Archives pour juin 2012

Maîtresse 1 / Agnès 1 – Match nul

J’ai un problème avec la maîtresse de mon fils.

Il a 9 ans. Il s’agit donc de la maîtresse d’école. L’autre type de maîtresse, je ne m’en mêle pas, mes fils sont censés être assez grands pour se débrouiller tout seuls avec quand ils en ont…

Donc, nous avions Rendez-vous aujourd’hui et elle m’a posé un lapin. Sans doute pour se venger du lapin que je lui ai moi même posé sans le vouloir parce que j’avais oublié… (un peu débordée la maman…). Mais bon, on est censé en avoir fini avec ce genre de comportement à l’âge adulte…

Bref,  mon petit bonhomme aux yeux bleus, lui, il n’arrive pas à se défendre tout seul.

Ce doit être son côté dans la lune, ou sa manière littérale de comprendre les consignes, ou sa perception tellement subtile des choses qu’il s’y noir dedans, je ne sais pas mais le fait est que sa maîtresse l’a pris en grippe et n’a de cesse de le mettre en échec, allant même jusqu’à l’humilier en classe devant ses camarades…

Je ne pense pas qu’elle fasse exprès ou qu’elle soit une incarnation de Cruella (sans les cheveux blancs ni le manteau de fourrure), mais elle me paraît débordée par son métier, et manifestement pas à l’aise dedans…

Bref, c’est la maîtresse qui crise et c’est mon fils qui prend.

Totalement ténatisé et anxieux en classe, il est envahi d’émotionnel ingérable pour lui et devient… bête.

Ce qu’il comprend en 3 mn, voire 3 secondes à la maison ne s’imprime simplement pas à l’école. Je suis obligée de refaire les cours pour qu’il ne se prenne pas des notes catastrophiques. C’est bizarre que cette nana ne comprenne pas qu’un climat affectif positif (se sentir apprécié) et sécure est la condition indispensable d’un apprentissage quel qu’il soit… surtout à cet âge…

Enfin, je ne la changerai pas et l’année se termine…

 

Apprendre à aimer… 2

L’amour vrai, le gratuit, celui que l’on donne et reçoit librement, sans y mettre la logique commerciale du je t’aime pour que tu m’aimes, du besoin de se rassurer, ou de la revanche sur une enfance douloureuse… et bien, c’est dur de l’apprendre, je trouve.

Car il comporte, pour ceux qui ont été blessés par l’amour, ceux qu’on n’a pas su porter dans l’amour d’eux mêmes, une dose d’angoisse bien difficile à gérer.

Lorsqu’on arrive, adulte, sans le bagage émotionnel d’une enfance aimée, on se sent nu. On a froid, on a peur. On a beaucoup de mal à croire en soi, on doute sans cesse de l’amour que l’autre nous porte (on dira d’ailleurs « semble nous porter »).

Alors, dans toute relation qui se présentait, le schéma instinctif était le suivant:

on a tellement peur de décevoir l’autre s’il se rend compte de notre réalité (forcément nulle et mauvaise, pas aimable)… et de le perdre, que l’on disfonctionne. Et pour faire bonne mesure, on récidive. on rejoue sans cesse la même pièce: on se précipite, on aime à la folie, on donne tout pour retenir l’autre, on n’ose pas être soi même, on a peur…

bref, on est malheureux et on devient suspect: quelqu’un de collant, pas authentique et même manipulateur.

Et on se fait quitter. Et on recommence avec un autre…

Car  comment pourrait on être aimé?

On n’est pas soi même. On n’ose pas être soi même… un soi même totalement déconsidéré par son histoire d’enfance…

Il est impossible d’aimer quelqu’un qui ne s’aime pas, ne se respecte pas, n’existe pas par lui même, n’ose pas exister et se l’interdit même. C’est comme aimer le vent. On est face à du vide, du faux semblant.  Il n’y a pas de partage, d’échange possible. Et on voit bien, au bout d’un moment, que l’autre ne vous regarde pas, vous, il regarde sa propre blessure d’amour. Il vous « prend » pour le soigner, pas pour vous connaître…

Or, ceux qui doutent d’eux mêmes demandent à l’autre de leur donner ces assurances et ces réponses qu’ils ont en eux mais dont ils n’ont pas l’accès. Mission impossible et source de malheur. On ne se répare jamais que seul.

Mais ce schéma sentimental est ancré et rassurant car il est connu. Il fait souffrir dans des échecs répétés mais on arrive à s’en arranger, à oublier qu’on l’a mis en place. Oui, c’était malgré nous, on a pas fait exprès, on a été victime au départ… Mais adultes et au bout d’un certain nombre d’échec, il faut arrêter. Faire le point, réfléchir et changer…

ET puis un jour, on décide de casser ce schéma destructeur.

Aimer, c’est être curieux de celui (ou celle) qui n’est pas soi, qui est différent(e) de soi.

C’est s’émerveiller de l’autre.

Encore faut il savoir qui on est, aimer et connaître ce moi qui est en face du soi de l’autre, être un sujet stable en son moi pour poser des actes et des chemins vers cette différence.

Oui… ce n’est pas facile.

On avance alors en terrain inconnu. Tout est bizarre, étrange, et la vieille peur reste au fond de nous, prête à fondre sur nous en angoisse à la moindre alerte, à la moindre crise. On a tellement peur de ne pas être aimée qu’on a du mal à renoncer à ces paroles: « je t’aime », à un engagement clair, tout de suite, au mirage de l »âme soeur » miraculeusement trouvée ou de la passion immédiate.

