Liberté

Le train roule vers ma maison perdue dans la campagne. J’ai osé !

J’ai décidé de partir, simplement parce que j’en avais envie. Me retrouver seule avec moi même, quel luxe.

On est tellement formaté pour ne fonctionner qu’en fonction des autres, et moi comme tout le monde, que j’avais un peu peur, quand même. Tout ce vide, tout ce silence, toute cette liberté, qu’est ce que j’allais en faire ?

Mais voilà, j’ai osé.

Arrivée à Lamballe. Ma voiture m’attend sagement. Je conduis. Le paysage encore hivernal avec ses arbres dépouillés a la lumière du printemps. Les champs ont verdi depuis ma dernière visite, des brins d’herbe décoiffés ont recouvert le brun de la terre. Je me sens puissante et libre. C’est moi qui ai le volant, je décide, j’accueille, je suis. J’évite de me poser des questions sur ce qu’il convient de faire, sur ce que je devrais faire, sur l’utilité de ce voyage. Je suis simplement là, dans cette voiture, vers ma maison.

Ce sont des jonquilles qui m’accueillent, des primevères, et la douce chaleur de la maison.

Il n’y a pas de demandes, pas d’exigences. Que le silence bienveillant d’un espace à mon écoute. Je peux y chanter, y danser, faire des grimaces, lire, écrire, tricoter, écouter la radio, rester 3 h sous la douche, ou ne rien faire d’autre que de rêver, personne n’y trouvera rien à redire.

Nuit douce. Paisible.

Puis une journée de pluie et de soleil. En alternance. Évidemment, pour ma première balade, je me suis fait saucer. Le temps de me demander si je sortais, comment, pour aller où, et le soleil s’est caché pour faire place à du vent et à de grosses gouttes qui me fouettaient sous le ciel devenu gris et lourd. Je rentre, trempée,je change de jean, de chaussures, je m’installe dans mon fauteuil avec un livre…

Le soleil revient…

Alors, je prends mes clés et je me précipite dehors, sans penser, juste pour choper le soleil.

Balade au milieu des champs, respiration, caresse de la lumière sur la peau… un bon pas sur la route. Un clin d’oeil aux vaches enfermées dans l’étable, les pauvres. Des violettes blanches au bord du chemin. L’air est froid, piquant, vif. Le ciel est magnifique, lumineux, habité par des ailes légères et des chants d’oiseaux.

Tout ça, juste pour moi, pour sentir mon corps être vivant. Je suis allée n’importe où, puis je suis revenue.

Arrivée à la maison, le temps de me faire un thé, de gros grêlons ont frappé mes fenêtres… Cette fois, j’ai gagné ! Yes !

Puis, rien. lu, écrit, traîné… mangé un pain au chocolat.

Personne ne me manque plus. Je me suis trouvée. Ça fait du bien d’être. Ça fait bizarre aussi. Pas l’habitude… Je sens bien une petite pointe de culpabilité d’avoir « perdu mon temps » qui essaie de se faire entendre…

Parce que vivre, rendre hommage au monde, profiter de notre temps d’existence pour le savourer, c’est perdre son temps ? ou pour une fois, le remplir de conscience et de profondeur ?

Sais pas. M’en fous. Je vais me coucher avec mon livre et mes bouillottes.

Bonne nuit.

Demain, je reviens dans le monde compétitif de l’efficacité et de l’ordre. Je vote.

1 commentaire à “Liberté”


  1. 0 tb 14 mar 2021 à 18:28

    Tu n’étais pas seule
    Tu es allée à ta rencontre
    Ça fait bizarre de se retrouver

    Répondre

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