Archives pour août 2022

Avant Arthémise

Les souvenirs familiaux ne remontent pas beaucoup avant mes arrière grand mères, nées dans le dernier quart du XIXeme siècle. Ce que j’ai pu apprendre par des bribes écoutées ici ou là dans les conversations des plus vieux que moi, ne remonte pas au delà.

Mais il y a inscrite en moi de bien plus vieilles terreurs, de bien pires souvenirs, qui se manifestent à l’occasion de rêves, de conscience modifiées ou de comportements aberrants. Vous savez, quand on sait très bien que l’on doit conduire sa vie d’une certaine manière et qu’on fait exactement le contraire ! Cet auto-sabotage qui vous coupe de la joie simple d’exister et de profiter des bonheurs de la vie, qui vous interdit l’amour d’un homme ou la réussite sous quelque forme que ce soit…

Cette croyance tellement ancrée en soi qu’on ne mérite pas de vivre, cette illégitimité à être aimée, cette désespérance de soi comme une évidence, cette destruction systématique du bonheur, je l’ai vécu pendant 50 ans et même un peu plus.

Les souffrances des vies de mes Mères connues sont elle-mêmes la conséquence de ces croyances. Elles les ont reçues et transmises, et se sont pliées à cette malédiction qui venait de très loin, parce qu’à leur époque, on ne se posait pas de questions, on ne se posait même pas la question du bonheur.

Le bonheur, c’était un truc de riches. D’hommes. Et généralement d’hommes riches, éduqués.

On n’avait pas le temps pour ces « bêtises là ».

Ma famille est issue, comme 90 % de la population mondiale, du peuple.

Ce peuple qui a toujours été au service des puissants et des oisifs. Parfois, il y avait un équilibre et une justice, et les riches protégeaient les pauvres, collaboraient en bonne intelligence et permettaient une société harmonieuse où chacun pouvait tracer son chemin et vivre une belle vie. Parfois non… Souvent non.

C’est d’ailleurs amusant de noter que, bien souvent, c’est lorsque les discours officiels sont le plus en faveur du peuple, que le peuple est le plus bafoué et l’élite la plus violente.

Au sein de ce peuple, petites gens, laboureurs et journaliers, colporteurs et petits artisans ruraux, les femmes ne devaient un sort enviable qu’à l’intelligence et à l’amour de leurs pères et maris.

L’amour rétablissait une sorte d’égalité de dignité et de droits là où la société avait établi une soumission absolue.

Et puis, il y a eu les aléas : les guerres, les maladies, la peste, les malandrins et les accidents. Ces évènements terribles qui impactent toujours plus les pauvres que les riches. Ces derniers ont un peu plus le moyen de se protéger là où les pauvres n’en ont aucun.

A cela, s’ajoute, pour les femmes et les enfants, les viols, les défauts de soin et les décès lors des accouchements. Il suffit de voir les cimetières anciens pour s’en rendre compte. Etre femme, c’était souffrir et mourir. C’était d’ailleurs écrit dans la Bible, alors…

Là aussi, ce furent les femmes des milieux populaires qui payèrent le prix le plus fort.

Dans la lignée de ma mère, originaire de l’Est, il y a fort à parier pour que les femmes de ma lignée aient subi les pires outrages. Ces régions ont été balayées bien trop souvent par les vents de la guerre, avec ses soudards laissés à eux-mêmes lorsque la solde n’arrivait pas ou lorsque les commandements ne les contrôlaient pas assez (ou les laissaient volontairement répandre la terreur pour affaiblir l’ennemi).

Ces soudards, donc qui mettaient volontiers les villages à sac, pillant, tuant et égorgeant à tout-va, sans négliger de violer d’importance tout jupon « baisable » qui passait à leur portée. Ils n’étaient d’ailleurs pas très difficile et cela allait de la petite fille à la grand mère, en passant par la femme enceinte.

Le pire, c’est que celles qui subissaient ces violences, et n’en étaient pas mortes, se retrouvaient « salies, déshonorées » et bien souvent chassées de leur famille, de leur village, de leur entourage, traités comme des pestiférées. Double peine.

Certaines devenaient prostituées, d’autres vagabondes… rares furent celles qui furent accueillies dans leur souffrances, soignées et ont pu reconstruire une vie. Elles étaient marquées du pêché, coupables, devenues immondes et vouées à l’exclusion du monde des gens « normaux ».

