Covid : pourquoi ce qui se passe n’est pas une catastrophe ?

Quelle idiote, celle-là !

Ne se rend t’elle pas compte que la misère est à nos portes et que plein de gens vont perdre leur boulot ?

Ne se rend t’elle pas compte que la mort est à nos portes avec le covid et que « nous sommes en guerre « ?

Ne se rend t’elle pas compte que l’économie va s’effondrer dans nos pays riches ?

Si

Je m’en rend compte mais j’aimerai élargir le débat.

Et puis les discours anxiogènes et dépressifs m’énervent.

Nous avons pris des habitudes de riches ou du moins de simili riches, considérant comme une évidence d’aller remplir nos cadis au supermarchés d’un tas de produits dont nous allons gâcher la moitié et dont l’autre moitié est d’une telle mauvaise qualité qu’ils ne durent pas longtemps et finissent très vite à la poubelle (pour qu’on en rachète plein d’autres) ou nous rendent carrément malades. Nous avons pris l’habitude de penser par notre capacité à acheter, à payer.

Bon, moi pareil. un temps…

Acheter, c’est la vie.

Ce qu’on achète n’a pas d’importance. L’important, c’est de pouvoir acheter. Le pouvoir d’achat, ça pause un homme, ça !

Au début, c’était chouette parce qu’on accédait au confort et à de bons produits. Qui peut dire que la machine à laver n’est pas une bonne chose ?

Mais ensuite, il y a eu un petit problème.

Ceux qui produisaient ont voulu faire plus de profits.

Et puis, ceux qui donnaient de sous à ceux qui produisaient ont voulu de plus en plus de profits pour eux aussi, et rentabiliser leur capital au maximum.

Alors on a diminué les coûts, les investissements, les contrôles qualité, pour pouvoir vendre moins cher, plus, et avec une meilleure marge.

Alors, on a inventé le marketing, le packaging, la manipulation pour pouvoir vendre des trucs inutiles.

Puis on a inventé les réseaux sociaux et les applis (et les mêmes de chat) pour vendre de la pub qui permet de faire du marketing (en gros on vend du vent, mais on se fait donner de l’attention pour que les gens achètent n’importent quoi)

Résultat: les produits qu’on peut acheter sont de 2 catégories: les « pas chers » ou « pas trop chers » fabriqués en masse au mépris de la planète et des gens qui travaillent pour les produire, qui singent les produits de luxe et n’en sont que de pauvres ersatz à l’image du saumon fumé de super marché qui ressemble à du chewing gum orange… Et les très très chers, faits à l’ancienne, de qualité, réservés à une élite.

Ce faisant, en plus, on a perdu le Temps (notre temps personnel à nous, la capacité à le choisir, à le goûter, à l’apprécier, à l’organiser), l’Espace (on accepte de vivre dans de tous petits espaces, de partager des espaces pourris dans le RER, de ne plus avoir de lieu à soi, de ne plus avoir de bureau, d’être hors sol, sans racines, sans intimité) et notre relationnel (exister et échanger avec un vrai quelqu’un, dans une expérience réelle de présence humaine). Et le numérique (pour les pauvres) a créé un monde virtuel, où tout va trop vite, délocalisé, sans relations humaines autres que fictives (donc pas d’apprentissage pour les enfants, pas de pensée, pas de soins, pas de culture, pas d’écoute ou de présence quand ça va pas, rien…)

On est devenus des Robots.

Parce que sans le triptyque Temps/Espace/Relations inscrit dans le réel, on ne peut plus Être.

Être humain et construire jour après jour le sens que nous voulons donner à notre vie

Être humain et prendre son temps, le temps de penser, de choisir, de prendre du recul, de ne plus subir.

Être humain et s’ancrer dans une réalité spatiale avec des racines, des lieux, une intimité préservée..

Être humain et s’inscrire dans une communauté vivante qui est là avec nous, répond et participe à notre vie, même la vieille qui colporte des ragots… ou le voisin qui nous énerve: Le conflit est source de créativité, parce qu’il faut utiliser notre intelligence pour le résoudre.

Être humain et partager notre vision du monde avec de vrais autres et penser ensemble dans un dialogue intelligent (rire et se marrer ensemble aussi, partager des repas, s’émerveiller ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, inventer ensemble, pleurer ensemble…)

Être humain et retrouver toutes les dimensions de notre humanité, les expérimenter et se sentir vivant !

Bon.

Le pire, c’est qu’aujourd’hui, on est tellement habitué à se passer de l’essentiel qu’on accepte.

On accepte de ne pas avoir le temps, de courir dans une vie qui n’a plus de sens, d’obéir à des ordres idiots, de faire du reporting, des calls creux, des réunions qui tournent en boucle, de culpabiliser parce qu’on nous dit qu’on est nul, qu’on ne va pas assez vite, qu’on n’atteint pas les objectifs, qu’on ne comprends pas…

On accepte de ne pas penser lorsqu’on est dans le RER ou dans sa voiture, épuisés, on avale du pret-à-penser vomi par la radio, à toute vitesse, ou on s’isole dans du rien avec une appli de candy-crunch. On accepte de manger un pret-à-manger normalisé où la viande n’est pas de la viande et le fromage non plus.

