Jouissancessss

Freud, Lacan et les autres affiliés nous parlent tous de sexe et de jouissance…

C’est une bonne idée. Que serait le monde sans la jouissance… Un truc sans grand sens…

Jouissance, oui… Mais laquelle ?

Comment ça, laquelle ? Il n’y en a qu’une… la jouissance de la satisfaction du désir réalisé.

Voire…

La jouissance de Freud et con sort (oui, bon… c’est le soir), c’est essentiellement une jouissance du pénis, c’est à dire une jouissance d’homme, inscrite dans un rapport de domination. La femme, « amputée par la nature d’un sexe puisqu’elle n’a pas de pénis » ne peut donc jouir que grâce à la pénétration d’un phallus, par procuration en somme. Le clitoris étant évacué comme un moignon de pénis qui pourrait empêcher la pénétration de se faire et d’être jouissive à la femme…

Bon.

C’est pas leur faute, ce n’étaient que des hommes…

Et cela ne leur est même pas venu à l’idée de penser que les femmes avaient des trucs à dire là dessus. Mais il est vrai qu’en cette fin du XIX eme siècle, la haine d’elles mêmes et surtout de leur corps, sans même parler du déni de leur con, ne les disposait pas à avoir un discours cohérent et clair sur la question. Avouer que des trucs pouvaient se passer sous leurs jupes était plus ou moins avouer qu’elles étaient des putes, ce qui n’est pas une image de soi qu’on apprécie énormément, en général.

Bon, alors… Jouissance ou jouissances ?

On peut imaginer qu’il y a deux jouissances.

La première, animale, uniquement sexuelle, issue de nos origines, totalement instinctive et liée à notre reproduction et notre besoin de perpétuation de l’espèce. Une jouissance que nous partageons avec les autres animaux, tout en l’ayant développée un peu. Primaire, elle st une sorte d’explosion, d’abréaction émotionnelle, libération d’une tension sous jacente que l’on ne contient plus. Elle produit un plaisir, mais à l’image d’elle même: brutal, immédiat et éphémère. Elle concerne notre corps plus que notre esprit et peut se réaliser en solo. Elle est essentiellement tournée vers nous mêmes, même si elle est liée à la dépendance. C’est notre propre plaisir que nous demandons à l’autre (et nous sommes amers s’il nous le refuse.) L’autre devient un objet de désir que nous utilisons pour obtenir cette poussée de jouissance. Elément puissant tourné vers nous mêmes, cette jouissance nous isole (l’autre n’est qu’un prétexte, un élément de stimulus), elle nous vide d’énergie et peu à peu, on s’y habitue. Comme pour une drogue, il faut augmenter les doses de stimulation pour obtenir le même plaisir, faire plus excitant, plus étrange, plus fort, jusqu’à la violence. Il y a quelque chose d’infantile dans cette jouissance là. C’est un jeu de pouvoir. Elle enferme , elle isole et elle nous met à la merci de l’extérieur (partenaire, excitants, films X…). Elle ne rend pas libre…

C’est celle que connaît la plupart des hommes et qu’ils imposent à leur partenaire. C’est celle de la domination. « Viens là que je te tringle, t’aimes ça, salope ! etc… »

La deuxième est plus spécifiquement humaine. Elle est énergie. Elle peut transfigurer la première, la transcender et lui rendre toute sa valeur adulte et libre. C’est une jouissance de la rencontre, de la réalisation de soi en lien avec un autre ou des autres. C’est un échange, un partage, une montée conjointe vers le plaisir et la plénitude de l’être. Il y a un aller-retour libre. Personne ne prend, personne ne possède. Chacun donne, accueille l’autre, donne et reçoit dans le même mouvement. Le travail, le sexe, l’amour, l’art sont des réalisations de cette jouissance là. C’est cette énergie qui nous permet de nous sentir vivants, vibrants, reliés aux autres tout en prenant toute notre place. Une énergie qui structure notre vie et lui donne un sens.

Faire l’amour dans cette jouissance là, c’est créer assez d’énergie pour déplacer une montagne avec le souffle d’une plume. La caresse légère d’une main sur une épaule devient source infinie de plaisir et de jouir… Cela nous emporte dans un monde hors du temps et de l’espace, là où on est bien…

C’est celle que les femmes aimeraient trouver, emprunte de respect et de tendresse, et que parfois, certains hommes, virils et tranquille dans leur virilité s’accordent comme un cadeau, à eux mêmes comme à ceux qu’ils aiment.

Avec l’autre énergie, il faut quelques gros bulldozer pour le même résultat…

Mais, bon, à vos plumes… je peux avoir tout faux… Dites moi…

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