Archives pour mai 2011



Des pantalons et des fringues en général

Avez vous remarqué l’espèce de folie étrange qui s’empare de mes contemporaines à l’approche des changements de saison et qui culmine avec les soldes ?

Pourquoi cette brutale envie de changer toute sa garde robe? Une garde robe constituée à l’aide de force dépenses de temps et d’argent, dont chaque pièce a été tripotée, pensée, essayée, remise sur le portant, réessayée et finalement choisie au milieu de centaines d’autres.

Mais à chaque début de saison, ces vêtements perdent tout leur intérêt et ne deviennent que ce qu’ils sont réellement: des morceaux de tissus assemblés, sans plus. Ils sont totalement désinvestis de leur puissance symbolique et ne permettent plus le plaisir, ni la jouissance (isn’it Lacan ?)

Ben oui. Ce n’est pas le machin en chiffon qui compte, c’est ce qu’il représente. Et il est très difficile, pour une femme (moi y compris, même si je tente de résister comme je peux), de ne pas en tenir compte. La robe de l’année dernière, si délicieuse, vous rendait jolie et dans le coup… l’année dernière. Cette année, elle fait réchauffé, et en matière de mode, le réchauffé ne vaut que pour une période minimum de 20 ans (ça fait quasi historique alors…). En deça, c’est du ringard. Et avoir l’air attiffée de machins ringards… ça ne le fait pas du tout !

Alors, on céde.

En fait, il y a deux façon de céder.

Façon 1: on achète toutes les « nouvelles tendances », en se documentant à fond dans les magazines féminins qui vous présentent des donzelles à peine pubères, longilignes (pour ne pas dire maigres) et dépassant de quelques 20 bons cm la taille moyenne des femmes françaises (1m60 à 1m65 à tout casser), habillées de trucs improbables, absolument inmétables et accessoirement hors de prix, photographiées dans des décors de rêves bien loin de notre vrai univers (qui est plutôt le super U, la sortie de l’école du quartier, la boulangerie de mme Bonchon… plutôt que les plages de Bali ou les grands hotels New yorkais).

Bon, et avec ça, on est sensées avoir saisi les « nouvelles tendances » et savoir comment s’habiller pour respecter notre identité de femme épanouie et bien dans son époque…

Alors, on oublie (culpabilisées d’avoir dépensé pas mal de fric dans ces conneries… et donc on se « rachète » en découpant les fiches recettes qu’on ne fera jamais).
Mais on ne s’avoue pas battues et on traîne dans les grands magasins de vêtements adaptés à notre budget pour finalement acheter un pantalon ou un « top » (on ne dit plus chemisier ou tee shirt, désormais, c’est dépassé) qui ira rejoindre notre armoire débordante de tous les achats cumulés des années passées.

Ensuite il y a la gestion des stocks…

On se retrouve en effet devant la situation paradoxale suivane: on lance un sincère « je n’ai plus rien à me mettre » devant une armoire qui explose de fringues… Absurde. Et pourtant…

Remettre les vêtements de l’année dernière nous met mal à l’aise.

D’abord ils sont passés de mode, ensuite ils ont mal vieilli (achetés à pas cher, il n’y a rien d’étonnant à ce que les lavages les aient un peu tabassés, boulochés, rétrécis ou fait baver leurs couleurs… A vrai dire, ils ne ressemblent plus à rien…) et enfin, on a un peu forci et on est légèrement (!) boudinées dedans (voire quasi apoplectiques, mais ça, c’est parce que qu’ils ont sournoisement rétréci au lavage, voir ci haut…)

Pour autant, nous en débarrasser (par exemple: donner à des oeuvres caritatives, vendre (quand c’est possible) ou jeter (le plus probable)) nous met tout autant mal à l’aise. Au motif que cela nous a coûté des sous (et on se sent un peu coupable d’avoir été si frivoles) et que cela pourrait encore faire un peu d’usage (du genre: »je peux maigrir », « la mode des gilets orange et rose fushia peut revenir » « c’est quand même du caschemire (autre version, du cuir…) » et autre excuses bidons que l’on s’invente… en toute mauvaise foi …)

Alors, on garde tout. On ferme les yeux et on continue à s’acheter ce qui, si ça se trouve est déjà dans notre armoire, tout au fond, sous la pile de droite, en perdition depuis 5 ans.

Façon 2: On renonce et on remet toujours le même jean et le même tee-shirt-sweet au long des années. Au fond, on y est bien dedans… Nettement plus économique, mais moins séduisant. On se sent utilitaire et bof bof…

Car, en fait, tout ça, c’est pour les messieurs.

