solitude

J’ai relu dernièrement un texte que j’ai écrit il y a quelques années sur la solitude.

Une horreur.  Larmoyant. Dépendant. Nul.

Heureusement qu’à l’époque, je ne m’en étais pas rendue compte parce que, manifestement, j’étais dans un tel état que cela m’aurait achevée.

Cela dit, je ne m’en veux pas trop car effectivement, j’avais des raisons de ne pas être bien. Je vous fais grâce de la liste de mes malheurs d’alors. Toutes n’étaient pas de mon fait, mais je réagissais à toutes de la pire manière, en me victimisant et en cherchant des gens pour me prendre en charge. La panoplie complète pour faire fuir tout le monde et rester dans mon désespoir…

Enfin, je ne le supprime pas du blog. C’est une période de ma vie. Dont acte.

Aujourd’hui, cette solitude qui me faisait tellement souffrir, je l’accueille avec plaisir.

Il y a eu du chemin…

Un chemin que je n’aurai jamais imaginé.

Me retrouver seule avec moi même. Quel plaisir ! Pouvoir être libre de faire, de ne pas faire, de ressentir, d’écouter, de me taire, de manger, de ne pas manger, de prendre un bain à minuit et me lever aux aurores, pouvoir être libre de découvrir qui je suis, qui est cette femme qui a mon corps, mes yeux, mes mains, mon cœur, mes pensées, mes désirs et mes besoins… me remplit d’excitation et de joie.

Je m’écoute, je m’observe, je me découvre, je me regarde… et je ne me juge pas.

Tout cela n’est ni bien ni mal, c’est juste moi.

Merveilleux confinement qui m’a permis de m’éloigner de tous ceux qui grignotaient ma vie, doucement, avec la meilleure volonté du monde et la plus grande innocence, ne me laissant que des miettes. Pour leur plaire, pour leur complaire et pour ne pas être rejetée, abandonnée, je m’abandonnais à leurs griffes et à leurs crocs, et partais en lambeaux, morceau par morceau, emprisonnée par ma peur, tétanisée par l’angoisse de ne pas être si je n’étais pas reconnue par quelqu’un.

Je ne savais pas être seule. Pourtant, j’en avais vaguement envie, un désir sourd et insistant frappait à la porte de mon âme. Mais cela me rendait si triste, et me poussait à rechercher encore et encore des liens, des signes, des attentions de la part des autres, que j’instituais, parfois même contre leur gré, maîtres de ma vie.

Pas le temps de me poser

Pas le temps de me reposer

Pas le temps de respirer

Pas le temps de se poser des questions…

Il faut, je dois, il y a ça à faire, ne pas oublier de, il faut, je dois, il faut, il faut, il faut… Oublie, Agnès, les « pas envie », les « non », les « tant pis, ce n’est pas grave », les « ça ne me concerne pas », les « fais ce qui te plait », les « tu n’es pas obligée », les « prends le temps de vivre Ta vie »…

Je me suis retrouvée ici, seule avec mon fils, confinée.

Et j’ai enfin pris le temps de fleurir.

Des jours, vides, enfin !

Des jours qui passent sans obligations si ce n’est celles que l’on décide. Des jours où rien n’est important que de respirer, cligner des yeux au soleil matinal, observer le rosier grimpant fleurir et les roitelets picorer les boules de graisse pendues dans le jardin. Des jours sans horaires, sans agitations, sans être obligée d’écouter, sans avoir à parler… sans rendre des comptes…

Je sais bien que tout le monde ne vit pas ce confinement sur le même mode. D’abord, il y a ceux qui sont inquiets pour leurs proches, malades ou âgés et ne peuvent être près d’eux. Il y a ceux qui sont coincés dans de tous petits appartements, les uns sur les autres H24. Il y a ceux qui doivent canaliser l’énergie de leurs enfants encore tout petits dans 40 m2 sans pouvoir les lâcher dans un parc ou sur de l’herbe… Et puis il y a ceux qui n’aiment pas la solitude et souffrent de passer leurs journées sans quelqu’un à qui parler…

Je comprends que pour eux, c’est dur, et qu’ils espèrent la fin de ce foutu confinement.

Mais moi, non.

Je me suis découverte de bonne compagnie, et parfaitement tranquille seule. Avec un rythme de vie tellement atypique que je préfère ne l’imposer à personne. Pour autant, j’apprécie de ne plus être obligée de me plier au rythme imposé par la société dans laquelle je vis. Et je crois que j’en rends l’habitude. je ne pourrai pas faire machine arrière. Il me faudra pouvoir retrouver de temps en temps cette douce solitude.

La douceur d’être. La joie d’être. Tout court.

Je voudrais prolonger ce moment encore un peu.

Pour avoir la joie de retrouver tout le monde à la sortie. De pouvoir embrasser, caresser, échanger, rire ensemble.

Mais avec une personne en plus, moi.

 

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