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J’espère que tu vas bien

Tourner la page et accepter que la vie ne soit pas celle que nous promet la psychologie positive. J’ai fait des vœux et des intentions, mis sa photo sur mon frigo, demandé à l’Univers (avec un grand U), utilisé la loi de l’Attraction (avec un grand A),…  chou blanc. J’ai suivi mes rêves « qui connaissent le chemin », et me suis retrouvée… au même point.

Manifestement, il préfère être avec elle. Il a choisi de vivre le confinement chez elle, à Paris.

Tant mieux pour elle et j’espère qu’il est heureux avec elle.

Ce serait ballot de me faire souffrir pour rien ! Autant qu’il soit heureux.

Parce que oui, ça fait toujours mal. Mais bon. On respire un grand coup et on s’occupe de faire quelque chose de sa vie. Parce que sinon, ce n’est pas drôle et je refuse de me vautrer dans une nostalgie mal placée et dans le spleen de l’amour non partagé. Ça colle, ce machin là, et ça rend tout rance ! beurk !

Donc, comment je vais vivre dans mon trou paumé de Bretagne? Où je ne connais personne et où tout le monde va me regarder de travers comme l’étrangère, pire, la parisienne qui se la pète et qui se mêle de ce qui ne la regarde pas en essayant de rendre de la vie au village. Encore heureux que je ne sois pas vegan ou bobo. Si? je suis bobo ? Bohème, je veux bien mais bourgeoise, non! D’ailleurs, les bourgeois m’ont toujours regardé de travers, depuis mon enfance, j’étais un alien, inexploitable. C’est bien une preuve que je ne suis pas une bourgeoise, non ?

Comment je vais vivre ? Bien.

Sacré Challenge.

Donc, d’abord, ne m’attendre à rien. Ensuite, y aller doucement. Proposer, ne rien imposer. Et surtout m’amuser.

M’installer, cuisiner des trucs sympa dans ma cuisine, près du poêle (l’hiver),  lire des livres dans ma bibliothèque (le rêve d’une vie qu’IKEA va m’offrir, enfin !), regarder le soir tomber depuis mon canapé avec un thé (mais pas de scones, ça fait grossir, surtout avec la crème et la confiture… bon, alors juste de temps en temps), m’endormir dans le calme du village juste ponctué de tracteurs pétaradants, m’essayer au potager et élever des poules sous l’œil goguenard de mes voisins, recevoir mes amis venus s’encanailler dans la pampa et repartir bien vite dans la civilisation, prier pour que mes enfants viennent pointer le bout de leur nez de temps en temps (sans le chèque comme appât, l’attente risque d’être un peu longuette), apprendre la basse (depuis le temps qu’elle prend la poussière, il serait temps!), ça fera une alternative aux tracteurs, écrire et oublier la possibilité de publier un jour, même par moi, aller à Paris gagner un peu d’argent…

Vivre. Simplement. Jour après jour. Avec le sourire, même si parfois il est un peu triste. Faire en sorte qu’il ne soit plus triste.

Et puis, il faudra réparer la vieille maison. M’occuper du bâti pour la sécuriser. Couler une dalle, poser des planchers, un peu de plomberie et d’électricité, et le reste, je m’en débrouille.

Budget: 0 €

Ça démarre pas terrible, cette affaire là! Cela va être une véritable aventure.

Aller voir des gens, trouver des sponsors et des subventions. Et peut être des bénévoles. regarder sur les plateformes de crawfounding (oui, je connais des mots anglais) : qui veut investir dans un projet super sympa et non rentable: une librairie dans une ruine au milieu de nulle part?

Je me donne 4 ans. Parce que je ne sais pas attendre.

Cela m’évitera de penser à lui et peut être vais-je même l’oublier.

Il est temps de me prendre en main et de devenir une grande fille, quand même !

 

 

Célébrer mon corps comme exercice spirituel

Mon titre fait classe, non ?

Je suis tout à fait dans le ton de ce que l’on trouve à longueur de net, surtout en cette période de confinement !

Des drôles de tutos spirituo-allumés qui vous font part du « secret » (diffusé à des milliers d’exemplaires, bonjour le secret ! C’est bien pire que Madame Michu, qui « est une tombe et, promis, ne le racontera à personne… » mis à part tous les gens qu’elle va croiser), le secret, donc, dont ils sont dépositaires (ils ont intimement connu un shaman, ils sont shamans, ils ont vécu 2 ans dans la jungle et recueilli le savoir d’un vieux sage édenté, ils ont été méditer au Népal et en sont revenus transformés, ils ont vécu une grave maladie ou un grave accident et ont vu la mort de près, etc… )

Je suis un peu dure, là… et dans le tas, il y a certainement des gens qui sont sincères.

Mais globalement, plus la vidéo est longue (ce qui permet de gagner des sous, ne me demandez pas comment, je n’y comprends rien) ou plus il y a des formations à la clé des vidéos, plus on peut se poser des questions sur la pureté des intentions de ces belles âmes qui nous transmettent dans le secret de Youtube,  des éléments de développement personnels qui ne peuvent être efficaces. Trouver le sens de sa vie en 50 mn, en e-learning, sans sortir de chez soi, et puis, quoi encore ?

Pourquoi ?

Parce que la transmission du savoir ne passe que par la relation et donc par un lien réel et affectif entre deux personnes réelles. De plus, ça prend du temps. Beaucoup de temps, avec des avancées et des reculs. Mais ça, c’est juste pour le savoir faire ou le savoir penser, ou le savoir se comporter.

Le savoir vivre sa vie ne se transmet pas. Personne ne peut le faire pour vous. Personne.

Personne n’est vous.

C’est compliqué, cela fait peur et en plus, on n’est jamais sûr du résultat. On croyait aller là, et puis on se retrouve dans un endroit improbable. Personne de peux vous dire qui vous êtes, ce que vous avez envie de faire et ce qui vous rend heureux. Parce que vous ne le savez pas vous même, que ça change tout le temps et que la vie est faite pour le découvrir en permanence.

Au lieu de payer des gens qui vont vous dire, soit ce que vous savez déjà (les meilleurs), soit ce que vous devez être (les pires), faites vous confiance. Il faut beaucoup d’humilité pour accompagner les gens dans leur désir de vouloir être eux mêmes. Ce qui n’est pas vraiment la caractéristique de ces vendeurs de bonheur. Sinon, comment justifieraient-ils l’argent qu’ils vous demandent ?