Pour qu’ils nous regardent.

Qu’ils nous trouvent jolies et désirables.

Et qu’éventuellement ils tentent leur chance…

Et c’est important, l’hameçon, quand on part à la pêche !!!!

Allez, bonsoir les filles et bonne pêche au gros… (je me suis achetée une petite jupe fleurie, moi, hier, tiens….)
 

Sciences

« Comme un homme de science trimant jour et nuit dans son laboratoire pour inventer une nouvelle forme de chagrin  » Jack Kerouac.

Nous sommes depuis deux siècles dans la suprématie de la science qui a peu à peu remplacé la divinité. La science s’arroge le droit d’avoir seule le droit de décider ce qui est la vérité et même la réalité. Prétentieuse…

Or une bonne part de la réalité lui échappe.

 

Autoportraits…

En cette période de recherche sur ma petite personne (qui suis-je?, ou vais-je? en quel état j’ère (Ce n’est pas de moi, mais de Francis Blanche, rendons à César et à Francis ce qui leur reviennent), en cette période de recherche, donc, sur ma petite personne, ce qui en langage savant et psychologique peut s’appeler « quête narcissique » (mais uniquement lorsqu’on veut frimer, sinon, ce n’est pas nécessaire, cela ne rend pas la chose plus aisée…), je me suis prise à  la fantaisie de faire des autoportraits…

Bon, j’arrête d’écrire avec un cul de poule, cela m’agace…Donc, des autoportraits.

Avec un appareil photo.

Oui, car avec des mots, j’ai plus de mal.

J’ai l’impression que j’aurai tendance à faire de moi une vague caricature déplaisante ou, dans un mouvement de correction exagéré, de faire à l’inverse un tableau idyllique parfaitement saint sulpicien (genre: la pooovre Agnès attaquée par le sort dès sa plus tendre enfance…)

Le cynisme ou le gnan gnan…

Beurk !

Le recours à la technique photographique, surtout lorsqu’il est pratiqué par moi qui ne maîtrise absolument pas les raffinements du travail de l’image, donnera, il me semble, une image plus fidèle de moi même. Image que je contemple en général longuement, en essayant de deviner dans cette image qui a été attrapée par l’objectif quelque chose qui soit moi. Une raisonance, une familiarité, un truc que je reconnaisse et qui m’identifie…

dsc00687.jpg

Mais, je dois avouer que je suis extrêmement perplexe…

C’est moi, ça ?

La question est idiote. Bien sûr que c’est moi… C’est même moi qui ai appuyé sur le déclencheur et dans la pièce il n’y avait que moi…

Il y a des moments où j’ai des rapports un peu étrange avec la réalité. Lors de la naissance de ma fille, après avoir mordu l’infirmière pendant le travail et m’être demandé ce que je foutais là et que si j’avais su, je serai pas venu et autre idées élevées d’amour maternel, j’ai regardé, ahurie, cette petite merveille qui venait de sortir de mon ventreet j’ai demandé: « C’est moi qui ai fait ça ? » C’était tellement beau, si manifestement réussi que je n’arrivais pas à croire que j’aie pu en être capable, y être pour quelque chose…

Etant donné que j’étais, dans cette salle la seule femme en train d’accoucher, et qu’il n’y avait pas eu de livraison par une cigogne, il a bien fallu me rendre à l’évidence. Mais quand même… c’était incroyable.

Et les infirmiers (j’avais le privilège d’en avoir tout une tripotée à mon service, infirmiers et élèves infirmiers, puisque accouchant par le siège, j’étais une belle occasion d’apprendre… Cela a été plus facile de les choper pour les mordre lors des contractions avant la péridurales d’ailleurs…) m’ont regardé comme une gentille demeurée rigolotte de poser ce genre  de question débile…

Bref…

auto1.jpg

Lorsque je regarde ce visage, ces yeux, ces lèvres, ces cheveux, je vois bien qu’il y a une vague ressemblance. Mais c’est comme si cette apparence n’était pas vraiment moi. Comme si je habitais pas là…

………………………………………………

Je vois bien les yeux de mon père, la bouche de ma mère, mais dans ce patchwork, je ne sens pas mon individualité. C’est sans doute là que se situe le problème. Je n’arrive pas à me sentir moi, sans rester reliée, d’une certaine manière à un autre, sans cette dépendance qui est celle de l’enfant qui n’a pas eu l’autorisation d’exister en dehors de ses parents. Des parents qui ne l’ayant pas désirée, n’ont pas pu l’aider à se construire et lui faire confiance pour qu’elle vole de ses propres ailes.

