Archives pour juin 2019

Réalité, quand tu me tiens…

Tout d’abord, il faut partir de la réalité.

Et savoir que cette réalité est forcément subjective. Tous les penseurs politiques sont partis de la partie de la réalité qu’ils ont perçue, comprise, qui était à leur disposition. Pas de la réalité pure. La vérité est bien trop complexe pour être embrassée par la pensée humaine. Il faut toujours avoir à l’esprit que ce que l’on détermine comme la vérité, n’est que notre vérité. Cela ne remet pas en cause l’existence d’une vérité intangible, mais nous permet de ne pas prendre des vessies pour des lanternes et globaliser, universaliser et dogmatiser ce qui n’est une facette de la réalité. Pour finir par la déformer tellement qu’elle devient fausse. (au passage, aujourd’hui, la façon de remplacer la réalité par la mesure de la réalité, le pourquoi par le combien, en se prétendant scientifique est la manière la plus courante de déformer ou même de nier la réalité, une tendance très en vogue dans les universités et les cercles autorisés…)

Donc, partir de la réalité pour imaginer un avenir politique à notre monde.

Quelle est-elle, cette réalité ?

Pour beaucoup, la société est divisée en bons et en méchants. Façon facile d’organiser le monde à la Walt Disney, qui rassure et permet de désigner simplement l’adversaire. Sachant que celui qui énonce l’analyse est forcément du côté des bons.

A droite, on a une vision très individualiste de la société, issue de l’idéologie néo libérale. les bons sont les capitalistes, les riches, l’élite qui profite de la liberté de notre société libérale, bénéficiant des bonnes écoles, des bons soins, des bons logements et de tout ce qui permet à l’individu de s’épanouir et d’entreprendre. Ces gens là ont des valeurs, le goût du risque, de l’investissement, de la beauté, de l’innovation et de l’équilibre… grâce à leur héritage financier qui leur permet de faire ce qu’ils désirent sans trop de soucis. (Le self made man parti de rien est un leurre, construit pour faire croire que c’est leur valeur personnelle qui les a placés dans leur position dominante. L’idée c’est de faire croire à l’égalité des chances et la méritocratie alors qu’elle est totalement faussée par le système. A bien y regarder, les hommes partis de rien (qui ont pu exister il y a 50 ou 100 ans) sont aujourd’hui, la plupart du temps, des magouilleurs, des manipulateurs et des escrocs.)

Et donc, les méchants sont les pauvres. Syndicalistes, salariés, émigrés, locataires, pauvres, en un mot, qui vivent d’expédients et d’aides sociales. Paresseux, fourbes, stupides et craintifs. Ces idiots n’ont pas le goût du risque pour créer une entreprise qui vend du vent et faire de l’optimisation fiscale !!! Ils ne sont pas cultivés, ne comprennent rien et ne savent qu’exécuter des tâches normalisées décidées par l’élite qui, elle, est allée dans des écoles prestigieuses (et très chères) et donc a La Vérité.

A gauche, on a pris le parti inverse. Les bons sont les pauvres. Ils sont travailleurs, intelligents, solidaires, ont le sens du collectif, et honnêtes. Ils sont salariés et leur travail est exploité par des capitalistes qui ne foutent rien. Le travail est un esclavage, pénible et qui n’a pas de sens. Ils sont obligés de faire ce qu’ils ne veulent pas faire, pour pouvoir survivre. Ils n’ont rien. Ils sont fraternels, bienveillants les uns envers les autres et ont une bible (Marx et Engels) qui leur explique le monde, leur asservissement et leur libération prochaine grâce à la violence de la Révolution prolétarienne et en attendant grâce aux moyens de pressions du travail sur le capital par le biais de la Grêêêve !

Les méchants sont les riches, infatués d’eux mêmes, égoïstes, stupides, paresseux et violents. Etre patron est un crime capital, être riche également. Tout ce qui rappelle l’appartenance à cette catégorie sociale (l’argent et le pouvoir) est voué aux gémonies. Gagner de l’argent est un mal, travailler avec plaisir est un privilège que les riches se gardent pour eux… quand ils travaillent (d’ailleurs travaillent ils vraiment? ils utilisent des pauvres pour travailler à leur place ), dépenser de l’argent pour créer de la beauté est suspect (alors qu’il y a tant de pauvres à qui on a volé le fruit de leur travail), être indépendant est étrange. Cela englobe évidemment les dirigeants, les patrons et leurs familles, tous ceux qui gravitent autour ou ne rentrent pas dans le schéma du travail spolié.

