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mot d’enfant, Louis en l’occurence

Louis, 7 ans, regarde les poissons rouges tourner dans le bocal avec attention. Il s’interroge sur leur manière de respirer, sur le sang que l’on voit dans les branchies, sur la qualité de l’eau… et puis… « Pourquoi il n’y a pas de bulles quand les poissons , ils pètent dans l’eau? »

les neurones en déroute…

Epuisée par une journée entière de partiels… et ce n’est pas fini…
Je vous parlerai des chaussettes de Freud une autre fois. Je ne regarderai jamais plus mes chaussettes de la même manière, désormais…

A plus

Agnès

Nouvelles du monde. Guerres inter-religions, massacres gratuits

A midi, entendu à la radio la nouvelle de la révolte copte au nord de l’Egypte.

A la sortie de la messe de minuit, il y a eu une fusillade qui a tué 7 personnes.

Seulement sept morts? Ce n’est pas grand chose, on peut l’oublier, il y a pire et plus médiatique de par le monde…

Il s’agissait de représailles pour l’ »enlèvement » d’une jeune fille musulmane par un jeune homme copte… Une histoire banale entre deux peuples qui ont interdiction de s’aimer…

Je ne peux m’empêcher d’imaginer l’histoire d’amour entre ces deux jeunes de communautés en guerre, à la Roméo et Juliette. Une histoire d’amour et de sang où des hommes se déchirent pour des raisons futiles camouflées derrière des questions de principes et de religion…

Quel est donc ce Dieu cruel qui se repais de sang et de souffrance ? Quels sont ces gens qui condamnent l’amour et la vie et qui refusent de voir leur frère et leur égal dans un autre être humain? Oui, je sais, je paraît naïve et stupide. Le monde est ainsi fait qu’il faut être cynique pour pouvoir y survivre sans dommage moral collatéral.

Mais moi, je veux au moins écrire ainsi à que point cette manière de penser me révolte. Combien je méprise ceux qui se gargarisent de leur « force » et de leur « intransigeance dogmatique » de leur certitudes de détenir la seule « vérité », celle qui tue (fausse vérité, en réalité), ceux qui se retranchent derrière une religion dévastée de son véritable sens et qui s’en servent comme instrument de leur propre pouvoir totalitaire et destructeur. Ils ne sont pas du côté de la vie qui construit, mais de celui de la haine qui détruit. Ils transforment notre monde en un épouvantable désert où la violence est le seule déesse respectée, où tout est mort, gris et froid.
Ce n’est pas le nombre de morts qui compte, c’est le fait même qu’ils existent. Que leur bouche ne mangera plus, n’embrassera plus, que leur poitrine ne sera plus remplie par leur souffle, que leur coeur ne battra plus pour personne. Sept pertes sèches pour l’humanité, sept morts idiotes, inutiles et douloureuses. Sept meurtres insupportables comme tous les meurtres, que rien ne peut légitimer. Sept larmes que je verse en pensant à leurs proches, larmes qu’ils ne connaîtront pas. Sept morts dont tout le monde se fout…
 

Nouvelle année 2010 en naufragée volontaire dans l’île

Face à la mer, le visage embrassé par le vent et les embruns, presque giflée dans une étreinte plutôt sauvage, les bottes dans le sable vierge, mes épaules sous le caban bleu marine caressées par le soleil doré de l’hiver, je respire enfin.

Balade sur les sentiers de l’île pour commencer la nouvelle année…

Pas de voitures, pas de téléphone, pas d’internet, pas de télé… juste le bruit des vagues et des oiseau, juste les conversations entre amis, juste l’élégance secrète de ce petit bout de terre au milieu de l’eau où je me sens pleinement vivre et me remplir d’énergie.

Je remplis mes poumons et mon cœur de beauté, de liberté et de bonheur. Je l’emmagasine au fond de moi comme un trésor précieux, un remède ensoleillé, une réserve secrète à réutiliser, en cas d’urgence, les jours gris et tristes, lorsque tout est lourd et sans avenir.

Les reflets dansent une belle sarabande sur les eaux grises et bleues de l’océan. Ils éclaboussent le paysage et le font rire.Les galets ovales, ronds, tordus, lisses, se mêlent aux coquillages et se teintent alternativement d’ombre et de lumière au gré des vaguelettes qui viennent lécher la plage, devant mes pieds.

