype social inconscient tout ce qui est féminin est confus et incompétent). Au risque de somatiser… et de ne pas trouver de solution (car la confrontation des idées est quand même une source de résolution des problèmes efficace)…

Face à une femme qui l’appelle pour lui parler d’un souci, il va être désarmé. Il se sent incompétent à enrayer l’émotion féminine (« Elle pleure, merde, je fais quoi ??? »… puisqu’il ne peut être ému et le dire, c’est interdit…), et il va chercher des solutions pour aider celle qui se confie à lui, et pour sortir de son sentiment d’incompétence. Il va faire ce qu’il estime le plus utile s’il était à la place de la femme.

Or, ce n’est pas ça qu’une femme vient chercher… Cela peut même l’agacer sérieusement qu’il lui dénie la capacité à trouver elle même les solutions qu’elle sait très bien être capable de trouver seule… Au lieu d’encouragements sur elle-même (« ces personnes qui t’emmerdent sont effectivement très con, tu as raison d’être en colère et je te fais confiance pour trouver comment t’en sortir, quoi que tu fasses, je te soutiens… »), elle a l’impression de se trouve face à un mec qui n’a pas confiance en elle et cherche à la rendre dépendante et infantile (tu devrais faire ça, ou ci…).

D’où problèmes de communication et malaise. Chacun se sent incompris et incompétent…

En bref, une femme exprime ses émotions et évite la somatisation, mais n’ose pas s’affirmer et décider sans soutien extérieur. Elle se condamne à l’impuissance et se victimise parfois si ce soutien extérieur lui fait défaut.

Un homme refoule ses émotions (risque à terme de somatiser… oh le beau cancer, ou le bel infarctus!), devient donc froid et distant. Par contre, il ose s’affirmer mais il risque aussi de s’isoler durablement dans l’illusion de sa puissance. Il se condamne à se débrouiller seul. Or un humain est un être social, il devient fou dans la solitude.

Comme le disait Jung, l’être humain complet est celui qui accepte en lui sa part féminine et masculine, quel que soit son sexe, au delà de tous les stéréotypes… Qui trouve le moyen terme entre affirmation de soi et expression de sa fragilité émotionnelle (une fragilité source de force morale). Et la bonne communication entre les hommes et les femmes est justement le dialogue compréhensif entre les uns et les autres avec la prise en compte de leurs différences et de leur étrangeté. C’est l’accueil de l’autre dans son mode de fonctionnement hérité ou non, sans jugement et avec bienveillance… voire amour…

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