La colère…

Face à face avec ma colère.

Je la découvre. Je ne la « savais » pas. Je l’ignorais.

Une colère qui m’a été interdite depuis toute petite, une colère que j’ai du refouler, oublier, à laquelle j’ai du renoncer et qui n’a pu exprimer son message. Une colère née de la peur et de l’abandon et qui a dégénéré en tristesse.

Ne pouvant me défendre, il ne m’est resté que les larmes…

Larmes intérieures, puisqu’elles, aussi, étaient dérangeante et non écoutées, camouflées par une gaîté factice, un jeu d’actrice qui cherche à plaire et à séduire pour survivre, qui porte un masque.

Derrière ce masque j’étouffe.

Parfois, désormais, je laisse s’exprimer ma tristesse et mes larmes inondent mes joues…

Mais ma colère, jamais.

Elle me fait peur. Elle est tabou. Je renonce à cette force de vie qui pourrait me permettre de me protéger, de faire respecter mon territoire personnel, à poser mes propres limites, de ne pas me laisser envahir comme un pays sans frontières et sans armées, que l’on occupe et que l’on pille sans craintes de représailles…

D’ailleurs, je suis attirée par les êtres de colère. L’homme que j’aime, mes amis, sont des êtres de colère.

Cette colère, je la sens en eux et je la leur envie. Je suis jalouse de cette force. J’admire leur capacité à poser des limites, à se faire respecter, à faire respecter leur territoire. Une force qu’ils m’imposent parfois… Une force à laquelle j’ai accepté dans mon enfance de renoncer pour avoir le droit de survivre. J’aimerais posséder cet arme que je m’interdis, que l’on m’a interdite. Tabou. Chaque fois que j’essaie de le faire, je suis submergée par la peur d’avoir brisé un tabou et je recule…

Je les envie et en même temps, je me soumets à leur force de colère. Je n’ai pas le droit à la révolte, je n’ai le droit qu’à la soumission et à la dépendance, à une position de victime dont, je l’espère (à tord) on va prendre soin.

N’osant m’affirmer, poser mes limites, mon territoire, j’essaie d’inspirer de la pitié …

J’ai renoncé à prendre les armes et je m’en plains !!! Misère !!!

Mais il ne s’agit pas d’agresser les autres et de faire retomber sur eux ma colère.

Ne pas oublier que la colère est un sentiment, il ne faut pas nous identifier à elle.

Elle n’a de sens que dans la mesure où elle est porteuse d’un message, pas de violence. Se défendre n’est pas attaquer. Se faire respecter n’est pas faire mal à l’autre.

Nous ne sommes jamais en colère à cause de ce que les autres nous font ou de ce qu’ils disent de nous. Nous sommes en colère parce que nous souffrons et que nous ressentons un manque, que nous avons peur, et que nous n’avons pas su écouter nos besoins.

La colère nous appartient en propre. C’est donc inutile d’en punir l’autre qui nous a révélé nos manques, nos erreurs et nos besoins inassouvis. Au lieu de faire éclater cette colère contre l’autre par des récriminations et des ordres, écouter ce que dit cette colère qui monte en nous: « Tu as besoin de (liberté, confiance, amour, sécurité (cocher la ou les bonnes réponses))…, donnes-le toi. N’attends pas que l’autre le fasse pour toi ! »

Pose toi avec tes besoins et ton être, sans agressivité face à l’autre. Dire « Non » est possible sans hurler. Dire « Non » sans violence est d’ailleurs bien plus efficace. Pouvoir dire « Non » permet aussi de dire « Oui. Se tromper de cible lorsque nous lançons notre colère nous vide d’énergie. Reconnaître et écouter notre colère nous remplit d’énergie et de force. Et nous permet de reconstituer notre énergie en sécurité dans les limites posées par nous mêmes.

Car l’autre respectera nos limites, tout naturellement, si nous les respectons nous mêmes.

Cette colère, en moi, je la reconnais, je l’accueille en moi, j’en accepte le message et la responsabilité. Je l’aime pour ce qu’elle me dit de moi. Elle me hurle d’enfin me respecter. Elle ne me demande pas de me venger ou de fuir les autres. Les autres ne me contrôlent ou ne m’envahissent que parce que je les ai autorisés à le faire, que je n’ai pas osé leur poser mes limites… J’en suis seule responsable.

Elle va me donner la force qui me manquait pour être solide, pour être tout simplement. Dans le respect de moi. Et des autres.

Et retrouver la joie…

Reste à le vivre vraiment…

là c’est plus dur…

 

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