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La trace…

On n’a aucun souvenir avant 5 ans, mis à part les souvenirs reconstitués à partir de ce qu’a dit l’entourage…

Par contre le corps garde la trace des anciens traumas et cette mémoire du corps se réactive face à des situations qui ressemblent même de loin à la situation initiale.

Alors, elle envahit tout et nous remet dans une position de dépendance totale vis à vis de notre environnement, une dépendance où notre survie est en jeu, comme lorsque nous étions tout petits. On revit, on ressent, on redevient exactement tel qu’on était alors, au moment de la situation traumatisante initiale.

J’ai vécu, toute petite, bébé, une peur intense. J’ai cru mourir, J’ai ressenti une telle agressivité à mon égard, une telle violence, que j’ai voulu mourir. La « tradition » familiale et mon carnet de santé m’ont appris qu’effectivement j’ai refusé de me nourrir pendant un mois à un mois et demi après ma naissance. Je vomissais tout. Je vomissait cette vie si insupportable d’angoisse, je me vomissais. Surtout quand c’était ma mère qui se chargeait de me nourrir…

Cette angoisse de mort, innommée, indicible, sans mots,  je ne pouvais alors la comprendre (je ne pouvais que la ressentir). C’ est la même qui me retombe dessus quand je suis face à de la violence, du rejet, de l’abandon ou simplement de l’indifférence de la part de quelqu’un que j’ai investi d’amour, d’un rôle dans ma vie. Cela me submerge sans que je puisse mettre des mots ou même des images dessus.

C’est la peur noire, profonde, brute, devant laquelle je suis impuissante. Je n’entrevois d’issue que dans la fuite, dans la mort… Je veux que ça s’arrête, c’est atroce. Je vomis, j’ai des apnées. Je ne veux plus respirer…

Et pourtant j’ai survécu, j’ai grandi. J’ai quand même voulu vivre. Je suis maintenant une adulte qui fonctionne à peu prés bien. Des bonnes volonté m’ont pris en pitié et m’ont donné le goût de vivre malgré tout… et puis cette vie en moi qui est si forte …

Rien n’a été oublié et je dois gérer ces passages où je perds pieds sans raison apparente.

Sauf que, désormais, je comprend. Désormais je peux mettre des mots.

Cela me permet de prendre du recul et de tenter de me séparer de ma peur. De le désintérioriser, de faire qu’elle ne soit plus moi. L’adulte que je suis peut prendre soin de ce bébé perdu.

Avec l’aide de ceux qui m’aiment.

Reprendre confiance en la vie et remiser cette peur totale dans les oripeaux des monstres d’enfance.

Le vilain monstre qui m’a fait si peur s’est dégonflé…

Mais je le surveille encore quand même…

On sait jamais…

 

Déprime, dépression et demi…

C’est vachement dur à vivre…
Gérer mon trauma d’enfance qui réactualise chaque fois la crise, dès que les circonstances ressemblent un peu à ce que j’ai vécu…
Cette impression de mort psychique… De perte totale d’énergie de vie, de dérapage incontrôlé qui m’envoie valdinguer dans le mur…
PAF je m’écrase et je perds le souffle…
Et je pleure…
Et puis, j’arrête et je vais mieux…
Pour recommencer à la moindre occasion.
C’est épuisant. J’ai l’impression de tourner en rond.
Bon, c’est vrai maintenant je peux mettre des mots dessus, je comprends le mécanisme… Je me laisse moins longtemps embarquer…
Mais le ressort de merde fonctionne toujours quand même.
Savoir ne suffit pas.
Tant que je ne serait pas libérée de ça, je serai entravée…
La voie est peut être dans le lacher prise et l’acceptation. La vraie, pas celle du bout des lèvres ou celle qu’on dit mais qu’on ne fait pas.
Je n’y arrive pas. Besoin de silence, de retraite volontaire dans un bel endroit face à la nature, face à moi. Tranquille. Paix extérieure, seule, pour pacifier l’intérieur, l’écouter, le consoler, prendre le temps.
Besoin de m’aimer avec ça, comme ça…
Ma vie est trop bousculée. Pas le temps, trop de bruit, d’obligations.
Je m’écroule le soir sans avoir pu faire tout ce que je devais faire…