Le ciel, et les nuages légers, au dessus de ma tête, chantent l’air de la liberté et des voyages. J’aime bien. Voyage immobile dans lequel j’ai l’impression de devenir grande, légère et libre. Mon esprit s’élance. Je peux aller où je veux, je peux ouvrir les portes de la cage et de m’élancer dans l’espace sans même avoir à me déplacer. Je n’ai plus de limites, hors celles que j’accepte et je décide.

Je souris… Cette belle journée augure bien de cette nouvelle année.

Je ramasse un galet roulé par l’océan, creusé de quelques souvenirs de sa vie sous-marine. Je le fais rouler doucement dans ma main, il est lourd et doux dans ma main, plein de tendresse. Il viendra se reposer sur mon bureau, souvenir de cette journée, clin d’œil plein de soleil et d’océan.

Le soir, belles rencontres avec toute une compagnie qui n’a pas oublié d’avoir de l’humour. Béné, Véronique, Eric, André, Elisabeth, Bertrand, et les autres… Fous rires et assiettes goûteuses, vins gourmands et conversations intelligentes, musique, danse, yeux rieurs, simplicité.

Demain, nous irons nous faire une orgie d’huitres ramassées sur les rochers, à marée basse, armés d’un piolet et d’une bouteille de blanc à partager (le vin, pas le piolet)…

Le gôut salé et tendre de l’huitre dans la bouche, je remercie la vie de me faire ce merveilleux cadeau. Un vol d’oies dont je ne me rappèle plus le nom (si l’un de ceux qui étaient là s’en souviennent, qu’il veuille bien éclairer ma lanterne…) s’élance de la petite étendue d’eau retenue par une hanse de rochers tout près de nous et nous passent au dessus en papotant. Un chien vient nous dire bonjour avant de suivre son maître joggeur. Les petites vaguelettes de lamer qui commence à remonter clapotent à nos pieds. Cela sent bon, la mer, les algues, le sable, le vent. On est bien. Si on n’avait peur de s’exploser en glissant sur les algues, je crois bien que l’on danserait…

L’année 2010 commence bien, sous le signe de l’amitié, de la liberté et de la beauté… Chouette !

 

A Poils

Vaste sujet que ces petites choses accrochées à notre peau et qui nous rappellent incidemment que nous faisons partie de la grande famille des animaux à fourrure.

Par ces temps de froidure… On aimerait que cela nous serve à quelque chose, tant qu’à faire, mais on est obligé de constater qu’ils sont relativement inefficaces face au vent et à la pluie… A vrai dire, leur fonction utilitaire porte un peu à caution…

Quant à leur fonction décorative…

En avoir ou pas… Toute la question est là. En fonction de la géographie de sa position corporelle, le poil sera sauvagement arraché ou au contraire bichonné et soigné avec tendresse.

De la boucle de cheveu élégante et racée au petit poil pubien tout frisé, le poil est porteur d’un imaginaire teinté d’instinct primal que je me propose de visiter ici en un voyage rêveur…

Le poil viril est assez bien perçu. Sur le torse velu, la femme est censée s’attendrir et se reposer. Sur la joue qui gratte après quelques jours sans rasage, elle passera sa main, d’un air entendu, comme une vierge qui tâte ses espérances.

En ce qui concerne l’art capillaire masculin, toutes les options sont possibles, du court à la romaine au catogan qui se la joue créatif mais qui peut être assez sympa. Personnellement, je n’aime pas trop la chauvitude, et je préfère ne pas en parler, je serai bêtement négative.

En général, un homme, c’est un individu à poils. Cela permet, à nous les femmes, de réchauffer notre hiver et accessoirement nos orteils gelés au fond du lit. D’ailleurs, la preuve, c’est que la plupart des vrais hommes dorment nus… enfin, en tout cas, ceux que j’ai connus assez intimement pour le constater de visu. Ce qui ne donne pas une quantité suffisante pour en faire un échantillon crédible et donc ce que je viens d’écrire n’engage que moi…

Par contre, tout change lorsqu’il s’agit des femmes. En tant que membre de cette éminente confrérie (consoeurie, devrait-on dire plutôt) j’ai du subir l’épreuve initiatique de l’arrachage des poils.