Car il faut beaucoup d’amour pour accepter de voir son enfant s’envoler du nid et s’affirmer autre, différent de soi. Pour l’encourager à prendre son propre chemin et non de lui faire prendre celui que l’on est en train de suivre. Il faut beaucoup d’amour pour se séparer de son enfant, et s’effacer. Pour accepter de plus avoir d’influence sur lui et le considérer comme un égal. Beaucoup d’amour et du courage, de la force et pas trop souffrances non résolues…

Combien de parents restent accrochés à leur progéniture, soit par culpabilité de ce non désir, soit par peur du vide d’un désir qu’il ne savent pas assumer?

Comment alors devenir soi lorsque l’on porte une image parentale sur le dos comme une tortue alors que l’on se voudrait papillon?

Il doit y avoir de ça …

Mais bon, voilà. Cela commence à bien faire ! Papa-maman, tout ça, c’est du passé. Faudrait bien que je commence à vivre en adulte, non ? Et si le désir parental a merdé, il y a bien eu désir quand même, sinon, je ne serais pas là, vivante, en train faire des bêtes photos pour voir quelle tête je peux bien avoir !

Et c’est là que je sors mon Jung !

Ben oui. Au delà de la petite famille, qui c’est qui existe ? l’inconscient collectif. Le désir de l’inconscient collectif. celui de la lignée, l’héritage, l’humanité, la terre. Cela fait un peu fumeur de moquette, mais cela fait du bien de penser qu’on est relié à un désir qui nous fait exister au delà du petit désir raté de notre histoire immédiate, qu’on est relié à un grand tout qui nous donne à la fois notre humanité particulière et générale.

Et c’est là que je sors les philosophies orientales!

Perdre son égo pour exister à un autre niveau…

C’ est encore un peu flou pour moi, mais peu à peu, j’avance. Le paradoxe me plait. Il me semble plus juste dans sa vision de monde.

La vie est mouvement entre une chose et son contraire. Chaque manque porte en lui sa richesse. Chaque richesse porte en lui son manque. Chaque identité n’existe que par rapport à une non identité…

On est soi parce que l’on est aussi passager de la terre comme tout les autres, à la fois distinct et indistinct dans une oscillation permanente et pleine de vie.

C’est comme la lumière. Elle n’existe que par rapport à l’ombre. Et vice versa.

Et moi, je n’existe que par rapport à tout ce qui n’est pas moi. Et en même temps, je participe aussi à tout ce qui n’est pas moi, en tant qu’être vivant. C’est une immense foire qui fait que la vie est sans cesse mouvante, imprévisible, étonnante et indissociable de tous ses états. Ce qui arrive à l’un rejaillit sur l’autre, bien ou mal…

Et l’égoïsme (pas l’égocentrisme) nourrit l’altruisme, car comment ne pas aimer l’autre lorsque l’on s’aime. Puisque nous somme liés. Etre bon avec soi donne envie d’être bon avec l’autre, par une pente naturelle qui veut qu’une source produit un cours d’eau qui abreuve tout sur son parcours… Non ?

Je ne sais pas. Je me trompe peut être mais il me semble que c’est une voie à creuser…

Je vais bien finir par savoir qui est cette femme…
Avec une tasse de thé….

 

 

 

 

Papillon de mai

J’ai bien fêté la fête du travail !

Je n’ai quasiment rien fait, à part dormir, rêver, écrire mon journal et lire…
Balade dans le parc voisin.
Le chien saute après les grenouilles près de l’étang.

Des fleurs de Lotus s’y épanouissent.

Je respire. Harmonie de vert.

Je fais tomber les petites pétales blanches des fleurs d’un arbuste, cela fait comme une neige de printemps qui s’envole…

Pavillon coréen. Calme. Pivoines blanches, chant des oiseaux…

Rentrée, je me fais un festin.

Croustillant de chèvre accompagné de sa salade verte-radis rose-champignon blanc

Compotée de courgettes-tomates-ail avec la douceur d’une quenelle et d’un peu de conté

Moelleux au chocolat (très moelleux) avec le contraste du fromage blanc, des fraises et un kiwi.

Le tout accompagné de vin et d’un café.
J’ai du me coucher pour faire la sieste… le vin m’a tourné la tête…
Réfugiée dans mon lit, j’étais tranquille, attendant que l’ivresse passe un peu.
Réfléchi dans cette douce euphorie, à de la philosophie (Gilles Deleuze et son anti-Oedipe, structuralisme et psychanalyse, obsession des systèmes (le système capitaliste, le système marxiste, l’homme créé par la structure et non l’inverse) issue des idées scientistes du monde, et toutes sortes de choses un peu fumeuses…)  et à des plaisirs moins conceptuels aussi… pour revenir à l’essentiel de l’ être: mon corps…

Envie d’écrire…

…………………………………………………………………………………..autoportrait
Comme ceci:

Le papillon japonais…

Le papillon s’est posé doucement sur la fleur sans même faire fléchir le fragile pétale.