Au lieu de faire l’effort d’apprendre et de suivre des enseignements, vivez avec légèreté et insouciance. Vous serez au plus près de vous.

Aïe, voilà que je me mets à parler comme eux !

Mais quand même, l’insouciance est une belle vertu que l’on a trop oubliée. On lui préfère la raison, la vilaine raison du « il faut », « tu dois être raisonnable »… sinon, c’est dangereux…

Et on s’interdit de vivre parce que, oui, on risquerait d’être heureux, gai, insouciant, drôle et léger.

« Ça va pas la tête ? » disent ils:  « la vie est une vallée de larmes. Il faut souffrir pour gagner, tu dois travailler, être performant, gagner de l’argent, acheter plein de choses, dont ma formation à la méditation ou mon trekking à Bali, résultat garanti… sinon, t’es un looser, un minable, un moins que rien, déraisonnable. »

Il faut gagner… quoi ?

La beauté ? elle se flétrira

L’argent ? Il sera décevant (parce qu’il en faut toujours plus. Assez, n’est jamais assez)

L’amour ? Il nous mentira. (parce que c’est un échange de service qui rend la vie ensemble conditionnelle)

Le Paradis ? J’en doute.

Parce que, en fait, tout ça, on l’a déjà. J’y reviendrai peut être dan une prochaine chronique… Si j’y penses.

Revenons à mon corps à célébrer.

J’ai un corps. Un plutôt bon serviteur. Grâce à lui, j’ai pu faire plein de choses (y compris taper sur mon clavier en ce moment, tout en serrant mes abdos pour ne pas me faire mal au dos).

Il m’a donné de faire des choses vachement belles: découvrir la beauté d’un paysage, écouter un ami, parler à un ami, caresser une joue d’enfant, jouer à cache-cache, lire de beaux livres, cueillir une rose, bricoler de trucs et des machins dans la cour de récré, jouir, nourrir mes enfants, aimer, rire, porter des enfants, nager dans les vagues, manger des carrés de chocolat ou croquer dans une fraise pulpeuse et parfumée… et tant d’autres choses encore.

Et quand je fais une ânerie, que je prends un mauvais chemin, il me le dit. Il m’envoie des signes: émotions, chocs, maladies, lapsus, pour me secouer et me faire réfléchir. Il est cool, mon corps, un vrai body guard. un ange gardien.

Et tout cela a laissé de belles marques sur lui, chaque partie de mon corps raconte une histoire. La cicatrice sur le genoux de mon premier cours de vélo (je suis tombée sur un silex, ben, ça coupe très bien, entaille de 3 cm bien nette), la trace de la péridurale dans mon dos, les rides autour des yeux d’avoir ri ou pleuré, …

Un corps qui est comme un livre et qui dit la vie, l’amour, les joies, les peines, l’inscription dans le temps et l’espace, les liens avec les autres et la puissance de création de l’être humain.

Non ?

Pendant longtemps, quand on ne voit son corps que comme une enveloppe d’apparence, on le traine comme un boulet. Il n’est jamais assez beau, assez fort, assez résistant, assez séduisant. Parce qu’on le définit en fonction des autres, de ce que les autres nous disent de lui. Il ne représente pas qui nous sommes, il n’est pas nous, il n’est qu’un pauvre déguisement pitoyable d’un personnage qu’on croit être nous.

Il est mort, triste, laid.

Et on n’est pas dedans. Il est déserté.

Longtemps, de 33 à 50 ans, environ, je l’ai laissé vide. Je n’étais pas dedans. Et que m’importait qu’on lui fasse des choses pas top, qu’on ne le respecte pas, qu’on se serve de lui.

Je l’avais renié, je crois.

J’avais l’impression qu’il m’avait trahie. Alors, je l’ai abandonné.

Je n’habitais pas mon corps. Et, je dois avouer que je n’étais pas plus présente dans ma vie.

Un long sommeil.

Et puis, comme la Belle au Bois dormant, je me suis réveillée. Et j’ai pu accueillir mon corps, tel qu’il est, avec ses défauts et ses fragilités mais aussi avec sa puissance et son humour, surtout avec reconnaissance pour avoir été fidèle malgré ma trahison.

A mon âge, je n’ai plus un corps parfait de magazine. De toute façon, je ne l’ai jamais eu. Mais, il est parfait pour moi. Il est moi. Il me convient parfaitement et je suis contente de l’avoir. Surtout qu’il frétille tout plein de la joie de me retrouver et il m’inonde de plaisir et de plaisirs. Ceux de la vie. Simples, merveilleux, lumineux, légers, sans questions.

Plus je l’écoute et plus je me sens bien.

Et je reconstruis le chemin vers moi, avec lui, avec moi, entière, respectueuse.

Un chemin, pas un état. Avec des hauts, des bas, des moments et des expériences différentes, des larmes et des rires. Chouette!

Mais pas toute seule. J’ai un compagnon qui m’aime et ne veut que mon bien: mon corps.

Qui est aussi mon âme.

D’où le titre.

solitude

J’ai relu dernièrement un texte que j’ai écrit il y a quelques années sur la solitude.

Une horreur.  Larmoyant. Dépendant. Nul.

Heureusement qu’à l’époque, je ne m’en étais pas rendue compte parce que, manifestement, j’étais dans un tel état que cela m’aurait achevée.

Cela dit, je ne m’en veux pas trop car effectivement, j’avais des raisons de ne pas être bien. Je vous fais grâce de la liste de mes malheurs d’alors. Toutes n’étaient pas de mon fait, mais je réagissais à toutes de la pire manière, en me victimisant et en cherchant des gens pour me prendre en charge. La panoplie complète pour faire fuir tout le monde et rester dans mon désespoir…

Enfin, je ne le supprime pas du blog. C’est une période de ma vie. Dont acte.

Aujourd’hui, cette solitude qui me faisait tellement souffrir, je l’accueille avec plaisir.

Il y a eu du chemin…

Un chemin que je n’aurai jamais imaginé.

Me retrouver seule avec moi même. Quel plaisir ! Pouvoir être libre de faire, de ne pas faire, de ressentir, d’écouter, de me taire, de manger, de ne pas manger, de prendre un bain à minuit et me lever aux aurores, pouvoir être libre de découvrir qui je suis, qui est cette femme qui a mon corps, mes yeux, mes mains, mon cœur, mes pensées, mes désirs et mes besoins… me remplit d’excitation et de joie.