12/12/12

Ah la la ! Qu’est ce que les esprits superstitieux, qui sont légions en nos temps sans religion (mais avec beaucoup de religiosité sauvage et de gourous en tous genres) vont bien nous inventer…

12… Un chiffre symbolique. Les 12 tribus d’Israël, les 12 apôtres, les 12 chocolats que je vais manger à Noël (si il n’y a pas de fin du monde avant…). Là, tout de suite, je ne vois pas…

Mais je vous fait un point en fin de journée…

 

Petit traité du désir

Le désir adéquat est celui que je ne prend pas le temps d’écouter, celui qui cogne à la porte de ma vie et auquel je n’ose ouvrir. pourquoi donc ? La logique voudrait, au contraire, que je puisse écouter ce désir, pour le réaliser, en profiter et me sentir comblée.

Une sourde peur me tenaille… Parce que le désir nait du manque et ce manque me fait peur…

Peur d’en être blessée, torturée, abîmée…

Je ne veux pas souffrir du manque.

Les boudhistes disent renoncer au désir, pour éviter la souffrance.

Mais quelle souffrance? Quel désir ?

Renoncent-ils au désir d’épanouissement ? Celui que Spinoza et Jollien appellent adéquat ?

Non, je ne crois pas. Les bouddhistes et autres affiliés zen cultivent au contraire ce manque, ce vide qui permet à la vie de bouger, d’être, cet espace où la vie s’épanouit, ouvre ses ailes de papillon. Sans lui, la vie même ne saurait exister. Sans le manque, je ne me mets pas en mouvement, je n’ai pas envie, je n’ai pas le désir d’aller chercher ce qui me manque, l’énergie nécessaire à mon être qui est, agit et construit sa vie.

Alors ?

Alors, je crois que la tendance humaine, pas très courageuse et pas très confiante, préfère la facilité du plein. Elle refuse ce vide qui l’angoisse et cherche à se remplir. Ce sont les désirs d’avoir.

Renoncer au désir de vie au profit de multitudes de désirs, hochets du quotidien qui satisfont ma petite personne en la rendant brillante comme une boule de dancing aux multiples facettes aux yeux des autres… Bling bling !

Ces petits désirs, qui nous semblent plus faciles à combler mais qui dépendent des autres (donc de magnifiques sources de frustrations) vont me donner, à chaque fois, l’illusion que, ça y est, si j’ai « ça » (l’amour d’un autre, de l’argent, une super voiture, la reconnaissance, un avancement, un poste de pouvoir, une maison, un petit ami, telle robe avec un prix soldé, une jolie femme dans mes bras, un gros diamant à mon doigt, un diplôme, mon nom sur la liste des best sellers, et on peu rajouter à l’envi tout ce que la plupart d’entre nous poursuivent sans relâche…) je serai comblée… et puis non… (Flute!)

Si on l’obtient, cela perd tout son charme. Très vite, le désir s’éteint, et on est tout triste… Et on repart sur un autre truc ou une autre personne… C’est rien, on s’était trompés, mais cette fois, c’est la bonne…

Mais vous avez vu ? J’ai écrit: désirer avoir (de l’amour, de l’argent etc…). Avoir. Pas être.

Désirer l’autre, désirer « avoir » l’autre est aussi une manière d’éviter de se désirer soi même, éviter d’ »être » avec l’autre (et vraiment l’aimer, en le laissant libre).

