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De l’inconstance dans la rencontre amoureuse

Les choses changent. Autrefois, si je me souviens bien, les règles du jeu faisaient des femmes, enfin, des jeunes filles, des objets de désir convoités et espérés par une armée d’hommes prêts à tout pour les conquérir.

Nous, les personnes de sexe féminin, à condition d’être encore jeunes et baisables of course, nous étions serrées dans une magnifique vitrine illuminée du Magasin de l’Amour et les prétendants, tremblants et timides, passaient devant, encore et encore, dans l’espoir de pouvoir, un jour, entrer et s’offrir l’objet de leur convoitise. Rien n’était trop beau pour nous, rien ne pouvait leur faire plus plaisir qu’un marque, si légère fut elle, de notre attention. A cette époque du romantisme et des amoureux transis, c’était nous qui menions le bal. Nous n’avions rien à faire sinon faire les coquettes et les laisser mariner un peu, cultivant l’indécision comme un art pour faire monter leur désir: « Je te veux, je ne te veux plus, je ne sais pas, j’hésite…. » Les hommes étaient honnêtes (enfin, en principe), sûrs de ce qu’ils voulaient, clairs dans leurs demandes et sans états d’âmes quant à leurs intentions et nous étions bien souvent taxées d’inconstance. « Bien souvent femme varie, bien fol qui s’y fie… »

En fait, la difficulté créait l’envie.

Oh bien sûr, une fois la bague au doigt, nous dégringolions de notre piédestal pour devenir une ménagère et un ventre à fabriquer des héritiers (mâles de préférence), un truc somme toute fort peu intéressant… à moins d’être la femme du voisin. Avec, bien souvent la mort prématurée en bout de course (si la mortalité infantile était élevée, on oublie en général un peu vite les jeunes femmes mortes en couche ou de fièvre puerpérales, qui ont été légion, il n’y a qu’à se promener dans les cimetières d’avant 1950). Mais mon propos n’est pas là.

Désormais, nous sommes libres et nous avons rejeté le carcan de bienséance qui nous rendait inaccessibles. Désormais, l’amour est plus facile et la rencontre sans chichis. Si on se plait, il n’est plus besoin de faire passer des épreuves à rallonge à notre chevalier servant sur son fier destrier, pour se laisser aller dans ses bras. On se plait, la vie est courte, profitons des bons moments que nous pouvons vivre ensemble. Le sexe est une chose naturelle et bien agréable, pourquoi s’en priver ou le cadennasser dans les rets du mariage officiel…. Ben oui, mais…
Les hommes sont tout déboussolés…
Devant nous, libérées et fières de l’être, assumant sans complexes toutes les composantes du jeu amoureux y compris son côté érotique, réclamant notre part de plaisir et d’épanouissement personnel et privé, ils ne savent plus quoi faire de leurs lances, de leurs boucliers, de leurs épées à combattre les dragons et de leurs fidèle étalons blancs…
Ils nous regardent, tout bêtes, le casque de travers, ne sachant plus comment se comporter devant une belle qui s’offre si facilement. Ils se sentent même diminués. Comment prouver leur valeur, désormais? Comment montrer qu’on est le plus fort, le plus intelligent et le plus beau face à des filles qui disent n’en avoir rien à faire ?
De plus, ils nous voient apprécier les garçons sensibles et délicats qui ne représentent pas du tout les valeurs viriles qu’ils ont en tête (et entre les jambes) mais plutôt les qualités féminines qu’ils souhaitent chez leurs compagnes (à condition qu’elles ne leur prennent pas trop la tête quand même…). Ils ne comprennent plus la règle du jeu. L’égalité, la liberté dans l’amour leur paraît suspecte car elle remet en cause leur suprématie de pacotille mais si rassurante.
Alors ils deviennent inconstants. Un coup, ils nous aiment, un coup, ils n’en ont plus envie… « Je te veux, je ne te veux plus, je ne sais pas, j’hésite…. »
Paumés, je vous dit… et toute ressemblance avec un de mes ex amoureux est totalement fortuite…