Je m’écoute, je m’observe, je me découvre, je me regarde… et je ne me juge pas.

Tout cela n’est ni bien ni mal, c’est juste moi.

Merveilleux confinement qui m’a permis de m’éloigner de tous ceux qui grignotaient ma vie, doucement, avec la meilleure volonté du monde et la plus grande innocence, ne me laissant que des miettes. Pour leur plaire, pour leur complaire et pour ne pas être rejetée, abandonnée, je m’abandonnais à leurs griffes et à leurs crocs, et partais en lambeaux, morceau par morceau, emprisonnée par ma peur, tétanisée par l’angoisse de ne pas être si je n’étais pas reconnue par quelqu’un.

Je ne savais pas être seule. Pourtant, j’en avais vaguement envie, un désir sourd et insistant frappait à la porte de mon âme. Mais cela me rendait si triste, et me poussait à rechercher encore et encore des liens, des signes, des attentions de la part des autres, que j’instituais, parfois même contre leur gré, maîtres de ma vie.

Pas le temps de me poser

Pas le temps de me reposer

Pas le temps de respirer

Pas le temps de se poser des questions…

Il faut, je dois, il y a ça à faire, ne pas oublier de, il faut, je dois, il faut, il faut, il faut… Oublie, Agnès, les « pas envie », les « non », les « tant pis, ce n’est pas grave », les « ça ne me concerne pas », les « fais ce qui te plait », les « tu n’es pas obligée », les « prends le temps de vivre Ta vie »…

Je me suis retrouvée ici, seule avec mon fils, confinée.

Et j’ai enfin pris le temps de fleurir.

Des jours, vides, enfin !

Des jours qui passent sans obligations si ce n’est celles que l’on décide. Des jours où rien n’est important que de respirer, cligner des yeux au soleil matinal, observer le rosier grimpant fleurir et les roitelets picorer les boules de graisse pendues dans le jardin. Des jours sans horaires, sans agitations, sans être obligée d’écouter, sans avoir à parler… sans rendre des comptes…

Je sais bien que tout le monde ne vit pas ce confinement sur le même mode. D’abord, il y a ceux qui sont inquiets pour leurs proches, malades ou âgés et ne peuvent être près d’eux. Il y a ceux qui sont coincés dans de tous petits appartements, les uns sur les autres H24. Il y a ceux qui doivent canaliser l’énergie de leurs enfants encore tout petits dans 40 m2 sans pouvoir les lâcher dans un parc ou sur de l’herbe… Et puis il y a ceux qui n’aiment pas la solitude et souffrent de passer leurs journées sans quelqu’un à qui parler…

Je comprends que pour eux, c’est dur, et qu’ils espèrent la fin de ce foutu confinement.

Mais moi, non.

Je me suis découverte de bonne compagnie, et parfaitement tranquille seule. Avec un rythme de vie tellement atypique que je préfère ne l’imposer à personne. Pour autant, j’apprécie de ne plus être obligée de me plier au rythme imposé par la société dans laquelle je vis. Et je crois que j’en rends l’habitude. je ne pourrai pas faire machine arrière. Il me faudra pouvoir retrouver de temps en temps cette douce solitude.

La douceur d’être. La joie d’être. Tout court.

Je voudrais prolonger ce moment encore un peu.

Pour avoir la joie de retrouver tout le monde à la sortie. De pouvoir embrasser, caresser, échanger, rire ensemble.

Mais avec une personne en plus, moi.

 

Essai – Plan

Préface

 

Introduction : le contexte et les premiers questionnements.

Une organisation du travail en question, et ses conséquences sur la santé des salariés : peut on continuer comme ça ?

 

Chap 1 : Etat des lieux

  1. La pensée libérale versus la pensée marxiste sur le travail, le travailleur et l’entreprise. Analyse des théories. Rappel historique.
  2. La responsabilisation du salarié et la déresponsabilisation de l’entreprise, l’individualisme comme objectif et unique solution. Les modèles du stress et de la souffrance au travail, la méditation et le yoga: les tentatives de contrebalancer les conséquences délétères du capitalisme.
  3. Petite peinture de ce qui se vit aujourd’hui. L’impact du numérique sur le travail et l’organisation sociale. La financiarisation de l’économie et la perte de pouvoir d’action des travailleurs.

Chap 2 : Essai d’élaboration d’un autre modèle de santé au travail. Aller plus loin.

  1. Éléments issus des anciens modèles (stress, souffrance au travail, éléments issus de la psychologie clinique et sociale)
  2. Essai de modèle plus global: le cancer managérial
  3. La place du travail dans un monde nouveau. Ne garder que le meilleur des avances technologiques et numériques et les mettre au service de l’humain, retrouver le contact avec la réalité qui vit autour de nous. Déconnection et travail humain, l’efficace et nécessaire effort.

 

Conclusion : Un nouveau paradigme : reconstruire la société sur la base du travail humain : est ce possible ? A quel prix ? Comment le faire advenir ? Comment éviter le retour des puissants actuels aux manettes ? (Questions ouvertes…)

 

 

Ce que les arbres m’ont dit cet après midi

Le soleil dorait les feuilles vert-tendres de l’amandier et celles dynamiques du prunier. Le soir tombait doucement. J’étais sur ma terrasse, emmitouflée dans un lainage car l’air se rafraichissait rapidement, même si les derniers feux du couchant illuminait encore ma cour, saluant la fin du jour comme de bons comédiens.

J’entendais quelques oiseaux s’échanger quelques nouvelles, le vent , le ciel, les vieilles pierres de la maison, qui en ont vu bien d’autres, me regardaient me poser des questions.

De petites questions sur ma petite vie.

Mais, moi, je croyais que c’était de grandes questions et que j’étais quelqu’un qui avait tout compris, quelqu’un d’importance, alors j’ai posé la question aux arbres.

- Arbres, est ce que je dois faire ça ?

Les arbres, le vent, les oiseaux se sont tus. Gênés…

Comment me répondre ? « Agnès, ce que tu feras n’a pas grande importance. Tu ne vas pas sauver le monde avec tes petits bras, tu ne vas même pas te sauver toi même… »

Mais les arbres, le vent et les oiseaux sont gentils, ils ne voulaient pas me blesser. Alors ils se sont tus.

Alors, j’ai dit:

- Ah, alors, je ne dois rien faire ?