Si on ne l’obtient pas. On est frustré, en colère. Et on accuse l’autre ne ne pas nous donner ce dont nous avons besoin. Dépendance qui nous vient de notre enfance… Demander à l’autre de nous combler comme on le faisait auprès de nos parents, tout ça pour s’éviter de s’aimer et de s’accepter soi même et de bien s’occuper de soi, en responsabilité… Et donc éviter de cultiver en soi ce manque créateur de vie…

Et l’on court après nos petits désirs… désespérément … On y met toute notre énergie…

Serait-ce pour oublier le désir de l’être qui est le simple désir d’aimer la vie en soi ?

Un désir d’amour plus grand que moi, qui nait en moi pour me faire simplement être. Un désir qui n’est pas importé du dehors.

Du coup, on est libre, ce ne sont pas les autres à qui je demande de me combler (les pauvres, ils ne peuvent pas !) mais à la vie en moi. Et les autres sont libres…

C’est donc cela, sans doute, que les bouddhistes veulent dire: renoncer aux désirs d’avoir au profit du désir d’être.

Oser se reconnaître origine de ce désir de vie, si grand, si impressionnant… et si simple… Oser désirer. Oser aimer dans un élan libre de toute contrepartie… Aimer gratuitement, librement, pleinement, simplement pour le plaisir d’aimer… Oups !

Parce que, ben oui, c’est bien joli, tout ça, mais, moi, j’aimerai bien recevoir en échange de ce que je donne…

Faire de la vie, de l’amour un vilain marchandage, quelle tentation !

Devenir comptable comme les enfants qui comptent les gestes faits lorsqu’ils aident à ranger la table du dîner (« ah, moi, j’ai ramené les assiettes et Louis, il n’a ramené que deux verres… c’est pas juste ! »). « Ah moi, je l’ai aimé et lui (variante: elle), il (elle) ne m’a même pas aimé autant… C’est pas juste ! »

C’est si simple de faire comme on en a l’habitude, désirer que l’autre nous comble à l’image de l’enfant que l’on n’est plus… et attendre le père Noël…

Mais une tentation bien dangereuse car ces amours là, ces désirs là, finissent généralement assez mal… Parce que l’autre est autre et n’est pas là pour nous mais pour lui.

 

 

 

compulsion d’écriture

Voilà…

Il m’a bouleversé. C’est stupide. Je le savais et j’avais peur de le revoir. Et bing, paf! Tout dans la figure !

J’ai du l’écouter, en souriant, raconter son amour pour une autre. Respecter cela. Il en a parfaitement le droit, c’est super pour lui.

Mais pourquoi cela me blesse tellement ? Pourquoi ?

Je ne comprends pas. Je ne suis pas sensée avoir des sentiments pour lui. Je le connais bien peu et ce n’est qu’un ami. point barre.

je ne veux pas être comme ça. c’est trop con. Voilà.

J’étais très bien dans ma vie avant. Je n’ai pas besoin de lui et celui qui m’aimera va bien finir par se pointer et ce sera facile et évident.

Ce n’est pas lui. Il n’est pas pour moi. Il est pour elle. Ils se sont retrouvés et c’est très bien.

En quoi cela m’empêche de respirer librement et d’être bien ?

Je ne comprends pas. Je suis stupide, conne, barrée, hystérique… Je ne me comprends pas…

Tout mon corps me hurle quelque chose que je ne veux pas entendre. Que je ne DOIS pas entendre: « Vas y, cours lui après, dis lui que tu as envie de le connaître, envie de lui. Envie de l’écouter, de le toucher, de faire l’amour… Que tu ne sais pas pourquoi mais que ça t’est tombée dessus là… »

Ca va se calmer. Ce sont mes hormones, la lune, je ne sais pas… Un truc bizarre. Je vais l’oublier et le laisser tranquille.

Et…

J’ai mal à la tête…

 

 

Face à face existentiel

L’ Epreuve.

Vivre, être comme une épreuve.

Cet après midi, affronter ma peur en parlant, en affirmant qui je suis et ce que je veux vivre.

