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Créer des liens…

Ce matin, lecture.

« … évitants: des gens qui, souvent ont été ignorés par leur entourage, accaparé par quelque chose d’autre qu’ils ont eu l’impression d’être plus important qu’eux. Ils ont acquis l’impression d’être invisibles ou insignifiants, et cette douleur les conduit à se montrer colériques et distants. mais sous cette colère, il y a souvent une grande peur. Ils grandissent vite, parce qu’ils ne veulent pas courir le risque de dépendre de quelqu’un qui les rejetteraient. Souvent solitaires, ils refoulent leurs besoins, qui les rendent vulnérables. Ils ont une sorte de complexe de supériorité, fuient l’engagement et ne montrent pas leur tristesse. S’ils entament une relation amoureuse, ils choisissent des gens qui manquent de confiance en eux… »

Ca m’a sauté à la gueule.

Ben oui, c’est ça. Je suis la personne sans confiance en elle qui attire les évitants et les anxieux, tous ces mecs qui ne s’aiment pas et donc n’osent pas être eux mêmes. Ils se réfugient derrière leur souffrance pour refuser de vivre, pour éviter d’être. Soit en disparaissant derrière les besoins des autres qu’ils portent au pinacle (jusqu’au moment où cet idéal aimé se rebelle et tombe lourdement de son piédestale), ça, c’est les anxieux. Soit en se rendant inconsistant, imprevisible et insaisissable (jusqu’au jour où l’autre se lasse de leur courir après, justifiant à postériori leur refus de s’engager, « je le savais… »).

Aucun des deux ne peut construire un lien.

Ni moi non plus, pour être honnête, qui trainait depuis mon enfance un profil anxieux-évitant, au service des autres dans un oubli total de moi, en choisissant des mecs impossibles pour avoir une bonne excuse à l’échec et à ma propre victimisation.

Je comprends mieux. Tous les hommes de ma vie amoureuse ont ce profil et n’ont noué des relations amoureuses avec moi que parce qu’ils sentaient bien que ma fragilité n’allait pas remettre en cause leurs croyances et leurs souffrances. Devenues leur propre identité, cette souffrance les imunisaient contre un rapport à l’intimité, à la vérité de leur être dont ils avaient peur et qui pourtant est la condition essentielle d’une relation.

Etre en relation, pour un humain adulte, c’est oser se mettre à nu devant l’autre, faire confiance à l’autre pour nous accepter sans conditions, avec nos fragilités, nos peurs autant que nos talents et nos merveilles. C’est ne pas avoir peur d’être soi, ne pas avoir peur de l’autre. Baisser les barrière, donner accès à un autre à notre intimité la plus secrète, celle de notre âme autant que celle de notre corps.

C’est pourquoi l’amour, qui est la plus puissante des relations exige la liberté (cette mise à nu et ce renoncement aux barrières ne peut pas s’imposer, c’est nous, seuls, qui pouvons la décider, la vouloir, l’accepter), la confiance (comment laisser l’autre voir tout notre être sinon), et l’acceptation bienveillante de soi.

Si on se trouve nul, moche et sans intérêt, on a trop peur de le montrer. On se protège, on se renferme et on joue la comédie.

J’ai joué la comédie avec les hommes qui faisaient de même.

C’est ainsi.

Tant pis.

Mais désormais, il me faut faire un grand ménage et reprendre tout à zéro.

En commençant par une acceptation plus douce de moi, et en m’autorisant à être,

en m’obligeant à être.

Parce que je crève de trouille.

 

Deuil de lumière, La belle au bois dormant, c’est fini

Pfffffffff…..

Et la bulle se dégonfle. La bulle d’illusion explose face à la lame acérée de la réalité . Bang ! Pffffff……

Parfois c’est comme une explosion qui me saisit en pleine face et j’en suis comme assommée, parfois c’est plus insidieux. Cela s’immisce dans les interstices de ma vie, l’air de rien, par petites touches grises et cela contamine tout comme une mauvaise peste.

Ce n’est pourtant pas si terrible de regarder la vérité en face. D’accepter la réalité, telle qu’elle est. Ben si.

D’ouvrir tout grand les yeux et de sortir d’un monde d’illusions et de rêves qui me font passer à côté de ma vie.

Ma vie est pleine de possibles, joyeux ou douloureux, mais des possibles vrais. Des possibles qui font vibrer, qui font rire, pleurer, ressentir, qui font que l’on est vivant, vraiment. Alors que mes illusions me faisaient vivre dans un univers fictif de grands et beaux sentiments, de fantasmes et de mensonges qui me détachaient de cette unique vie que j’ai à vivre.

Vivre comme si…, n’est pas vivre; c’est marcher à côté. C’est accumuler un vide d’expériences et de liens qui, à force, nous transforment en sac vide et angoissé. C’est imaginer des relations qui n’existent pas, c’est vivre des sentiments qui n’existent pas , c’est s’enthousiasmer pour des projets qui n’existeront pas. C’est renoncer à exister soi-même, dans la singularité de notre apport au monde, pour endosser des costumes normalisés qui ne nous vont pas.

Ce rêve, pourtant, je ne le renie pas. Il m’a protégée dans une période de ma vie où je n’étais pas capable d’affronter la réalité toute nue, cruelle.

Détruite par mon enfance, par mon mariage, chargée de la responsabilité de 5 enfants, sans travail, sans soutien, j’étais une proie facile pour les beaux parleurs et les hommes sans scrupules. Et ils ne se sont pas gênés! Mais mes illusions ont transformé ces expériences lamentables en belles histoires d’amour et j’ai pu les traverser sans trop de dommages.

Comment j’ai pu croire une seconde qu’un homme aurait voulu partager ma vie avec mes 5 enfants et toutes mes emmerdes ? Comment j’ai pu imaginer qu’un homme allait m’aimer tellement qu’il allait prendre le risque de vivre avec moi ? Il y a toujours une part de calcul dans la formation des couples et j’étais un vrai repoussoir! Un joli repoussoir cependant qu’on pouvait maintenir dans l’illusion et mettre dans son lit pour quelques promesses. Et j’y ai cru. Dur comme fer. Comme dans les films. Une adorable idiote.

Bien sûr j’ai pleuré à chaque trahison, mais derrière, après quelques jours, l’espoir renaissait, et je repartais au combat, munie d’une nouvelle foi naïve, mes illusions en cuirasse. Celui là était un con, mais il s’en mordrait les doigts quand il réalisera ce qu’il a perdu en me voyant heureuse avec le suivant , celui qui allait m’aimer… en happy end.

et rebelotte.

Cela a duré 13 ans, à peu près.

