Bref, tout va bien…

Juste un petit mot avant mon thé et mon bouquin au coin du feu (je profite de mes dernières heures de liberté avant l’arrivée de la horde de sauvages que sont mes enfants…)

Ces derniers temps, au terme d’une maturation douloureuse digne d’un furoncle purulent, j’ai fait une mise au point salutaire de ce que je suis en train de devenir.

Ce ne sera pas la dernière, mais je crois que là, vu ce que j’en ai bavé, j’ai un peu été raclé une bonne partie du pire… Visite guidée de mon côté sombre…

J’ai ainsi mis à jour (âmes sensibles s’abstenir, c’est pas joli joli):

  1. Mon égoïsme camouflé en générosité. Heureusement pas toujours, mais il y a en moi une partie très égocentrique qui pense d’abord à soi avant de penser à l’autre et qui a dans la tête de monnayer sa gentillesse. Je me donne ainsi le beau rôle à mes yeux et je me sécurise. (Parce qu’en fait, je me sens trop minable pour être aimée comme ça, de but en blanc, pour mes beaux yeux, sans que j’y aide un peu mine de rien… )
  2. Ma colère. Oh lala ! ça, c’est une vieille histoire… Toute petite j’ai du ravaler ma colère devant l’injustice et le mépris dont j’étais l’objet. Du coup, je la cultive à l’intérieur mais je la refoule. Et elle revient bien pire sous le masque de la tristesse, ce qui me permet de manipuler l’autre en toute bonne foi, en lui faisant pitié. (vous savez, le coup des yeux attendrissant du chat botté dans Shrek ?) En fait, cela ne marche pas vraiment, et je me retrouve seule à pleurer dans mon coin sans attendrir personne, mais bon…
  3. Mon égo (ou mon mental). Un sacré coco, qui veut tout diriger et me fait faire de grosses conneries en me persuadant de regarder avec ses oeillères et en travestissant la réalité. Qui me mène par le bout du nez et me fait prendre mes désirs d’être aimée (légitimes) pour un besoin de dépendance (« sauve moi, aimes moi mon beau prince … « ) et une tactique de domination par la victimisation. Il se veut tout puissant et veut tout contrôler, en faisant mine de me défendre contre les grands vilains monsieur et le gros méchant monde… Le prince de l’illusion, mon égo… Perfectionnisme et toute puissance: tout maîtriser contre un monde qui m’en veut et qui est bien dangereux…
Je dois en oublier mais c’est déjà pas mal.
A côté de cela, j’ai des bons côtés, heureusement, mais bon…
D’où ça vient, ça ? Parce que je ne crois pas être fondamentalement mauvaise… (comme la plupart d’entre nous d’ailleurs…) Ben, comme pour tout le monde, ce sont des réactions de défense, de survie, de stratégies mises en place dans l’enfance (mais pas que) pour faire face à des évènements ou des personnes dangereux et qui nous ont profondément blessés. Pour survivre à cette souffrance, on a trouvé ça. Pas très glorieux mais bon, à 3 mois, 4 ans ou 10 ans, on n’a pas vraiment le choix des armes face à des adultes maltraitants (même s’ils ne font pas exprès).
Donc, mon égoïsme, c’était une manière de me garder vivante psychiquement face à une famille qui ne voulait pas de moi. Jouer à la gentille idiote pour avoir le droit de respirer. Etre serviable pour essayer d’attirer des bonnes grâces dont j’avais tant besoin. Penser un tout petit peu à Moa, vu que personne n’y pensait à part moi…
Ma colère, ben, c’est une réaction normale face à la différence de traitement dont j’étais l’objet. Mais refoulée car, si je l’exprimais, je sentais bien qu’elle ne serait pas entendue, au contraire, je me ferai encore plus rejeter, mépriser, pas aimée. Une colère rentrée se transforme en tristesse. Mais là non plus, ce n’était pas recevable. Donc, j’ai joué le rôle de la petite fille gaie « comme un pinson », le clown de service pour avoir une petite place… Mais le clown était triste et une sombre violence bouillait en lui…
Quant à mon égo, mon mental, c’était une tentative désespérée pour comprendre ce qui m’arrivait et mettre du sens, des raisons à ce mésamour. Comprendre, comprendre pour rester dans une logique vivable… mais à force il a pris le contrôle. Comprendre pour ne plus sentir. Se raconter une histoire pour que la vie garde un sens…
Bref, comme dit l’autre (je ne sais plus qui, je n’ai pas la télé) une femme avertie en vaut deux et désormais, je sais me regarder dans ma vérité (ou presque) et faire gaffe à agir selon ma conscience et non manipulée par ces princes noirs de mon inconscient. (désolée Mr Freud, il n’y a pas beaucoup de sexe dans mon histoire… Paradoxalement, de ce côté là, ça va très bien… bon, un peu rare ces temps ci mais pas de problèmes notables)
Remettre de l’ordre dans tout ça, et désamorcer ces bombes du passé pour m’en libérer. Je n’en ai plus besoin. Je suis une grande fille et je n’ai plus besoin de rester dans ces stratégies infantiles. La dépendance de l’enfant, c’est terminé. Game over… Revenir au présent.
Etre consciente de ce qui se passe en soi permet de se sentir plus légère et d’agir sans être poussée malgré soi vers des extrêmes stupides (du genre avaler 1 litre de glace au chocolat accompagné de chantilly et de muffins, se rouler par terre devant un imbécile éjaculateur précoce parce qu’il vous largue (au lieu de se dire bon débarras), hurler et vouloir muuuurrriir parce que l’autre zouave a oublié d’appeler, devenir une larve molle comme une nouille trop cuite, vautrée dans un lit parsemé de livres, de miettes diverses, de mouchoirs en papiers chiffonés et de cartes divinatoires (beurk) pleurant qu’on est toute malheuuureuuse, que personne ne nus aiiimmmme (ouais sauf tous nos amis, quelques membres de la famille et notre chien) et qu’on « va finir seeeuuullle » au milieu de nulle part (en fait on est très précisément localisée dans son appartement) en serrant un nounours compulsivement dans ses bras, pare ce que… on ne sait même plus pourquoi, en fait…)
Bref, se comporter avec le QI d’un dinosaure (y z’étaient pas fins…) et le glamour de tata mochetonne.
Alors qu’en fait, tout va bien.
  1. Je suis vivante.
  2. Je suis plutôt pas mal et pas trop conne
  3. Mes enfants sont merveilleux (de mon point de vue)
  4. J’ai plein de projets
  5. Je peux être rigolote
  6. J’ai plein d’amis qui arrivent encore à me supporter
  7. Je séduis manifestement encore (tiens, le 31, dans le métro, je me suis faite draguer… Non, il n’était pas complètement bourré…)
  8. La vie est belle, pleine de surprises et finalement assez sympa (ne plus projeter le passé sur le présent et le futur, un peu d’ordre !)
  9. Celui qui va m’aimer va avoir une sacré chance ! (prenez des tickets !)
Plein de bisous pour la nouvelle année de la part de la nouvelle Agnès…

2 commentaires à “Bref, tout va bien…”


  1. 0 Amaury Darton 5 jan 2013 à 19:55

    Agnès, je doit dire que j’admire ta maturité d’avoir eu le courage de reconnaître tout ça et de l’avoir mis par écrit. J’aurai tout donné pour qu’une personne de ma connaissance ai pu en faire autant.

    Répondre

  2. 1 agnes2nantes 5 jan 2013 à 21:23

    Sourires…
    Merci…
    Du moins j’essaie…
    Bisous

    Répondre

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