Archives pour mai 2013

Voyage au centre de la terre… ou presque

Jules Vernes voudra bien me pardonner, mais mon épopée de ce soir vaut bien le rapt que je me permets de faire de son titre.

Partie de République à 10h et quelques, je comptais bien rejoindre mes pénates et accessoirement mes enfants pour une bonne nuit réparatrice en vue de l’important exposé que j’ai à présenter demain matin.

C’est vrai que la première péripétie m’est imputable. La tête ailleurs (oui, j’avoue, j’ai souvent la tête ailleurs que dans le prosaïque du quotidien… ce doit être ma nature poète… hum hum… bon…), j’ai pris mon métro à l’envers.

Non, pas en faisant le poirier, je n’ai plus l’âge de ces facéties, mais je suis partie dans la mauvaise direction.

Pour m’en rendre compte au bout de 5 stations… quand même !!!

En parisienne avisée, je râle in petto sur mon côté tête en l’air et également sur la fâcheuse tendance du métro à aller là où je n’ai rien à faire (oui, je suis de très mauvaise foi… comme la plupart des parisiens des transports en communs…) et, bon, je prends benoitement le métro dans l’autre sens.

Tout se passe bien en quelques stations et puis… boum crac. L’incident technique !

Le bon vieux incident technique du métro ! Annoncé par une voix d’hôtesse irrésistible qui vous dit très poliment d’aller vous faire voir ailleurs, et en particulier dans les correspondances. Or, de correspondance, point. A Château d’eau, la seule correspondance, c’est l’autre direction. Celle que j’avais pris par erreur (vous vous souvenez ? faut suivre…)

Bon, alors, je reste zen et je me poste sur le quai en face du train arrêté car « incident technique ».

Et je le vois tranquillement repartir alors que le mien de train, enfin, celui que je suis censée prendre n’apparait pas plus que les cavaliers à soeur Anne du haut du château de Barbe bleue…

Après une respiration avec le ventre comme les meilleurs yogis et quelques shakras à dénouer, je reste calme et confiante… Mon train ne va pas tarder, me permettant de continuer mon voyage…

Ben non, un deuxième, puis un troisième train en face passent devant mon nez, sans que le mien apparaisse…

Bon, je vous la fait courte…

J’ai finalement craqué pour prendre le train en face (le 4eme) pendant que celui que j’attendais arrivais en gare…

Mais bon.

Résultat, il est minuit et je viens de rentrer. Epuisée et stressée… Ce qui augure mal de ma future prestation demain matin… Si j’arrive à me réveiller…

J’aime la RATP et ses aventures merveilleuses dignes des meilleurs récits d’aventure ! C’était presque de l’Indiana Jones !

Lui…

Voilà.

Je n’ai pas fait exprès. Il est arrivé dans ma vie alors que cet autre homme que j’aimais, que j’aime peut être encore, me gardait à distance et me fuyait.

J’avais mal de cette mise à l’écart,  de cette fuite devant moi, de ce refus de ce que je lui offrais. Je me sentais minable et sans intérêt pour qu’il me traite ainsi. Je n’avais pas le droit de l’aimer, il refusait de m’aimer.

Et puis lui…

Lui, il m’a écoutée, il m’a regardée comme quelqu’un de merveilleux, il m’a rendu mon pauvre sourire, il m’a fait rire, il m’a pris la main et l’a serrée avec tendresse. Il m’a dit qu’il me voulait heureuse…

Un jour, il m’a embrassée et m’a demandé l’autorisation de me caresser avec douceur et respect.

Je me suis vue belle et aimée dans ses yeux…

J’ai fermé les miens et je me suis laissée faire…

J’ai cru que cela n’avait pas de conséquence. Que je pouvais prendre cette douceur et me reposer dans ses bras de la dureté de ma vie.

Et puis, je l’ai pris moi aussi dans mes bras, je l’ai regardé.

Et ce que j’ai vu m’a plu. Trop peut être.

Je me sentais étrangement bien, étrangement moi même, joyeuse et légère, avec lui.

Me venait de l’énergie, des désirs et des envies. La vie, qui s’étais arrêtée, se remettait à couler dans mes veines… parfois comme un torrent de montagne, parfois comme une fontaine claire et bruissante…

J’ai eu envie de créer, de réussir et de vivre, grâce à lui.

J’ai eu envie de le connaître, de marcher à son pas, de le désirer, tout le temps, tout le temps…

Et je ne sais pas s’il m’aimera assez …

Le jazz joue doucement ses notes étrange dans ma maison… quelques larmes coulent sur mes joues…

Je suis seule. Avec mon clavier et mes pauvres mots.

Je suis triste, mon coeur est lourd… mais c’est malgré tout très doux. C’est tendre et un peu écoeurant comme une sucrerie, c’est beau comme une bulle de savon irisée qui tremble un peu et éclate en gouttelettes odorantes, c’est fragile et émouvant comme la vie.

Les notes du piano jouent sur mon coeur une balade mélancolique. Je pleure mais je vis. Et lui, mérite t’il tout cela?… pirouette de la vie qui nous secoue. Acceptation profonde de ce qui est, quelque soit demain, aujourd’hui je m’enveloppe dans les replis de mes rêves et je me sens vivante. C’est comme ça…

Je ne l’ai pas fait exprès. C’est né en moi peu à peu lors de nos échanges, sans que nous nous en rendions compte. La plante a germé, a grandi et sa fleur s’est lentement épanouie dans nos coeurs. J’aimerais qu’elle porte du fruit. C’est si beau, cela. C’est le sens même de la vie.

Je me sens un peu idiote d’écrire tout cela. Je me sens idiote de ne rien avoir vu venir. Prisonnière de ses yeux et de ses mains sur moi…

Citation

« La créativité ne s’épuise pas. Plus vous en faites usage, plus vous en avez »

Maya Angelou, 85 ans, écrivain et poète.

Il serait peut être temps de faire confiance en ma propre créativité. Bien sûr, pour l’instant, c’est assez problématique à cause de toutes les charges « raisonnables » et dans les normes que je dois accomplir. Etre une femme pour moi, se décline aujourd’hui dans la version stéréotypée de la mère et de la divorcée dépendante. Trouver le temps pour être disponible pour mes enfants tout en réussissant des études et un projet de carrière ne me donne pas le temps de la rêverie propre à la maturation de mes projets littéraires. Courir après un budget qui s’épuise dès le début du mois, vivre sans réelle intimité car nous sommes dans une trop petit appartement ne me permet pas non plus l’esprit tranquille propre à la création. Le réel pèse de toute sa force écrasante sur ma vie.

Mais les temps changent et je me jure de ne plus renoncer à ma fantaisie et à ma créativité pour rendre ma vie et celle de mes enfants plus jolie. Tant pis si mes créations sont minables et de peu de valeur. A la hauteur du peu de temps et de moyens dont je dispose. Elles auront le mérite d’exister et de me rendre un peu ma vie à moi…

J’espère, d’ici 85 ans, devenir moi aussi écrivain et poète pour de vrai…


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