Alors là, le vent s’est déchainé, les arbres ont agité leurs branches, les oiseaux ont voleté partout…

« Bien sûr que si ! Tu crois quoi ? Que la vie, c’est fait pour se la couler douce, ne rien foutre et s’occuper de son nombril ? »

- Ben , je fais quoi alors? je ne comprends pas.

La réponse, elle est venue un peu plus tard. En un mot. Pendant que j’épluchais les carottes…

Humilité.

Agir, faire de son mieux, mais sans rien attendre comme résultat. Juste faire son taff, sans se prendre le chou, sans croire qu’on va changer les choses à soi tout seul. Avec modestie et fierté. Ce n’est pas contradictoire.

Voilà, ce que m’ont dit mes arbres. Écrire, mais ne pas en attendre un résultat grandiose, juste faire de mon mieux et choisir la voie de la simplicité. Et puis vivre. Dans l’honnêteté et l’authenticité. C’est si rare aujourd’hui. Ça prête même à sourire. Ça fait un peu Benêt (e)…

Alors, je vais le faire.

Dès demain.

Ne soyez pas étonnés…

Très franchement, je ne crois pas que cette crise du coronavirus COVID-19 ne nous permette de revenir au statut quo, une fois que nous en serons sortis.

Il va y avoir des dégâts. beaucoup de dégâts.

Des pans entiers de l’économie mondiale vont se casser la gueule. Reste à ne pas se trouver dans ou sous la tour qui tombe, comme dans les films catastrophes… avec la musique qui va avec…. padapadam… (violons et cuivres) KKKKrachchchch!

Et il n’y aura ps de super héros en collant moulant.

Est ce que ce sera la catastrophe ? oui et non.

Oui si vous ne vous y préparez pas et que vous mettez votre confiance et votre foi dans ce qui va s’effondrer.

Non, si vous regardez un peu à côté et que vous réalisez que cet effondrement va faire de la place pour une nouvelle économie, bien plus solide et résiliente parce que moins interconnectée, plus locale et plus autonome. Plus modeste également.

Donc, qu’est ce qui va s’effondrer ?

Tout ce qui a besoin de l’argent pour fonctionner.

Tout ce qui fait partie de ce système néo-libéral: les banques, les multinationales, les entreprises liées aux multinationales et même les États, dans la mesure où ils sont liés aux multinationales et aux lobbys…

La société urbaine, la société consommatrice, la société où il faut gagner de l’argent, le plus possible d’argent pour pouvoir ne pas en profiter, juste avoir des objets de prestige et pouvoir se comparer aux autres.

La société déconnectée de la réalité, loin de la nature, loin des amis et de l’amour… qui remplace tout cela par des applications. Il y en a pour tout: cuisiner, dormir, méditer, courir, parler, se moucher, rigoler et faire l’amour…

Une société qui met des lunettes (Gucci) dans le métro à minuit et en est fière.

Une société qui ne pense plus, mais qui attend du grand ordonnateur d’intelligence artificielle et supérieure ce qu’elle doit penser.

Bon débarras.

Ce qui ne pas disparaitre, c’est le réel. Lui sera toujours là.

Qu’est ce qui nous empêchera, quand le système nous aura enlevé notre emploi, notre capacité de payer notre loyer ou notre emprunt, gavé de produits malsains issus d’un marketing de masse, quand il aura dégouté nos enfants d’apprendre, ou même de savoir qui ils sont…

… D’aller ailleurs, là où il y a encore de l’herbe, pour faire ce dont les gens du coin (et nous) avons besoin: des yaourts parce que Danone et Nestlé se sont cassés la gueule et que les paysans ont du lait à vendre, des chaussures parce que Nike aura disparu et qu’il faudra bien utiliser le cuir de nos vaches, des carottes et des aubergines parce que c’est bon, des écoles parce que nos enfants en ont besoin, des librairies et des éditeurs parce que l’honneur du genre humain, c’est de penser et de transmettre cette pensée ?

Oui, qu’est ce qui nous en empêchera ?

Notre peur.

Allors, regardons notre peur, réduisons là au pauvre produit de notre imagination et de la manipulation ambiante et agissons pour nous offrir une belle vie, ensemble. Le plus tôt sera le mieux.

Ils vont tenir un peu. Leur agonie va prendre un peu de temps, un peu de temps qu’ils vont utiliser pour nous ficeler encore plus dans les rets de leur machiavélique monde connecté… Mais on peut aussi les utiliser pour préparer notre autre monde, les contre manipuler, les faire payer très cher nos bullshit jobs, nos acquiescements de façade, nos outils de résistance…

Ils veulent nous faire croire que c’est le bonheur de se faire livrer de la merde en exploitant de pauvres gens, de ne pas bouger son cul du canapé pour éteindre la lumière, et de se faire engueuler par l’application qui surveille notre rythme cardiaque… Et que la vie de Netfleexx et de face de bouc est la seule qui vaille… mais on peut refuser de le croire

Alors, hauts les cœurs, apprenons à nous passer de l’illusoire et retrouvons notre liberté.

Courage et n’ayez pas peur !

Nous, les normaux, les 99%, on ne risque rien, si on ne les croit pas. Mais seulement si on ne les croit pas.

Il suffit d’éviter de rester dans les tours qui tombent, d’éviter de rester leurs otages dans les villes, d’évitez de dépendre d’eux.

Car sinon, il nous entraîneront dans leur chute.

 

Like a fool

Cher B,

Il est temps.

J’aurais du me réveiller depuis longtemps.

Mais les rêves tendres sont ceux que l’on refuse de quitter au petit matin.

Mais je n’en ai pas eu le courage.

Cela m’arrangeait bien de ne pas comprendre.

Je savais que tu me mentais. Depuis le début, tu m’as prise pour une truffe.

Tu mens très mal, tu sais. Et j’ai du faire pas mal d’effort pour ne pas voir l’évidence.

Tu m’as aimée. Certainement. A ta manière.

Je n’étais pour toi qu’une roue de secours, qu’une occasion confortable, qu’un accessoire de dépannage.

Je ne t’en veux pas.

Il en aurait fallu, du courage, pour prendre le risque de m’aimer.

Je me battais, j’étais en pleine tempête, chargée de gosses et de responsabilités…

Il en aurait fallu, de l’amour, pour venir à mes côtés.

Ce n’était pas ton trip. Tu me l’as dit.

Nos corps s’entendaient si bien, mais cela ne suffisait pas.