Je vais vous dire une chose. On fait semblant de supporter cela avec élégance et humour mais la réalité des choses, c’est que ça fait super mal !

La nature nous a créées femmes avec des poils. Ben oui, il fallait être mon stupide frangin pour croire à 17 ans que les femmes n’ont pas de poils sur les jambes à l’état naturel. On en a aussi sous les bras et même sur la foufounette (si, si…).

Ceux sur notre tête, ça va sauf lorsqu’ils ont la mauvaise idée de venir s’implanter au dessus de la lèvre supèrieure… cela fait désordre… mes enfants ne voulaient pas embrasser ma belle mère à cause de cela, « Elle pique ! »

Bon, il est vrai que nous avons des rapports plus que particuliers avec nos cheveux. Hymne à la féminité, vitrine de notre être profond, arme de séduction massive (dans l’idéal) la construction capillaire que nous présentons au monde peut nous prendre gravement la tête. Aller chez le coiffeur est toujours (ou presque) une aventure teintée de psychanalyse…

Par contre, les autres poils issus de nos ancêtres arboricoles, on leur déclare la guerre dès qu’ils ont le toupet d’apparaître naïvement à l’adolescence, poussés par leur instinct forcément obscur et hormonal. En même temps que les affreux boutons purulents rouges et écoeurrants qui nous rendent timides et idiotes.

Le poil, sur une peau de femme n’a pas droit de cité. C’était peut être top et hyper sexy à l’époque des cavernes mais c’est désormais totalement mal vu. Qu’on se le dire ! Et ceux qui prétendent respecter Mère nature et garder leur fourrure douillette se verront taxées de mal entretenues, de laissées aller, de négligeantes… Crime impardonnable ! Pour ne pas se retrouver au ban de la société (ou en Allemagne), les filles d’ici doivent donc sacrifier à la terreur anti poils.

Alors il y a plusieurs techniques: à la hussarde: on arrache, à l’hypocrite: on dissout, à la va vite: on coupe.

La première méthode fait mal. Elle vous arrache les poils avec le bulbe et des larmes amères. Surtout au début, après on s’habitue. Enfin, moi, je me suis habituée pour les jambes mais pour la chatounette et les dessous de bras j’ai renoncé.

La première fois que je me suis lancée, poussée par une stupide envie de faire comme mes copines qui sortent souriantes et détendues de l’institut de beauté, j’ai marché pendant deux jours comme un canard, avec les bras en croix tellement cela brûlait. Je n’étais pas du tout souriante et détendue… J’avais plutôt l’air d’une adepte ratée du théâtre expressionniste de rue ou  d’une pauvre demeurée qui vient de subir un grave accident ayant exigé une lobotomie avec des séquelles motrices. Pas eu envie de recommencer.

En plus, ça repousse ! Moins vite, mais ça repousse. L’idée de subir ce calvaire tous les mois m’a définitivement décidée à m’abstenir.  Je suis revenue au bon vieux rasoir, et encore, uniquement les grands jours, ceux où je suis censée apparaître en petite culotte devant quelqu’un… soit, quand je suis amoureuse ou en été (à cause de la plage). Et puis basta !

Les deux autres méthodes comportent aussi leurs risques. Allergie qui vous transforment en machin rouge et gonflé en quelques minutes pour les crèmes dépilatoires. Coupures diverses et variées pour le rasoir (le vilain pansement sur une jambe qui se veut sublime les soirs de « grands soirs », cela fait un peu désordre…)

Ah, et puis, il y a les sourcils. Paraitrait que là aussi, la nature s’est un peu plantée en ce qui concerne les canons esthétiques de la séduction et qu’il faut en enlever la moitié (là, en dessous, selon la ligne p à m et en fonctions de formules mathématiques et géométriques qui me dépassent). Ca fait un mal de chien… et on a ensuite des paupières rouges et douloureuses… au moins quelques heures. Maquillage délicat…

Le plus drôle, c’est qu’après, il existe des crayons à sourcils pour en rajouter… Cela devient un peu n’importe quoi, non ? Il parait que cela permet d’ouvrir le regard… Parce que vous regardez les yeux fermés, vous ?

