Archives pour avril 2020

J’espère que tu vas bien

Tourner la page et accepter que la vie ne soit pas celle que nous promet la psychologie positive. J’ai fait des vœux et des intentions, mis sa photo sur mon frigo, demandé à l’Univers (avec un grand U), utilisé la loi de l’Attraction (avec un grand A),…  chou blanc. J’ai suivi mes rêves « qui connaissent le chemin », et me suis retrouvée… au même point.

Manifestement, il préfère être avec elle. Il a choisi de vivre le confinement chez elle, à Paris.

Tant mieux pour elle et j’espère qu’il est heureux avec elle.

Ce serait ballot de me faire souffrir pour rien ! Autant qu’il soit heureux.

Parce que oui, ça fait toujours mal. Mais bon. On respire un grand coup et on s’occupe de faire quelque chose de sa vie. Parce que sinon, ce n’est pas drôle et je refuse de me vautrer dans une nostalgie mal placée et dans le spleen de l’amour non partagé. Ça colle, ce machin là, et ça rend tout rance ! beurk !

Donc, comment je vais vivre dans mon trou paumé de Bretagne? Où je ne connais personne et où tout le monde va me regarder de travers comme l’étrangère, pire, la parisienne qui se la pète et qui se mêle de ce qui ne la regarde pas en essayant de rendre de la vie au village. Encore heureux que je ne sois pas vegan ou bobo. Si? je suis bobo ? Bohème, je veux bien mais bourgeoise, non! D’ailleurs, les bourgeois m’ont toujours regardé de travers, depuis mon enfance, j’étais un alien, inexploitable. C’est bien une preuve que je ne suis pas une bourgeoise, non ?

Comment je vais vivre ? Bien.

Sacré Challenge.

Donc, d’abord, ne m’attendre à rien. Ensuite, y aller doucement. Proposer, ne rien imposer. Et surtout m’amuser.

M’installer, cuisiner des trucs sympa dans ma cuisine, près du poêle (l’hiver),  lire des livres dans ma bibliothèque (le rêve d’une vie qu’IKEA va m’offrir, enfin !), regarder le soir tomber depuis mon canapé avec un thé (mais pas de scones, ça fait grossir, surtout avec la crème et la confiture… bon, alors juste de temps en temps), m’endormir dans le calme du village juste ponctué de tracteurs pétaradants, m’essayer au potager et élever des poules sous l’œil goguenard de mes voisins, recevoir mes amis venus s’encanailler dans la pampa et repartir bien vite dans la civilisation, prier pour que mes enfants viennent pointer le bout de leur nez de temps en temps (sans le chèque comme appât, l’attente risque d’être un peu longuette), apprendre la basse (depuis le temps qu’elle prend la poussière, il serait temps!), ça fera une alternative aux tracteurs, écrire et oublier la possibilité de publier un jour, même par moi, aller à Paris gagner un peu d’argent…

Vivre. Simplement. Jour après jour. Avec le sourire, même si parfois il est un peu triste. Faire en sorte qu’il ne soit plus triste.

Et puis, il faudra réparer la vieille maison. M’occuper du bâti pour la sécuriser. Couler une dalle, poser des planchers, un peu de plomberie et d’électricité, et le reste, je m’en débrouille.

Budget: 0 €

Ça démarre pas terrible, cette affaire là! Cela va être une véritable aventure.

Aller voir des gens, trouver des sponsors et des subventions. Et peut être des bénévoles. regarder sur les plateformes de crawfounding (oui, je connais des mots anglais) : qui veut investir dans un projet super sympa et non rentable: une librairie dans une ruine au milieu de nulle part?

Je me donne 4 ans. Parce que je ne sais pas attendre.

Cela m’évitera de penser à lui et peut être vais-je même l’oublier.

Il est temps de me prendre en main et de devenir une grande fille, quand même !

 

 

Célébrer mon corps comme exercice spirituel

Mon titre fait classe, non ?

Je suis tout à fait dans le ton de ce que l’on trouve à longueur de net, surtout en cette période de confinement !

Des drôles de tutos spirituo-allumés qui vous font part du « secret » (diffusé à des milliers d’exemplaires, bonjour le secret ! C’est bien pire que Madame Michu, qui « est une tombe et, promis, ne le racontera à personne… » mis à part tous les gens qu’elle va croiser), le secret, donc, dont ils sont dépositaires (ils ont intimement connu un shaman, ils sont shamans, ils ont vécu 2 ans dans la jungle et recueilli le savoir d’un vieux sage édenté, ils ont été méditer au Népal et en sont revenus transformés, ils ont vécu une grave maladie ou un grave accident et ont vu la mort de près, etc… )

Je suis un peu dure, là… et dans le tas, il y a certainement des gens qui sont sincères.