Dont 10 ans de fidélité à un amour puissant et ténébreux qui allait, bientôt, bientôt, me revenir quand il allait réaliser à quel point il m’aimait sans le savoir… En écrivant cela je suis à la fois effarée de ma bêtise et de ma candeur toute fraîche. Cette bêtise crasse est attendrissante et si jolie. Bien sûr qu’il ne m’aimait pas, bien sûr qu’il revenait vers moi, de temps en temps, dès que ses affaires de femmes le laissaient sur le carreau, comme un marin à sa pute attitrée dans un port, bien sûr qu’il me gardait soigneusement à la marge de sa vie, disponible, plaisante et insignifiante, mais moi je l’ai aimé de toute mon âme, tel qu’il était. J’ai tout accepté pour voir son sourire et sentir ses yeux caresser mon corps, et ça, je ne le regrette pas.

Mais désormais, il s’agit de me réveiller.

La belle au bois dormant, c’est fini.

Ce deuil est donc la porte vers ma liberté. Ma vie. Celle à nulle autre pareille et surtout, celle qui n’a rien à voir avec un script ou un scénario.

Une vie que je vais vivre pour moi, et pour personne d’autre.

En attendant, je traverse un hivers de dépouillement, d’arrachement de toutes mes illusions, une à une, qui déchirent une partie de ma peau à chaque fois. souffrance… Et honte. J’ai honte de m’être montrée si bête, d’avoir tant donné à ceux qui ne le méritaient pas. J’ai mal de tout ce temps que je trouve gâché, de ces heures perdues, de ces souffrances inutiles…

Mais est ce que cela a été si inutile que cela ?

Aujourd’hui, je suis une écorchée vive que le moindre souffle abat. Je pleure 13 ans de ma vie. Je perds ce qui me faisait vivre (cette certitude, en acier trempé, d’être aimée, malgré tout), je perds mes repères même s’ils étaient artificiels. Je vacille, je me sens fragile, vide, quasi morte.

Même si je sais que cette mort n’est que celle du mensonge, je la ressens comme glaciale au fond de moi.

Et j’ai peur.

Pourtant je sais une chose:

J’entre dans un âge lumineux, un âge où je serai libre de vivre ce qui me convient, un âge où je peux être moi sans me soucier le moins du monde du regard des autres. Un âge de plénitude existentiel. Un âge dont je ne sais encore rien mais qui me sera offert.

J’ai peur, j’ai mal, mais il faut que je tienne la barre et que j’avance, les yeux ouverts, acceptant ce qui est, soucieuse de construire quelque chose de bien avec ce qui est.

 

spleen

Si j’étais un de mes clients, je lui dirais qu’il est en dépression et qu’il a vraiment besoin de prendre le temps du deuil et d’apprendre la patience.

Vide d’énergie, pleine de tristesse, je n’ai qu’une envie, qu’on me foute la paix.

J’en ai marre de lutter, de faire confiance, de chercher à trouver des arrangements et des explications pour me faire accepter par les autres, de renoncer à ce que je suis, à ce que je pense, au respect de moi-même parce qu’en face, qui je suis, ce que je pense, et ma dignité n’intéresse personne.

Trop différente. Si différente. A mille lieu des critères communs qui permettent aux gens de s’entendre.

Toute seule. Si seule. Parce que les gens veulent qu’on soit comme eux pour nous ouvrir leur vie, leur coeur, tisser des liens. Et je ne suis pas comme eux.

J’ai cru, j’ai voulu croire que j’avais trouvé quelques êtres qui m’acceptaient telle que je suis, qui sauraient m’écouter sans me juger ni m’expliquer comment vivre, qui sauraient être de mon côté simplement pare que je comptais à leurs yeux. J’ai cru que lui, me comprenait. Et qu’il me ressemblait. J’y ai tellement cru que je me suis fermée à l’évidence. J’ai accroché mes mains, mon esprit, mon âme, ma vie, à mes illusions. Et je m’y suis cramponnée comme à une bouée de survie, sourde et aveugle à la réalité autour, crispée sur mes rêves, dans ma bulle.

J’avais tellement besoin de me sentir aimée, aimable, un peu comme tout le monde, avec des amis, des amours, normale.

La bulle a éclaté. Elle a projeté dans tous les sens ses éclats de verre miroitants, me laissant face à la vérité, perdue, éperdue, chancelante, sans repères.

Les parures dont j’avais revêtus ceux auxquels je croyais ont disparu et ils sont apparus, nus, tel l’empereur des beaux habits, vrais, simples, et indifférents.

Deuil, renoncement, acceptation.

Il est maintenant temps de faire le ménage et d’arracher de moi ces douces illusions qui me faisaient vivre et sourire, mais me laissent un arrière goût de mensonge et de temps gâché.

Temps gâché à me consacrer à ceux là qui ne me le demandaient pas, à construire ma vie en fonction d’hypothétiques bonheurs, à attendre en vain une main tendue, un désir, un amour.

Temps gâché à imaginer des scénarios qui expliquaient l’absence et le silence, et n’étaient que mensonges.

Temps gâché à prendre en compte la vie des autres pour construire la mienne au lieu de m’occuper, justement, de la mienne.

M’autoriser à pleurer sur ma bêtise et ma naïveté, sur mes illusions stupides et mon acharnement coupable, sur ma fragilité et ma connerie.

Faire un état des lieux et lâcher.Lâcher tout. Mes rêves et mes fausses certitudes, ma fierté et l’image que je peux donner… je m’en fous.

Renoncer à être comme les autres, ceux qu’on comprend et que l’on aime.

Accepter d’être moi. Minablement moi. Sans lendemain qui chantent, seule. Et sereine. Sans ce jeu social dans lequel je suis clairement inadaptée et qui me détruit.

Me construire une vie douce et simple, loin des hommes, loin de ce théâtre des vanités, prendre soin de moi et m’entourer de nature et de livres. Retrouver les plaisirs de la beauté et de l’intelligence. Egrener les jours sans plus rien espérer que la tendresse des heures qui passent, la lueur rose d’un matin sur les nuages, le parfum du Lilas au printemps et le plaisir d’un café mousseux dans une jolie tasse…

Respirer, vivre, écouter, danser… et qu’importe les autres…

Ce n’est peut être pas si terrible, après tout.

le temps c’est de l’argent

Dimanche 26 janvier (à retrouver sur Luxe…)

71 kgs

Suite de ma décision de remplacer le bien être matériel par du temps et de la vie.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bougrement compliqué par les temps actuels de sortir du système. D’abord, on s’est habitué et ralentir induit une sorte de sourde peur et culpabilité qui vous fait l’impression de devenir dépressif. C’est désagréable.

