Le jeu du je, du jeu littéraire, du je-nous, du je-il

Il y a, pour moi, dans l’écriture d’un blog, un jeu littéraire qui me permet de ne pas déballer sur le net toute mon intimité personnelle comme c’est devenu la mode ou le must actuellement.

Les possibilités du net qui nous donnent désormais l’occasion de parler de soi anonymement et à personne en particulier, sans face à face personnel, de se dire à un autre virtuel que l’on ne voit pas, a libéré cette pulsion quasi exhibitionniste qui fait rage sur la toile. C’est à qui révélera ses plus glauques turpitudes ou ses pensées les plus secrètes sur facebook, tweeter ou son blog, quitte à le regretter amèrement ensuite. Car l’anonymat est un leurre pour qui sait manier l’informatique.

Rôle du « confesseur » à qui on pouvait tout dire dans l’ombre propice du confessionnal d’antan, protégé par la grille et l’obligation du secret qu’avait le prêtre. La même jouissance du grand déballage, du dépôt de la charge culpabilisante (quitte à en rajouter un peu…). Mais autrefois , en plus, on était absous. Ou du moins on le croyait.

Force thérapeutique de la croyance…

Le psy a remplacé le prêtre. Mais il ne pardonnait pas. Et puis il coûtait cher.

Le net a remplacé le psy. C’est nettement plus économique… mais il lui manque ce quelque chose du rapport humain et de la croyance qui soulage… d’où une certaine surrenchère… non ?

Mais bon, après tout, pourquoi pas… Si cela permet de lâcher un peu de pression, de se faire du bien…

Mais il ne s’agit pas de cela ici.

Bien sûr que je parle de moi, que ce que j’écris parle essentiellement de moi… Mais surtout entre les lignes. Comme dans la littérature.

« Mme Bovary, c’est moi« , disait Flaubert. Toute proportion gardée (je suis loin du talent de Flaubert… quoique… dans le genre Bouvard et Pécuchet… rires), le principe est le même. C’est de nos tripes que nous sortons les mots, nous, les faiseurs de textes. Pour autant, nous ne livrons pas la viande comme sur un étal de boucher. Nous la préparons pour en tirer le suc et le goût. Ce qui fera que le lecteur pourra y trouver son compte, cette résonance avec sa propre vie, puisque nous faisons partie de la même humanité.

Le blog est donc pour moi un jeu littéraire, un jeu avec le « je » qui est moi tout en ne l’étant pas. Un jeu qui me permet de prendre des masques de théâtre et de ne pas m’avancer nue aux yeux des lecteurs.

Mon intimité n’est pas ici. Elle est dans mon journal ou chez ma psy.

Ici, il y a la personna (au sens théâtral) qui se construit, la partie émergée de l’iceberg, ce que je veux bien laisser voir et partager, ce que j’ai envie de partager.

Ici, il y a communication, donc construction et message.

Il n’y a pas confession.

Et simplement la trace écrite de mon chemin vers mon petit épanouissement personnel, pour faire de ma vie un véritable plaisir… en toute simplicité….
Plein de sourires ensoleillés…

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