Mais globalement, plus la vidéo est longue (ce qui permet de gagner des sous, ne me demandez pas comment, je n’y comprends rien) ou plus il y a des formations à la clé des vidéos, plus on peut se poser des questions sur la pureté des intentions de ces belles âmes qui nous transmettent dans le secret de Youtube,  des éléments de développement personnels qui ne peuvent être efficaces. Trouver le sens de sa vie en 50 mn, en e-learning, sans sortir de chez soi, et puis, quoi encore ?

Pourquoi ?

Parce que la transmission du savoir ne passe que par la relation et donc par un lien réel et affectif entre deux personnes réelles. De plus, ça prend du temps. Beaucoup de temps, avec des avancées et des reculs. Mais ça, c’est juste pour le savoir faire ou le savoir penser, ou le savoir se comporter.

Le savoir vivre sa vie ne se transmet pas. Personne ne peut le faire pour vous. Personne.

Personne n’est vous.

C’est compliqué, cela fait peur et en plus, on n’est jamais sûr du résultat. On croyait aller là, et puis on se retrouve dans un endroit improbable. Personne de peux vous dire qui vous êtes, ce que vous avez envie de faire et ce qui vous rend heureux. Parce que vous ne le savez pas vous même, que ça change tout le temps et que la vie est faite pour le découvrir en permanence.

Au lieu de payer des gens qui vont vous dire, soit ce que vous savez déjà (les meilleurs), soit ce que vous devez être (les pires), faites vous confiance. Il faut beaucoup d’humilité pour accompagner les gens dans leur désir de vouloir être eux mêmes. Ce qui n’est pas vraiment la caractéristique de ces vendeurs de bonheur. Sinon, comment justifieraient-ils l’argent qu’ils vous demandent ?

Au lieu de faire l’effort d’apprendre et de suivre des enseignements, vivez avec légèreté et insouciance. Vous serez au plus près de vous.

Aïe, voilà que je me mets à parler comme eux !

Mais quand même, l’insouciance est une belle vertu que l’on a trop oubliée. On lui préfère la raison, la vilaine raison du « il faut », « tu dois être raisonnable »… sinon, c’est dangereux…

Et on s’interdit de vivre parce que, oui, on risquerait d’être heureux, gai, insouciant, drôle et léger.

« Ça va pas la tête ? » disent ils:  « la vie est une vallée de larmes. Il faut souffrir pour gagner, tu dois travailler, être performant, gagner de l’argent, acheter plein de choses, dont ma formation à la méditation ou mon trekking à Bali, résultat garanti… sinon, t’es un looser, un minable, un moins que rien, déraisonnable. »

Il faut gagner… quoi ?

La beauté ? elle se flétrira

L’argent ? Il sera décevant (parce qu’il en faut toujours plus. Assez, n’est jamais assez)

L’amour ? Il nous mentira. (parce que c’est un échange de service qui rend la vie ensemble conditionnelle)

Le Paradis ? J’en doute.

Parce que, en fait, tout ça, on l’a déjà. J’y reviendrai peut être dan une prochaine chronique… Si j’y penses.

Revenons à mon corps à célébrer.

J’ai un corps. Un plutôt bon serviteur. Grâce à lui, j’ai pu faire plein de choses (y compris taper sur mon clavier en ce moment, tout en serrant mes abdos pour ne pas me faire mal au dos).

Il m’a donné de faire des choses vachement belles: découvrir la beauté d’un paysage, écouter un ami, parler à un ami, caresser une joue d’enfant, jouer à cache-cache, lire de beaux livres, cueillir une rose, bricoler de trucs et des machins dans la cour de récré, jouir, nourrir mes enfants, aimer, rire, porter des enfants, nager dans les vagues, manger des carrés de chocolat ou croquer dans une fraise pulpeuse et parfumée… et tant d’autres choses encore.

Et quand je fais une ânerie, que je prends un mauvais chemin, il me le dit. Il m’envoie des signes: émotions, chocs, maladies, lapsus, pour me secouer et me faire réfléchir. Il est cool, mon corps, un vrai body guard. un ange gardien.