Du coup, j’ai compensé avec des douceurs (moi qui n’aime même pas le sucré !) et j’ai pris 3kgs.

Résultat, un moral encore plus dans les chaussettes.

Pour le reste, je n’ai pas arrêter de courrir, de me créer des obligations, de remplir le vide supposé et ma vie pour ne pas sentir l’angoisse. Je n’ai aps réussi à tenir mes engagements de faire régulièrement mes comptes et j’ai claqué des sous pour mes enfants… Vous savez, quand on fait des cartes bleues en oubliant volontairement de noter les montants? Impossible de résister à mes loulous.

Je me donnerai des baffes !

Par contre, je résiste assez bien aux soldes.

Je me prends un livre, un thé aux doux parfums, un fruit ou une brioche (oui, bon, je sais…) et j’oublie que tout près, dans les rues autour de moi, il ya des tentations perverses qui cherchent à me séduire avec des 50 à 70 % alléchants… enfin, j’essaie. Pour l’instant, ça va.

C’est une technique éprouvée chez moi. La fuite par la littérature, le voyage autour de ma chambre, la vie rêvée d’une autre moi même, libre du temps et des emmerdes. Cela ne fait pas avancer les choses mais, pour l’instant, c’est efficace.

Il y a la version baignoire. Avec mousse ou sans mousse, savon parfumé, eau chaude et livre. Eviter de faire tomber le livre dans l’eau et prévoir une serviette à proximité pour se écher les doigts avant de tourner les pages.

Bref, c’est une vraie aventure que de récupérer la vie telle qu’on désires la vivre et je ne suis pas au bout de mes peines…

Je crois que je vais devoir renoncer à mon fantasme de femme forte et admettre que, cette année, je vais devoir accepter d’être un truc molasson qui glandouille et ne fout rien… Une looser aux yeux du monde. Assumer ce regard très déplaisant du monde et m’en foutre.

C’est pas gagné même si je pare ma démarche de « sobriété heureuse », de « lâcher prise », de « méditation » et de « slow life », le fait est que je prends radicalement à rebours tout ce que le société attend de moi et que c’est pas facile d’assumer cette réalité là.

Bisous à tous

Un nouveau monde? une nouvelle société? Il faut transgresser

Transgression…

Ah ! je vous vois penser… vous êtes en train de penser la transgression à la mode libération sexuelle et/ou morale. Dans la lignée de 1968, il est devenu tendance de renoncer à toute règle, à tout repère, à tout cadre qui pourrait limiter la victoire totale de l’individu sur le collectif.

L’individu a le droit de tout faire, de tout oser, de tout transgresser pour mener son propre épanouissement personnel. Il doit le faire. Sinon, c’est un coincé, un étriqué, un passéiste. Tant pis si cela implique de renoncer à l’autre. L’autre est de toute façon un concurrent, un empêcheur de réalisation de soi, un poseur de limites. Pouah caca !

Et on peut en dire autant de ces structures collectives que l’on appelle société, famille, équipe, collectif de travail, nation, humanité. De même l’héritage de ceux qui nous ont précédés, les sagesses traditionnelles, les philosophes qui nous ont donné leur compréhension de leur réel, la morale, la pensée religieuse… Elles mettaient en place un vivre ensemble dans un cadre reconnu de tous, et limitent, oui, d’une certaine manière, la liberté individuelle, mais en échange, permettent une reconnaissance, une sécurité, une solidarité et des liens d’amour qui nous permettent de ne pas être seuls, rejeté, abandonné, en errance, et fou. Bien sûr, ces structures vivent et comme tout vivant, vieillissent. Comme tout vivant, elles sont imparfaites, maladroites, parfois étroites et castratrices. Mais, s’il est utile de les remettre en permanence sur le chantier, il me parait dangereux de les détruire.

Aujourd’hui, il y a une injonction à tout transgresser, détruire tous les cadres, toutes les règles, tout se permettre sans limites, jusqu’au non sens, sauf la pensée.

On doit créer sa propre vie, à partir de soi et uniquement de soi, sans les autres, sans héritage, sans transmission, dans un unique but: diviniser une image de soi imposée par la société, faire de soi-même un absolu, l’alpha et l’oméga de tout mais dans un cadre normalisé, marketé, rentabilisable. Le « Je » devient roi et nous enferme dans un délire narcissique infantile qui veut tout, tout de suite, éternellement, dans la logique bien huilée de la société de l’Avoir. Il faut tout le temps avoir envie de quelque chose pour se sentir vivant, pour correspondre à l’image qui nous est assénée de la personne belle, heureuse, et admirée parce qu’elle a une voiture (ou une montre, ou un parfum, ou une lessive, ou une application, ou un téléphone, … vous complèterez…) L’objectif de l’être humain de la société de consommation est d’Avoir, d’Avoir l’autre, d’Avoir l’air, d’Avoir tout compris… et d’avoir payé pour ça. Donc de se débrouiller le mieux possible pour Avoir de l’Argent, par le travail ou la bidouille… L’Argent est le maître qui donne accès au bonheur.

Et à mesure que la transgression devient la règle en ce qui concerne les relations humaines et la morale, ce qui se manifeste à travers le sexe, qui est le domaine le plus intime et donc le plus fragile de notre humanité, la pensée, elle est de plus en plus enfermée.

La pensée se voit enfermée, limitée, technicisée, étriquée, étouffée dans les règles et des dénis, tuée.

Et c’est grave en sciences sociales, car c’est elle qui élabore les propositions du vivre ensemble d’une société. C’est elle qui doit donner du sens, c’est à partir d’elle que chacun et tous, nous construisons notre monde.

Où sont les intellectuels qui nous donnent à voir autre chose que ce qui s’est pensé avant eux, sans pédantisme, sans rabâchage, parfois revanchard, souvent abscons, de vieilles querelles ? Des intellectuels qui transgressent la pensée de leurs prédécesseurs pour adapter leur analyse au réel ?

Où sont les chercheurs qui cherchent à comprendre le monde tel qu’il est et non pas tel qu’ils ont appris à le voir ?

Où sont les femmes et les hommes qui cherchent à comprendre ce qui se passe et posent des hypothèses réellement novatrices car ils se sont oubliés en tant que « références en vue » pour se mettre humblement à l’écoute ?

Où sont les universitaires qui transgressent les règles pour rendre à la pensée sa liberté, sa folie, sa force et son intelligence, au delà du cadre scientiste et technique qui l’étouffe et la castre ?

Où sont les livres qui donnent de l’espoir parce qu’ils permettent de penser le réel, la vie, et engagent un dialogue intelligent avec la société ?