Un tel traitement, une telle condamnation sans appel, sans aucune miséricorde, n’a pu que laisser des traces terribles dans celles qui ont vécu cela et ont réussi, malgré tout à survivre… et à laisser des enfants derrière elles. Rebuts de la société, elles ont pu devenir les compagnes d’autres rebuts mâles, les seuls qui n’avaient pas le choix. Elles devaient s’en contenter, une vie sans homme étant suspecte et quasi impossible dans la société patriarcale, surtout lorsque l’on n’avait pas d’argent.

Pour donner un peu de sens à ce non sens, se mettait en place des croyances et des tabous, qui « normalisait » une situation de souffrance et de violence, pour ne pas devenir folle. En tout cas, il semble que ce fut le cas dans ma famille :

  • Les hommes ont tous les droits

  • Le viol est normal (les hommes ont des besoins et les femmes sont là pour cela)

  • On ne doit JAMAIS dire Non à un homme

  • Le bonheur n’existe pas (ou c’est pour les autres), variante : les femmes n’ont pas le droit d’être heureuses

  • les femmes sont au service des hommes

  • L’amour, c’est de la blague (sauf, éventuellement l’amour maternel ou grand maternel), et, s’il y en a, il est de toute façon sacrificiel

et :

  • Les femmes, c’est le Mal absolu. Elles sont stupides, méchantes et dangereuses. Elles ont toujours tord et créent, à elles seules, tout le mal du monde.

A cela, s’ajoute des ressentis réactionnels :

  • Les fils ne doivent pas devenir des hommes, toujours rester des petits garçons, pour ne pas devenir violents, méchants et dangereux. La colère contre les hommes responsables du malheur des femmes s’exprime dans la castration des fils.

  • Les filles doivent apprendre à cacher leur féminité, pour pouvoir exister. Leur féminité est déniée, ridiculisée, rendue honteuse. Ainsi, les mères, inconsciemment, essaient de protéger leurs filles.

  • Le monde est dangereux et il ne faut pas oser vivre. La soumission et la dépendance est le plus sûr moyen de survivre puisqu’on est totalement impuissant dans ce monde. On ne mérite pas d’avoir de la valeur : aucune estime de soi, ni confiance en soi n’est possible. Pas la peine d’essayer, de toute façon, on ne peut qu’échouer.

Bien avant les ancêtres d’Arthémise

La longue procession s’avance au son des flutes d’os et des lithophones. Les tambours en peau de rennes rythment les pas des initiées du jour.

La veille, les garçons ont vécu leur cérémonie du Ciel et font désormais partie de la haie d’honneur qui portent les flambeaux le long du chemin qui s’enfonce dans la Terre-Mère.

Dans une lune aura lieu la Cérémonie de l’Alliance du Ciel et de la Terre, pour tous les jeunes des clans venus cette année là au sanctuaire. A ce moment-là, autour du feu, les regards vont se faire séducteurs, les mains vont se frôler, les corps vont danser, et l’amour va prendre le cœur des jeunes qui vont choisir (ou pas) leur compagne ou leur compagnon de vie. Nulle obligation, nulle exigence de la part de leurs ainés, sinon, celle de prendre le temps de se connaître et d’écouter leur cœur. Les clans restent ici une ou deux lunes.

Pour l’heure, les jeunes filles, celles qui ont quitté l’enfance depuis les dernières rencontres de l’année dernière, avancent dans le tunnel. La grande Mère les accueille dans la salle gravée et peinte.

Les hommes restent à l’extérieur et refluent vers l’entrée. Ils vont prier pour les femmes, sous le ciel étoilé.

La lourde porte en peau de Mammouth est glissée devant l’entrée.

Les femmes sont dans l’utérus de la terre-mère. Elles vont partager les enseignements de la féminité. Les secrets de leurs corps, de la jouissance et de la vie. Les plus vieilles vont répondre aux questions des plus jeunes. Les expériences vont s’échanger pour comprendre, apprendre et devenir une adulte responsable et enseignée. Elles vont apprendre les herbes qui soulagent les douleurs, les traditions qui permettent de protéger la santé des femmes, des bébés et des hommes, le respect de la vie jusqu’à son aboutissement, la mort, le passage.