Entre ces deux clans (que l’on soit de gauche ou de droite) la seule solution, c’est la guerre. Etre le plus fort, obliger l’autre à se soumettre et imposer sa domination.

N’en déplaise à la gauche, ces 40 dernières années, plus exactement depuis les années 1970, la droite a remporté la victoire. (Cf Chamayou)

Les travailleurs sont individualisés, évalués, et isolés (grâce aux nouvelles technologies) pour leur faire perdre leur force du collectif.

les entreprises sont financiarisées et mondialisées pour faire perdre aux travailleurs leur pouvoir de blocage sur la production.

Le marketing et la publicité, les réseaux sociaux et internet se conjuguent pour créer une culture de la consommation à outrance et créer des imaginaires obligatoires qui empêchent toute autre alternative sociale. ils créent une frustration permanente qui permet de soumettre les gens en ne donnant comme solution à l’angoisse que l’achat. Achat de choses, mais aussi, d’images, de bonheur, de temps, d’amour, de relations, de valeurs… Tout problème a sa solution dans l’achat. Tout besoin est rempli par un marché commercial. L’avenir également. La technologie est le hochet que l’on agite sans cesse sous le nez des gens pour leur faire croire que cela résoudra tous leurs problèmes. technologie que l’on va vendre… (aux plus méritants)

Inégalité, pauvreté , misère ? achetez du rêve et des OGM

Changement climatique ? achetez des solutions high tech pour y répondre et garder votre qualité de vie.

Catastrophes diverses et variées ? un marché s’ouvre !

Bref

Je pense que la réalité est un peu plus complexe.

L’individualisation forcenée mise en place par ceux qui ont pris le pouvoir dans les années 80, a cassé les collectifs qui structuraient la société en classes. (sauf la leur). Les gens sont aujourd’hui face à une société atomisée, où chacun essaie de s’en sortir par ses propres moyens. Pour répondre à ce rêve consumériste, les gens se sont endettés et sont prisonniers du capital dû. Les salariés n’ont plus de moyens d’action réel sur les entreprises. Et surtout, cette logique de conflit est destructrice et ne mène qu’à la destruction de notre civilisation.

Mais des pousses fraiches commencent à s’élever dans ce terreau asséché…

Alors, maintenant on va où ?

En résumé de l’article précédent: Nous avons voulu jouer a l’apprenti sorcier, ou plutôt à l’apprenti Dieu, en nous rengorgeant de nos moyens techniques et en négligeant les cycles naturels et la limitation de nos ressources. La logique de la domination a engendré un capitalisme financier devenu fou, qui n’admet aucune limite ni aucune rationalité pour restreindre sa puissance. Et maintenant, on fait quoi ?

Il nous faut INVENTER.

Oui, il nous faut nous adapter. mais pas en allant chercher les vieilles recettes qui nous rassurent parce qu’on les connaît, qu’elles nous font rêver d’un monde utopique (la gauche), ou qu’elles nous favorise nous et notre clan (la droite).

Il ne s’agit plus de changer la domination d’une classe par une autre, ou de conserver la domination d’une classe par une autre.

Il faut regarder la réalité en face: la lutte des classes, commencée il y a près de 2 siècles, sur les ruines d’un système de castes issu du féodalisme (le pouvoir par le statut et la naissance), est terminée. Elle s’est conclue avec la victoire de la bourgeoisie financière (et non de la bourgeoisie d’entrepreneurs ou intellectuelle) par un KO au moment de la chute du mur de Berlin.

Les années 1980 – 90 – 2000 ont éliminé la base du marxisme: une classe ouvrière consciente d’elle même et de son rôle économique, capable d’exiger sa place dans les décisions politiques. Une classe de gens partageant les mêmes valeurs, la même culture, les mêmes rêves et les mêmes façons de vivre et de comprendre le monde, solidaire, convivial et égalitaire. Consciente de faire partie d’un collectif, d’un grand corps où chaque partie était responsable de l’autre, où ce qui arrivait à un de ses membres concernait tous les autres membres, capables de s’unir pour défendre ce un. Une classe qui se concevait avec un destin collectif, et pas l’addition de destins particulier.