Une certaine idée du bonheur…

Ce matin de printemps, une petite dame à bicyclette, d’environ 70 ans, souriait. Bien droite sur son vélo bleu, elle profitait du soleil matinal pour aller vers  une destination que je ne connaissais pas.
J’étais dans le tram qui m’amenait à mon travail, coincée entre des gens préoccupés ou l’air ailleurs, les yeux rivés sur leurs chaussures ou dans le vague, embarqués comme moi dans un chemin qui leur paraissait imposé parce qu’ils n’avaient pas eu le courage, ou l’opportunité, de choisir une vie qui leur convenait mieux.

Elle, elle avait l’air heureuse de vivre, d’être là, à pédaler devant le château des ducs de Bretagne, heureuse d’aller vers cette destination inconnue. Elle m’a fait envie.

J’avais envie de cette sérénité souriante, de cette liberté dans le moment présent, de cette autonomie tranquille, de cette manière de prendre la vie pour ce qu’elle est et de profiter, simplement, des petits moments de bonheur qu’elle peut nous apporter.
Lorsque je serai vieille, je m’achèterai un vélo. Electrique de préférence, autant aller avec son temps… Et je ne suis pas très sportive…

Quand je serai vieille, j’espère que j’aurai pris l’habitude de sourire au lieu de laisser les rides des soucis, de la tristesse ou de la colère s’imprimer sur mon visage en un masque effrayant.
Cette dame était belle. J’ai eu envie d’être belle comme elle. De cette beauté douce qui vient de l’éclat des yeux, du dessin d’une bouche, d’un respect de soi. De cette beauté qui illumine un regard et vous fait du bien.

Et pour cela, autant commencer tout de suite… Cela paraît être une évidence. Cela n’en est pas une. C’est une chose qui ne nous est pas naturelle. Bien au contraire.

Avouer que l’on est heureux est plus ou moins suspect. Cela semble une preuve d’aveuglement naïf ou de bêtise. Le monde est cruel, c’est un fait que tout le monde accepte et fait sien. Ceux qui s’en contentent et y trouvent leur bonheur sont soit des benêts soit des cyniques qui ne vont pas hésiter à utiliser cette cruauté à leur unique profit.
Pourtant tout le monde souhaite être heureux et ne cherche que cela dans sa vie.
Mais bien souvent, on se laisse entraîner à croire à un bonheur illusoire, celui des possessions matérielles ou de la position sociale, ou encore de la possessivité amoureuse, le genre de bonheur qui vous glisse entre les doigts dès que l’on croit l’attraper, reculant sans cesse jusqu’à l’infini dans une quête insensée et sans fin.
Le bonheur, c’est bien autre chose. Je crois que chacun a le sien et c’est toute la difficulté de la vie de prendre le temps de découvrir son propre bonheur personnel au lieu de vouloir attraper celui de la société ou du voisin.
Le bonheur, ce peut être de pédaler sur un vélo bleu, dans la douce lumière d’un matin de printemps…

Lire !

Dans le tram ou le métro bondé, un afficionado de la lecture se tient approximativement à la verticale malgré les soubresauts de la rame, les mains prises par le livre d’une part, la mallette du travail de l’autre. C’est particulièrement acrobatique, d’autant plus que ses lunettes ont tendance à vouloir avoir leur vie propre et glissent inexorablement sur le nez du monsieur. Il fait chaud, la chaleur humaine trouvant ici son illustration la plus pure et le monsieur transpire. Ce qui explique cela…

Mais rien ne peut le distraire des petits signes noirs et blancs qui dansent sous ses yeux au rythme des arrêts, des démarrages et des « excusez-moi monsieur, je descend ici » de la rame…


Je fais partie de ceux-là qui s’abstraient de la réalité un peu grise du quotidien pendant les quelques minutes du trajet pour aller au travail… Nous vivons des aventures fantastiques, drôles ou profondes par le biais de ces mots anodins regroupés sur quelques feuilles de papier, elles mêmes rassemblées sous la couverture d’un livre.
Ah, vivre intensément, l’air de rien, au milieu de tous nos semblables…

C’est un peu comme une drogue. Il nous faut notre dose, au risque de devenir grincheux, énervés et parfaitement insupportables. Chaque livre lu en appelle un autre dans une surenchère qui met à mal nos finances et les étagères de nos appartements.