Lors de cette nuit, les jeunes filles vont donc apprendre à être femme. Elles vont apprendre les secrets de leur ventre, de leur sexe et du plaisir. En recevoir et en donner. Respecter et aimer leur corps, tel qu’il est, en confiance et en responsabilité. L’écouter, en prendre soin et lui donner le nécessaire. Elles vont apprendre le grand mystère de la vie : comment ce corps va faire naître un enfant. Comment l’amour d’un homme et d’une femme, sous la protection des Esprit va faire advenir un bébé dans leur ventre. Comment faire en sorte de ne pas le faire advenir si les ressources ne sont alors pas suffisante. Elle vont apprendre à maîtriser leur fertilité, à ne pas la subir, tout en accueillant la vie qui se présente comme un cadeau. Elles savent lorsqu’elles sont fertiles grâce à leur fétiche1 qu’elles reçoivent ce soir là. Elles sont responsables de la survie du clan, et de l’équilibre des ressources. Elles vont apprendre les soins de l’accouchée, des bébés, des enfants, des malades et des morts.

Elles vont partager, en même temps, la confiance, la solidarité, la fraternité, la sécurité du clan des femmes. Le savoir va avec la douceur de l’affection et la bienveillance. Les conflits naissent mais sont réglés par les trois « sages » : des femmes choisies pour leur sagesse et leur intelligence, leur expérience et leur parcours de vie leur en ont donné l’autorité.

Lors de cette nuit, les jeunes filles vont choisir leur place dans la communauté. Elles vont être écoutées, enseignées. Elles vont s’écouter l’une l’autre.

L’une choisira d’être compagne et mère, de s’occuper des plus petits ; l’autre préfèrera les grands espaces et la liberté. Elle accompagnera les hommes et leur indiquera les lieux de nourriture que les Esprits lui auront transmis ; La troisième voudra connaître les plantes, celles qui donnent la vie, celles qui donnent la mort ; la quatrième sera celle qui préside à la naissance des bébés; une autre va créer de la beauté avec des terres de couleur, des os, de l’ivoire, des coquillages; une autre, enfin, va discuter avec l’invisible et servir de canal pour les Esprits…

Chacune recevra une maîtresse en savoir. Une femme qui sait, et les guidera dans leur apprentissage. Elles quitteront leur famille et iront quelques années dans le clan de cette marraine, le temps de maîtriser ce qu’elles doivent connaître.

Au petit matin, elles vont émerger du sanctuaire, pâles, fatiguées mais rayonnantes. Elles naissent alors à leur vie de femme.

Les hommes, qui ont prié toute la nuit pour elles, les accueillent à leur nouvelle dignité.

L’alliance du féminin et du masculin va créer la danse joyeuse de la vie.

C’était il y a bien longtemps.

Avant l’Histoire, ses grands empires, ses progrès techniques et son paternalisme.

Avant les villages du Néolithique et la soumission des femmes, devenues des « ventres » à produire de la main d’oeuvre, des guerriers et des héritiers.

Avant les grottes du Mésolithique où l’humanité, privée de l’abondance par les esprits, s’étiolait dans des conflits et des violences en se disputant les maigres ressources des terrains de chasse et de la cueillette.

C’était la grande période des Grands Clans qui a duré plus de 30 000 ans dans les plaines glacées d’Europe. La période où l’humanité vivait en harmonie avec les Esprits et la Terre. Où la violence sociale n’existait pas encore car il y avait suffisamment de ressources pour tout le monde et que l’accaparement n’avait ainsi aucun sens. Où la domination et la hiérarchie de la force et de l’avoir n’en avait pas non plus.

C’était la période qui, dans l’imaginaire collectif a été transmis comme le Paradis terrestre.

Il n’y avait ni travail, ni pénuries. Chacun mangeait à sa faim et les hommes et les femmes se respectaient et s’aimaient dans une égalité de dignité qui allait de soi. Les femmes avaient un savoir qui leur permettaient de ne pas « accoucher dans la douleur », les hommes n’avaient pas à suer et s’épuiser à tirer du sol leur subsistance.

Les récits de la Genèse, dans la Bible, comme ceux des commencements du monde de beaucoup de cultures, parlent de cet Age d’Or.

Mémoire collective (Jung) ?

Chant métaphorique sur un passé révolu ?