Dans son jardin de la banlieue de Tokyo, la jeune fille regarde le printemps pointer le bout de son nez et transformer doucement l’air qu’elle respire. Elle est nue, fraîche et tendre dans un grand peignoir de coton brodé de fleurs qui s’enlacent et courent de sa taille à ses poignets. Ses cheveux noirs et lisses sont dénoués. Ils flottent souplement jusqu’à sa taille. Ses cheveux ont la souplesse de ceux des occidentales, ses yeux sont immenses, et peu bridés, ses lèvres sont charnues et rouges. Ils  constituent son héritage d’une grand-mère française qui était venue ici il y a bien longtemps, fuyant son pays et sa famille, avec son fils, bâtard né d’un amour réprouvé par la morale d’alors. Cette morale qui faisait que l’on préférait la mort à la honte, cette mort lente.

Elle vient de se lever, et a ouvert les portes sur le jardin. La brise a soulevé quelques mèches de ses cheveux. Elle regarde le petit chemin de pierres inégales qui serpente jusqu’au  pavillon de thé, le saule pleureur, la petite fontaine en bambou et le soleil qui commence à éclabousser de taches lumineuses le feuillage et les pierres.

Son amant est parti dans la nuit.

Quelques larmes coulent doucement sur ses joues. Elles coulent sans que rien ne bouge dans son visage lisse, petites fontaines d’eau salées qui ne veulent pas s’arrêter. Il est parti et elle a réussi à retenir ses larmes jusqu’à ce qu’il parte. Mais elle n’a pas pu cacher sa détresse. Celle-ci débordait de son cœur à travers ses yeux.

Il avait besoin d’espace, il avait besoin d’autres femmes. D’être rassuré par le regard d’autres femmes…  Comme à chaque fois…

Il le lui avait dit lors de leur rencontre. Elle l’avait accepté. Comme si elle ne méritait pas d’être la seule. Peut-être, d’ailleurs, ne l’a t’elle pas vraiment cru. Dans sa naïveté de femme amoureuse, elle pensait que son amour le guérirait… Illusions !

Alors, elle s’est oubliée, a oublié de réclamer quelque chose pour elle, pour le garder quand même, pour qu’il reste près d’elle, un peu. Elle s’est tue mais en a souffert, au fil des jours.

Blessée de n’être pas capable de lui apporter ce dont il avait besoin, blessée dans son identité de femme,  dans son besoin d’être aimée, cette nuit, elle s’est révoltée et la plainte est sortie, expression d’une souffrance plus que d’un reproche. Cela a suffi. Il est parti, furieux et en colère. Elle n’a pas vraiment compris. Sonnée…

Elle a eu mal. S’est sentie stupide, se reprochant d’agir de travers, de ne pas le respecter.

Elle a hurlé dans la maison vide. Est tombée à terre, ivre de douleur, emportée par la souffrance. Elle a laissé sortir toute sa peine pendant des heures puis s’était endormie alors que la nuit finissait, pelotonnée sur son futon comme un petit chat. Le jour l’a réveillée dans un frisson, elle ne s’était pas couverte. Elle a un peu froid. Et ses larmes coulent toujours. De honte, de peur de le perdre, de tristesse.

Elle se lève et va voir le jardin.

Elle s’assoit devant la porte, elle entoure ses genoux de ses mains et pose son menton dessus. Elle suit des yeux le papillon, et ses yeux peu à peu s’assèchent, elle regarde la fleur qui s’ouvre aux rayons du soleil, elle respire. Elle essaie de ne penser à rien, juste aux sensations d’être là et de ne rien faire, de laisser la terre tourner en toute liberté, de laisser respirer l’univers et peu à peu son cœur s’apaise.

Elle ne lutte plus. Elle laissait entrer en elle la sérénité de la nature. Elle est triste mais elle vit cette tristesse sans en accuser personne, même pas elle. Elle la laisse la traverser, simplement. Accepter.

Elle s’accepte enfin telle qu’elle est. Elle l’accepte aussi tel qu’il est, avec ses envies de fuir, de la fuir. De quel droit exigerait-elle quoi que ce soit de lui ?