Ne plus me contenter des miettes, ne plus être sans importance, transparente, inexistante. Ne plus me contenter d’être traitée comme annexe, 5 eme roue du carrosse, strapontin, cul…

J’ai froid, je ne respire plus, je tremble, je pleure, je me sens mourir, secouée par mes émotions comme une tempête. Peur de vivre comme d’une transgression qui va me conduire à la destruction.

Interdit d’ »Etre « ,qui me vient de mes parents, interdit qui me broie.

Interdit au nom duquel je n’ai pas le droit d’exister, et encore moins d’être reconnue, aimée, prise en compte. Du coup, toute affirmation de moi, avec une valeur existentielle, toute expression de ce moi existant, devient une exigence inacceptable pour les autres, dans mon esprit malade des croyances infantiles…. Et la peur d’être rejetée, abandonnée, détruite, me glace de l’effroi de la mort.

L’épreuve d’affronter cela et d’ouvrir ma conscience à une vision d’adulte, plus large, plus haute et surtout plus sécure.

Accepter mes émotions, les bercer doucement pour les calmer. Elles sont légitimes et traduisent une vraie souffrance, une vraie peur de l’enfant dépendant, pour sa vie même, de ses parents.

Elle sait, la petite fille, que ces adultes sont plus forts qu’elle et qu’ils peuvent la détruire. Ils ont la force, les mots, les comportements, les regards qui peuvent tuer. Sa vie dépend de leur bonne volonté. Leur déplaire en existant, en désobéissant à leur ordre d’être transparente, sans valeur, inexistante, sans demandes, sans rien, est extrêmement dangereux pour elle. Elle mourrait…

Elle ne veut pas mourir, alors elle s’adapte, elle se fait toute petite, elle accepte tout et n’importe quoi, elle donne et ne réclame jamais, elle s’oublie… elle leur obéit. Elle n’existe plus.

Adulte, elle a continué ainsi. Accepté l’inacceptable pour survivre.

Jusqu’à ce que… la douleur soit trop forte. La limite atteinte.

Longue plongée dans son monde intérieur dévasté, nettoyage, rangement, table rase et reconstruction.

Et aujourd’hui, l’épreuve de devoir être, poser son être face à Lui qu’elle aime et qu’elle ne veut pas perdre. Renoncer volontairement à ce qu’elle était, cette femme restée longtemps fidèle aux croyances de son enfance qui la rendait si dépendante…

L’épreuve de devoir dire « Je », « J’ai envie », « J’ai besoin » face à lui. Avec le sourire de la tranquille assurance.

Avec humour.

Avec amour.

Et surtout pas avec peur….

Mais c’est fou comme la peur colle aux basques…

Histoires

Il fuit, il a peur, il évite et s’installe dans un no man’s land prépubère…

Ne rien construire, ne pas s’engager, rester libre… et surtout ne prendre aucune responsabilité dans sa vie. Ca pourrait faire mal !

Oui, mais…

J’ai deux histoires vraies, voire trois…

la première:

Il était sculpteur, talentueux et plein de charme. Sérieusement épris d’une femme intelligente, belle et tout aussi talentueuse que lui. Une femme qui l’aimait profondément.

Ils ont eu deux filles ensemble.

Mais il n’a jamais voulu vivre en couple avec elle. Il ne partageait que des moments, quand il venait la voir, de magnifiques moments de passion et d’amour partagé, la laissant ensuite pour reprendre le cours de SA vie autour de son nombril. Elle devait rester en marge; Il ne voulait rien céder de sa liberté, de sa vie, de son temps à lui. Ne pas partager un quotidien fait de simplicité et d’échanges tendres, de problèmes assumés et de partages vrais, de vie avec ses grandeurs et ses petitesses, mais tellement plus faciles à vivre ensemble que seul. A elle la responsabilité de ce quotidien, du bricolage,  du soin des enfants, des tracasseries administratives, des soucis de santé ou d’argent, des moments moroses à traverser…

Le couple, l’engagement, l’investissement auprès d’elle pour profiter de la merveille de femme qu’elle était, du bonheur d’aimer et d’être aimé sans questions, dans la durée des jours simples, ce serait pour plus tard, il n’était pas prêt, n’avait pas confiance, avait des trucs à faire avant, avait peur…

Un jour, elle avait 48 ans, elle a eu une douleur sourde au bras.