Mon corps jouait une symphonie lorsque tu me touchais, mon âme s’apaisait à te savoir exister au monde et, même un peu, même de façon illusoire, reliée à moi, je ne voulais pas perdre ça. Même si je savais…

Est-ce en moi ou en toi que tu n’as pas eu confiance ?

Qu’importe. Moi je t’ai aimée. Et cela m’a fait du bien.

Tout ce temps.

Pendant que tu en aimais d’autres, pendant que tu me racontais des salades, pendant que tu me laissais seule,

je t’aimais, quoi que tu fasses.

Mais il est temps.

Il est temps de reconnaître que tu as le droit de ne pas m’aimer comme je le voudrais…

Il est temps de te laisser à ta vie, celle que tu as choisie, et de disparaître.

Il est temps de m’autoriser à être aimée autant que j’aime,

Il est temps de reprendre ma liberté pour retrouver ma joie en héritage,

Il est temps de ne plus t’attendre.

Je te souhaite tout le bonheur du monde. Celui que j’aurais tant aimé partager avec toi.

Et sache que je t’ai aimé, like a fool.

A.

match villes / campagne et coronavirus

Je reviens de Bretagne. 2 jours loin de Paris.

L’impression d’être libérée de prison.

Dans le petit village, le temps est redevenu normal. Les heures et les minutes coulent comme de source, nous accompagnant au fil de notre respiration.

Là, nous sommes vivants, réels. Le vent, la pluie, le soleil nous rencontrent, nous bousculent, nous caressent, nous enveloppent, vraiment. On le sent, on le ressent. Cela fait du bien. On a le temps pour ça, on a la place d’aller à leur rencontre, ou pas.

Là, les gens ne font pas semblant, ils sont vrais et ne cherchent pas à faire semblant de vivre, ils sont, simplement. On sent bien que l’on existe vraiment pour eux. Ils nous donnent l’impression d’être. Être, tout simplement et nous pouvons, de ce fait, engager notre être dans une relation avec l’autre être.

Un truc de fou, une relation ! Ecouter et être écouté, regarder et être regardé, sourire, expliquer, laisser l’autre exister, exister soi-même pour l’autre et donc pour soi… wouahhhh ! Ca fait du bien! Il ya quelque chose qui, enfin, s’autorise à se déployer en soi. Pour cette aventure qu’est la vie. Avec ses rires et ses pleurs, ses joies et ses souffrances, qu’importe, c’est vivant !

Je me suis sentie vivante, capable de tous les possibles, bien, enfin avec moi-même. 2 jours…

Je n’ai pourtant rien fait d’extraordinaire, j’ai marché, regardé le ciel, acheté des livres d’occasion, un collier et une tasse, mangé une crêpe (non 3, mais sur deux repas ;) ), discuté avec les gens,  observé le ciel (il change tout le temps en Bretagne, c’est presque une activité à plein temps !;)) admiré les arbres, les fleurs, les nuages, le paysage, fermé les yeux sous le soleil, fermé mon écharpe sous la pluie glaciale et le vent non moins glacial, marché sans but, ou avec le but d’avoir un café, respiré…

Je crois que là bas, le Temps existe encore, de même que l’Espace.

Il y a encore ces repères qui permettent à l’être vivant de se sentir vivant, dans les repères normaux, dans lequel son être peut s’épanouir, exister, en sécurité. Notre être a la maîtrise de sa vie et donc se sent libre et disponible pour être en relation avec les autres, avec le monde. Il peut donc construire sa relation au monde, mettre en mouvement ses désirs profonds et personnels (sa petite musique), prendre sa place et se lier aux autres places, désirs et existences. Être soi et être tous reliés (quel que soit le lien, c’est pas toujours bisounours les liens entre les hommes), c’est ce qui permet à une vie d’avoir du sens.

Les grandes villes, en se voulant modernes, en se soumettant aux impératifs de cette « modernité » numérique, technologique, engendrant la technocratie, ont broyé le Temps et l’Espace sous prétexte de nous libérer.

Elles ont fait de nous des robots normés et soumis à leur temps et à leur espace. Les êtres sont devenus des masses, des conglomérats d’éléments isolés, soumis aux faux désirs de l’apparence et du marketing. Le numérique a tué la singularité de l’être pour pouvoir tout compter, statistiquer, ériger une fausse science qui n’est plus au service de la vérité mais qui se prend pour La seule vérité à accepter sans réserve.

Les grandes villes nous prennent notre être et nos liens avec les autres êtres. Plus rien n’a de sens.

C’était pas comme cela il y a ne serait-ce que 30 ans. J’aimais Paris alors. Qu’est ce qui a fait que cela change ? L’apparition de la troisième révolution technologique avec le numérique. Cela a tout bouleversé grâce à tout ce que cela a rendu possible pour les puissants.

Aujourd’hui, la vie à Paris a perdu beaucoup de sens. Le cadre qui donnait du sens à la vie parisienne n’existe plus.

Plus rien n’a de sens réel. Ni naître, ni grandir, ni apprendre, ni aimer, ni travailler, ni mourir. Tout est entouré d’une gangue de faux semblants qui épuise les gens. Et c’est un peu pareil pour toutes les grandes métropoles du monde me semble t’il.

Je ne parle pas ici des gens qui appartiennent à la case des Très très riches. Pour eux, la perte de sens a d’autres raisons, plus psychologiques. Non, je parle des gens normaux, la grande majorité, qui s’abrutissent dans les jobs bullshit, après des trajets désagréables (euphémisme) dans des RER bondés et puants de l’aigreur des autres, retrouvent des appartements minuscules où les meubles sont multifonctions, et où l’élément le plus indispensable de leur vie est la connection Wifi.

Nous ne sommes qu’une fourmi dans la fourmillière, obéissant aux mots d’ordre des puissants pour agir. Sous prétexte de nous faciliter la tâche, nous sommes devenus des presses boutons, des numéros, des rien-du-tout, des serviteurs de leur puissance financière. Le numérique a permis cela. Il a permis, le contrôle, la normalisation, la communication-propagande, la destruction de toutes les voix discordantes, la pensée, le sens de la vie.

Dans les grandes villes, le numérique est l’outil qui permet de tuer la relation, le temps de vivre, l’espace de respirer, en contrôlant et en obligeant les gens à se précipiter, à obéir à des impératifs perpétuellement assénés par le N+1 ou par la pub, partout, à accepter de perdre son temps dans des transports longs et déplaisants, dans lesquels la promiscuité engendre le malaise, à accepter de ne pas avoir d’espace à soi parce que c’est devenu un luxe.