La victoire des capitalistes a été d’individualiser les destins, de rompre les collectifs, de mettre concurrence, rivalité, unicité, normalisation dépersonnalisante et isolante là où, avant, il y avait solidarité, liens sociaux et capitalisation d’expérience dans un métier construit collectivement.

L’outil, ou plutôt les outils de cette victoire ont été la consommation sans limite, la consommation comme valeur suprême de la vie. Le marketing, la publicité, l’appel à une consommation de prestige et de reconnaissance sociale (sans un Iphone, tu n’existe pas) ont réalisé une offensive puissante dans la tête des gens. Une offensive rendue possible grâce à l’apparition des PC et de l’industrie du numérique dans tous les aspects de notre vie.

Le numérique a permis de normaliser le travail et à terme de se passer de main d’œuvre humaine qualifiée.

Le numérique a permis la mondialisation et donc de gérer des délocalisation facilement

Le numérique permet de nous mettre en dépendance en prenant en charge de nombreuses tâches et en nous persuadant qu’on ne pourrait pas faire sans (comment vivre sans email? sans facebook) et au final nous infantilise (Google a toutes les réponses, pourquoi réfléchir par soi même ?)

Le numérique permet à des géants monstrueux du commerce de prospérer (Amazon), aux flux financiers de s’évaporer, aux pires magouilles de se faire en toute discrétion (quelques clics et le tour est joué. Bien plus facile que de transporter des valises de billets ou de lingots)

Le numérique nous empêche de voir l’essentiel de nos vies en nous épuisant, nous bouffant notre temps (SMS, appels, réseaux sociaux, emails, etc…) et en nous faisant croire n’importe quoi à travers de faux experts (il n’y a pas de dérèglement climatique; il faut aller faire du shopping pour exister socialement; la mondialisation est obligatoire;  on ne peut pas vivre sans pétrole; trier nos déchets et acheter bio est La solution; le commerce, c’est l’économie etc…)

Le numérique se présente comme la référence ultime de l’intelligence (IA), de la science et de la vérité. Les chiffres et en particulier le 1 et le 0, ont gagné la partie contre les mots et la subtilité de la pensée humaine. Il n’y a plus d’analyse, il n’y a que des mesures. La science a perdu tout sens.

Le numérique, qui pourrait être un outil de notre bien être et de notre pensée collective a été utilisé dans un seul but: assurer tous les pouvoirs à une petite caste de commerçants et de spéculateurs avides qui mettent le monde en coupe réglée.

Il ne peut plus y avoir de  lutte des classes car il n’y a plus de classe populaire. il n’y a plus que des pauvres, des futurs pauvres, des miséreux, isolés, déclassés, luttant, s’endettant, s’épuisant à se sauver individuellement. Chacun sa merde dans un monde de la jungle version far ouest où il ne faut faire confiance à personne, même pas à son voisin d’esclavage.

Il ne peut plus y avoir de  lutte des classes car le pouvoir des travailleurs (qui est de bloquer la production) n’existe plus dans les entreprises mondialisées et financiarisées. La grève ne sert plus à rien, qu’à accélérer la délocalisation ou la fermeture d’un site. La priorité des entreprises n’est plus de produire pour faire du profit, mais de spéculer pour faire beaucoup plus de profits. Bloquer la production n’a plus d’impact.

Et de toute façon, la lutte des classes ne résoudrait rien. La domination des plus pauvres à la place de la domination des plus riches ne changera rien. C’est un leurre. A terme, on l’a vu, les plus pauvres sont représentés par des gens qui se comportent comme ceux qu’ils ont dégommés. La domination persiste. Et l’accumulation de richesses pour quelques uns, qui assoit la domination, continue.

Les gilets jaunes sont un élan de colère, un ensemble de colères individuelles. mais, hélas, rien de plus. Il n’y a aucune cohérence politique dans ce mouvement. J’ai cru, espéré que Mélanchon saurait rassembler et unir ces gens en colère et leur proposer une alternative à la destruction programmée de notre humanité, un discours politique, une analyse économique qui aurait pu les rassurer et leur donner un avenir. Je voudrais y croire encore….

L’avenir, c’est de revenir aux vraies valeurs de base: reconstruire une économie régulée par des règles souples qui permettent l’entreprise individuelle et le profit raisonnable en même temps qu’un respect du travail et des travailleurs, bien rémunérés, bien formés et reconnus pour leurs talents.