3 mois plus tard, elle décédait.

Et il ne lui est rien resté. Jamais il ne vivrait pleinement la joie de sa présence, jamais il ne pourrait boire à la source de la joie de la voir le matin, de la caresser, de lui ouvrir son coeur. Plus jamais… elle était unique et il l’avait perdue, gâché le temps où il aurait pu en profiter…

C’était trop tard.

la deuxième:

Il était beau. Elle aussi. Sincères et tendres tous les deux.

Ils s’aimaient. Dès que leur peau se touchaient, le bonheur irradiait leur corps. Le sexe était une merveilleuse aventure qui les emportaient ensemble. Il n’en revenait pas d’avoir dans ces bras cette femme intelligente, douce et si belle. Ils riaient souvent, se sentaient bien l’un avec l’autre, aimaient se perdre dans les yeux l’un de l’autre.

5 ans, elle a attendu qu’il s’engage.

Il avait peur, n’osait pas. Se lançait dans des aventures parallèles qui la blessait, faisait confiance à d’autres, mais pas à elle. Il n’arrivait pas à imaginer qu’elle puisse vraiment l’aimer, alors il remettait à plus tard.

Il s’est mis en ménage avec une autre qu’il n’aimait pas.

Elle est partie.

Il l’a perdue. A force d’hésitation et de manque de confiance, il l’a perdue. Et se retrouve impuissant. Il ne peut plus faire l’amour à personne. Il n’y a qu’elle qui est dans son désir… Il a tout gâché, bêtement.

La troisième histoire est en cours.

Il la garde en marge, refuse de la faire entrer dans sa vie et de partager autre chose que des passages intenses de sexe et de baisers.

Elle a du mal à comprendre et se sent blessée, dévalorisée, incomprise. Comme condamnée à cause d’un crime qu’elle ne connait pas et qui la relègue à cette place de la passade, du plan cul, même s’il affirme le contraire.

2 ans, un peu plus même. Et rien n’évolue. Il ne met rien en place pour construire une histoire. Une histoire qui n’est pas parfaite, simplement humaine mais qui existe, qui leur permettrait de vivre et de donner un sens réél à leur vie.

Que vaut une vie sans amour ? A t’elle un sens ? Et qu’en penser au seuil de la mort?

Faut il attendre qu’il soit trop tard pour vivre ?

Viva la vida !

Les choses bougent quand on les laisse bouger…

Simplement changer sa vision du monde permet parfois de libérer les énergies bloquées par nos peurs et surtout notre sempiternel manque de confiance en soi…

C’est ce qui est en train de se passer dans ma vie…
Rien ne change de façon visible mais tout se prépare en secret, en énergie et en ouverture…

La peur qui recule, l’indépendance qui s’installe, la découverte de soi, ombres et lumières qui nous donne la maîtrise de notre vie…

Yes ! Cela donne envie de sourire, de rire, de danser et de serrer ceux qu’on aime dans ses bras…

S’accepter permet d’accepter les autres…

S’aimer telle qu’on est permet de vraiment aimer l’autre tel qu’il est…

Reste à gérer toute cette énergie et à rester calme et sereine.

