La première gorgée de thé

Certains se délectent d’une « première gorgée de bière », moi, ce serait plutôt ma première gorgée de thé qui me rend la vie, le matin, lorsque j’émerge, ébouriffée, de dessous ma couette…

Sans elle, je ne suis qu’un zombie version mollusque qui n’arrive pas à reprendre forme humaine.

Je regarde d’un air vague la boisson ambrée qui miroite (si, si, mon thé miroite. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée, mais le fait est là. Ma première vision du matin est assez incertaine pour que je voie mon thé miroiter…).

Bref, mon thé miroite dans ma tasse, elle même posée sur un plateau qui repose sur mes genoux (enfin, je suppose que ce sont mes genoux en dessous de la couette. Je n’ai pas vérifié mais ce serait assez logique.

Après avoir réussi à attraper correctement ma tasse, je la porte à mes lèvres desséchées et je bois un peu de thé.

C’est chaud, presque brûlant, et cela éveille mes sens anesthésiés avec un frisson de bonheur. Réconfortant.

Il est ainsi des petits instants de bonheur qui, pour peu que l’on sache les saisir donnent à la vie sa douceur et la rend confortable.

Cela ne dure pas. C’est à attraper au vol dans le présent et à laisser passer en lui souriant avec reconnaissance.

Un sourire né de la certitude que ce moment reviendra, fidèle, tous les matins, si j’en ai envie.

Trouver le bonheur n’est pas si difficile. Mais nous avons souvent une conception grandilocante du bonheur qui nous pousse à lui courir après sans jamais parvenir à le rattraper. Ce qui n’est pas très étonnant puisqu’il est inaccessible dès le départ.

D’où nous viennent ces idées d’un bonheur parfait, total et inoxydable? Un truc immobile qui comblerait totalement toutes nos aspirations dans une béatitude… molle et froide. Quelque chose qui nous emporte une fois pour toute et qui ne bouge plus. Le rêve du « paradis » éternel.

Or, ce qui ne bouge pas est mort. Ce qui ne grandit pas, ne change pas, n’évolue pas est en dehors de la vie.

Petite, j’étais paniquée par l’éternité infinie du paradis promise par la religion. Si l’on a tout ce que l’on veut, d’un coup, si l’on ne peut plus rien désirer, si chaque instant est l’exacte réplique du passé et de l’avenir puisque le temps est aboli… mais qu’est ce qu’on doit s’emmerder !

Je préfère, moi me contenter des bonheurs plus modestes de la vie toute simple.

Ces bonheurs qui nous font pousser un soupir de bien-être en souriant. Ces bonheurs que l’on peut s’offrir quel que soient nos moyens.

La première gorgée de thé du matin, le sourire d’un enfant, un bon chocolat, la beauté de la nature, renoncer à être parfait et efficace, un ciel d’orage, rouge et noir, une oeuvre d’art dans un musée, prendre le temps de rêver, se rendre compte que quelqu’un vous aime, une musique, rendre un service et créer du bonheur chez un autre, prendre un bon bain chaud, croquer dans une tartine…

Encore faut-il accepter ces cadeaux là…

Peut être que les gens heureux sont simplement ceux qui s’aiment assez pour être attentifs à tout ce que le vie nous offre comme occasions ‘être heureux, et qui osent les pêcher et en profiter sans vouloir mieux…

Je ne sais pas….

 

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