Et de s’évader de ce monde monstrueux grâce aux écrans, petites musiques dans les oreillettes, petits jeux débiles sous les yeux dans la vie privée; grâce aux graphiques et reportings inutiles devant soi au bureau qui donnent l’illusion de notre propre performance dans la vie professionnelle. Les sens saturés des odeurs des autres ou des produits chimiques de la rue, des bruits technologiques, des goûts trafiqués, des sensations recréées par ordinateur, au bord de la nausée…

Je ne crois pas à l’urbanisation croissante des villes.

Les jeunes générations ressentent que quelque chose ne va pas et expérimentent autre chose. Elles partent des villes pour devenir les humains qu’ils souhaitent être. Qui va voyager et découvrir le vrai monde (au delà des écrans de instagram), qui va devenir couvreur ou charpentier, qui va créer sa ferme, qui va inventer un service, un produit dans un bled paumé…

Ils sont moins cons que nous, les vieux… aveuglés par les promesses de monde idéal du moindre effort, où tout vous est livrés sur votre canapé grâce aux commandes vocales de Adixia au autre robot numérique…

Oui, ils utilisent le numérique et bien mieux que notre génération. mais ils ne le vénèrent pas. Ils l’utilisent. Point. Et tant mieux. c’est une belle technologie. Mais qui doit rester au service de l’Homme, pas l’inverse.

Enfin, pas tous… mais je crois fermement à cette minorité agissante, c’est elle qui va sauver notre monde.

Avec l’aide de notre bonne vieille planète, qui n’a pas dit son dernier mot. La nature est puissante, elle, vraiment.

N’oublions pas l’histoire. Quand le monde européen a été trop peuplé et que les hommes ont dépassé les limites de ce que la nature pouvait leur donner dans l’état de leur techniques agricoles, quand ils ont trop déforesté, trop détruit de ressources naturelles, détruit l’équilibre, au XIVeme siècle, il y a eu la Peste noire.

Dont acte !

Scénario, ça dévisse

Ce n’est pas encore catastrophique, les marches financiers peuvent encore s’en sortir et la panique n’est pas encore d’actualité.

C’est embêtant pour les 1% les plus riches mais il n’y a pas encore lieu de leur envoyer des couvertures de survie.

Ils peuvent même profiter de la demande de désinfectant et de masques.

Certes.

Cela dit, c’est une bonne nouvelle pour les 99 % qui restent.

Peut être que le changement est en marche ? Que leur économie virtuelle et fictive, à ces 1%, leurs châteaux en Espagne vont, enfin, se retrouver en cendres et qu’on va pouvoir reprendre les choses en main pour remettre le monde à l’endroit… Arrêter de polluer, de dérégler le climat, de générer misère et terrorisme.

J’espère, mais je ne me fais pas d’illusions, qu’ils ne vont pas nous faire le coup du chantage à l’emploi et nous faire croire que notre vie (emploi, santé, bien être matériel…) dépend de leur manière de gérer l’économie ! C’est archi faux. Regardez! A chaque fois qu’ils ont demandé des « efforts » aux gens (accepter des baisses de salaires, des licenciements partiels, des pollutions et divers malheurs…) pour « éviter le pire »… On a eu le pire. Il ne faut pas avoir fait les grandes écoles pour comprendre que licencier pour garder des emplois, c’est crétin.

Bon. reprenons. Revenons à notre coronavirus.

Je peux me tromper, mais le système actuel est le suivant:

Toute la version réelle du monde est dénigrée et méprisée. Travail, capital réel (l’argent sonnant et trébuchant, celui qui s’échange pour s’acheter une baguette), capital immobilier, capital alimentaire (nos campagnes) et de santé (nos savoirs faire de santé), capital social (liens humains, métiers, transmission de savoirs, morale…), tout cela est soumis au monde financier et numérisé , détenu sur des lignes de code par 1% de la population.

Ces 1% déterminent absolument tout dans notre monde par le biais de politique néo libérales autoritaires. Le seul mot d’ordre: le profit immédiat.

Ce profit immédiat n’existe pas par la production de richesse réelle dans une entreprise (des trucs et des machins vendus , des besoins de vie apaisés par l’action humaine, réelle: santé, éducation, soins aux personnes âgées, sécurité au quotidien, banque de proximité…) mais par une pure spéculation financière utilisant des algorithmes qui tournent au milliardième de seconde. Ou par des traders fous et shootés.

Le système est uniquement basé sur un grand jeu de Monopoly dans lequel on s’échange des « valeurs » symbolisées par de grandes multinationales qui doivent bidouiller leurs chiffres et employer de moins en moins de monde (ou des gens de moins en moins bien payés) pour produire des trucs de moins en moins bons puisqu’on utilise des matières premières de moins en moins chères et donc produites là où c’est le moins cher, c’est à dire, en général, loin.

On remplit donc les super marchés et les Mall d’une abondance délirante de produits markettés et packagés avec plein de couleurs et de mensonges dessus, dont personne n’a vraiment besoin et de très mauvaise qualité. Bref, on vend de la merde bien empaquetée pour générer une activité. (je ne dis pas des bénéfices exprès). Cette activité va légitimer le jeu spéculatif des multinationales elles-mêmes, qui vont faire leur bénéfice sur les marchés boursiers.

Et ce bénéfice, au lieu de la réinjecter dans l’investissement ou l’économie réelle, elle va être donnée aux actionnaires sous forme de dividendes.

Ca tourne tout seul.

On achète de grandes quantité de produits (ben oui, y a promo !) qui ont nécessité de grands transports avant et après leur production. On est licencié ou dans un boulot précaire qui gagne rien. Donc on a moins de sous. Donc on se replie sur soi, car on ne veut pas partager. Donc l’Etat n’a plus d’impôts pour faire tourner les services publics. Donc tout se dégrade, donc on achète pour oublier. On est prisonnier du système et on croit que c’est le seul possible.

Et le Coronavirus se balade, puisque le système de santé, même dans les pays riches, n’a plus assez d’argent pour fonctionner normalement (baisse des crédits des politiques néolibérales: résultat: Italie)

Pour qu’on accepte cette société inégale et lamentable, ils nous racontent une histoire de dynamisme économique et détruisent tranquillement toute économie, en créant un système virtuel juste fondé sur la croyance que cela va pouvoir continuer comme ça éternellement. Et qu’il est impossible de faire autrement. Ils ont pris le pouvoir politique, et médiatique pour nous raconter leurs salades.