Et garder confiance quand la vie nous fait traverser des épreuves… Parce qu’on ne vit pas chez les teletubies…

La seule différence avec avant, c’est que l’acceptation de ce qui « est » rend les choses moins difficiles, moins douloureuses. Plus de tensions à essayer d’obtenir autre chose que ce qui arrive, plus d’angoisse à essayer de ne pas perdre, à vouloir autre chose que ce qui arrive, plus de frustration, de déception… ce qui n’empêche pas de vouloir améliorer sa vie, mais en gardant la souplesse de se laisser étonner et bousculer par la vie…

ce qui n’est pas forcément facile… (On n’aime pas toujours changer ce qu’on avait imaginé, rêvé…)

Bon, je me fais une tisane…

Bonne nuit douce à vous lecteurs…

Jouissancessss

Freud, Lacan et les autres affiliés nous parlent tous de sexe et de jouissance…

C’est une bonne idée. Que serait le monde sans la jouissance… Un truc sans grand sens…

Jouissance, oui… Mais laquelle ?

Comment ça, laquelle ? Il n’y en a qu’une… la jouissance de la satisfaction du désir réalisé.

Voire…

La jouissance de Freud et con sort (oui, bon… c’est le soir), c’est essentiellement une jouissance du pénis, c’est à dire une jouissance d’homme, inscrite dans un rapport de domination. La femme, « amputée par la nature d’un sexe puisqu’elle n’a pas de pénis » ne peut donc jouir que grâce à la pénétration d’un phallus, par procuration en somme. Le clitoris étant évacué comme un moignon de pénis qui pourrait empêcher la pénétration de se faire et d’être jouissive à la femme…

Bon.

C’est pas leur faute, ce n’étaient que des hommes…

Et cela ne leur est même pas venu à l’idée de penser que les femmes avaient des trucs à dire là dessus. Mais il est vrai qu’en cette fin du XIX eme siècle, la haine d’elles mêmes et surtout de leur corps, sans même parler du déni de leur con, ne les disposait pas à avoir un discours cohérent et clair sur la question. Avouer que des trucs pouvaient se passer sous leurs jupes était plus ou moins avouer qu’elles étaient des putes, ce qui n’est pas une image de soi qu’on apprécie énormément, en général.

Bon, alors… Jouissance ou jouissances ?

On peut imaginer qu’il y a deux jouissances.

La première, animale, uniquement sexuelle, issue de nos origines, totalement instinctive et liée à notre reproduction et notre besoin de perpétuation de l’espèce. Une jouissance que nous partageons avec les autres animaux, tout en l’ayant développée un peu. Primaire, elle st une sorte d’explosion, d’abréaction émotionnelle, libération d’une tension sous jacente que l’on ne contient plus. Elle produit un plaisir, mais à l’image d’elle même: brutal, immédiat et éphémère. Elle concerne notre corps plus que notre esprit et peut se réaliser en solo. Elle est essentiellement tournée vers nous mêmes, même si elle est liée à la dépendance. C’est notre propre plaisir que nous demandons à l’autre (et nous sommes amers s’il nous le refuse.) L’autre devient un objet de désir que nous utilisons pour obtenir cette poussée de jouissance. Elément puissant tourné vers nous mêmes, cette jouissance nous isole (l’autre n’est qu’un prétexte, un élément de stimulus), elle nous vide d’énergie et peu à peu, on s’y habitue. Comme pour une drogue, il faut augmenter les doses de stimulation pour obtenir le même plaisir, faire plus excitant, plus étrange, plus fort, jusqu’à la violence. Il y a quelque chose d’infantile dans cette jouissance là. C’est un jeu de pouvoir. Elle enferme , elle isole et elle nous met à la merci de l’extérieur (partenaire, excitants, films X…). Elle ne rend pas libre…

C’est celle que connaît la plupart des hommes et qu’ils imposent à leur partenaire. C’est celle de la domination. « Viens là que je te tringle, t’aimes ça, salope ! etc… »

La deuxième est plus spécifiquement humaine. Elle est énergie. Elle peut transfigurer la première, la transcender et lui rendre toute sa valeur adulte et libre. C’est une jouissance de la rencontre, de la réalisation de soi en lien avec un autre ou des autres. C’est un échange, un partage, une montée conjointe vers le plaisir et la plénitude de l’être. Il y a un aller-retour libre. Personne ne prend, personne ne possède. Chacun donne, accueille l’autre, donne et reçoit dans le même mouvement. Le travail, le sexe, l’amour, l’art sont des réalisations de cette jouissance là. C’est cette énergie qui nous permet de nous sentir vivants, vibrants, reliés aux autres tout en prenant toute notre place. Une énergie qui structure notre vie et lui donne un sens.

