La preuve par sexe…

Entendu hier une émission de radio s’indignant (à juste titre) du rapport mal ficelé concernant l’hypersexualité des enfants (en fait essentiellement des petites filles « mini miss »).

Le sujet est délicat. De toute façon, le sexe est toujours un sujet délicat…

Je n’ai pas lu le rapport, mais il me semble, d’après ce que j’ai entendu, que ce rapport fait pas mal de confusions et d’amalgames dans un souci de moralisation sociale et de diabolisation du sexe. Quoi de plus facile que d’agiter la menace de la pédophilie et de l’agression sexuelle sur mineurs pour tenir un discours puritain et castrateur ? Quoi de plus facile de d’essayer de se rallier les électeurs les plus droitiers par un retour à l’ordre moral si rassurant… au vu des contre-performances du candidat Sarkozy…

Bon, alors…

Remettons, si l’on peut, les choses en ordre. Et loin de l’idéologie, regardons les faits.

Les concours de « Mini miss » sont, à mon avis, plus ridicules et désolant qu’autre chose. C’est faire croire aux petites filles qu’elles vont réussir dans leur vie grâce à leur seule apparence et que celle ci est la chose la plus importante de leur vie… C’est évidemment dangereux et faux. C’est aussi considérer les femmes et les futures femmes comme des « beaux » objets, n’ayant d’autre rôle dans la société que d’être décoratives.

Comme les concours de beauté des « grandes », cela fait un peu foire aux bestiaux. Mais au moins, les vaches du concours agricoles sont estimées à leur juste valeur…

Maquiller les petites filles, les habiller en lolitas est, certes, ridicule. C’est ne pas respecter l’enfance, le temps du non abouti, la neutralité de genre nécessaire à l’étape suivante, l’adolescence. Mais en soi, ce n’est pas si grave…

Pour l’enfant, ce n’est qu’un jeu. On joue à la grande, on met les talons hauts de maman, on fait semblant, on s’essaye à être une femme… On « imite » comme on joue à la marchande et à faire la vaisselle de sa dinette. On met en place son identité sexuelle… Cela peut se faire avec distance et humour, comme un jeu (ce qui n’est, c’est vrai, malheureusement pas souvent le cas).

On peut certes regretter que cette mise en place reprenne les stéréotypes de la femme soumise: Etre belle, être maman, bonne cuisinière et bonne ménagère. Mais c’est une construction sociale comme une autre, nécessaire à ce que la future femme puisse prendre sa place dans une société donnée. (Je suis d’accord  que cela doit être changé puisque la société change, et heureusement.) Les Mini miss peuvent évidemment renforcer ce stéréotype d’une société phallocratique, et c’est dommage. Mais légiférer pour condamner au nom d’une hypersexualisation me parait à côté de la plaque.

Il ne s’agit pas d’agression sexuelle ! Ne mélangeons pas tout ! Que vient faire le sexe là dedans, si ce n’est par une projection malsaine d’adultes pervers et pédophiles?

Je ne suis pas d’accord avec Freud. Il n’y a pas de sexualité enfantine, en ce sens qu’il n’y a pas d’image et de pulsion allant vers l’acte sexuel. Je crois que Freud est un magnifique névrosé avec des tendances pédophiles et incestuelles et qu’il a généralisé son propre cas à l’humanité. Tous les abuseurs d’enfants ont le même discours: c’est l’enfant qui les a provoqués car il désirait l’acte… non sens !

Par contre, l’enfant peut s’essayer à séduire. Tout le monde sait que les petites filles sont très séductrices vis à vis de leur papa, et la même chose pour les petits garçons vis à vis de leur maman. Cela dit, ils peuvent l’être aussi vis à vis de leur autre parent, selon leurs besoins du moment…

Car la séduction n’est pas forcément à but sexuel…

Chercher à séduire le parent ou l’adulte n’est pas la manifestation d’un désir sexuel. C’est le besoin d’un petit être naturellement dépendant de trouver sécurité, soins, et affection nécessaire à sa survie. Pour soi tout seul. Et, ainsi, d’éliminer les rivaux.

A l’adolescence, les choses se compliquent, mais avant, pendant l’enfance, il est à mon humble avis malsain d’imaginer quoi que se soit de sexuel chez un enfant. Je sais que je vais à contre courant de la sacro sainte psychanalyse qui impose parfois sa loi de la suprême vérité, mais bon…

Donc, c’est plutôt les intentions malsaines des pédophiles qui regardent ces petites filles qui jouent « à la grande » qu’il convient de condamner… et de se poser les questions sur les névroses cachées de ces gens qui « voient le mal partout » comme un écho à leurs propres pulsions sexuelles réprimées….

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