spleen

Si j’étais un de mes clients, je lui dirais qu’il est en dépression et qu’il a vraiment besoin de prendre le temps du deuil et d’apprendre la patience.

Vide d’énergie, pleine de tristesse, je n’ai qu’une envie, qu’on me foute la paix.

J’en ai marre de lutter, de faire confiance, de chercher à trouver des arrangements et des explications pour me faire accepter par les autres, de renoncer à ce que je suis, à ce que je pense, au respect de moi-même parce qu’en face, qui je suis, ce que je pense, et ma dignité n’intéresse personne.

Trop différente. Si différente. A mille lieu des critères communs qui permettent aux gens de s’entendre.

Toute seule. Si seule. Parce que les gens veulent qu’on soit comme eux pour nous ouvrir leur vie, leur coeur, tisser des liens. Et je ne suis pas comme eux.

J’ai cru, j’ai voulu croire que j’avais trouvé quelques êtres qui m’acceptaient telle que je suis, qui sauraient m’écouter sans me juger ni m’expliquer comment vivre, qui sauraient être de mon côté simplement pare que je comptais à leurs yeux. J’ai cru que lui, me comprenait. Et qu’il me ressemblait. J’y ai tellement cru que je me suis fermée à l’évidence. J’ai accroché mes mains, mon esprit, mon âme, ma vie, à mes illusions. Et je m’y suis cramponnée comme à une bouée de survie, sourde et aveugle à la réalité autour, crispée sur mes rêves, dans ma bulle.

J’avais tellement besoin de me sentir aimée, aimable, un peu comme tout le monde, avec des amis, des amours, normale.

La bulle a éclaté. Elle a projeté dans tous les sens ses éclats de verre miroitants, me laissant face à la vérité, perdue, éperdue, chancelante, sans repères.

Les parures dont j’avais revêtus ceux auxquels je croyais ont disparu et ils sont apparus, nus, tel l’empereur des beaux habits, vrais, simples, et indifférents.

Deuil, renoncement, acceptation.

Il est maintenant temps de faire le ménage et d’arracher de moi ces douces illusions qui me faisaient vivre et sourire, mais me laissent un arrière goût de mensonge et de temps gâché.

Temps gâché à me consacrer à ceux là qui ne me le demandaient pas, à construire ma vie en fonction d’hypothétiques bonheurs, à attendre en vain une main tendue, un désir, un amour.

Temps gâché à imaginer des scénarios qui expliquaient l’absence et le silence, et n’étaient que mensonges.

Temps gâché à prendre en compte la vie des autres pour construire la mienne au lieu de m’occuper, justement, de la mienne.

M’autoriser à pleurer sur ma bêtise et ma naïveté, sur mes illusions stupides et mon acharnement coupable, sur ma fragilité et ma connerie.

Faire un état des lieux et lâcher.Lâcher tout. Mes rêves et mes fausses certitudes, ma fierté et l’image que je peux donner… je m’en fous.

Renoncer à être comme les autres, ceux qu’on comprend et que l’on aime.

Accepter d’être moi. Minablement moi. Sans lendemain qui chantent, seule. Et sereine. Sans ce jeu social dans lequel je suis clairement inadaptée et qui me détruit.

Me construire une vie douce et simple, loin des hommes, loin de ce théâtre des vanités, prendre soin de moi et m’entourer de nature et de livres. Retrouver les plaisirs de la beauté et de l’intelligence. Egrener les jours sans plus rien espérer que la tendresse des heures qui passent, la lueur rose d’un matin sur les nuages, le parfum du Lilas au printemps et le plaisir d’un café mousseux dans une jolie tasse…

Respirer, vivre, écouter, danser… et qu’importe les autres…

Ce n’est peut être pas si terrible, après tout.

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