Aller mieux… ouais…

Constat

Pas top

Ma traversée du désert n’est toujours pas finie et je trouve, personnellement que ça commence à bien faire.

Il faut dire que je ne suis pas aidée.

Je ne sais pas comment je fais, mais je me retrouve chaque fois en relation avec des gens qui ne me font pas de bien (c’est un euphémisme) et qui n’ont comme objectif que de m’utiliser (au mieux) ou me détruire.

La logique devrait être que je les envoie bouler, et que je reprenne ma vie en main pour construire, jour après jour, une vie qui me convienne.

Et je n’y arrive pas.

Et tout mon être se révolte et s’autodétruit dans une colère qu’il retourne contre lui. J’ai mal partout, je ne peux plus dormir, je suis fatiguée en permanence, je ne digère plus grand chose, découragée et pleine de larmes, déprimée et vraiment très seule. Obligée de gérer et de m’occuper de luttes, de conflits et de merdes qui me gonflent, coincée dans une vie que je n’aime pas, culpabilisée de ne pas être à la hauteur avec mes enfants… pas top.

Et pourtant, je continue pareil.

Faut être conne.

Je fais exactement l’inverse de ce que je conseille à mes patients.

Débile.

Bon. si on fait le compte:

  1. je dois repartir en bataille contre mon ex qui refuse de me verser la pension des enfants. Du coup, j’ai réduit drastiquement ce que je leur donnais, ils m’en veulent et je me sens super mal. Il va falloir monter un dossier, perdre du temps à argumenter, aller chercher un huissier, me battre pour simplement récupérer ce qu’il doit à ses enfants.
  2. Je ne supporte plus de m’adapter avec la vie commune avec O. Je lui en veux de m’avoir éloigné de mes enfants, d’être de très mauvais conseil et de me les imposer, de me bouffer mon temps et mon énergie, de ne pas pouvoir m’écouter et dialoguer avec moi, de m’empêcher de dormir, d’être malheureux, négatif, et d’aimer ça, de m’imposer son angoisse qui irradie de son corps au quotidien, de devoir m’occuper de lui au lieu de me laisser m’occuper de moi (sans parler de me demander ce que je voudrais qu’il fasse pour m’aider… il n’a pas besoin de me demander, il a son idée), de m’interdire la joie, la légèreté, et l’amour (même s’il n’en est pas conscient). Il est totalement dépendant de moi et me culpabilise de ne pas être ce qu’il voudrait que je sois pour lui. J’en crève. Cette nuit, j’ai eu l’impression de faire une crise cardiaque, ou un syndrome du cœur brisé, je ne sais pas, mais c’était horrible.
  3. je ne suis pas chez moi. Je n’ai pas de chez moi. J’ai besoin de ma chambre à moi, de mon intimité et de mon refuge, seule. Je suis obligée de partager son espace. Et il prend toute demande de tranquillité pour un rejet, me le reprochant et me renvoyant une image de moi détestable, égoïste et injuste. je n’ai plus de vie personnelle (enfants, amis, lieu, temps…), il estime qu’il doit être sans cesse présent dans ma vie.
  4. Je dois faire le deuil de mon amour pour B. La dé-cristallisation stendhalienne joue à fond. B. n’est que lui-même et pas du tout l’homme que je me suis imaginé, construit, rêvé. Et surtout, il n’est absolument pas amoureux de moi. C’est comme ça. Il n’y est pour rien, même s’il en a un peu profité. Mais, j’étais tellement dans un déni de réalité, qu’à vrai dire, c’est compréhensible… Cela dit, la vache, ce que ça fait mal! J’avais l’illusion d’être aimée. C’était faux mais cela me faisait tenir. Je dois y renoncer.
  5. J’ai l’impression que le couple et le bonheur d’être deux m’est interdit. Autour de moi, personne ne semble avoir envie de tomber amoureux de moi. Coucher, oui, y a du monde. Mais s’intéresser à moi comme une compagne possible, ben, là, tout le monde regarde ailleurs.