Bon, je suis un peu de mauvaise foi parce que c’est vrai, c’est plus joli et je m’y suis même mise. Tard, mais quand même… Mais parfois je me dis qu’il y a quelque chose de pourri dans ce royaume de Beauté pour aboutir à des comportements passablement douloureux et franchement pas très logiques.

Ce qui me console, c’est que depuis peu, les mecs sont en train de nous rejoindre dans notre cabinet de toilette SM et se font de plus en plus épiler !

C’est très bien, égalitaire et j’en suis ravie (peut être seront ils plus cool si quelques poils dépassent du collant ou du maillot parce qu’on a eu la flemme, ou pas le courage, cette fois-là, de se charcuter…)

Mais, ben… euh… Moi j’aime bien les poils des hommes. Tous. J’adore aller y chatouiller mon nez et mes lèvres… C’est excitant et sensuel. Je me sens alors avec un vrai mec…

 

 

 

les tartines-frites

Hier, mon fils de 7 ans a inventé un concept. Celui des tartines-frites.

Ce fondu des frites qui n’envisage pas la vie sans ces bâtonnets de pommes de terre cuites dans de l’huile bouillante pas du tout diététique, surtout si elles viennent du Mac Do… a décidé, devant mon refus obstiné de lui faire des frites à toute heure du jour (pour le goûter, le petit déjeuner, au milieu de la nuit…) de se contenter de tranches de pain de forme oblongues tartinées de beurre.

Bon, c’est vrai, c’est quand même une manipulation de ma part. Hier, il voulait aller goûter dans un McDo alors que ses soeurs et moi avions envie d’un thé ou d’un bon chocolat chaud dans un salon de thé cosy. Devant cette conjuration féminine, il a du céder et s’est retrouvé assis devant une table en bois ciré au lieu de faire la queue devant les caisses si aguichantes de son fast food préféré.

Nous avons pu négocier grâce à la présence de coca, mais pour les frites dont il rêvait, c’était pas gagné… Il nous regardait d’un regard noir et vengeur du genre « Quand je serai grand, je ne me laisserai plus faire par les femmes et j’irai boire de la bière et manger des frites grasses avec les copains… »

C’est alors que j’ai eu l’idée de lui proposer des tartines. Et coup de bol, les tartines du salon de thé étaient vaguement oblongues. Le concept des tartines-frites était né. Il a étudié un moment la question après ma suggestion enthousiaste, puis il a estimé que, quand même, c’était moins bien que des vraies frites, mais que le beurre de Beilleveire sur du pain grillé, c’était pas mal.

Ouf ! Nous les filles, nous avons pu savourer nos thés et autres chocolats chauds crémeux. Notre petit mâle semblait content.

Mais la prochaine fois, faudra aller au Mc D… Foi de Louis !

chauds chauds les marrons !

La fin de l’année est toujours le cadre de grandes manoeuvres commerciales qui détruisent un peu la magie qui devraient accompagner les fêtes de la  la fin de l’année.

On ne peux plus pointer son nez hors de chez soi sans être assaillis d’idées cadeaux, de bonhommes pères noëls qui vont du kitch le plus braillard au désign froid leplus snob, d’images de bonheur familial ou amoureux dégoulinant de niaiserie. Tout le monde il est gentil, tout le monde il s’aime…

Et donc tout le monde il achète un max de cadeaux pour tout le monde. Les enfants sont innondés de trucs tous plus rutilants les uns que les autres, souvent censés remplacés des parents pressés, occupés ailleurs et qui n’ont pas les temps de les écouter et d’être simplement auprès d’eux. Alors, culpabilité oblige et soumission aux mots d’ordre de notre société marchande, ils compensent en remplissant leur caddy de jouets et de bolducs.

Ceux qui sont seuls ou malheureux ou malades ou pauvres n’ont qu’à raser les murs ! Ils font tache ! Ils dérangent la grande foire annuelle où l’amour s’achète à coups de cadeaux, où le bonheur est obligatoire comme le champagne, le foie gras et les nausées du réveillon trop gras et arrosé…

Où est la magie de Noël dans cette caricature aux gros sous ?

Où est le sourire gratuit, le partage et l’accueil de l’autre, surtout s’il est petit ou seul ? Il y a manifestement un problème. Notre monde raisonne faux.