On accepte de ne pas jouer avec ses enfants, de ne pas parler avec son conjoint, parce qu’on n’a pas le temps et qu’il faut finir le dossier machin pour la présentation de demain, manger la pizza surgelée avant de s’avachir devant des séries ou des jeux qui tournent en boucle avec les mêmes ficelles… ou s’effondrer dans un mauvais sommeil.

Pour pouvoir aller acheter des trucs…

Quelle que soit la somme à la fin du mois, c’est juste ça qui compte. On va acheter des trucs. Le must, c’est de se faire livrer… et on se croit puissants !

Ah, ben oui, ma bonne dame ! et comment faire autrement ? Hein, tu fais moins ta maligne !

Ben, je ne sais pas, moi…

Accepter de changer notre vision du monde et revoir nos priorités (qui seront différentes pour chacun)

Renoncer à ce faux-niveau-de-vie de pays riche qui n’est qu’un niveau de mort et un mensonge. Renoncer à ce qui nous parait essentiel parce qu’on nous a dit que c’était essentiel. Arrêter la course.

Réfléchir (ce qui demande du temps, du vide, de la respiration) à ce qui est vraiment indispensable à sa propre vie (et je doute que Netflix soit INDISPENSABLE)

Et s’offrir la vie qu’on rêve. Indépendante et libre. Humaine. Avec l’aide des autres, la débrouille, et l’intelligence collective et personnelle pour avoir tout ce dont on a besoin. Prendre le risque de vivre !

Bon.

C’est difficile. On est dans le déni, la peur et l’impuissance. L’épuisement aussi.

Alors cette crise, qu’on est bien obligés de subir, si on la regardait comme une opportunité?

la chance d’être obligés de changer et de se prendre en main dans toutes nos potentialités, nos talents, nos compétences et oser vivre au lieu de subir notre vie ?

Parce que, de toute façon, on est en train de tout perdre…

Regarder ce que l’on perd. Et ne pas s’y accrocher. Le laisser partir…

Regardez tout ce que vous pouvez gagner. Ensemble.

Soyez comme un aventurier qui met le pied sur une terre inconnue, étrange, dans laquelle tout est à inventer et à construire. Et vous allez être des millions… C’est plus sympa, non ?

Cerise sur le gâteau, en renonçant au modèle capitaliste post-libéral qu’on nous impose, à la société numérique (pour les pauvres) et aux happy few bio de luxe (pour les riches), on échappe à leur État totalitaire.

Parce qu’on ne dépend pas d’eux pour vivre.

Alors …

Ne se rend t’elle pas compte que la misère est à nos portes et que plein de gens vont perdre leur boulot ? Mais : Quel boulot va être détruit ? Celui qui aliène les hommes et détruit notre avenir en bousillant notre planète ? C’est mal, ça ? Quelle misère ? Celle de ceux qui espèrent que les plus riches leur donnent de quoi vivre et attendent d’eux une rémunération minable à livrer leurs pizzas, ne récoltant que leur mépris ? Celle de la servitude volontaire?

Ne se rend t’elle pas compte que la mort est à nos portes avec le covid et que « nous sommes en guerre « ? Mais: Ce n’est pas avec la peur qu’on vainc une maladie. La peur est TRES mauvaise conseillère. Mais avec des soins et de la prudence. Et du bon sens. Lavez vous les mains, testez vous souvent (et isolez vous si vous êtes porteur), et vivez. Nos commandants en chef sont aussi nuls que lors de 1914 ou 1939, malgré leurs grands airs. Pensez par vous mêmes, vous en êtres capables (arrêtez de vous prendre pour des idiots !). (Rappelez vous Milgram!)

Ne se rend t’elle pas compte que l’économie va s’effondrer dans nos pays riches ? Mais: Quelle économie s’effondre? Celle qui est globalisée, prédatrice et qui n’a aucun sens. Pas l’économie de proximité, celle qui produit de quoi manger, se vêtir et prendre soin les uns des autres. Celle là peut renaitre. Et puis, il est peut être temps de renoncer à la suprématie occidentale et de se mettre à l’écoute des pays du Sud (qui résistent bien mieux… tiens, tiens…)

Parce que dès que plusieurs personnes se réunissent et s’entendent, des miracles apparaissent et l’humanité reprend sa marche vers un avenir meilleur. C’est comme ça. Cela a toujours été comme cela, depuis 50 000 ans. Avant, on ne sait pas trop.

PS: si on se contente de vouloir que rien ne bouge dans nos vies et qu’on veut vivre exactement comme avant, ben, oui, ce sera une catastrophe pour nous… mais je crois que personne n’est obligé de rester sur un bateau qui sombre.

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