On a du mal d’attendre. Attendre de laisser naître le sentiment, de lui laisser la liberté de croître comme il l’entend, de mieux connaître l’autre, de mettre de l’amitié dans l’amour…

Peut être que l’homme qui me plait aujourd’hui, et à qui je plait, ne m’aime pas…

Peut être qu’il n’a pas la curiosité de moi…

Peut être.

Mais je n’y peux rien. L’amour est libre et ce n’est pas en le mettant dans la cage des serments et de l’engagement que je vais le faire naître, vivre et croitre.

Ce n’est pas parce qu’il m’aime que moi, je vais avoir envie de l’aimer. Mais je vais avoir envie de l’aimer parce qu’il est ce qu’il est, simplement. Et s’il m’aime aussi, tant mieux.

C’est moi seule qui peut choisir de l’aimer parce qu’il me convient, tel qu’il est. Ou de ne pas le faire.

L’amour est. Il ne se contrôle pas, ne se demande pas, encore moins s’exige.

C’est un taiseux, il y a peu de mots, mais il y a les paroles des yeux et du corps…

Je prends le risque de me tromper. Mais je prend aussi le risque d’avoir raison…

Cet amour, il vient de naître…

Vivre l’instant…

Ne pas aller trop loin…. et prendre le temps…

 

Apprendre à aimer…

 J’apprends à ne plus attendre rien de lui que le plaisir de l’aimer.
L’amour gratuit sans rien attendre en retour est bien plus confortable parce qu’on sait qu’on ne peut être ni déçue ni souffrir.
Je ne sais pas s’il m’aime, même si dans nos échanges il me parle bien d’amour par ses yeux ou en me serrant fort dans ses bras.
Il est timide et maladroit, pas assez sûr de lui pour arriver à s’engager dans une relation amoureuse avouée.
Mais il en a envie.
Il n’ose se l’autoriser car il n’a plus de travail, pas de stabilité et des responsabilités nombreuses.
Il a l’impression qu’il n’a rien à m’offrir et n’arrive pas à s’aventurer trop loin dans l’émotionnel.
Et bien, je l’aime comme cela.
Je sais que d’une manière ou d’une autre je suis dans son coeur…
Voilà. Simplement.
Tant pis si cela ne dure pas ou si un jour, je renonce parce que j’ai besoin de plus. On verra bien à ce moment là.
Pour l’instant je le prends comme il est. Et je cesse de me poser des questions.
Et tu ne peux pas savoir quel soulagement cela fait.
Ma relation avec lui sera celle que je vais décider de vivre, avec ce qu’il décide de m’apporter. Pas plus, pas moins…

Fiction… Lettre à une femme, si semblable à moi…

Chère amie,
Il y a chez toi une désespérance profonde que je sens sous tes mots.

Et cela me navre. En particulier envers les relations (amoureuses ou non). Comme si tu pensais qu’il te fallait te contenter d’un truc bancal car tu n’auras jamais mieux.

En tout cas, que toi, tu n’y auras jamais droit. Une sorte de fatalité qui fait qu’après l’échec de ta relation avec ton mari à laquelle tu a cru envers et contre tout (et à laquelle tu n’es pas loin de croire encore), rien d’autre ne peut exister. Un homme bien qui puisse t’aimer vraiment, pour toi, tu penses que cela n’existe tout simplement pas. Alors autant faire avec ce qu’on a, cet homme qui ne te convient pas mais qui te permet de sauver les apparences et de n’être pas seule…

C’est sans doute dur, ce que j’écris, mais je crois que l’une comme l’autre nous avons à vider un abcès vieux de plusieurs années, à faire le deuil de nos ex et de ce que nous étions alors. Renoncer à nos illusions d’alors, affectives, sociales, existentielles. Admettre que nous nous sommes plantés dès le début et que nous ne sommes pas ce que nous nous efforcions d’être pour correspondre à l’image que nous croyons avoir choisi en les épousant, ces hommes destructeurs.

Le bonheur existe, l’amour aussi.

Sans prince charmant mais avec toute la force et la beauté d’un vrai sentiment qui vous emporte sans concessions.

Mais il faut être disponible pour cela, et les hommes le sentent.

Si tu ne peux pas ouvrir ton coeur à cause de la blessure qui continue d’y saigner, les hommes « bien »  vont passer leur chemin. Ils ne forceront pas l’accès.

Les autres, les immatures, les narcissiques, les blessés qui ont besoin de se rassurer dans une relation affective illusoire, ils t’utiliseront  pour la gaudriole ou pour être des béquilles psy, pour frimer dans un dîner ou pour rassasier leurs sens, mais ils ne t’ aimeront pas vraiment.

Inconsciemment, tu interdit l’accès à ton coeurs : il y a trop de cadavres dans ton âme.
C’est à ces cadavres qu’il faut renoncer, à rien d’autre.
Rien de désespéré, juste la douceur d’un lâcher prise.

L’homme qui t’aimera viendra, bien sûr, quand tu t’aimeras toi même.

Une citation que j’aime bien:
« Aimer vraiment, c’est aimer en silence, avec des actes et non des mots. » L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon.

Bises
Agnès

Ma mère…

censure familiale.

désolée…

 


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