Que doivent penser le reste de l’humanité qui n’a droit à rien, de nous voir faire ces folies et gâcher tant d’argent dans des choses inutiles, eux qui n’ont même pas l’essentiel? Avons-nous oublié l’essentiel ?

Chauds, chauds, les marrons…

Profitons en tant que nous le pouvons encore…

Mais il pourrait y avoir un autre chemin, plus généreux et certainement plus utile pour notre avenir. Ce que l’on donne en hivers porte toujours du fruit… au printemps…

Dostoïevski

« L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux… Ce n’est que cela !!! » Les Possédés.

La dépression (je ne parle pas de la dépression pathologique, mais de celle de nos vies quotidienne de petits névrosés communs…, la petite dépression qui se traîne au long cours et qui empoisonne l’air de rien, notre univers), c’est ne vouloir (ou ne pouvoir) voir que le négatif d’une vie. Ou plutôt de pratiquer une subtile dichotomie: On ne voit que le négatif de notre vie, et que le positif de la vie des autres. Le résultat est bien évidemment particulièrement désolant…

Ce qui est étonnant, c’est de voir à quel point on s’accroche désespéremment à cette vision de la réalité. Comme si on avait peur de ne plus être malheureux…

Des côtés négatifs, tristes, des manques, il y en a toujours dans la vie. Ces moments de baisse d’énergie, des vides, ces tristesses, font partie intégrante de toute existence normale. Ca va, ça vient… et ce sera passé demain ou après demain… puisque tout change tant qu’on est vivant.

Mais justement, as t-on envie d’être vivant ? Se l’autorise t’on ? Nous a t’on autorisé à l’être ?

En d’autre termes, nous a t’on autorisés à vivre la tristesse comme la joie ? A égalité pour l’un et l’autre? Nous avons parfois l’impression que nous devons être heureux, parfaits, toujours au top, au risque de décevoir nos géniteurs (surtout nos génitrices) au narcissisme fragile… Etre simplement nous-mêmes, avec des hauts et des bas, sans être des gagnants « obligatoires » remetraient trop violemment en cause la réussite de leur mission parentale, et par là même eux mêmes.

Faire comme si on pouvait être heureux tout le temps, tout de suite et sur commande, parce qu’il est « normal » de l’être, est la porte ouverte à la dépression (parce qu’on voit bien que cet idéal est inaccessible, enfin, il faut bien avouer qu’en fait, on s’est bien débrouillé pour le considérer comme inaccessible). Ou bien, on masque le problème par un faux self et on se construit un personnage qui obéit aux normes imposées, fait semblant d’être heureux et vit une vie « parfaite » vide de sens à notre place, pendant que meurt le vrai soi.

Bref, la dépression… quelles qu’en soient les causes, comment ça marche parfois ?

Comment peut-on, au long d’une vie se laisser couler dans un flot morne et gris de tristesse, sans espoir d’aborder quelque part? Comment peut on s’y enfermer un jour, et ne plus vouloir en sortir ?

Non, je ne sais pas.

(sinon, ma fortune serait faite !!!!)

Mais je sais qu’il y a des attitudes qui « aident » à s’y complaire. Dont celle dont je parle dans le début de cet article: ne voir que le négatif et refuser de faire autrement sur la foi de certitudes que l’on renforce soi même.

Si l’on est seule, on regrette de ne pas avoir de partenaire, si l’on est en couple, on regrette que le partenaire ne soit pas à la hauteur, si on a du travail, il est stressant, si l’on n’en a pas, on est nul. Et à mesure que l’on envie ce que l’a pas, on le pare de toutes les vertus et on ne voit pas ce que l’on a. On devient jaloux de ceux qui ont ce que nous désirons sans voir qu’on s’illusionne bien souvent sur ce « trésor » et qu’en plus on ne voit pas qu’ils n’ont pas ce que nous, on a.

Parce que, ce que l’on a, n’a pas d’importance. On refuse de le voir, on le néglige, on le minimise, on l’oublie. On préfère se focaliser sur nos manques et nos douleurs jusqu’à l’obscession et on passe à côté d’une vie qui, sans être parfaite, est plus que supportable.