Pourquoi le coronavirus est un danger pour eux ?

  1. La Chine est l’atelier du monde aujourd’hui. Entre les métaux rares, des production agricoles (thé, tilleul, arômes…),l’informatique, le textile et j’en passe. 26 % de son PIB est exporté. Une Chine à l’arrêt, c’est toute les chaines d’approvisionnement des multinationales qui est coincée. C’est le foyer idéal pour une contamination mondiale. Or le Coronavirus est apparu en Chine.
  2. Le système mondial est totalement dépendant des échanges internationaux au long cours. S’ils s’arrêtent, il y aura très vite des ruptures d’approvisionnement, dans les livraisons, dans les productions… et donc sur les bilans des multinationales qui ne savent plus faire autrement. Le coronavirus empêche les échanges.
  3. Tout le système est interconnecté. Ce qui arrive à un point A va avoir une influence sur tout le système. Chaque acteur financier est impliqué dans des réseaux complexes qui lie tout le système. Lehman Brother n’a pas entraîné tout le monde dans sa chute mais ça a été moins une. Et aujourd’hui, c’est pire (et il n’y a plus d’argent public pour venir au secours des crétins qui font n’importe quoi). La peur d’une endémie qui bloquerait l’économie génèrerait une perte de confiance dans des dividendes juteux, qui peut entraîner de ventes rapides  d’actions pour se désengager et donc générer très vite une crise financière. Comment légitimer le haut niveau de l’action APPLE si l’entreprise ne peut plus livrer ses produits pendant des mois? Comment faire venir des Iphone de Chine avec le risque de contamination possible ?

Pour autant, est ce que nous allons vers un monde à la Mad Max s’ils s’effondrent ?

C’est ce qu’ils voudraient nous faire croire. Pour que nous acceptions des « mesures d’urgence » (leur donner le peu qui nous reste) pour les sauver. « Sinon, on licencie! » « Sinon, on ferme »! Mais heureusement, l’économie, ce n’est pas QUE les multinationales !

Et puis, de toute façon, ils le font déjà.

Il me semble que la seule chose à faire, c’est de les laisser s’effondrer tranquillement, de nous désengager de leur système et apprendre à vivre autrement. Vivre SANS les multinationales et réapprendre à produire nous même ce dont nous avons besoin. Revenir aux bases de l’économie: Des agriculteurs (bio, c’est à dire à l’ancienne, avec pas mal de main d’oeuvre, mais  aussi à la moderne: une grosse productivité), des artisans (mais avec des imprimantes 3D, des logiciels libres performants, de nouveaux outils), des petites usines familiales (idem), des distributeurs locaux spécialisés qui connaissent et respectent les produits qu’ils vendent, peut être une monnaie locale, des lieux d’échange de savoir, de prêts, d’échange de services, des professions libérales qui apportent des réponses aux besoins de la population (soin, éducation, culture…) et… aussi une proposition politique qui permettra la reconquête de l’Etat, de l’Europe et du Monde pour, par le biais d’une fiscalité juste et la réduction des inégalités à un niveau raisonnable, permettra d’assumer les grosses dépenses d’infrastructure. Car l’exemplarité est puissante. Ce que chaque village fera pour s’en sortir et remplacer ce que le système ne donnera plus, servira d’exemple pour d’autres villes et villages partout dans le monde, et rallieront ceux qui ont besoin de vivre un monde juste normal.

Et je vous assure que vivre comme ça, ça risque d’être chouette ! Autonome, libre, respecté, avec des liens sociaux de qualité, des gens qui sont heureux de travailler, d’échanger, des bons produits dans l’assiette et dans des bons restaurants, des chouettes habits faits à vos mesures, des transports collectifs chaleureux (c’est le voisin qui s’y colle cette fois-ci, la prochaine fois ce sera la charrette du village avec Flon flon (Flon flon est le percheron auxquel les enfants apportent les carottes en tire bouchon), puis le tour du minibus électrique de Mimile rechargé par l’éolienne du village ou les panneaux photoélectriques de son toit… en attendant le train et la réouverture de toutes les petites gares), des écoles de la vie et pas seulement de l’éducation nationale, dans lesquelles ont fait le jardin, la cuisine, le bricolage avec les vieux du coin, en plus des maths, du français et de l’histoire. C’est le prof de Bio qui est content !

Alors, oui, Agnès, tu nous gonfle avec ton village. Et les villes ?

Alors, d’abord, qu’est ce qui vous obligera à rester dans des villes polluées et pourries quand vous aurez perdu votre bullshit job ? Ensuite, ce que l’on fait dans un village, on peut le faire pareil dans une rue,  une tour, un quartier, une ville. Regardez Detroit ! Reconstituer du collectif avec ses voisins, on peut faire ça partout !

Voilà pourquoi, le Coronavirus peut être utile.

Par la peur qu’il inspire plus que par le nombre de morts, par le blocage des échanges internationaux des multinationales, par le fait que l’offre de produits merdique risque de diminuer sensiblement, il peut nous amener à créer un mouvement qui pourra exiger de changer le système. Parce que le nouveau monde ne dépendra pas du système pour vivre.

Sans importation d’Iphone, il faudra bien se débrouiller. Et vous verrez, cela ne sera pas si terrible !

Et sans face de bouc aussi. On n’aura plus le temps, on aura footing avec Mimile ! et crapette avec nos enfants !

Bon, en attendant, soyez prudents. On se lave les mains, on met un masque et on ne fait pas des poutous à quelqu’un qui vient de Chine, d’Iran ou d’Italie du Nord (provisoirement)

Aller mieux… ouais…

Constat

Pas top

Ma traversée du désert n’est toujours pas finie et je trouve, personnellement que ça commence à bien faire.

Il faut dire que je ne suis pas aidée.

Je ne sais pas comment je fais, mais je me retrouve chaque fois en relation avec des gens qui ne me font pas de bien (c’est un euphémisme) et qui n’ont comme objectif que de m’utiliser (au mieux) ou me détruire.

La logique devrait être que je les envoie bouler, et que je reprenne ma vie en main pour construire, jour après jour, une vie qui me convienne.

Et je n’y arrive pas.