Elle l’aime. même sans retour, elle sent cette vibration de vie en elle. Elle aime. Et cela suffit…

Jusqu’alors elle s’était refusée à se laisser aller à l’aimer. D’abord parce qu’il ne le voulait pas, considérant tout amour à son endroit comme un enfermement, et puis parce qu’elle en avait très peur. Elle enfouissait ses sentiments au plus profond d’elle-même pour pouvoir les nier. Mais il est inutile et dangereux de nier l’évidence, et la réaction qu’elle avait eu cette nuit n’était que le fruit de cet amour qu’elle avait refoulé et qui voulait malgré tout s’exprimer. Mal et de travers.

Elle entre dans la maison. Elle laisse tomber son kimono à ses pieds et reste nue. Elle a besoin d’être ainsi, de sentir l’air du matin sur sa peau, d’être ainsi qu’il l’a prise cette nuit là. Cette nuit où elle a hurlé de plaisir avant de hurler de douleur.

Elle s’assit devant la petite table et se mit à écrire une lettre qu’elle ne lui enverra pas.

« C’est parce que je t’aime que je vais cesser de pleurer, de gémir et de hurler ma douleur d’être rejetée. Je t’aime et je vais donc accepter cette souffrance et vivre avec elle, en faire ma compagne. D’une certaine façon, elle m’est chère car elle vient de toi.

Je t’aime et c’est pour cela que j’accepte que tu sois ce que tu es, que tu aies peur d’aimer, que tu aies besoin de séduire sans cesse pour te sentir exister, et que je vais, désormais m’écarter de ta route pour que tu te sentes libre vis-à-vis de moi.

Je t’aime et je respecte ta manière de vivre. Elle est toi et je l’accepte en tant que telle. Je ne te demande surtout pas de changer. C’est toi que j’aime, pas un idéal que j’aurais plaqué sur toi. Je t’aime et je vais m’occuper de moi pour que tu n’aies pas le sentiment que je te demande de me prendre en charge. Je t’aime et je vais apprivoiser ma douleur d’être loin de toi, car je ne veux pas t’en faire porter le poids. Je t’aime et je vais tâcher de construire mon bonheur toute seule car, de toute façon, tu n’en es pas responsable.

Je ne compte pas sur toi pour être heureuse. Sinon, qu’aurais-je à t’offrir ?

Je t’aime et je vais me mettre en vacance de toi. Travaillant, lisant, rêvant, cultivant le souvenir des bons moments que nous avons passé ensemble. Te laissant libre de revenir vers moi ou pas. Je t’aime et c’est pour cela que j’accepte de te perdre car si ton bonheur est ailleurs, il faut que tu ailles le chercher ailleurs.

Je t’aime et je ne veux pas être une entrave à ta vie, mais l’enrichir, bien au contraire.

Je t’aime profondément, je n’ai pas fait exprès. C’est comme cela. Cette chose que tu considères monstrueuse est arrivée entre nous. Tu ne l’acceptes pas, moi si. Ce n’est pas grave. Tu n’en es pas responsable, pas plus que je n’en suis coupable. Nous avons le droit de le vivre différemment. On ne se doit rien l’un à l’autre. L’amour n’est pas là pour répondre à un besoin. Il est, c’est tout. L’amour est libre, il ne s’impose pas. Sinon, c’est de la dépendance. Et je ne suis pas dépendante de toi. Je peux très bien vivre sans toi. Même si j’ai l’impression que ma vie serait plus riche avec toi. Je t’aime et c’est pour cela que j’accepte que tu puisses ne pas m’aimer.

C’est parce que je t’aime que je ne te le dirai pas, que je ne t’enverrai pas ce texte. Car je sais que tu ne peux l’entendre.

Je t’aime et ne vais rien dire, ni rien faire. Etre absente et peut être attendre que tu reviennes vers moi. Peut être pas… Je ne sais pas. J’ai besoin d’autre chose que cette manière que tu as d’être avec moi. Je suis désolée.

Je t’aime et je vais aimer cette femme qui t’aime.

Garder comme un trésor ces moments de bonheurs avec toi… En jouir…

Et vivre… »

Elle posa sa plume.

Son amant est entré par le jardin. Elle ne le voit pas. Elle est belle, la soie sombre de ses cheveux épars étalés sur le sol, son corps lisse et doux, ses fesses rondes qu’il aime tant toucher, ses seins blancs et tendres…

Il se pose près d’elle, et sa main caresse.

Elle sursaute un peu, ouvre les yeux, le reconnaît, son papillon volage qui était parti, qui est revenu, qui repartira sans doute… elle sourit et se donne.

PS: toute ressemblance avec des personnes existantes en ce moment dans ma vie est purement forfuite… si, si…

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