La trace…

On n’a aucun souvenir avant 5 ans, mis à part les souvenirs reconstitués à partir de ce qu’a dit l’entourage…

Par contre le corps garde la trace des anciens traumas et cette mémoire du corps se réactive face à des situations qui ressemblent même de loin à la situation initiale.

Alors, elle envahit tout et nous remet dans une position de dépendance totale vis à vis de notre environnement, une dépendance où notre survie est en jeu, comme lorsque nous étions tout petits. On revit, on ressent, on redevient exactement tel qu’on était alors, au moment de la situation traumatisante initiale.

J’ai vécu, toute petite, bébé, une peur intense. J’ai cru mourir, J’ai ressenti une telle agressivité à mon égard, une telle violence, que j’ai voulu mourir. La « tradition » familiale et mon carnet de santé m’ont appris qu’effectivement j’ai refusé de me nourrir pendant un mois à un mois et demi après ma naissance. Je vomissais tout. Je vomissait cette vie si insupportable d’angoisse, je me vomissais. Surtout quand c’était ma mère qui se chargeait de me nourrir…

Cette angoisse de mort, innommée, indicible, sans mots,  je ne pouvais alors la comprendre (je ne pouvais que la ressentir). C’ est la même qui me retombe dessus quand je suis face à de la violence, du rejet, de l’abandon ou simplement de l’indifférence de la part de quelqu’un que j’ai investi d’amour, d’un rôle dans ma vie. Cela me submerge sans que je puisse mettre des mots ou même des images dessus.

C’est la peur noire, profonde, brute, devant laquelle je suis impuissante. Je n’entrevois d’issue que dans la fuite, dans la mort… Je veux que ça s’arrête, c’est atroce. Je vomis, j’ai des apnées. Je ne veux plus respirer…

Et pourtant j’ai survécu, j’ai grandi. J’ai quand même voulu vivre. Je suis maintenant une adulte qui fonctionne à peu prés bien. Des bonnes volonté m’ont pris en pitié et m’ont donné le goût de vivre malgré tout… et puis cette vie en moi qui est si forte …

Rien n’a été oublié et je dois gérer ces passages où je perds pieds sans raison apparente.

Sauf que, désormais, je comprend. Désormais je peux mettre des mots.

Cela me permet de prendre du recul et de tenter de me séparer de ma peur. De le désintérioriser, de faire qu’elle ne soit plus moi. L’adulte que je suis peut prendre soin de ce bébé perdu.

Avec l’aide de ceux qui m’aiment.

Reprendre confiance en la vie et remiser cette peur totale dans les oripeaux des monstres d’enfance.

Le vilain monstre qui m’a fait si peur s’est dégonflé…

Mais je le surveille encore quand même…

On sait jamais…

 

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