Les dites étagères finissent d‘ailleurs toujours par rendre l’âme, écrasées par le poids de tout ce papier accumulé. Et même celles qui résistent débordent dans tous les sens. Les livres se retrouvent en piles plus ou moins stables, sur le sol, dans toutes les pièces de la maison, accumulent des coins à poussière inaccessibles, réduisent toujours plus notre espace vital mais c’est plus fort que nous, il est totalement inconcevable de nous séparer de notre came. Ou alors à dose homéopathique, et encore, pour lui offrir une nouvelle vie et de nouveaux lecteurs, en les fourguant à la bibliothèque municipale ou à des bouquinistes compatissants.

Le pire, c’est que tous ces bouquins, on les a lus… et même ceux qu’on n’a pas aimés, on a du mal à s’en séparer…

Le pire, c’est qu’on a beaucoup de mal à retrouver un livre au sein de cette masse, n’ayant pas toujours un système de rangement approprié. En tout cas, moi je ne l’ai pas. Je suis même terrible. Appliquant mon principe de bordel créatif à ma bibliothèque, je trouve assez gênant d’introduire un système rigoriste dans un domaine dans lequel règne, pour moi, la fantaisie et la liberté.

Le pire, c’est que tous ces bouquins qu’on a lus, on ne s’en souvient pas toujours, enfin, pas à la manière d’un érudit. En ce qui me concerne, il me reste une trace de chaque livre en moi, bien sûr, mais je suis incapable de citer la plupart des titres ou des auteurs que j’ai lus, même ceux que je lis en ce moment. Ce qui me met parfois dans un grand embarras lorsque je souhaite recommander un bon bouquin à quelqu’un et que je reste la bouche ouverte, l’air parfaitement bête, incapable de produire un son intelligible. Ce que je voudrais transmettre, l’émotion, la vibration, l’expérience de vie et de compréhension du monde et de mes semblables que j’ai connue dans ce dit livre est parfaitement indicible. D’ailleurs, je crois qu’il faut que j’arrête… cela finira mal…

Mais, moi et mes livres, on vit aussi de grands moments de bonheur.

Lire dans un hamac, le ciel bleu au dessus de la tête et le chant des oiseaux en fond sonore. Lire au fond de son lit alors que l’orage gronde à l’extérieur et qu’une tasse de thé fumante attend mon bon plaisir sur ma table de nuit. Lire dans mon bain, les arômes des huiles essentielles de lavande et de jasmin venant chatouiller mes narines (éviter de lâcher le livre au risque de se retrouver avec un machin dégoulinant ayant doublé de volume et qui mettra 5 jours à sécher. Je sais, j’ai essayé et certains endroits de ma bibliothèque abritent quelques rescapés de ce terrible accident, tout gondolés…). Lire à côté de quelqu’un qu’on aime, dans le silence tranquille de l’évidence d’une affection et d’un respect partagé. Lire une histoire à un enfant qui écarquille les yeux et écoute de toutes ses oreilles les merveilles évoquées par les mots que l’on prononce. Lire en secret alors qu’on ne devrait pas, pendant que tout le monde pense qu’on dort… ou un peu plus tard, que l’on travaille…

Eviter dans la voiture lorsqu’on conduit, encore que j’ai vu des spécimens qui y arrivaient fort bien… Je n’ai personnellement pas été témoin de leurs accidents mais je ne conseillerai pas cette pratique (même si je suis capable de lire n’importe où). Je ne parierai pas sur leur longévité…

 

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