Et tout cela a laissé de belles marques sur lui, chaque partie de mon corps raconte une histoire. La cicatrice sur le genoux de mon premier cours de vélo (je suis tombée sur un silex, ben, ça coupe très bien, entaille de 3 cm bien nette), la trace de la péridurale dans mon dos, les rides autour des yeux d’avoir ri ou pleuré, …

Un corps qui est comme un livre et qui dit la vie, l’amour, les joies, les peines, l’inscription dans le temps et l’espace, les liens avec les autres et la puissance de création de l’être humain.

Non ?

Pendant longtemps, quand on ne voit son corps que comme une enveloppe d’apparence, on le traine comme un boulet. Il n’est jamais assez beau, assez fort, assez résistant, assez séduisant. Parce qu’on le définit en fonction des autres, de ce que les autres nous disent de lui. Il ne représente pas qui nous sommes, il n’est pas nous, il n’est qu’un pauvre déguisement pitoyable d’un personnage qu’on croit être nous.

Il est mort, triste, laid.

Et on n’est pas dedans. Il est déserté.

Longtemps, de 33 à 50 ans, environ, je l’ai laissé vide. Je n’étais pas dedans. Et que m’importait qu’on lui fasse des choses pas top, qu’on ne le respecte pas, qu’on se serve de lui.

Je l’avais renié, je crois.

J’avais l’impression qu’il m’avait trahie. Alors, je l’ai abandonné.

Je n’habitais pas mon corps. Et, je dois avouer que je n’étais pas plus présente dans ma vie.

Un long sommeil.

Et puis, comme la Belle au Bois dormant, je me suis réveillée. Et j’ai pu accueillir mon corps, tel qu’il est, avec ses défauts et ses fragilités mais aussi avec sa puissance et son humour, surtout avec reconnaissance pour avoir été fidèle malgré ma trahison.

A mon âge, je n’ai plus un corps parfait de magazine. De toute façon, je ne l’ai jamais eu. Mais, il est parfait pour moi. Il est moi. Il me convient parfaitement et je suis contente de l’avoir. Surtout qu’il frétille tout plein de la joie de me retrouver et il m’inonde de plaisir et de plaisirs. Ceux de la vie. Simples, merveilleux, lumineux, légers, sans questions.

Plus je l’écoute et plus je me sens bien.

Et je reconstruis le chemin vers moi, avec lui, avec moi, entière, respectueuse.

Un chemin, pas un état. Avec des hauts, des bas, des moments et des expériences différentes, des larmes et des rires. Chouette!

Mais pas toute seule. J’ai un compagnon qui m’aime et ne veut que mon bien: mon corps.

Qui est aussi mon âme.

D’où le titre.

solitude

J’ai relu dernièrement un texte que j’ai écrit il y a quelques années sur la solitude.

Une horreur.  Larmoyant. Dépendant. Nul.

Heureusement qu’à l’époque, je ne m’en étais pas rendue compte parce que, manifestement, j’étais dans un tel état que cela m’aurait achevée.

Cela dit, je ne m’en veux pas trop car effectivement, j’avais des raisons de ne pas être bien. Je vous fais grâce de la liste de mes malheurs d’alors. Toutes n’étaient pas de mon fait, mais je réagissais à toutes de la pire manière, en me victimisant et en cherchant des gens pour me prendre en charge. La panoplie complète pour faire fuir tout le monde et rester dans mon désespoir…

Enfin, je ne le supprime pas du blog. C’est une période de ma vie. Dont acte.

Aujourd’hui, cette solitude qui me faisait tellement souffrir, je l’accueille avec plaisir.

Il y a eu du chemin…

Un chemin que je n’aurai jamais imaginé.

Me retrouver seule avec moi même. Quel plaisir ! Pouvoir être libre de faire, de ne pas faire, de ressentir, d’écouter, de me taire, de manger, de ne pas manger, de prendre un bain à minuit et me lever aux aurores, pouvoir être libre de découvrir qui je suis, qui est cette femme qui a mon corps, mes yeux, mes mains, mon cœur, mes pensées, mes désirs et mes besoins… me remplit d’excitation et de joie.

Je m’écoute, je m’observe, je me découvre, je me regarde… et je ne me juge pas.

Tout cela n’est ni bien ni mal, c’est juste moi.

Merveilleux confinement qui m’a permis de m’éloigner de tous ceux qui grignotaient ma vie, doucement, avec la meilleure volonté du monde et la plus grande innocence, ne me laissant que des miettes. Pour leur plaire, pour leur complaire et pour ne pas être rejetée, abandonnée, je m’abandonnais à leurs griffes et à leurs crocs, et partais en lambeaux, morceau par morceau, emprisonnée par ma peur, tétanisée par l’angoisse de ne pas être si je n’étais pas reconnue par quelqu’un.