Moi je ne vois que vieilles recettes, idéologies racornies, manque d’imagination, cadre étroit et confus (sous prétexte de complexité), compétition idiote et rancœur nauséabonde. je vois de pauvres et tristes enfants qui ont peur et qui essaient d’impressionner les autres… Je ne vois qu’experts infatués d’eux mêmes qui pontifient sur les médias pour montrer à quel point ils sont intelligents et qui ne brassent que du vent ou des vieilles rengaines obsolètes.

Ah oui, on transgresse ! On a le droit de faire tout ce que l’on veut de notre corps. L’abîmer, le tatouer, l’exposer, le torturer, le vendre, le mépriser, le transformer. On a le droit de faire tout ce qu’on veut des autres dès qu’on en a les moyens et le pouvoir. Les épuiser, les violer, les licencier, les éborgner, les handicaper, les humilier, les voler, les asservir , les maltraiter (« ils n’ont qu’à se défendre, traverser la rue, avoir économisé pour leur retraire, prendre un emprunt pour leurs études, ce sont des loosers… »). Mais on n’a pas le droit de penser autrement que ce qu’on nous dit de penser. On n’a pas le droit de penser le Bien, ensemble, de penser un Bien commun possible en dehors du cadre productif !

La pensée officielle en sciences sociales est devenue esclave d’une double pensée unique, qui se bagarrent comme des gamins de cour d’école primaire, sous l’œil amusé de ceux qui sont en train de prendre le pouvoir totalitaire sur nos vies, grâce au contrôle et la désagrégation de la culture, de l’histoire, de la philosophie, des transmissions des savoirs faire qui nous donnaient les moyens de maîtriser le monde par nous mêmes, des savoirs-être ensemble qui nous permettent un juste équilibre entre notre liberté individuelle et la liberté des autres à travers des règles de respect et d’égalité de droits communs.

Il faut produire pour consommer. Et consommer pour pouvoir écouler la production.

Tout le temps

Toujours

Sans limites

Le travail, c’est une technique pour produire, toujours plus et toujours plus vite. En échange d’un salaire pour pouvoir consommer toujours plus et toujours plus vite.

Toutes les activités humaines, même les plus simples et les plus intimes doivent être utilisées pour créer de l’argent. Méditer, se reposer, dormir, aimer, lire, marcher, regarder, manger, toucher, être avec l’autre, donner, écouter, entendre sont des marchés à rentabiliser, à faire rentrer dans le cadre productif.

On crée des produit pour cela. Des formations, des coachs, des applications, des start-ups, des sites, des lieux, des méthodes, des spécialistes… payants. Et qui vont nous imposer de vivre selon un cadre bien précis. « Bien » marcher, « bien » méditer, « bien » manger, « bien » travailler… Être là où c’est rentable, rassemblé comme un troupeau à tondre, connectés, tracés, fichés.

Dans ce monde qui érige la liberté comme un absolu, notre liberté de vivre à notre guise (bien ou pas bien) en fonction de notre humeur et de notre envie, notre liberté à déterminer nous-mêmes ce qui nous fait du bien, choisir qui nous fait du bien, et où et comment on a envie de vivre, et de ne pas faire comme tout le monde, mais d’obéir à notre petite folie particulière, est condamnée.

Avoir le choix

Voir le travail comme une œuvre

Penser le loisir comme le plaisir de ne rien faire

Renoncer à la laisse des nouvelles technologies

Laisser notre corps être ce qu’il est avec plaisir

Préférer le lien à l’épanouissement uniquement personnel

Imaginer un monde dans lequel la production est au service du Bien commun et se trouve limitée par notre intelligence

Imaginer un monde où l’Avoir est raisonné,

et, à la place de l’Avoir, choisir le lien à l’autre, les moments d’échange et de partage, le temps avec l’être aimé

Imaginer un monde que tout le monde construit, à l’intérieur de règles communes, pour que personne ne reste sur la route.

Respecter la merveilleuse capacité des humains à prendre soin des autres et renoncer à la compétition et à la compétitivité qui détruit

Ce qui veut dire:

Imaginer un monde qui n’a jamais existé dans l’histoire (dans la préhistoire, c’est autre chose)

C’est renoncer aux vieilles manières de penser, adaptées (plus ou moins) au monde du passé, c’est à dire renoncer au Capitalisme néo libéral

Mais aussi au Marxisme

Et inventer les règles qui vont prendre dans le capitalisme et dans le marxisme et aussi dans notre pensée créatrice pour créer une structure fiable, pragmatique et intelligente adapté à notre temps.

Peindre, raconter, créer ce nouveau monde

Pour que les gens puissent avoir le plaisir de le construire ensemble

Et de le penser.

C’est le rôle de penseur. Initier un récit.

Je n’en voit pas…. dans les « officiels » du moins

Réalité, quand tu me tiens…

Tout d’abord, il faut partir de la réalité.

Et savoir que cette réalité est forcément subjective. Tous les penseurs politiques sont partis de la partie de la réalité qu’ils ont perçue, comprise, qui était à leur disposition. Pas de la réalité pure. La vérité est bien trop complexe pour être embrassée par la pensée humaine. Il faut toujours avoir à l’esprit que ce que l’on détermine comme la vérité, n’est que notre vérité. Cela ne remet pas en cause l’existence d’une vérité intangible, mais nous permet de ne pas prendre des vessies pour des lanternes et globaliser, universaliser et dogmatiser ce qui n’est une facette de la réalité. Pour finir par la déformer tellement qu’elle devient fausse. (au passage, aujourd’hui, la façon de remplacer la réalité par la mesure de la réalité, le pourquoi par le combien, en se prétendant scientifique est la manière la plus courante de déformer ou même de nier la réalité, une tendance très en vogue dans les universités et les cercles autorisés…)

Donc, partir de la réalité pour imaginer un avenir politique à notre monde.

Quelle est-elle, cette réalité ?

Pour beaucoup, la société est divisée en bons et en méchants. Façon facile d’organiser le monde à la Walt Disney, qui rassure et permet de désigner simplement l’adversaire. Sachant que celui qui énonce l’analyse est forcément du côté des bons.

A droite, on a une vision très individualiste de la société, issue de l’idéologie néo libérale. les bons sont les capitalistes, les riches, l’élite qui profite de la liberté de notre société libérale, bénéficiant des bonnes écoles, des bons soins, des bons logements et de tout ce qui permet à l’individu de s’épanouir et d’entreprendre. Ces gens là ont des valeurs, le goût du risque, de l’investissement, de la beauté, de l’innovation et de l’équilibre… grâce à leur héritage financier qui leur permet de faire ce qu’ils désirent sans trop de soucis. (Le self made man parti de rien est un leurre, construit pour faire croire que c’est leur valeur personnelle qui les a placés dans leur position dominante. L’idée c’est de faire croire à l’égalité des chances et la méritocratie alors qu’elle est totalement faussée par le système. A bien y regarder, les hommes partis de rien (qui ont pu exister il y a 50 ou 100 ans) sont aujourd’hui, la plupart du temps, des magouilleurs, des manipulateurs et des escrocs.)