Ne me reste que m’aimer moi même. ouais…  là, je ne suis pas très douée, en fait.

En fait si.

Mais c’est aller contre mes croyances que d’oser prendre ma liberté. Et ça, j’ai du mal. Qui  je suis pour oser vivre ? Ma mère, mon père (par son inexistence en tant que père), mes frères, m’ont bien répété et enfoncé dans la tête et le corps que je n’y ait pas droit ! que je dois juste être utile, servir les autres, qui eux, ont le droit d’exister, d’être en colère pour se protéger, de refuser ce qu’on leur donne parce que cela ne leur convient pas, de choisir leur vie et de me donner l’ordre de les aider à le faire au mépris de mes désirs les plus essentiels!

Oui, oh, la belle victime ! Oh la belle plainte ! ça je sais faire… et ça m’amène où?

En fait si.

Mais c’est renoncer à accuser les autres de mon mal être alors qu’ils essaient simplement de gérer le leur et que je leur donne l’autorisation de le faire en m’utilisant, alors que je me trahis moi même comme une grande. Alors que c’est moi l’andouille. Pas eux.

Comme dit Guy Corneau « ce qui rend nous rend lourds est notre croyance en nos drames, en nos chaînes, qui sont autant de raisons que nous inventons pour limiter notre liberté parce qu’elle nous fait trop peur. »

Parce que il suffirait:

  1. D’enlever tout l’affect de cette histoire de pension et de le traiter simplement en responsabilité. je ne suis pas méchante parce que je remets la loi en place. Trouver un moment (et un espace) pour cela et m’y tenir.
  2. Dire à O. ce que je ressens et accepter de changer ma vie en fonction de ce qu’il peut accepter lui.
  3. Assumer de mettre Langast comme mon chez moi, et m’y tenir. Y inviter O, B, et mes amis, comme invités. Et peut être, un jour, le partager avec un compagnon.
  4. Regarder autrement mon histoire avec B. et en tirer des enseignements pour m’aimer mieux. (je n’aurais jamais du accepter d’être traitée comme je le fus, je méritais mieux). Je mérite mieux. Je vivrais l’amour mieux car je saurais maintenant les limites à poser.
  5. Arrêter de me plaindre. Bien sûr que le couple m’est permis. Mais pour l’instant, pas encore. c’est tout…

Mais alors, ça me terrifie… surtout le 2 et le 4.

Dingue… Dire la vérité me terrifie! ce que je suis nulle!

Revenons à Guy : »Nous refusons le contentement et inventons l’histoire de notre disette. Nous inventons la guerre pour crier l’injustice de la situation. Toutefois, chaque rayon de lumière nous nourrit, chaque respiration nous purifie, chaque verre d’eau nous structure et nous redonne l’information essentielle. Chaque pensée nous crée.

Tout est là. Il n’y a qu’à goûter, à savourer. Le bonheur, l’extase et la joie vous attendent. Vous n’avez rien à faire pour mériter ça. C’est déjà là, en vous. »

Tout mon amour à vous, lecteur (trice)….

 

1 commentaire à “Aller mieux… ouais…”


  1. 0 Bon Oeil 25 fév 2020 à 0:06

    Quel cri !

    Le voyage jusqu’à la terre promise n’est pas terminé. À défaut, le décors du théâtre de la vie a été dépouillé de ses belles tentures qui faisaient illusion. Il ne reste que l’armature métallique et froide. Et quand on la déplace elle grince.

    Bon, la terre est encore un peu loin, mais toujours promise. La traversée du désert c’est quand même 40 jours. Et attention, parfois dans le désert il y a des mirages.

    Agnès, ton carnet de voyage est bien écrit. C’est parce que nous nous y reconnaissons. Que le premier qui prétend que sa vie est parfaite écrive un blog : il sera ennuyeux comme une démarche administrative

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