Itinéraire d’une femme (un peu) perdue

Vous est-il arrivé de vous sentir très mal à l’aise en sortant d’une cérémonie d’enterrement ?
Moi, oui.
Encore que mon apparition a été très brève.
Ceci explique peut être cela, d’ailleurs. Pressée par le temps et par la panique de ma mère, je ne savais plus où étaient mes pompes et je me suis rendue parfaitement ridicule.
Quels sont les faits ?
Cet après midi, enterrement de mon oncle. Un vieil homme (90 ans quand même) que j’aimais bien mais que je n’avais pas vu depuis des lustres, n’étant pas particulièrement persona grata chez lui… des histoires de familles parfaitement stupides comme on en trouve partout à base de « il a dit ça » et « tu te rends compte, elle a fait ça » et piapiapia, genre rumeurs infondées qui vous foutent un micmac pas possible en deux temps trois mouvement.
Bref.
Moi j’étais surtout contente de revoir mes cousins que je n’avais pas vu depuis fort longtemps.
Tellement contente (j’aime bien mes cousins) que j’avais du mal à éprouver beaucoup de tristesse réelle pour le décès de mon oncle.
J’étais désolée pour mes cousins, bien sûr. Perdre son père est toujours douloureux, quels que soient les rapports qu’on a entretenus avec lui. Mais cela me paraissait légèrement irréel (la mort me fait souvent cela) et j’avais l’impression d’une réunion de famille normale. Je n’arrivais pas à intégrer cette absence…
Bon, je me débrouillais pas trop mal, bredouillant de vagues condoléances (cela dit cela m’a toujours paru un mot suspect et assez vide de sens, le genre de truc qu’on « doit » dire mais qui ne vient pas du coeur). J’ai beaucoup de mal avec les mondanités d’une manière générale.
Et puis, ma mère, dont je faisais le chauffeur s’est barrée.
Et ma mère, c’est quelqu’un. Elle est capable de tout et en particulier de toutes les conneries auto destructrices.
Cette fois-ci, elle voulait me planter là et prendre un taxi… Dans un lieu où il n’y en avait pas. Avec 3 côtes cassées. Un ciel lourd et étouffant et de rues en pente à 45°….
Donc, je suis face à mes cousins qui me disent les choses d’usage (du style « merci d’être venue ») et j’ai un oeil qui glisse vers la sortie de l’église avec ma mère en ombre chinoise qui se dépêche de sortir…
M…
Alors, je panique. Je dois vite lui courir après. En même temps, trouver une réponse appropriée à mes cousins.
La tête vide. Que dire…
Je crois que j’ai dit « bonne après midi « …
Ils allaient suivre la messe de l’enterrement de leur père !
Bonne après midi !
Honte !
J’ai rougi, bredouillé et je me suis excusée en vitesse pour rejoindre maman qui sortait à l’air libre…
J’espère qu’ils ne m’en voudront pas trop…
je suis vraiment pas possible… Je n’en loupe pas une !
Moi qui voulait renouer… c’est mal parti…

Faut dire qu’en ce moment, je suis un peu à côté de mes pompes… rires !
je cours comme une dératée après ma confiance en moi, et éventuellement mon estime perso.
Un travail de longue haleine qui devenait assez indispensable…
Et, la vache, ils courent vite…

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