Enseignement aux hommes que leur nature n’est pas la domination mais la collaboration, l’amour ?

En tout cas, les dernières découvertes sur la paléolithique supérieur montrent que l’esprit de cette société égalitaire (quelqu’ait été sa réalisation concrète, qui a du, d’ailleurs être aussi différente, selon les clans, que les êtres humains eux mêmes) a été une réalité qui s’est inscrite en nous, les femmes, et nous a donné la force de ne plus accepter d’être des sous-hommes, des « vides », des « manques », des « trous noirs » comme prétendent Freud et sa clique…

En chacune de nous, les traces de ce passé de liberté et de dignité est encore présent, malgré les terreurs et les chemins violents qui leur ont succédé.

La domination n’est pas une obligation dans le monde humain.

La soumission des femmes n’est pas naturelle.

Les hommes ne sont pas plus forts que nous.

L’égalité de dignité est la base même d’une humanité stable et prospère, naturelle.

C’est ce souvenir qui doit nous porter à retrouver notre puissance, non pas comme une revanche, en détestant ce féminin que l’on croit fragile en nous, mais comme une évidence.

Guérir les traumatismes de 15 000 ans de domination patriarcale (qui a généré autant de femmes que d’hommes violents, ne l’oublions pas) pour retrouver la paix et la puissance d’une identité féminine retrouvée (bien différente de la féminité construite depuis le néolithique) dans le respect des particularités de chacune, en alliance apaisée et joyeuse avec la puissance de l’identité masculine redécouverte.

1Le fétiche est une petite figurine en bois, en ivoire, en os ou en pierre sur laquelle les 27, 28 ou 29 stries de leur cycle personnel sont inscrits. Elles savent qu’au milieu du cycle, lorsque les stries approchent du pubis dessiné, leur période fertile commence.

 

Papa. 11 janvier 1932 – 23 juillet 2022

Mon père est parti pour de nouvelles aventures, en laissant son corps ici, le 23 juillet 2022

Je voudrais rendre hommage à mon père, parce que je suis très fière d’être sa fille.

Cela n’a pas été tout seul. Nous portions tous les deux nos peurs et nos pudeurs, nous ne savions ni l’un ni l’autre dire que l’on aimait, maladroits et empétégués de fausses hontes et du sentiment que l’autre se foutait de nous comme de sa première chaussette. C’était faux. C’était idiot. Mais c’est comme ça, quand on ne s’aime pas beaucoup soi-même, on a du mal à imaginer que l’autre puisse vous aimer un peu.

Tu as été mon héros, et l’homme que j’aimais le plus au monde lorsque j’étais petite. A égalité avec Pépé.

Et, en grandissant, tu as été Ma Référence, celui sur qui je savais pouvoir compter, celui que j’admirais plus que tout, celui qui était là, malgré la distance, et justifiait la valeur de mon existence. Avec un père pareil, je ne pouvais pas être si ratée ! Tant que tu étais là, je me sentais protégée. Tu a été la source de ma force et de ma fierté d’être, malgré les épreuves, les bêtises et les culs-de-sac. Je savais que tu aurais pris ma défense face au danger, et c’était rassurant.

Et je t’aimais, je t’aime, parce que, même si tu n’es pas le super-héros de mon enfance, tout puissant et parfait, tu est un homme digne, intelligent et qu’un lien puissant nous unit. Depuis que tu as posé ton regard de papa sur ce bébé pas trop voulu et que tu as été séduit par mes menottes, mes grands yeux noirs et ma bouille qui te ressemblait.

Tu n’as pas su dire que tu m’aimais. Dans notre famille, cela ne se dit pas.

Mais au fond, je savais que tu m’aimais. Je l’ai toujours su, même quand j’étais en colère lorsque j’ai cru que tu me rejetais parce que je t’avais déçu. Et, d’une certaine manière, oui, je t’ai déçu. Tu rêvais d’une belle réussite à la mesure de mes talents, et j’ai choisi une autre voie.

Tu ne nous as jamais rien imposé. Tu proposais et nous laissais libres. Ce respect, je l’ai pris pour de l’indifférence, j’avais tord.

Ce qui est sûr, c’est que ce que tu envisageais pour moi, HEC, comme tout parent raisonnable, n’était pas du tout ma tasse de thé. J’étais bonne en maths, mais je les détestais cordialement. Cela aurait mal fini. Alors, finalement… On ne refait pas le passé. J’ai peut être gâché mes talents, mais je vais me rattraper, promis.

