Illustration du texte précédent… Sexe et préhistoire

Avant la chute…

Quand la femme et l’homme avaient encore tous leur pouvoir de jouissance.

« Le feu crépitait dans l’âtre posé à même le sol. Des ombres étranges dansaient, donnant vie aux dessins magiques qui couraient le long des parois de la caverne. La vieille femme était là, accroupie sur ses talons. Elle avait vécu de nombreuses lunes et donné naissance à des enfants vigoureux et magnifiques. Elle avait pleuré, aimé et ri. Elle avait du accompagner certains de ceux qu’elle aimait vers les terres sacrées de l’au delà et avait souffert de leur absence. Elle avait aimé des hommes profondément, et avait dansé avec eux la danse sacrée de l’amour, emportés dans les vagues du plaisir et de la tendresse.

Son visage maintenant ridé disait tout cela. Le feu éclairait par intermittence ses traits et ses cheveux rassemblés en une immense natte grise enroulée autour de sa tête. Un chat roux présentait ses pattes aux flammes virevoltantes, avec ravissement.

Les yeux de la femme étaient brillants et vifs dans la pénombre douce de l’abri. Elle souriait. Elle était d’une grande beauté.

deux jeunes femmes et leur compagnon intimidés et gauches, lui faisaient face.

- Grande Mère, explique nous ! lança, rougissante, la plus jeune des filles.

- Que voulez-vous savoir ?

- Le plaisir, comment vient le plaisir ?

- Il vient de la vie.

- Et la vie, où faut t’il la chercher ? Que faut il faire ? demanda un des garçons.

- La vie nous est donnée. Il n’y a rien à faire. Il ne s’agit que de l’accueillir, pas de la contrôler. Nous ne sommes pas maîtres de la vie. Elle vient dans notre sein, à nous les femmes, et nous devons la protéger et l’aider à émerger au monde.

- Grande mère, à quoi servons nous, nous, les hommes, alors… bredouilla un des garçons légèrement hirsute.

- Oh! Mais vous avez un grand rôle ! C’est de la rencontre d’un homme et d’une femme que nait la vie. L’amour éprouvé, vécu l’un pour l’autre, appelle la vie qui vient se poser dans le ventre de la femme. Rien ne peut arriver sans la communion de vous deux, l’un avec l’autre, l’un dans l’autre…

Les deux jeunes hommes se regardent, un peu inquiets. Ils ne comprennent pas. Pour eux, il y a un simple désir qui les prend au sexe et cette histoire de vie qui se pose…

La vieille femme sourit. Elle connait ces réticences masculines. Ils préfèrent aller au plus simple, ne pas se poser de questions, ne pas se livrer, aussi, aux mains des femmes qui les effraient un peu. Ces femmes qui semblent disposer du pouvoir de vie et de mort sur l’humanité, qui saignent régulièrement sans mourir, qui savent les herbes qui soignent et communiquent avec les grands esprits qui décident de la vie et de la mort…

Désignant leurs compagne, la femme sage dit:

- Sois sans crainte, elles vous guideront. Elles ont reçu l’enseignement des femmes. Elles vous aiment et respectent. Soyez sans peur pour découvrir votre force virile au fond de vous.

Le plus jeune insiste:

- les autres disent qu’il ne faut pas écouter les femmes, qu’il y a danger, qu’elles nous prennent notre force si nous les laissons faire. Qu’elles veulent nous garder pour elles et que pour cela elles nous prennent notre sexe… Qu’elles nous envahissent et nous dévorent si nous ne les dominons pas… le jeune homme parlait de plus en plus vite et commençait à bégayer…

- Il y a en toi une grande frayeur. Qui te l’a donné ?

Le jeune homme rougit et baisse la tête:

- les autres hommes, ceux qui ne veulent plus obéir aux esprits, qui veulent être libres et prendre ce qui leur fait envie. Ils disent que les femmes sont dangereuses, menteuses, qu’elles utilisent leur ventre pour nous mettre en esclavage, faire toujours ce qu’elles veulent… Qu’il faut les prendre et les posséder. C’est tout !

- Ils ont peur, répond la Grande Mère d’une voix douce, parce qu’ils n’ont pas confiance en eux mêmes. Ils craignent pour leur puissance parce qu’ils n’y croient pas au fond, et projettent leur impuissance sur les autres, les femmes. Ils veulent dominer parce qu’ils craignent d’être dominés. Mais, crois-moi, ils se coupent d’eux mêmes et de la vraie jouissance. Ils se comportent comme des animaux furieux parce qu’ils sont blessés. Oublie-les et découvre le vrai plaisir avec ton amie. fais lui confiance et vis ta dimension d’homme. Tu sais, ajoute t’elle avec un clin d’oeil, ils ne vivent pas. Ils survivent et ne peuvent plus voler avec les esprits. Ils sortent de leur éjaculation épuisés et impuissants. Toi, tu en sortira heureux et puissant. Tu pourras te connecter, avec ton amie, aux Esprits, à l’énergie de vie du monde… Crois-moi, ça vaut le coup ! Avec elle, tu va pouvoir créer un nouveau monde… Bon, allez, déguerpissez… j’ai besoin de me reposer maintenant !

 

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