Lettre

Comme d’hab, tu as une bonne analyse et il n’est pas étonnant non plus que je projette sur les autres mes propres problèmes. Ce qui pose problème chez moi m’apparait d’une manière évidente chez les autres, sans doute plus clairement que chez moi. Cela s’appelle la projection. C’est classique. Un bon moyen d’apprendre à se connaître…

Mais il y a chez toi une désespérance profonde que je sens sous tes mots. Et cela me navre.

En particulier envers les relations (amoureuses ou non). Comme si tu pensais au fond qu’il te fallait te contenter d’un truc bancal car tu n’auras jamais mieux. En tout cas, que toi, tu n’y auras jamais droit. Une sorte de fatalité qui fait qu’après l’échec de ta relation avec ton mari à laquelle tu a cru envers et contre tout (et à laquelle tu n’es pas loin de croire encore), rien d’autre ne peut exister. Un homme bien qui puisse t’aimer vraiment, pour toi, tu penses que cela n’existe tout simplement pas.

Alors autant faire avec ce qu’on a, ce mec qui ne te convient pas mais qui te permet de sauver les apparences et de n’être pas seule.
C’est sans doute dur, ce que j’écris, mais je crois que l’une comme l’autre nous avons à vider un abcès vieux de plusieurs années, à faire le deuil de nos ex et de ce que nous étions alors. Renoncer à nos illusions d’alors, affectives, sociales, existentielles. Admettre que nous nous sommes plantés dès le début (mais sans en être non plus coupables… pouvions nous faire autrement ?) et que nous ne sommes pas ce que nous nous efforcions d’être pour correspondre à l’image que nous croyons avoir choisi en les épousant.

Le bonheur existe, l’amour aussi. Sans prince charmant mais avec toute la force et la beauté d’un vrai sentiment qui vous emporte sans concessions.

Mais sommes nous vraiment disponibles pour cela? et les hommes le sentent. Ils nous utilisent pour la gaudriole ou pour être des béquilles psy, pour frimer dans un dîner ou pour rassasier leurs sens, mais ils ne nous aiment pas vraiment. Parce que nous ne sommes pas encore capables d’aimer vraiment. Inconsciemment, on leur interdit l’accès: il y a trop de cadavres dans nos âmes.
C’est à ces cadavres que j’entend renoncer, à rien d’autre.

D’ailleurs, je ne suis pas désespérée, juste sonnée.

Le lacher prise me permet de maintenir mon angoisse face à l’avenir à distance.
Une citation que j’aime bien:
« Aimer vraiment, c’est aimer en silence, avec des actes et non des mots. » L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon.
Suis-je capable d’aimer en silence ?
Bises
Agnès

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