Se faire du bien… (selon moi)

Ah, comme on en a envie…

Les articles, les gourous, les succès de librairie sont pleins de recettes…

Mais ça veut dire quoi, au font, se faire du bien ?

Revenir à des fondamentaux qu’on a un peu oublié ou compenser tout le mal que nous subissons dans cette société de brutes? En fait, dans l’offre, il y a un peu de tout. Va, fouille et trouve ton bonheur…

Cependant, je remarque que la majorité des « idées » pour se faire du bien ont un rapport avec la philosophie consumériste et perverse qui caractérise notre société. C’est se faire du bien à soi, rien qu’à soi… en utilisant des produits « bien être » (crèmes, voyages, abonnement en salle de sport, vêtements confort, masse pied, jacuzi, draps soyeux et moquette épaisse, achats « plaisir », accessoires coquins, etc…) ou en utilisant les autres pour son propre plaisir (se faire masser, parler de soi, que de soi devant la machine à café ou sur facebook, aller chez le psy, avoir du sexe…). Mouais…

J’ai un doute.

Ce n’est pas mauvais en soi de se faire du bien à soi, mais cela ne suffit pas. Il est important de s’aimer, mais s’aimer c’est aussi aimer les autres. Donc se faire du bien à soi, c’est en même temps faire du bien aux autres. S’il n’y a pas cet équilibre, je crains que cela ne perde tout son sens et n’aboutisse que dans un égotisme vide, et « vidant ».

Il est sûr que nous vivons dans une société où l’individu a de plus en plus de mal à se sentir respecté et même simplement « vu ». Chacun est dans une grande solitude car nous avons perdu le sens de la communauté, du lien à l’autre et de la convivialité. On se sent objet, pas sujet, utilisé. On en crève… Mais on ne sait plus aller vers l’autre car on ne le reconnait plus comme un autre, mais comme un objet, une chose, comme ce qu’on a l’impression d’être soi même.

Alors on se tasse autour de soi, on se met au centre puisqu’il n’y a que nous, on se rassure en se coupant un peu plus de ces autres qu’on ne reconnait pas et qui ne nous font pas du bien. Comme un enfant qui se recroqueville autour de son doudou…

Les « idées » qu’on nous propose « pour se faire du bien » sont de l’ordre du doudou…

Par exemple, dans mon immeuble, j’ai proposé à mon arrivée, de venir prendre un verre chez moi à mes nouveaux voisins. Stupeur et tremblement ! Ils n’en revenaient pas… Ils étaient ravis mais se sachant pas trop comment se comporter. Encombré de leurs idées reçues et de leur méfiance pour les autres… Ils n’ont pas donné suite. Non pas qu’ils ne le veulent pas, mais ils ne savent plus tisser ces liens sociaux authentique qui font l’humanité, se frotter à l’étranger, à ce qui n’est pas dans la norme, à la surprise qu’apporte un autre individu…

Il faut dire que ce n’est pas facile. Et qu’il faut être sûr de soi pour oser aller vers l’autre, dans son authenticité. Traités comme du bétail, comme du « consommable », ils ont perdu le sens d’une vie profondément humaine avec tout ce qu’elle comporte de victoires et de défaites dans un mouvement perpétuel qui nous entraîne.

On veut du bonheur garanti sur prospectus. On veut un compagnon ou une compagne choisie sur catalogue. On veut une vie sans surprise, métro-boulot- télé-dodo, avec du sexe du samedi soir… Une vie de robot…

Alors on va prendre des huiles pour graisser le robot, lui mettre des pièces de rechange et lui donner du carburant en espérant qu’il marche mieux et sois heureux… On donne des doudous-de-grand à ces adultes restés enfants pour qu’ils ne fassent pas de désordre…

Bon, c’est vrai, de temps en temps, il y en a un qui se suicide… mais bon, c’est la vie…

Se faire du bien, pour moi, c’est plutôt retrouver le plaisir d’être soi, en lien avec les autres, en lien avec le monde, et redécouvrir toute la richesse qui existe dans la vie, la nôtre et celle qui nous entoure.

Dans un véritable échange… d’énergie… et pas de « choses »…

Se faire du bien c’est, pour moi, avoir envie d’être bien, pas d’avoir des biens, des choses ou des êtres…

Se faire du bien c’est une démarche vers le bonheur, pas un état en soi….

Enfin, voilà, ce que j’en dis, moi… c’est très personnel et cela ne saurait en aucun cas être une recette. Parce que le bonheur dépend de chacun et donc il est à chaque fois différent, tout en étant chaque fois le même… comme dans le poème de Verlaine.

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