En même temps on imagine que tout sera réglé, qu’il n’y aura plus d’ombres dans notre vie lorsqu’un jour on obtendra l’objet de nos désirs. Enfin, on aura comblé notre manque.

Cet homme (cette femme) qui nous aimera sera parfait, nous comprendra et nous permettra de nous épanouir pleinement, ce travail que l’on obtiendra nous rendra à nous mêmes et nous redonnera toute notre dignité…

C’est un leurre…

Et la porte ouverte à toutes les desillusions. Désillusions qui vont ensuite nous renforcer dans notre conviction stupide que nous n’avons pas le droit, ou la chance, de pouvoir être heureux… D’ailleurs, il est étrange de constater que nous agissons souvent comme si c’était précisément là notre souhait. Pour plus de sécurié sans doute, pour donner raison à nos croyances, on fait tout pour le rendre inaccessible, ce bonheur…

On le met sur un pied d’estal, on le rend global et idéal, on le grime en potion magique. Et on se désinvestit de notre responsabilité dans son élaboration. Il faut qu’il nous soit donné, en bloc, parfait, comme un cadeau du père Noël.

Alors qu’il est là, à portée de main sous nos yeux aveugles, qui attend patiemment qu’on veuille bien le construire peu à peu, l’accepter tel qu’il est: imparfait, lacunaire, fragile, en pointillé… mais tenace.

Comme nous…

Nous refusons obstinément de voir le problème autrement, nous nous obstinons à rester crispés comme si c’était l’unique voie de notre salut. Et comme cela ne marche pas. Forcément. On se renforce dans l’idée que nous ne l’aurons jamais, ce bonheur…

 Et à force de se mordre la queue, on se dévore tout entier.

Dimanche après midi

Le parc était parsemé d’éclats de soleil d’hiver. Un soleil doré, qui faisait vibrer l’air et donnait de la hauteur aux arbres et à mes pensées. Le ciel bleu pâle essayait de sourire aux rares promeneurs emmitouflés dans leurs manteaux, écharpes et gants… Quelques chiens, curieux, flairaient des pistes étranges et fascinantes entre deux brins d’herbe verte imprégnées d’humidité grasse. Je me sentais libre et entière…
J’ai marché dans ces rayons jaune d’or. J’ai dansé le long des allées, j’ai observé la carpe paresseuse dans le petit lac coréen au bout du parc, j’ai caressé les hautes herbes dessechées qui attendent le printemps dans une immobilité sereine, j’ai chanté face à l’espace, la musique dans mes oreilles, j’ai enlacé les arbres, j’ai planté mes pieds dans la boue lourde de ma terre, j’ai entendu les oiseaux se dire bonsoir. Et puis, je suis rentrée chez moi boire un chocolat et grignoter une brioche, avant de jouer un peu à la guitare. Boum boum boum… le rythme de la vie et de mon coeur…

Sciences… indéboulonnables déesses…

« Je suis fermement convaincu que le mode de pensée « scientifique » de cause à effet, qui fonctionne très bien dans le monde inorganique et que nous nous sommes mis à utiliser avec plus ou moins de bonheur pour résoudre les problèmes humains, est aujourd’hui mort en tant que philosophie générale de la science. Il ne devrait plus être appliqué dans la mesureoù il ne fait que nous entraîner cvers une pensée ad hoc, c’est à dire une pensée où une cause engendre un seul effet et où un facteur produit un facteur, ce qui blmoque notre sensibilité aux changements systémiques et organiques… où un seul stimulus est conçu pour modifier l’organisme tout entier, lequel adopte un nouveau comportement dans tous les compartiments de la vie. » Abraham Maslow.

Le règne de LA SCIENCE, critère universel de Vérité et de Savoir est malheureusement encore bien solide. Même lorsqu’il est évident qu’elle, et ses techniques, n’apportent que des réponses partielles, voire pas de réponses du tout aux questions les plus essentielles de l’humanité.

La marque de l’homme connaissant, est son humilité. Ainsi, il peut rester ouvert à ce qui est plus grand, plus complexe et plus subtil que lui et en tenir compte pour prendre ses décision ou pour peindre une image du monde. Ce n’est pas ce qui se passe. La science et les scientifiques ont la grosse tête et se prennent pour des dieux.

Et nous fonçons vers le mur avec allégresse…

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