Faire l’amour dans cette jouissance là, c’est créer assez d’énergie pour déplacer une montagne avec le souffle d’une plume. La caresse légère d’une main sur une épaule devient source infinie de plaisir et de jouir… Cela nous emporte dans un monde hors du temps et de l’espace, là où on est bien…

C’est celle que les femmes aimeraient trouver, emprunte de respect et de tendresse, et que parfois, certains hommes, virils et tranquille dans leur virilité s’accordent comme un cadeau, à eux mêmes comme à ceux qu’ils aiment.

Avec l’autre énergie, il faut quelques gros bulldozer pour le même résultat…

Mais, bon, à vos plumes… je peux avoir tout faux… Dites moi…

Cycle de vie

Il est des jours où vous avez, à tord ou à raison l’impression de revisiter le passé, histoire de clore un cycle de vie. C’est un peu ce que je ressens en ce moment.

Pendant longtemps, je me sentais embarquée dans un bateau dont je n’avais absolument pas la maîtrise. Je bricolais comme je pouvais et du mieux possible ma vie, je me débrouillais, au demeurant pas si mal, mais j’avais sans cesse l’impression d’être agie, de répondre, de réagir à mon environnement plutôt que de décider moi même.

Mon existence, mon bonheur, ma réalisation, mon identité, ma féminité… toutes ces choses essentielles dans une vie, dépendait des autres. Je me croyais incapable et inapte à les obtenir par moi même. Donc, logiquement, je les ai demandé aux autres…

Demande inepte et dangereuse, car elle me mettait à la merci de tous ceux qui entendaient profiter de moi, sous quelque forme que ce soit. Il suffisait de me promettre ce que manifestement j’attendais avec espoir (je ne suis pas très douée pour cacher mes sentiments et mes pensées) pour tout obtenir de moi. Sur la foi de ces fausses promesses, que n’ai-je donné ! Pour ensuite attendre éternellement ce qu’on m’avais promis… Frustrée, déçue, j’ai mis bien longtemps avant de comprendre et d’ouvrir les yeux.

Chaque fois, je me persuadais avoir vu, compris ce que je voulais voir… et qui n’existait que dans mes illusions.

L’imagination aide parfois à vivre. Mais elle peut aussi empêcher de vivre, en nous enfermant dans un monde irréel, construit de bric et de broc à partir de nos espoirs et de nos rêves. Ne pas vouloir renoncer à cet idéal que nous avons projeté sur l’autre, sur la vie, est finalement délétère, et mène au renoncement de soi. Le pire qui soit…

Aujourd’hui, dans cette maison du passé, je suis face à ce que je fus. Et je suis un peu étrangère à cette femme que j’ai été. Je la regarde avec tendresse. Elle a fait ce qu’elle a pu. Elle a cru devoir obéir. Elle ne croyais pas en elle…

Mise au défi d’être enfin moi même, ni pire ni meilleure, mais apte à construire tranquillement ma vie selon mes valeurs, et ma vision de la vie, de ma vie, de ce que je veux qu’elle soit.

Désormais, je me dois d’être la femme que je suis. Je me connais bien peu, mais je n’obéirais plus sans me protéger, je me me raconterais plus d’histoires, je croirais en moi et à ma capacité de réaliser ce que j’ai envie pour m’offrir une belle vie. Libre, riche d’intelligence et de beauté, gaie et aimante. Jouissive…

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