Je ne savais pas être seule. Pourtant, j’en avais vaguement envie, un désir sourd et insistant frappait à la porte de mon âme. Mais cela me rendait si triste, et me poussait à rechercher encore et encore des liens, des signes, des attentions de la part des autres, que j’instituais, parfois même contre leur gré, maîtres de ma vie.

Pas le temps de me poser

Pas le temps de me reposer

Pas le temps de respirer

Pas le temps de se poser des questions…

Il faut, je dois, il y a ça à faire, ne pas oublier de, il faut, je dois, il faut, il faut, il faut… Oublie, Agnès, les « pas envie », les « non », les « tant pis, ce n’est pas grave », les « ça ne me concerne pas », les « fais ce qui te plait », les « tu n’es pas obligée », les « prends le temps de vivre Ta vie »…

Je me suis retrouvée ici, seule avec mon fils, confinée.

Et j’ai enfin pris le temps de fleurir.

Des jours, vides, enfin !

Des jours qui passent sans obligations si ce n’est celles que l’on décide. Des jours où rien n’est important que de respirer, cligner des yeux au soleil matinal, observer le rosier grimpant fleurir et les roitelets picorer les boules de graisse pendues dans le jardin. Des jours sans horaires, sans agitations, sans être obligée d’écouter, sans avoir à parler… sans rendre des comptes…

Je sais bien que tout le monde ne vit pas ce confinement sur le même mode. D’abord, il y a ceux qui sont inquiets pour leurs proches, malades ou âgés et ne peuvent être près d’eux. Il y a ceux qui sont coincés dans de tous petits appartements, les uns sur les autres H24. Il y a ceux qui doivent canaliser l’énergie de leurs enfants encore tout petits dans 40 m2 sans pouvoir les lâcher dans un parc ou sur de l’herbe… Et puis il y a ceux qui n’aiment pas la solitude et souffrent de passer leurs journées sans quelqu’un à qui parler…

Je comprends que pour eux, c’est dur, et qu’ils espèrent la fin de ce foutu confinement.

Mais moi, non.

Je me suis découverte de bonne compagnie, et parfaitement tranquille seule. Avec un rythme de vie tellement atypique que je préfère ne l’imposer à personne. Pour autant, j’apprécie de ne plus être obligée de me plier au rythme imposé par la société dans laquelle je vis. Et je crois que j’en rends l’habitude. je ne pourrai pas faire machine arrière. Il me faudra pouvoir retrouver de temps en temps cette douce solitude.

La douceur d’être. La joie d’être. Tout court.

Je voudrais prolonger ce moment encore un peu.

Pour avoir la joie de retrouver tout le monde à la sortie. De pouvoir embrasser, caresser, échanger, rire ensemble.

Mais avec une personne en plus, moi.

 

Essai – Plan

Préface

 

Introduction : le contexte et les premiers questionnements.

Une organisation du travail en question, et ses conséquences sur la santé des salariés : peut on continuer comme ça ?

 

Chap 1 : Etat des lieux

  1. La pensée libérale versus la pensée marxiste sur le travail, le travailleur et l’entreprise. Analyse des théories. Rappel historique.
  2. La responsabilisation du salarié et la déresponsabilisation de l’entreprise, l’individualisme comme objectif et unique solution. Les modèles du stress et de la souffrance au travail, la méditation et le yoga: les tentatives de contrebalancer les conséquences délétères du capitalisme.
  3. Petite peinture de ce qui se vit aujourd’hui. L’impact du numérique sur le travail et l’organisation sociale. La financiarisation de l’économie et la perte de pouvoir d’action des travailleurs.

Chap 2 : Essai d’élaboration d’un autre modèle de santé au travail. Aller plus loin.

  1. Éléments issus des anciens modèles (stress, souffrance au travail, éléments issus de la psychologie clinique et sociale)
  2. Essai de modèle plus global: le cancer managérial
  3. La place du travail dans un monde nouveau. Ne garder que le meilleur des avances technologiques et numériques et les mettre au service de l’humain, retrouver le contact avec la réalité qui vit autour de nous. Déconnection et travail humain, l’efficace et nécessaire effort.

 

Conclusion : Un nouveau paradigme : reconstruire la société sur la base du travail humain : est ce possible ? A quel prix ? Comment le faire advenir ? Comment éviter le retour des puissants actuels aux manettes ? (Questions ouvertes…)

 

 


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