Et donc, les méchants sont les pauvres. Syndicalistes, salariés, émigrés, locataires, pauvres, en un mot, qui vivent d’expédients et d’aides sociales. Paresseux, fourbes, stupides et craintifs. Ces idiots n’ont pas le goût du risque pour créer une entreprise qui vend du vent et faire de l’optimisation fiscale !!! Ils ne sont pas cultivés, ne comprennent rien et ne savent qu’exécuter des tâches normalisées décidées par l’élite qui, elle, est allée dans des écoles prestigieuses (et très chères) et donc a La Vérité.

A gauche, on a pris le parti inverse. Les bons sont les pauvres. Ils sont travailleurs, intelligents, solidaires, ont le sens du collectif, et honnêtes. Ils sont salariés et leur travail est exploité par des capitalistes qui ne foutent rien. Le travail est un esclavage, pénible et qui n’a pas de sens. Ils sont obligés de faire ce qu’ils ne veulent pas faire, pour pouvoir survivre. Ils n’ont rien. Ils sont fraternels, bienveillants les uns envers les autres et ont une bible (Marx et Engels) qui leur explique le monde, leur asservissement et leur libération prochaine grâce à la violence de la Révolution prolétarienne et en attendant grâce aux moyens de pressions du travail sur le capital par le biais de la Grêêêve !

Les méchants sont les riches, infatués d’eux mêmes, égoïstes, stupides, paresseux et violents. Etre patron est un crime capital, être riche également. Tout ce qui rappelle l’appartenance à cette catégorie sociale (l’argent et le pouvoir) est voué aux gémonies. Gagner de l’argent est un mal, travailler avec plaisir est un privilège que les riches se gardent pour eux… quand ils travaillent (d’ailleurs travaillent ils vraiment? ils utilisent des pauvres pour travailler à leur place ), dépenser de l’argent pour créer de la beauté est suspect (alors qu’il y a tant de pauvres à qui on a volé le fruit de leur travail), être indépendant est étrange. Cela englobe évidemment les dirigeants, les patrons et leurs familles, tous ceux qui gravitent autour ou ne rentrent pas dans le schéma du travail spolié.

Entre ces deux clans (que l’on soit de gauche ou de droite) la seule solution, c’est la guerre. Etre le plus fort, obliger l’autre à se soumettre et imposer sa domination.

N’en déplaise à la gauche, ces 40 dernières années, plus exactement depuis les années 1970, la droite a remporté la victoire. (Cf Chamayou)

Les travailleurs sont individualisés, évalués, et isolés (grâce aux nouvelles technologies) pour leur faire perdre leur force du collectif.

les entreprises sont financiarisées et mondialisées pour faire perdre aux travailleurs leur pouvoir de blocage sur la production.

Le marketing et la publicité, les réseaux sociaux et internet se conjuguent pour créer une culture de la consommation à outrance et créer des imaginaires obligatoires qui empêchent toute autre alternative sociale. ils créent une frustration permanente qui permet de soumettre les gens en ne donnant comme solution à l’angoisse que l’achat. Achat de choses, mais aussi, d’images, de bonheur, de temps, d’amour, de relations, de valeurs… Tout problème a sa solution dans l’achat. Tout besoin est rempli par un marché commercial. L’avenir également. La technologie est le hochet que l’on agite sans cesse sous le nez des gens pour leur faire croire que cela résoudra tous leurs problèmes. technologie que l’on va vendre… (aux plus méritants)

Inégalité, pauvreté , misère ? achetez du rêve et des OGM

Changement climatique ? achetez des solutions high tech pour y répondre et garder votre qualité de vie.

Catastrophes diverses et variées ? un marché s’ouvre !

Bref

Je pense que la réalité est un peu plus complexe.

L’individualisation forcenée mise en place par ceux qui ont pris le pouvoir dans les années 80, a cassé les collectifs qui structuraient la société en classes. (sauf la leur). Les gens sont aujourd’hui face à une société atomisée, où chacun essaie de s’en sortir par ses propres moyens. Pour répondre à ce rêve consumériste, les gens se sont endettés et sont prisonniers du capital dû. Les salariés n’ont plus de moyens d’action réel sur les entreprises. Et surtout, cette logique de conflit est destructrice et ne mène qu’à la destruction de notre civilisation.

Mais des pousses fraiches commencent à s’élever dans ce terreau asséché…

Alors, maintenant on va où ?

En résumé de l’article précédent: Nous avons voulu jouer a l’apprenti sorcier, ou plutôt à l’apprenti Dieu, en nous rengorgeant de nos moyens techniques et en négligeant les cycles naturels et la limitation de nos ressources. La logique de la domination a engendré un capitalisme financier devenu fou, qui n’admet aucune limite ni aucune rationalité pour restreindre sa puissance. Et maintenant, on fait quoi ?

Il nous faut INVENTER.

Oui, il nous faut nous adapter. mais pas en allant chercher les vieilles recettes qui nous rassurent parce qu’on les connaît, qu’elles nous font rêver d’un monde utopique (la gauche), ou qu’elles nous favorise nous et notre clan (la droite).

Il ne s’agit plus de changer la domination d’une classe par une autre, ou de conserver la domination d’une classe par une autre.

Il faut regarder la réalité en face: la lutte des classes, commencée il y a près de 2 siècles, sur les ruines d’un système de castes issu du féodalisme (le pouvoir par le statut et la naissance), est terminée. Elle s’est conclue avec la victoire de la bourgeoisie financière (et non de la bourgeoisie d’entrepreneurs ou intellectuelle) par un KO au moment de la chute du mur de Berlin.

Les années 1980 – 90 – 2000 ont éliminé la base du marxisme: une classe ouvrière consciente d’elle même et de son rôle économique, capable d’exiger sa place dans les décisions politiques. Une classe de gens partageant les mêmes valeurs, la même culture, les mêmes rêves et les mêmes façons de vivre et de comprendre le monde, solidaire, convivial et égalitaire. Consciente de faire partie d’un collectif, d’un grand corps où chaque partie était responsable de l’autre, où ce qui arrivait à un de ses membres concernait tous les autres membres, capables de s’unir pour défendre ce un. Une classe qui se concevait avec un destin collectif, et pas l’addition de destins particulier.