Et aujourd’hui, je sais à quel point tu nous as aimés, nous, tes enfants.

Je sais qu’aujourd’hui, tu es fier de moi. Je ne me suis pas si mal débrouillée, j’ai relevé le gant, et j’ai lutté. Grâce à toi.

Je sais, aujourd’hui que tu m’aimes et que tu restes auprès de moi, avec tendresse et intelligence. Tu continues ton boulot de papa. Même si c’est à moi d’assumer et de prendre la responsabilité de ma vie. Tu me fais confiance. Parce que la vie est trop précieuse pour la laisser se dérouler passivement et ne pas réaliser notre potentiel au mieux. Et tu crois en moi. Je ne dois plus rien gâcher.

Alors, aujourd’hui, je te dis merci, devant ton cercueil où tu n’es pas.

Tout d’abord, merci, Papa, de m’avoir appelée Agnès et d’avoir désobéi à maman qui voulait m’appeler Marie-Ange. Franchement!  Est-ce que j’ai une tête à m’appeler Marie-Ange ? Merci d’avoir pris l’initiative de m’appeler Agnès comme la petite fille déclarée juste avant moi, devant l’officier d’état civil. Tu as du te faire engueuler d’importance par maman !

Merci d’avoir été mon héros lorsque j’étais petite fille. Je te trouvais bien plus beau et surtout plus intelligent que les papas de mes copines. Y avait pas photo! (Et je trouve encore!)

Merci d’avoir été toujours là pour répondre à mes questions (et elles étaient nombreuses), le long des chemins autour du Mas, d’expliquer les pins, les fourmis, la garrigue, les cigales, le Mistral, la révolution de la terre et le sens du tourbillon de l’eau qui change en fonction des hémisphères… pour ce dernier fait, je n’ai jamais su si c’était vrai. Tu racontais des histoires avec un humour pince sans rire et on ne savait jamais si c’était du lard ou du cochon… Tu étais à la fois une encyclopédie vivante et un grand blagueur. Je croyais tout… ou presque. Tu aimais enseigner et j’adorais apprendre.

Merci de m’avoir transmis un héritage provençal, de m’avoir donné des racines, des valeurs et une structure… mine de rien. Maman te laissait si peu de place…

Merci pour ces après midi ensoleillés aux Lecques, quand tu allais pêcher les oursins dans les eaux scintillantes de la Méditerranée.

Merci pour les rires et la joie de vivre, qui mettaient du soleil dans notre famille qui préférait le silence, le devoir et la rigueur… la légèreté et le plaisir étaient bien suspect chez nous…

Tu travaillais dur, comme ton père, mais tu savais aussi t’amuser.

Il y a eu la blague des olives que tu choisissais avec soin sur l’arbre, avec componction, pour la faire croquer aux pauvres gens d’au delà de Valence (qui est pour nous la frontière du nord). C’est, en fait, horriblement amer. Et les gens de recracher avec une grimace pendant que tu riais de bon cœur, avant de leur proposer un pastis pour faire passer le goût.

Il y a eu les soirées pizzas, au Mas que tu as construit, avec son four à Pizzas comme en Italie, où, couvert de farine, tu officiais en pizzaïolo de grande classe. Les meilleures pizzas que je mangerais jamais!

Il y a eu les étudiants, à la fac, avec qui tu savais faire la fête, tout en leur apprenant leur métier avec sérieux.

En bon méridional, tu pouvais t’engager dans ces grandes conversations tonitruantes à la Comedia dell’arte, à la table du dimanche, qui en tremblait sur ses pieds.

Il n’aurait pas fallu grand chose pour que tu te laisses aller à être heureux, mais on ne t’en a pas laissé l’occasion. Alors tu es parti. Tu as eu raison.

Merci d’avoir rencontré Marie Christine qui t’as rendu heureux et t’as rendu à toi même. Merci de l’avoir aimée. Merci à elle d’avoir aimé et pris soin de mon Papa.

Merci d’avoir eu le courage de mener ta vie sans te renier et d’en avoir fait une belle vie.

Merci de nous donner cet exemple

Tu vois, tu es toujours un bon professeur.

Je t’aime tant, papa.

Bon voyage.

 


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