Le silence

Il ne dit rien.

Il ne communique pas.

Dans un monde où la communication tous azimut est la règle, où tout le monde est branché à un téléphone ou à une boîte mail comme à une perfusion de survie, il reste hors d’atteinte.

Son téléphone, le même modèle que tout le monde, pourtant, au scintillement si attachant et si fascinant, celui que l’on pianote en permanence, les yeux rivés sur l’écran, au mépris de ceux qui nous entourent… qui , de toute façon, font la même chose…

Son téléphone, donc, s’obstine à sonner dans le vide. Puis la voix du répondeur, le même message d’une voix inconnue, chaque fois, voix programmée et impersonnelle  qui m’enjoint de laisser un message…

Mes Sms tombent dans un grand vide. Pas de réponse. Ou si peu.

Comme si je n’avais pas d’importance.

Comme si je le dérangeais de mon affection envahissante.

Comme s’il ne voulait plus de moi et qu’il tentait de décourager ainsi, par le silence, mes tentatives vaines et maladroites d’exister pour lui.

Comme si j’essayais de lui prendre sa liberté…

Des larmes…

…Coulent doucement sur ma joue.

Tristesse d’une colère refusée, interdite.

Je pleure sur moi. Sur ma tendresse que je vois laissée pour compte… Que je crois laissée pour compte…

Sur les battements de mon coeur qui s’affole…

Pour rien… je sais bien…

Je sais qu’il est ainsi. Qu’il y a bien longtemps, sans doute, il a perdu le goût de dire, d’exprimer, de faire confiance, de s’ouvrir à l’autre, de respecter ses propres envies et ses propres besoins… pour se protéger.

Je sais que son silence n’est pas dirigé contre moi.

Mais j’ai si peur. Et lui, il a si peur.

Deux peurs face à face, pas les mêmes, mais qui dressent un mur d’incommunicabilité entre nous. Il devient impossible de se dire. On a peur de ce que l’autre va faire de notre mise à nu. Comme dans le dernier film avec Lindon, où le silence entre la mère et le fils, tue.

Alors nous nous se taisons.

Même moi, je me tais.

Je n’ose plus le rappeler, lui écrire.

Sauf ici.

Je ne crois pas que je vais avoir le courage de lui envoyer cela. Et il ne lit pas mon blog.

Enfin, je ne crois pas. Il ne me dit pas grand chose…

Et pourtant au fond de moi, je sens bien que l’amour git au fond de nous… blessé mais encore vivant !

Comme le canard de l’histoire de Robert Lamoureux… (http://www.youtube.com/watch?v=xKXTwBSAwYQ)

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