Femme de 50 ans (besoin de votre avis !)

50 ans : ce fut une fin pour nos grand mères et nos mères.

Ce sera un début pour nous.

Image de soi qui se lézarde dans le miroir. Image qui s’éloigne des standards du jeunisme obligatoire, visage où la vie s’est inscrite, doucement ou pas, unique.

Lézarde vers un effondrement ou une reconstruction ?

On a vécu, aimé, pleuré, ri, séduit, essayé de trouver sa place, sa juste place dans le monde tel qu’il nous était donné.

Et puis, on se trouve là, étonnée et surprise face à ce miroir qui nous renvoie cette image de nous qu’on reconnaît sans se reconnaître.

Age des paradoxes, des remises en question, du sens.

Ai-je bien fait ? Ai-je bien agi ? Silence

 

Et puis après… est-ce si important ?

Tout cela est le passé, c’est fini. Il n’est pas encore temps de le fixer dans un bilan crispé et un jugement définitif. On a agi. Voilà. On a vécu. Bien ou mal, on a traversé le monde de notre présence et on est arrivé ici, là, au présent.

Une fin ? Non.

Une naissance, un recommencement, un tremplin, une nouvelle vie, avec expérience, cette fois.

Vivre quelque chose de radicalement différent, de nouveau et de vivant (je dirais « jeune »). Bien dans son corps accepté, vibrante d’âme, donneuse de vie.

La perte de nos fertilités biologiques nous ouvre la porte de la fertilité d’une autre sorte à inventer. Créative, spirituelle, intellectuelle, poétique, artistique, sage, philosophique, belle, généreuse…

Chacune la sienne. Le passage du temps et les épreuves nous ont modelées, rendues plus humaines et nous ont appris tant de choses ! Appris à être, à assumer notre féminité, sa douceur et sa puissance, qui met en mouvement, en vivance, notre corps, notre sexe, notre esprit et notre cœur. Les hommes jeunes ne s’y trompent pas, qui recherchent les « kougards », des femmes qui savent être femmes et les guider vers la découverte de leur virilité.

Car être femme, cela s’apprend (comme être homme d’ailleurs.) L’être humain n’est pas déterminé. Il doit donc apprendre à être, grâce aux autres mais aussi grâce à lui même, par la pensée sur soi.

Pendant des siècles, la société nous a coupé de notre savoir féminin, on nous a reléguées dans nos rôles « traditionnels » de mères ou de putain, on nous a interdit d’être femmes grâce à l’ignorance de notre corps, de notre sexe.

Il faut arriver à 50 ans, parfois, pour se libérer des rôles assumés, dans la soumission ou la révolte, et prendre le risque d’une remise en question de notre être, pour enfin, le rencontrer dans sa vérité.

Parfois, c’est une maladie, un accident qui nous y pousse. Parfois, une « crise » de vie, un divorce, un licenciement, qui produit un effondrement du sens de notre vie, une remise en question psychologique…

Passage douloureux, mais sans doute nécessaire, pour déconstruire ce qui nous avait enfermées, pour ouvrir la prison des culpabilités, des frustrations, des peurs et des croyances erronées.

Nos nouveaux enfants ne porteront pas de couches (ça, on en laisse le plaisir aux plus jeunes… héhé ), nous ne paierons plus tous les mois un tribu au sang versé avec la fatigue et les douleurs, nous n’aurons plus peur de tomber enceinte lorsque nous prendrons du plaisir dans les bras d’un homme (les contraceptif, c’est bien, mais il y a des ratés !… et puis, la capote avec un mec sans HIV, c’est bof !), nous ne serons même plus obligées de faire semblant (au lit, au bureau, à la maison… on s’assume)…

Nous allons être libres !

 

Libres d’utiliser notre énergie créatrice pour autre chose ! Pour ce qui nous correspondra, ce qui sera la marque de notre nouvelle fertilité : notre don au monde, notre empreinte pour et dans le monde.

Libres car essentiellement responsables de nous mêmes, nous pouvons enfin prendre le risque de renverser la tyrannie du sexisme rampant qui n’ose se dire, qui se cache mais se pratique encore très bien.

Libres parce que nous ne sommes plus dépendantes. Que peux t’on nous enlever ? Nous n’avons plus peur de ne pas vivre (la maternité, le mariage, la carrière, la reconnaissance des autres), nous l’avons vécu. Bien ou mal, mais c’est fait. Il nous reste à aller vers l’essentiel, ce qui est gratuit : l’amour, la joie, l’épanouissement de nous mêmes, le partage de cette richesse avec d’autres.

Les plus belles histoires d’amour arrivent souvent à 50 ans !

On partage ce que l’on est au lieu de demander à l’autre de nous rassurer et de nous donner ce qui nous manque.

D’une manière plus générale, les femmes de 50 ans ont la chance de pouvoir remettre l’être humain au centre de notre société et détrôner le règne de l’avoir pour inaugurer l’idée du règne de l’être. Elles ont le temps, le bagage, la sagesse.