La politique, la gestion de la cité, doit revenir à la cité, au local, à travers une démocratie locale quasi directe, qui travaille en collaboration avec un État Nation fort, gérant le Bien commun à travers une culture commune (la Nation). L’infrastructure, les services publics à l’État, l’économie de production au local.

Ni un retour au Moyen Age technologique, ni un délire de science fiction, mais la construction cellule après cellule, de collectifs de travail et d’échanges vivants, résilients, au sein de villages et de petites villes, qui nous permettront de vivre avec de l’électricité, des ordinateurs, des moyens de transports, des commerces, de l’artisanat, des boulangers, des bouchers et des paysans, et une médecine efficace, tout en respectant les limites des ressources de la Terre et nos propres limites.

Prendre le temps de vivre, d’être avec notre famille, nos amis, nos collègues. Travailler avec plaisir, avec les autres dans la réalisation d’une histoire collective. Rencontrer d’autres gens et d’autres cultures dans la joie de la découverte, et non pour les exploiter en tant que main d’œuvre pas chère ou pour ramener un souvenir touristique made in China. Habiter de beaux espaces, voir de beaux paysages, récupérer notre espace. Créer des œuvres et des oeuvres d’art. Manger de bons aliments, Boire de bons vins, consommer des objets qui ont une âme et qui nous ressemblent, vivre nos vies d’êtres humains, sans nous soumettre à d’autres impératifs que notre bonheur qui se partage avec les autres.

Revenir à ces sociétés humaines d’i y a 20 000 ans, prospères et heureuses car égalitaires et respectueuses. Solides et résilientes car stables, sans jalousies, envies et concurrence. Ni compétitivité . Oui, revenir au paléolithique mais sans les peaux de bêtes, et avec l’eau courante et les douches.

Retrouver le lien, la joie de la rencontre, le rire de l’humour, le plaisir des corps et de l’esprit, la vie !

Bon, il y aura des choses qu’il faudra lâcher: les voitures à essence, les camions, les avions (et avec eux, le tourisme d’une semaine au bout du monde), les gadgets, le RER, les plats tous préparés dans les barquettes en plastique, les vêtements pas chers qui remplissent nos armoires et qui ne supportent pas 2 lavages, le surimi qui vide les océans, les pesticides, les intrants en agriculture intensive, les fermes de 1000 vaches, les trucs et les machins connectés, les data centers monstrueux, les publicités sur écran, les conversations débiles sur smartphone (t’es où? ;) Pk ça va ?) et même, les vidéos de chatons…

Ça va être dur !

Politique, politiques, où allons-nous comme ça?

Les dernières élections, européennes, au delà des analyses partisanes de chaque clan politique, ont surtout montré une perte de repères et de cohérence d’une société qui ne sait plus où elle va.

Les anciennes recettes ne fonctionnent plus. C’est une évidence, mais personne ne veut l’admettre.

Et on continue allègrement à penser et à décider en fonction de vieilles rengaines, qu’elles soient de gauche ou de droite. Même Macron, le grand réactionnaire qui voudrait ressusciter Adam Smith dans une version financière et caricaturale, même Mélanchon, qui s’accroche encore à ses rêves marxistes de lutte des classes.

Notre monde est devant le plus grand défi que l’humanité doit relever.

Un défi que nous ne pouvons pas éviter.

Oui, je suis grandiloquente. Mais comment faire autrement quand on constate le déni de réalité et l’infantilisme pervers qui  dirigent le monde.?

Des Macron, des Trump, des Poutine, des Assad, des « hommes d’affaires » obèses de trop d’argent qui détruisent tout sur leur passage pour le fric, des bons apôtres du marketing et du business qui nous persuadent qu’il n’y a pas d’autre solution que d’aller nous détruire tous ensemble avec nos consommations et nos petites habitudes…

Comme la grenouille qui se veut plus grosse que le bœuf (parce qu’elle a peur), nous allons bientôt éclater, exploser, partir en confettis misérables.

Nous avons peur. peur que nos habitudes changent, peur de devoir prendre nos responsabilités, peur de vivre, peur de tout.

