Fiction… Lettre à une femme, si semblable à moi…

Chère amie,
Il y a chez toi une désespérance profonde que je sens sous tes mots.

Et cela me navre. En particulier envers les relations (amoureuses ou non). Comme si tu pensais qu’il te fallait te contenter d’un truc bancal car tu n’auras jamais mieux.

En tout cas, que toi, tu n’y auras jamais droit. Une sorte de fatalité qui fait qu’après l’échec de ta relation avec ton mari à laquelle tu a cru envers et contre tout (et à laquelle tu n’es pas loin de croire encore), rien d’autre ne peut exister. Un homme bien qui puisse t’aimer vraiment, pour toi, tu penses que cela n’existe tout simplement pas. Alors autant faire avec ce qu’on a, cet homme qui ne te convient pas mais qui te permet de sauver les apparences et de n’être pas seule…

C’est sans doute dur, ce que j’écris, mais je crois que l’une comme l’autre nous avons à vider un abcès vieux de plusieurs années, à faire le deuil de nos ex et de ce que nous étions alors. Renoncer à nos illusions d’alors, affectives, sociales, existentielles. Admettre que nous nous sommes plantés dès le début et que nous ne sommes pas ce que nous nous efforcions d’être pour correspondre à l’image que nous croyons avoir choisi en les épousant, ces hommes destructeurs.

Le bonheur existe, l’amour aussi.

Sans prince charmant mais avec toute la force et la beauté d’un vrai sentiment qui vous emporte sans concessions.

Mais il faut être disponible pour cela, et les hommes le sentent.

Si tu ne peux pas ouvrir ton coeur à cause de la blessure qui continue d’y saigner, les hommes « bien »  vont passer leur chemin. Ils ne forceront pas l’accès.

Les autres, les immatures, les narcissiques, les blessés qui ont besoin de se rassurer dans une relation affective illusoire, ils t’utiliseront  pour la gaudriole ou pour être des béquilles psy, pour frimer dans un dîner ou pour rassasier leurs sens, mais ils ne t’ aimeront pas vraiment.

Inconsciemment, tu interdit l’accès à ton coeurs : il y a trop de cadavres dans ton âme.
C’est à ces cadavres qu’il faut renoncer, à rien d’autre.
Rien de désespéré, juste la douceur d’un lâcher prise.

L’homme qui t’aimera viendra, bien sûr, quand tu t’aimeras toi même.

Une citation que j’aime bien:
« Aimer vraiment, c’est aimer en silence, avec des actes et non des mots. » L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon.

Bises
Agnès

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