Et tout mon être se révolte et s’autodétruit dans une colère qu’il retourne contre lui. J’ai mal partout, je ne peux plus dormir, je suis fatiguée en permanence, je ne digère plus grand chose, découragée et pleine de larmes, déprimée et vraiment très seule. Obligée de gérer et de m’occuper de luttes, de conflits et de merdes qui me gonflent, coincée dans une vie que je n’aime pas, culpabilisée de ne pas être à la hauteur avec mes enfants… pas top.

Et pourtant, je continue pareil.

Faut être conne.

Je fais exactement l’inverse de ce que je conseille à mes patients.

Débile.

Bon. si on fait le compte:

  1. je dois repartir en bataille contre mon ex qui refuse de me verser la pension des enfants. Du coup, j’ai réduit drastiquement ce que je leur donnais, ils m’en veulent et je me sens super mal. Il va falloir monter un dossier, perdre du temps à argumenter, aller chercher un huissier, me battre pour simplement récupérer ce qu’il doit à ses enfants.
  2. Je ne supporte plus de m’adapter avec la vie commune avec O. Je lui en veux de m’avoir éloigné de mes enfants, d’être de très mauvais conseil et de me les imposer, de me bouffer mon temps et mon énergie, de ne pas pouvoir m’écouter et dialoguer avec moi, de m’empêcher de dormir, d’être malheureux, négatif, et d’aimer ça, de m’imposer son angoisse qui irradie de son corps au quotidien, de devoir m’occuper de lui au lieu de me laisser m’occuper de moi (sans parler de me demander ce que je voudrais qu’il fasse pour m’aider… il n’a pas besoin de me demander, il a son idée), de m’interdire la joie, la légèreté, et l’amour (même s’il n’en est pas conscient). Il est totalement dépendant de moi et me culpabilise de ne pas être ce qu’il voudrait que je sois pour lui. J’en crève. Cette nuit, j’ai eu l’impression de faire une crise cardiaque, ou un syndrome du cœur brisé, je ne sais pas, mais c’était horrible.
  3. je ne suis pas chez moi. Je n’ai pas de chez moi. J’ai besoin de ma chambre à moi, de mon intimité et de mon refuge, seule. Je suis obligée de partager son espace. Et il prend toute demande de tranquillité pour un rejet, me le reprochant et me renvoyant une image de moi détestable, égoïste et injuste. je n’ai plus de vie personnelle (enfants, amis, lieu, temps…), il estime qu’il doit être sans cesse présent dans ma vie.
  4. Je dois faire le deuil de mon amour pour B. La dé-cristallisation stendhalienne joue à fond. B. n’est que lui-même et pas du tout l’homme que je me suis imaginé, construit, rêvé. Et surtout, il n’est absolument pas amoureux de moi. C’est comme ça. Il n’y est pour rien, même s’il en a un peu profité. Mais, j’étais tellement dans un déni de réalité, qu’à vrai dire, c’est compréhensible… Cela dit, la vache, ce que ça fait mal! J’avais l’illusion d’être aimée. C’était faux mais cela me faisait tenir. Je dois y renoncer.
  5. J’ai l’impression que le couple et le bonheur d’être deux m’est interdit. Autour de moi, personne ne semble avoir envie de tomber amoureux de moi. Coucher, oui, y a du monde. Mais s’intéresser à moi comme une compagne possible, ben, là, tout le monde regarde ailleurs.

Ne me reste que m’aimer moi même. ouais…  là, je ne suis pas très douée, en fait.

En fait si.

Mais c’est aller contre mes croyances que d’oser prendre ma liberté. Et ça, j’ai du mal. Qui  je suis pour oser vivre ? Ma mère, mon père (par son inexistence en tant que père), mes frères, m’ont bien répété et enfoncé dans la tête et le corps que je n’y ait pas droit ! que je dois juste être utile, servir les autres, qui eux, ont le droit d’exister, d’être en colère pour se protéger, de refuser ce qu’on leur donne parce que cela ne leur convient pas, de choisir leur vie et de me donner l’ordre de les aider à le faire au mépris de mes désirs les plus essentiels!

Oui, oh, la belle victime ! Oh la belle plainte ! ça je sais faire… et ça m’amène où?

En fait si.

Mais c’est renoncer à accuser les autres de mon mal être alors qu’ils essaient simplement de gérer le leur et que je leur donne l’autorisation de le faire en m’utilisant, alors que je me trahis moi même comme une grande. Alors que c’est moi l’andouille. Pas eux.

Comme dit Guy Corneau « ce qui rend nous rend lourds est notre croyance en nos drames, en nos chaînes, qui sont autant de raisons que nous inventons pour limiter notre liberté parce qu’elle nous fait trop peur. »

Parce que il suffirait:

  1. D’enlever tout l’affect de cette histoire de pension et de le traiter simplement en responsabilité. je ne suis pas méchante parce que je remets la loi en place. Trouver un moment (et un espace) pour cela et m’y tenir.
  2. Dire à O. ce que je ressens et accepter de changer ma vie en fonction de ce qu’il peut accepter lui.
  3. Assumer de mettre Langast comme mon chez moi, et m’y tenir. Y inviter O, B, et mes amis, comme invités. Et peut être, un jour, le partager avec un compagnon.
  4. Regarder autrement mon histoire avec B. et en tirer des enseignements pour m’aimer mieux. (je n’aurais jamais du accepter d’être traitée comme je le fus, je méritais mieux). Je mérite mieux. Je vivrais l’amour mieux car je saurais maintenant les limites à poser.
  5. Arrêter de me plaindre. Bien sûr que le couple m’est permis. Mais pour l’instant, pas encore. c’est tout…

Mais alors, ça me terrifie… surtout le 2 et le 4.

Dingue… Dire la vérité me terrifie! ce que je suis nulle!

Revenons à Guy : »Nous refusons le contentement et inventons l’histoire de notre disette. Nous inventons la guerre pour crier l’injustice de la situation. Toutefois, chaque rayon de lumière nous nourrit, chaque respiration nous purifie, chaque verre d’eau nous structure et nous redonne l’information essentielle. Chaque pensée nous crée.

Tout est là. Il n’y a qu’à goûter, à savourer. Le bonheur, l’extase et la joie vous attendent. Vous n’avez rien à faire pour mériter ça. C’est déjà là, en vous. »

Tout mon amour à vous, lecteur (trice)….

 

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