La victoire des capitalistes a été d’individualiser les destins, de rompre les collectifs, de mettre concurrence, rivalité, unicité, normalisation dépersonnalisante et isolante là où, avant, il y avait solidarité, liens sociaux et capitalisation d’expérience dans un métier construit collectivement.

L’outil, ou plutôt les outils de cette victoire ont été la consommation sans limite, la consommation comme valeur suprême de la vie. Le marketing, la publicité, l’appel à une consommation de prestige et de reconnaissance sociale (sans un Iphone, tu n’existe pas) ont réalisé une offensive puissante dans la tête des gens. Une offensive rendue possible grâce à l’apparition des PC et de l’industrie du numérique dans tous les aspects de notre vie.

Le numérique a permis de normaliser le travail et à terme de se passer de main d’œuvre humaine qualifiée.

Le numérique a permis la mondialisation et donc de gérer des délocalisation facilement

Le numérique permet de nous mettre en dépendance en prenant en charge de nombreuses tâches et en nous persuadant qu’on ne pourrait pas faire sans (comment vivre sans email? sans facebook) et au final nous infantilise (Google a toutes les réponses, pourquoi réfléchir par soi même ?)

Le numérique permet à des géants monstrueux du commerce de prospérer (Amazon), aux flux financiers de s’évaporer, aux pires magouilles de se faire en toute discrétion (quelques clics et le tour est joué. Bien plus facile que de transporter des valises de billets ou de lingots)

Le numérique nous empêche de voir l’essentiel de nos vies en nous épuisant, nous bouffant notre temps (SMS, appels, réseaux sociaux, emails, etc…) et en nous faisant croire n’importe quoi à travers de faux experts (il n’y a pas de dérèglement climatique; il faut aller faire du shopping pour exister socialement; la mondialisation est obligatoire;  on ne peut pas vivre sans pétrole; trier nos déchets et acheter bio est La solution; le commerce, c’est l’économie etc…)

Le numérique se présente comme la référence ultime de l’intelligence (IA), de la science et de la vérité. Les chiffres et en particulier le 1 et le 0, ont gagné la partie contre les mots et la subtilité de la pensée humaine. Il n’y a plus d’analyse, il n’y a que des mesures. La science a perdu tout sens.

Le numérique, qui pourrait être un outil de notre bien être et de notre pensée collective a été utilisé dans un seul but: assurer tous les pouvoirs à une petite caste de commerçants et de spéculateurs avides qui mettent le monde en coupe réglée.

Il ne peut plus y avoir de  lutte des classes car il n’y a plus de classe populaire. il n’y a plus que des pauvres, des futurs pauvres, des miséreux, isolés, déclassés, luttant, s’endettant, s’épuisant à se sauver individuellement. Chacun sa merde dans un monde de la jungle version far ouest où il ne faut faire confiance à personne, même pas à son voisin d’esclavage.

Il ne peut plus y avoir de  lutte des classes car le pouvoir des travailleurs (qui est de bloquer la production) n’existe plus dans les entreprises mondialisées et financiarisées. La grève ne sert plus à rien, qu’à accélérer la délocalisation ou la fermeture d’un site. La priorité des entreprises n’est plus de produire pour faire du profit, mais de spéculer pour faire beaucoup plus de profits. Bloquer la production n’a plus d’impact.

Et de toute façon, la lutte des classes ne résoudrait rien. La domination des plus pauvres à la place de la domination des plus riches ne changera rien. C’est un leurre. A terme, on l’a vu, les plus pauvres sont représentés par des gens qui se comportent comme ceux qu’ils ont dégommés. La domination persiste. Et l’accumulation de richesses pour quelques uns, qui assoit la domination, continue.

Les gilets jaunes sont un élan de colère, un ensemble de colères individuelles. mais, hélas, rien de plus. Il n’y a aucune cohérence politique dans ce mouvement. J’ai cru, espéré que Mélanchon saurait rassembler et unir ces gens en colère et leur proposer une alternative à la destruction programmée de notre humanité, un discours politique, une analyse économique qui aurait pu les rassurer et leur donner un avenir. Je voudrais y croire encore….

L’avenir, c’est de revenir aux vraies valeurs de base: reconstruire une économie régulée par des règles souples qui permettent l’entreprise individuelle et le profit raisonnable en même temps qu’un respect du travail et des travailleurs, bien rémunérés, bien formés et reconnus pour leurs talents.

La politique, la gestion de la cité, doit revenir à la cité, au local, à travers une démocratie locale quasi directe, qui travaille en collaboration avec un État Nation fort, gérant le Bien commun à travers une culture commune (la Nation). L’infrastructure, les services publics à l’État, l’économie de production au local.

Ni un retour au Moyen Age technologique, ni un délire de science fiction, mais la construction cellule après cellule, de collectifs de travail et d’échanges vivants, résilients, au sein de villages et de petites villes, qui nous permettront de vivre avec de l’électricité, des ordinateurs, des moyens de transports, des commerces, de l’artisanat, des boulangers, des bouchers et des paysans, et une médecine efficace, tout en respectant les limites des ressources de la Terre et nos propres limites.

Prendre le temps de vivre, d’être avec notre famille, nos amis, nos collègues. Travailler avec plaisir, avec les autres dans la réalisation d’une histoire collective. Rencontrer d’autres gens et d’autres cultures dans la joie de la découverte, et non pour les exploiter en tant que main d’œuvre pas chère ou pour ramener un souvenir touristique made in China. Habiter de beaux espaces, voir de beaux paysages, récupérer notre espace. Créer des œuvres et des oeuvres d’art. Manger de bons aliments, Boire de bons vins, consommer des objets qui ont une âme et qui nous ressemblent, vivre nos vies d’êtres humains, sans nous soumettre à d’autres impératifs que notre bonheur qui se partage avec les autres.

Revenir à ces sociétés humaines d’i y a 20 000 ans, prospères et heureuses car égalitaires et respectueuses. Solides et résilientes car stables, sans jalousies, envies et concurrence. Ni compétitivité . Oui, revenir au paléolithique mais sans les peaux de bêtes, et avec l’eau courante et les douches.

Retrouver le lien, la joie de la rencontre, le rire de l’humour, le plaisir des corps et de l’esprit, la vie !

Bon, il y aura des choses qu’il faudra lâcher: les voitures à essence, les camions, les avions (et avec eux, le tourisme d’une semaine au bout du monde), les gadgets, le RER, les plats tous préparés dans les barquettes en plastique, les vêtements pas chers qui remplissent nos armoires et qui ne supportent pas 2 lavages, le surimi qui vide les océans, les pesticides, les intrants en agriculture intensive, les fermes de 1000 vaches, les trucs et les machins connectés, les data centers monstrueux, les publicités sur écran, les conversations débiles sur smartphone (t’es où? ;) Pk ça va ?) et même, les vidéos de chatons…

Ça va être dur !