Alors, nous mettons les mains devant nos yeux pour ne pas voir ce qui nous dérange. Et croyant, comme les enfants, que cela va disparaître…

On se raccroche aux vieilles recettes (le libéralisme de droite, le marxisme de gauche, tous les deux désuets et inadaptés à la réalité d’aujourd’hui)

On nous dit qu’il n’y a pas d’alternative. Que c’est ça (la mondialisation, la croissance, le néo libéralisme, la soumission à la finance la plus débridée et la plus stupide tout en étant la plus orgueilleuse) ou rien. Que c’est ça (la lutte des classes, la nationalisation des moyens de production, la prise du pouvoir par les classes populaires, la révolte et la révolution de ceux qui n’ont rien…) ou rien.

Alors, je vais vous dire, ce que pourrait être ce rien.

Je ne connais pas l’avenir, et bien sûr il y a plein de gens qui vont dire que je raconte n’importe quoi.

Mais ce n’est pas grave. Je le dis quand même.

Ce n’est pas la première fois que le climat oblige les hommes à changer de société. (Du moins en Europe. je n’ai pas étudié l’Asie ou l’Afrique, mais je ne fais pas de l’histoire, là, je prends juste un exemple pour réfléchir)

Et ils y ont réussi.

La première fois, c’était au mésolithique. Ça a pris 2000 à 3000 ans environ parce que c’était naturel, mais comme on n’avait pas internet, on avait besoin de plus de temps ;)

La terre s’est réchauffée, les 4 saisons se sont installées, les grands gibiers sont partis vers le Nord pour finalement disparaître, la glace a disparu (et avec elle les réserves de viande congelée, le Picard du coin de l’époque), les ressources alimentaires traditionnellement utilisées par les hommes ont donc disparu. Il a fallu en trouver d’autres. Mais avant, les hommes ont crevé de faim.

Jusques-là, c’était ce que les plus anciens écrits (qui ont transcrit notre vieille mémoire orale) décrivent le Paradis. Un monde où le travail, la domination et la propriété n’existaient pas. La Nature (Le Esprits, Dieu, quelque soit la manière de personnaliser ce qui était vécu) leur donnait suffisamment à manger (les troupeaux bien plus nombreux qu’eux laissaient des animaux morts congelés sur lesquels il suffisait de se servir). La chasse n’était qu’une activité, pas une nécessité, un art. (On n’a absolument pas la preuve de la chasse aux mammouths chère aux préhistoriens du XIXème siècle. Allez chasser une bête de quelques tonnes, poilue, une peau massive, avec une pointe de flèche en pierre taillée, vous m’en donnerez des nouvelles…)…

Bref, nous avions à cette époque une société, qui pour survivre et exister, pratiquait la solidarité, l’entraide, la valorisation des talents de tous et le partage des tâches dans le respect de chacun et le bien commun de tous. Une société égalitaire, peu nombreuse, dans laquelle chacun avait sa place, occupée à philosopher, prier les esprits, faire de l’art, de la musique, des fêtes et s’aimer… Avoir des biens matériels, avoir plus, dominer n’avait aucun sens. cela mettait même l’ensemble de la société en danger en créant des sources de conflits. Et quel intérêt d’avoir un mammouth mort ou un cerf géant gelé à soi tout seul ? Le reste ? de la glace.

Par contre, quand il s’est agi de partager le lapin maigre chassé par le plus fort des chasseurs, là, on comprend bien l’intérêt de se battre. D’être le mec le plus fort, celui qui impose sa volonté… ou la femme la plus belle, la plus séduisante, celle qui va être choisie par le plus fort et va pouvoir vivre et nourrir ses enfants à elle. Début de la domination et du pouvoir. Début de la soumission des femmes et des « faibles » (ceux qui ne pouvaient aller chasser. La viande était toujours la source « noble » de la nourriture (souvenir de 30 000 ans de régime carné presque exclusif)).

Puis l’élevage et l’agriculture ont été inventés. On a créé, par le travail, ces ressources qui nous manquaient si cruellement.

La propriété est apparue, la richesse aussi. La possession des êtres humains également. Et notre société.

Et l’argent.

On a bien perfectionné le travail et la technique, ce qui nous a permis de créer, non seulement de l’alimentation mais plein de richesses, gadgets, machins, trucs, ordinateurs, avions, immeubles, beaux vêtements, design, etc… en puisant de plus en plus dans les réserves naturelles, en les polluant, en détruisant de plus en plus…

Pour l’argent. Passé d’un moyen de transaction à une valeur absolue, signe de pouvoir, de tous les pouvoirs. Déifié.

On en est là.

Bon, alors maintenant, on va où ?

 

 


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