Apprendre à aimer… 2

L’amour vrai, le gratuit, celui que l’on donne et reçoit librement, sans y mettre la logique commerciale du je t’aime pour que tu m’aimes, du besoin de se rassurer, ou de la revanche sur une enfance douloureuse… et bien, c’est dur de l’apprendre, je trouve.

Car il comporte, pour ceux qui ont été blessés par l’amour, ceux qu’on n’a pas su porter dans l’amour d’eux mêmes, une dose d’angoisse bien difficile à gérer.

Lorsqu’on arrive, adulte, sans le bagage émotionnel d’une enfance aimée, on se sent nu. On a froid, on a peur. On a beaucoup de mal à croire en soi, on doute sans cesse de l’amour que l’autre nous porte (on dira d’ailleurs « semble nous porter »).

Alors, dans toute relation qui se présentait, le schéma instinctif était le suivant:

on a tellement peur de décevoir l’autre s’il se rend compte de notre réalité (forcément nulle et mauvaise, pas aimable)… et de le perdre, que l’on disfonctionne. Et pour faire bonne mesure, on récidive. on rejoue sans cesse la même pièce: on se précipite, on aime à la folie, on donne tout pour retenir l’autre, on n’ose pas être soi même, on a peur…

bref, on est malheureux et on devient suspect: quelqu’un de collant, pas authentique et même manipulateur.

Et on se fait quitter. Et on recommence avec un autre…

Car  comment pourrait on être aimé?

On n’est pas soi même. On n’ose pas être soi même… un soi même totalement déconsidéré par son histoire d’enfance…

Il est impossible d’aimer quelqu’un qui ne s’aime pas, ne se respecte pas, n’existe pas par lui même, n’ose pas exister et se l’interdit même. C’est comme aimer le vent. On est face à du vide, du faux semblant.  Il n’y a pas de partage, d’échange possible. Et on voit bien, au bout d’un moment, que l’autre ne vous regarde pas, vous, il regarde sa propre blessure d’amour. Il vous « prend » pour le soigner, pas pour vous connaître…

Or, ceux qui doutent d’eux mêmes demandent à l’autre de leur donner ces assurances et ces réponses qu’ils ont en eux mais dont ils n’ont pas l’accès. Mission impossible et source de malheur. On ne se répare jamais que seul.

Mais ce schéma sentimental est ancré et rassurant car il est connu. Il fait souffrir dans des échecs répétés mais on arrive à s’en arranger, à oublier qu’on l’a mis en place. Oui, c’était malgré nous, on a pas fait exprès, on a été victime au départ… Mais adultes et au bout d’un certain nombre d’échec, il faut arrêter. Faire le point, réfléchir et changer…

ET puis un jour, on décide de casser ce schéma destructeur.

Aimer, c’est être curieux de celui (ou celle) qui n’est pas soi, qui est différent(e) de soi.

C’est s’émerveiller de l’autre.

Encore faut il savoir qui on est, aimer et connaître ce moi qui est en face du soi de l’autre, être un sujet stable en son moi pour poser des actes et des chemins vers cette différence.

Oui… ce n’est pas facile.

On avance alors en terrain inconnu. Tout est bizarre, étrange, et la vieille peur reste au fond de nous, prête à fondre sur nous en angoisse à la moindre alerte, à la moindre crise. On a tellement peur de ne pas être aimée qu’on a du mal à renoncer à ces paroles: « je t’aime », à un engagement clair, tout de suite, au mirage de l »âme soeur » miraculeusement trouvée ou de la passion immédiate.

On a du mal d’attendre. Attendre de laisser naître le sentiment, de lui laisser la liberté de croître comme il l’entend, de mieux connaître l’autre, de mettre de l’amitié dans l’amour…

Peut être que l’homme qui me plait aujourd’hui, et à qui je plait, ne m’aime pas…

Peut être qu’il n’a pas la curiosité de moi…

Peut être.

Mais je n’y peux rien. L’amour est libre et ce n’est pas en le mettant dans la cage des serments et de l’engagement que je vais le faire naître, vivre et croitre.

Ce n’est pas parce qu’il m’aime que moi, je vais avoir envie de l’aimer. Mais je vais avoir envie de l’aimer parce qu’il est ce qu’il est, simplement. Et s’il m’aime aussi, tant mieux.

C’est moi seule qui peut choisir de l’aimer parce qu’il me convient, tel qu’il est. Ou de ne pas le faire.

L’amour est. Il ne se contrôle pas, ne se demande pas, encore moins s’exige.

C’est un taiseux, il y a peu de mots, mais il y a les paroles des yeux et du corps…

Je prends le risque de me tromper. Mais je prend aussi le risque d’avoir raison…

Cet amour, il vient de naître…

Vivre l’instant…

Ne pas aller trop loin…. et prendre le temps…

 

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