Politique, politiques, où allons-nous comme ça?

Les dernières élections, européennes, au delà des analyses partisanes de chaque clan politique, ont surtout montré une perte de repères et de cohérence d’une société qui ne sait plus où elle va.

Les anciennes recettes ne fonctionnent plus. C’est une évidence, mais personne ne veut l’admettre.

Et on continue allègrement à penser et à décider en fonction de vieilles rengaines, qu’elles soient de gauche ou de droite. Même Macron, le grand réactionnaire qui voudrait ressusciter Adam Smith dans une version financière et caricaturale, même Mélanchon, qui s’accroche encore à ses rêves marxistes de lutte des classes.

Notre monde est devant le plus grand défi que l’humanité doit relever.

Un défi que nous ne pouvons pas éviter.

Oui, je suis grandiloquente. Mais comment faire autrement quand on constate le déni de réalité et l’infantilisme pervers qui  dirigent le monde.?

Des Macron, des Trump, des Poutine, des Assad, des « hommes d’affaires » obèses de trop d’argent qui détruisent tout sur leur passage pour le fric, des bons apôtres du marketing et du business qui nous persuadent qu’il n’y a pas d’autre solution que d’aller nous détruire tous ensemble avec nos consommations et nos petites habitudes…

Comme la grenouille qui se veut plus grosse que le bœuf (parce qu’elle a peur), nous allons bientôt éclater, exploser, partir en confettis misérables.

Nous avons peur. peur que nos habitudes changent, peur de devoir prendre nos responsabilités, peur de vivre, peur de tout.

Alors, nous mettons les mains devant nos yeux pour ne pas voir ce qui nous dérange. Et croyant, comme les enfants, que cela va disparaître…

On se raccroche aux vieilles recettes (le libéralisme de droite, le marxisme de gauche, tous les deux désuets et inadaptés à la réalité d’aujourd’hui)

On nous dit qu’il n’y a pas d’alternative. Que c’est ça (la mondialisation, la croissance, le néo libéralisme, la soumission à la finance la plus débridée et la plus stupide tout en étant la plus orgueilleuse) ou rien. Que c’est ça (la lutte des classes, la nationalisation des moyens de production, la prise du pouvoir par les classes populaires, la révolte et la révolution de ceux qui n’ont rien…) ou rien.

Alors, je vais vous dire, ce que pourrait être ce rien.

Je ne connais pas l’avenir, et bien sûr il y a plein de gens qui vont dire que je raconte n’importe quoi.

Mais ce n’est pas grave. Je le dis quand même.

Ce n’est pas la première fois que le climat oblige les hommes à changer de société. (Du moins en Europe. je n’ai pas étudié l’Asie ou l’Afrique, mais je ne fais pas de l’histoire, là, je prends juste un exemple pour réfléchir)

Et ils y ont réussi.

La première fois, c’était au mésolithique. Ça a pris 2000 à 3000 ans environ parce que c’était naturel, mais comme on n’avait pas internet, on avait besoin de plus de temps ;)

La terre s’est réchauffée, les 4 saisons se sont installées, les grands gibiers sont partis vers le Nord pour finalement disparaître, la glace a disparu (et avec elle les réserves de viande congelée, le Picard du coin de l’époque), les ressources alimentaires traditionnellement utilisées par les hommes ont donc disparu. Il a fallu en trouver d’autres. Mais avant, les hommes ont crevé de faim.

Jusques-là, c’était ce que les plus anciens écrits (qui ont transcrit notre vieille mémoire orale) décrivent le Paradis. Un monde où le travail, la domination et la propriété n’existaient pas. La Nature (Le Esprits, Dieu, quelque soit la manière de personnaliser ce qui était vécu) leur donnait suffisamment à manger (les troupeaux bien plus nombreux qu’eux laissaient des animaux morts congelés sur lesquels il suffisait de se servir). La chasse n’était qu’une activité, pas une nécessité, un art. (On n’a absolument pas la preuve de la chasse aux mammouths chère aux préhistoriens du XIXème siècle. Allez chasser une bête de quelques tonnes, poilue, une peau massive, avec une pointe de flèche en pierre taillée, vous m’en donnerez des nouvelles…)…

Bref, nous avions à cette époque une société, qui pour survivre et exister, pratiquait la solidarité, l’entraide, la valorisation des talents de tous et le partage des tâches dans le respect de chacun et le bien commun de tous. Une société égalitaire, peu nombreuse, dans laquelle chacun avait sa place, occupée à philosopher, prier les esprits, faire de l’art, de la musique, des fêtes et s’aimer… Avoir des biens matériels, avoir plus, dominer n’avait aucun sens. cela mettait même l’ensemble de la société en danger en créant des sources de conflits. Et quel intérêt d’avoir un mammouth mort ou un cerf géant gelé à soi tout seul ? Le reste ? de la glace.

Par contre, quand il s’est agi de partager le lapin maigre chassé par le plus fort des chasseurs, là, on comprend bien l’intérêt de se battre. D’être le mec le plus fort, celui qui impose sa volonté… ou la femme la plus belle, la plus séduisante, celle qui va être choisie par le plus fort et va pouvoir vivre et nourrir ses enfants à elle. Début de la domination et du pouvoir. Début de la soumission des femmes et des « faibles » (ceux qui ne pouvaient aller chasser. La viande était toujours la source « noble » de la nourriture (souvenir de 30 000 ans de régime carné presque exclusif)).

Puis l’élevage et l’agriculture ont été inventés. On a créé, par le travail, ces ressources qui nous manquaient si cruellement.

La propriété est apparue, la richesse aussi. La possession des êtres humains également. Et notre société.

Et l’argent.

On a bien perfectionné le travail et la technique, ce qui nous a permis de créer, non seulement de l’alimentation mais plein de richesses, gadgets, machins, trucs, ordinateurs, avions, immeubles, beaux vêtements, design, etc… en puisant de plus en plus dans les réserves naturelles, en les polluant, en détruisant de plus en plus…

Pour l’argent. Passé d’un moyen de transaction à une valeur absolue, signe de pouvoir, de tous les pouvoirs. Déifié.

On en est là.

Bon, alors maintenant, on va où ?

 

 

M’aimes-tu ?

M’aimes tu ?

Tu as parfaitement le droit de ne pas m’aimer.

Mais si c’est le cas, je te demande de me le dire.