Autrefois maîtresses de la vie et de la mort, les femmes sont garantes de l’humanité contre les mécanismes de notre société déshumanisée soumise à la finance destructrice.

Avoir 50 ans, c’est oser, c’est rire, c’est choquer parfois, c’est devenir pleinement vivante et dire au monde que la femme, sans être forcément l’avenir de l’homme, a bien des choses à lui apprendre ! A commencer par savoir être !

7 commentaires à “Femme de 50 ans (besoin de votre avis !)”


  1. 0 Nauru wczasy 1 mar 2013 à 23:35

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    Répondre

  2. 1 alpaco 2 mar 2013 à 12:47

    Salut !

    …et joyeux anniversaire si anniversaire il y a.

    Je passais par là et comme je vais avoir 40 et que je suis un N’homme, je trouve intéressant de lire une femme à peine moins juvénile.

    Une petite anecdote : lorsque j’ai « connu » mes grands-mères, elles avaient à peu près 60 et tenaient un discours genre « maintenant je suis vieille, je peux mourir ».
    Ça m’avait énervé qu’elles aient encore le même discours plus de 20 ans après, en relative bonne santé et débarrassées de leurs maris respectifs ;)
    Je ne sais pas si on parvient à rester jeune dans son cœur, mais on peut perdre du temps à être vieux dans sa tête.

    Pour le plaisir : un podcast France Inter de Luchini où, entre autres, il explique ce que vieillir a de positif d’une façon qui me touche particulièrement. Positif et… réaliste.
    http://download.od.tv-radio.com/france_inter/sites/default/files/sons/2012/10/s40/NET_0e60505e-4a5c-42c4-8474-00b81c61dc97.mp3

    Je chercherai p’us tard un podcast édifiant de Françoise Héritier (je pense) dans lequel elle détaille de façon amusante la vision des différentes étapes de la vie pour les hommes, les femmes, « au siècle dernier »…
    Si vous ne connaissez pô encore Madame Héritier, courez lire, acheter, écouter ses œuvres littéraires et autres interventions radiophoniques : un régal.
    J’ai la misogynie masochiste :)

    (P.S.: La solution la plus simple pour ne pas être esclave du système décimal serait de faire adopter un système duodécimal ; on gagnerait ainsi deux ans par (duo)décennie !)

    Répondre

    • 2 agnes2nantes 2 mar 2013 à 21:32

      Bravo ! Si, si, je connais Mme Héritier ! J’aime bien, même si je ne suis pas toujours d’accord… Mais c’est une confrontation positive, du moins pour moi !
      Je n’ai pas encore 50 ans… Mais cela ne m’empêche pas de réfléchir et de me préparer ! Rires ! Je n’en suis plus très loin.
      Pourtant, dans ma tête, j’ai environ 35 ans, dans mon corps pas beaucoup plus, alors je suis toujours étonnée de voir ma date de naissance… Et bon, cela ne me gène que 5 mn parce que je pense que ce n’est pas très important. Sauf pour les autres.
      Je ne me reconnais pas dans les vieilles… Elles m’ennuient. Sauf celles qui ont décidé d’être elles mêmes avant d’être leur âge et qui sont jeunes à 85 ans, comme Mme Héritier.

      Répondre

  3. 3 Amaury Darton 3 mar 2013 à 17:43

    Mon avis : moi j’ai beaucoup appris en lisant ton blog, qui a été l’une des veilleuse qui m’a maintenu en contact avec un monde dont je me suis coupe il y a des années.

    Et les filles dont je suis tombé amoureux n’étaient souvent pas des top models (ça c’est du bonus).

    Répondre

  4. 4 Ouadou 7 mar 2013 à 21:17

    Entendu récemment un commentaire qui disait qu’autrefois, on vivait jusqu’à 40 ans et on se préoccupait de la vie après la mort, et qu’aujourd’hui, à l’inverse, on se préoccupe de la vie avant la mort.

    Joli blog que je découvre ce soir après cet agréable voiturage, des textes qui soulèvent plein de questions, qui donnent des tas d’idées…

    Dans ma démarche actuelle, l’important c’est la sérénité, c’est le bonheur de l’instant, ce voyage cet après-midi avec deux personnes remarquables, cette jeune artiste et vous. Intégrer le reste (les contraintes du quotidien, les obligations de planification et de gestion) n’est que plus facile quand on a fait le plein de positif.

    Répondre

    • 5 agnes2nantes 8 mar 2013 à 10:57

      Bonjour,
      Vous savez quoi, j’aime bien le covoiturage. On y fait des rencontres riches et passionnantes.
      Si je finis par m’autoriser à écrire vraiment, vous serez, si vous le voulez bien, mon traducteur officiel !
      Je vais sur votre blog…
      Amicalement
      agnès

      Répondre

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