Autoportraits…

En cette période de recherche sur ma petite personne (qui suis-je?, ou vais-je? en quel état j’ère (Ce n’est pas de moi, mais de Francis Blanche, rendons à César et à Francis ce qui leur reviennent), en cette période de recherche, donc, sur ma petite personne, ce qui en langage savant et psychologique peut s’appeler « quête narcissique » (mais uniquement lorsqu’on veut frimer, sinon, ce n’est pas nécessaire, cela ne rend pas la chose plus aisée…), je me suis prise à  la fantaisie de faire des autoportraits…

Bon, j’arrête d’écrire avec un cul de poule, cela m’agace…Donc, des autoportraits.

Avec un appareil photo.

Oui, car avec des mots, j’ai plus de mal.

J’ai l’impression que j’aurai tendance à faire de moi une vague caricature déplaisante ou, dans un mouvement de correction exagéré, de faire à l’inverse un tableau idyllique parfaitement saint sulpicien (genre: la pooovre Agnès attaquée par le sort dès sa plus tendre enfance…)

Le cynisme ou le gnan gnan…

Beurk !

Le recours à la technique photographique, surtout lorsqu’il est pratiqué par moi qui ne maîtrise absolument pas les raffinements du travail de l’image, donnera, il me semble, une image plus fidèle de moi même. Image que je contemple en général longuement, en essayant de deviner dans cette image qui a été attrapée par l’objectif quelque chose qui soit moi. Une raisonance, une familiarité, un truc que je reconnaisse et qui m’identifie…

dsc00687.jpg

Mais, je dois avouer que je suis extrêmement perplexe…

C’est moi, ça ?

La question est idiote. Bien sûr que c’est moi… C’est même moi qui ai appuyé sur le déclencheur et dans la pièce il n’y avait que moi…

Il y a des moments où j’ai des rapports un peu étrange avec la réalité. Lors de la naissance de ma fille, après avoir mordu l’infirmière pendant le travail et m’être demandé ce que je foutais là et que si j’avais su, je serai pas venu et autre idées élevées d’amour maternel, j’ai regardé, ahurie, cette petite merveille qui venait de sortir de mon ventreet j’ai demandé: « C’est moi qui ai fait ça ? » C’était tellement beau, si manifestement réussi que je n’arrivais pas à croire que j’aie pu en être capable, y être pour quelque chose…

Etant donné que j’étais, dans cette salle la seule femme en train d’accoucher, et qu’il n’y avait pas eu de livraison par une cigogne, il a bien fallu me rendre à l’évidence. Mais quand même… c’était incroyable.

Et les infirmiers (j’avais le privilège d’en avoir tout une tripotée à mon service, infirmiers et élèves infirmiers, puisque accouchant par le siège, j’étais une belle occasion d’apprendre… Cela a été plus facile de les choper pour les mordre lors des contractions avant la péridurales d’ailleurs…) m’ont regardé comme une gentille demeurée rigolotte de poser ce genre  de question débile…

Bref…

auto1.jpg

Lorsque je regarde ce visage, ces yeux, ces lèvres, ces cheveux, je vois bien qu’il y a une vague ressemblance. Mais c’est comme si cette apparence n’était pas vraiment moi. Comme si je habitais pas là…

………………………………………………

Je vois bien les yeux de mon père, la bouche de ma mère, mais dans ce patchwork, je ne sens pas mon individualité. C’est sans doute là que se situe le problème. Je n’arrive pas à me sentir moi, sans rester reliée, d’une certaine manière à un autre, sans cette dépendance qui est celle de l’enfant qui n’a pas eu l’autorisation d’exister en dehors de ses parents. Des parents qui ne l’ayant pas désirée, n’ont pas pu l’aider à se construire et lui faire confiance pour qu’elle vole de ses propres ailes.

Car il faut beaucoup d’amour pour accepter de voir son enfant s’envoler du nid et s’affirmer autre, différent de soi. Pour l’encourager à prendre son propre chemin et non de lui faire prendre celui que l’on est en train de suivre. Il faut beaucoup d’amour pour se séparer de son enfant, et s’effacer. Pour accepter de plus avoir d’influence sur lui et le considérer comme un égal. Beaucoup d’amour et du courage, de la force et pas trop souffrances non résolues…

Combien de parents restent accrochés à leur progéniture, soit par culpabilité de ce non désir, soit par peur du vide d’un désir qu’il ne savent pas assumer?

Comment alors devenir soi lorsque l’on porte une image parentale sur le dos comme une tortue alors que l’on se voudrait papillon?

Il doit y avoir de ça …

Mais bon, voilà. Cela commence à bien faire ! Papa-maman, tout ça, c’est du passé. Faudrait bien que je commence à vivre en adulte, non ? Et si le désir parental a merdé, il y a bien eu désir quand même, sinon, je ne serais pas là, vivante, en train faire des bêtes photos pour voir quelle tête je peux bien avoir !

Et c’est là que je sors mon Jung !

Ben oui. Au delà de la petite famille, qui c’est qui existe ? l’inconscient collectif. Le désir de l’inconscient collectif. celui de la lignée, l’héritage, l’humanité, la terre. Cela fait un peu fumeur de moquette, mais cela fait du bien de penser qu’on est relié à un désir qui nous fait exister au delà du petit désir raté de notre histoire immédiate, qu’on est relié à un grand tout qui nous donne à la fois notre humanité particulière et générale.

Et c’est là que je sors les philosophies orientales!

Perdre son égo pour exister à un autre niveau…

C’ est encore un peu flou pour moi, mais peu à peu, j’avance. Le paradoxe me plait. Il me semble plus juste dans sa vision de monde.

La vie est mouvement entre une chose et son contraire. Chaque manque porte en lui sa richesse. Chaque richesse porte en lui son manque. Chaque identité n’existe que par rapport à une non identité…

On est soi parce que l’on est aussi passager de la terre comme tout les autres, à la fois distinct et indistinct dans une oscillation permanente et pleine de vie.

C’est comme la lumière. Elle n’existe que par rapport à l’ombre. Et vice versa.

Et moi, je n’existe que par rapport à tout ce qui n’est pas moi. Et en même temps, je participe aussi à tout ce qui n’est pas moi, en tant qu’être vivant. C’est une immense foire qui fait que la vie est sans cesse mouvante, imprévisible, étonnante et indissociable de tous ses états. Ce qui arrive à l’un rejaillit sur l’autre, bien ou mal…

Et l’égoïsme (pas l’égocentrisme) nourrit l’altruisme, car comment ne pas aimer l’autre lorsque l’on s’aime. Puisque nous somme liés. Etre bon avec soi donne envie d’être bon avec l’autre, par une pente naturelle qui veut qu’une source produit un cours d’eau qui abreuve tout sur son parcours… Non ?

Je ne sais pas. Je me trompe peut être mais il me semble que c’est une voie à creuser…

Je vais bien finir par savoir qui est cette femme…
Avec une tasse de thé….

 

 

 

 

0 commentaire à “Autoportraits…”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire


Commentaires récents

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne
  • Album : New york
    <b>rue1.jpg</b> <br />
Rejoignez Viadeo, le réseau social professionnel choisi par Agnès Falabrègues et plus de 40 millions de professionnels

Laisse moi mettre des poème... |
Le Dragon de la Rivière |
Tisseurs de Mondes |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Nothing to Say
| Au delà des apparences...
| Les Aixclats du coeur