C’est important, vois-tu, car je ne me sentirais plus ballotée par le doute et l’incertitude, passant de l’évidence de notre lien amoureux à sa remise en question. Tout le temps, parfois, sans cesse. C’est ma faute. Je ne m’aime pas assez pour croire que tu peux m’aimer. D’ailleurs, peut être, tu es pareil…

Deux cerfs volants qui se cherchent dans un ciel d’orage. Qui se fuient avant que l’autre ne disparaisse. Terrifiés de s’illusionner, terrifiés de devoir compter sur un autre. Terrifiés d’aimer…

Ton silence me fait mal. J’ai l’impression que tu m’oublies, comme une lettre sans importance, sur un coin de bureau, vite enfouie sous le courrier habituel, que je ne suis rien dans ta vie, une fioriture, un détail, un rien…

Pourtant, je crains que simplement, ce ne soit moi, moi seule, qui me torture.

Parce que tout mon être aspire à toi… C’est une évidence et je me sens pleinement vivante dans tes bras. Je pose la tête sur ton épaule, et il n’y a plus que l’instant. Le temps s’arrête et mes questions aussi. Parce que c’est toi, parce que c’est moi, et la vie pulse, puissante, dans la moindre de mes cellules. Cela ne m’effraie même pas. Je ne sais pas ce que je serai demain mais là, près de toi, je suis. Et c’est si merveilleux d’être…

Et puis, tu pars vivre ta vie, c’est normal, et c’est comme si je me déchargeais doucement comme une batterie pas très performante.

Et puis, je doute. Suis-je dans l’illusion? N’ai-je voulu voir que ce que je voulais voir ?

Notre histoire est une image pointilliste. Le nez dessus, je n’arrive pas à la comprendre. Et je n’arrive pas à prendre assez de recul pour savoir si je peux te faire confiance et lâcher mes défenses, savoir que tu seras toujours là pour moi, même si je ne te vois pas, parce que tu en as envie, parce que cela te fait du bien, et te rend simplement heureux.

Heureux. Je ne sais pas si tu veux être heureux. Tu n’en dis rien. Je sens en toi une ombre. Et cela m’empêche d’être dans la paix confiante qui ne se pose pas de questions. Et je m’emballe sur des scénarios sinistres.

Si tu ne m’aimes pas, si je ne fais que passer dans ta vie, si je ne suis qu’un strapontin sans importance, dis-le. C’est pas grave. C’est comme ça.

J’aurai mal. Oui, mais je pourrais passer à autre chose.

Je garderai en moi les belles images de toi, de nous, comme un cadeau précieux.

J’écris ça. Mais c’est parce que je sais que tu ne le liras pas. Cette question, j’ai trop peur d’entendre la réponse, j’ai trop peur que tu n’oses pas répondre, ce que j’interprèterais comme un rejet, un refus, alors que je sais que , simplement il n’y a pas vraiment de réponse et que cela n’a pas d’importance, au fond.

Ce que l’on vit ensemble est ma réponse. Ma faiblesse est de croire que quelques mots pourraient me rassurer alors qu’ils peuvent si facilement mentir et que je le sais. Apprends moi à croire en mon bonheur. Et à vivre au rythme de tes baisers au lieu de décortiquer mes peurs et ton coeur.

M’aimes tu ?

Tu as parfaitement le droit de ne pas m’aimer.

Mais si c’est le cas, je te demande de me le dire. Mais non.

De toute façon, je ne te croirais pas…

Pourquoi je vais voter blanc

Même si je peux tout à fait comprendre ceux qui ne vont pas faire comme moi.

Un petit calcul

Les votes du premier tour qui vont de toute façon se reporter sur les candidats (sans nous) :

Macron

Le Pen

1er tour : 24,1

1er tour : 21,3

Voix PS : 6,36

Voix Dupont Aignan : 3

Voix LR : 15

Voix LR : 5

Divers : 1

Total : 46,46

Total : 29,3

 

En conséquent, il me semble qu’il n’y a aucun risque pour que Le Pen gagne même si aucune voix Insoumise ne vote pour Macron.

Par contre si Macron gagne, sa politique fera gagner Le Pen en 2022 !

Voter pour Macron ne fait pas gagner la République, au contraire.

L’absention non, le vote blanc oui.

Un raz de marrée de vote blanc ne l’empèchera pas d’être élu mais l’empêchera de prétendre, comme il l’a déjà dit, que les gens qui ont voté pour lui ont manifesté une vraie adhésion à son programme.

Or il me semble que nous avons deux objectifs pour ce deuxième tour :

  1. Le Pen ne doit pas être élue. Elle ne sera pas élue. Par contre si Macron est élu, le risque d’une poussée de Le Pen dans 5 ans devient très élevé à cause des conséquences désastreuses de la soi-disant politique de Macron (plus de chomage, de pauvreté et un recul de la souveraineté nationale).
  2. Macron ne doit pas pouvoir appliquer sa politique en s’appuyant sur une légitimité issue d’un bon score au 2eme tour (comme il l’a déjà exprimé). Plus il y aura de votes pour Macron, plus il pourra appliquer sa politique (plus de députés aux législatives, plus d’ordonnances).

 

Concernant le premier objectif, je considère que les partis traditionnels, partis à la pêche des places et le maintien de leurs privilèges, en ralliant le char Macron, s’en chargent très bien. Les votes de la France insoumise sont inutiles pour obtenir que Mme Le Pen ne soit pas élue. Le premier objectif sera atteint sans nous.

Par contre, en ce qui concerne le deuxième objectif, pas la peine de donner à Macron plus que nécessaire.

Le vote blanc (qui n’est pas comptabilisé mais qui est généralement donné, et donc sera connu) manifeste clairement que ces deux candidats de droite sont aussi catastrophiques l’un que l’autre (en ce qui concerne les résultats de leur politique) et ont des valeurs totalement contraires aux nôtres.

Voter blanc a deux conséquences positives pour nos idées :

  1. Permettre à une opposition résolue et visible, crédibilisée par le grand nombre de votes blancs, de se faire entendre. Et si nous ne sommes pas au pouvoir, notre devoir est de construire cette opposition dans un pays démocratique. De plus, il faut qu’il y ait plus de votes blancs que de votes Le Pen pour que ce ne soit pas eux qui s’affichent comme l’opposition officielle au gouvernement.
  2. Limiter la ruée des élus des anciens partis traditionnels vers les places de députés macronistes et donner à Macron une assemblée à sa botte. (Donc, un blanc seing pour sa politique de chomage et de pauvreté)

Enfin, et cela me semble important, le vote blanc nous permet de ne pas renier nos valeurs, plus importantes que les arrangements politiciens.

Cela valide de plus notre proposition de comptabiliser le vote blanc comme une vraie expression populaire.

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