Contes de la chambre de thé

Je reprends le titre du livre de Sophie de Meyrac que je suis en train de lire.
Oasis de sagesse dans un monde qui en est tellement dépourvu… c’est désaltérant comme ce breuvage limpide aux mille vertus…

Dans le bus pour aller au travail, trimbalée et secouée par les coups d’accélérateurs et les freins puissants, je suis ailleurs, je rêve aux montagnes vert émeraude de Chine, aux lacs tranquilles de Corée, aux temples calmes du Japon, aux yaks philosophes du Tibet… Et, en même temps, je pose un nouveau regard sur mon présent, avec une douce intensitéappréciant l’éclat tendre des fleurs qui viennent d’éclore sur cet arbre au bord de la route, les reflets irisés de la Loire que nous longeons ou la magnifique chevelure, bouclée et noire jais de la femme qui vient de monter avec sa fille dans ce bus.

Le monde est beau, toujours, si on sait regarder.

La vie est belle, aussi, si on sait apprécier ce qu’elle nous donne, au lieu de vouloir autre chose. Une autre chose que l’on croit vouloir, qui nous semble même indispensable et dont le manque nous faite terriblement souffrir…

C’est bien occidental, ça, de vouloir soumettre le monde à notre volonté à courte vue !
Et je suis bien de ce monde là !
Moi aussi, je veux… plein de choses… et je n’arrive pas à sourire lorsque je ne l’obtiens pas.
Moi aussi, je crois savoir ce dont j’ai besoin et je me bats pour l’obtenir… en pure perte…
Moi aussi, je m’imagine devoir tout maîtriser dans ma vie pour avoir un peu de valeur aux yeux des autres… et aux miens…
Moi aussi, je m’épuise, je pleure, je suis triste parce que je prends pour un échec personnel ce qui n’est que péripétie et chemin vers une autre moi même, plus sage…
Moi aussi, je refuse d’avancer sans savoir et sans tout comprendre…

Ce soir, pas exemple, je suis furieuse…
Je ne comprends pas.
Cet ami ne me rappelle pas.
Cela gâche ma soirée qui pourrait être bien douce, avec ma tasse et mon livre, confortablement installée contre mes oreillers…
Et, au lieu de cela… je suis triste car j’attends quelque chose qui ne viendra pas.

En fait, c’est peut être mieux ainsi… Qu’en sais-je ? Pourquoi je n’arrive pas à lâcher prise et à faire confiance ? A laisser les choses se faire ? Pourquoi ne puis-je me soumettre à la réalité inconnue puisque je ne peux la changer ou la diriger à ma guise?

Je pressens que cette soumission là est la porte d’une grande liberté, d’une vraie énergie et la communion à plus grand que moi dans lequel je pourrais être totalement moi et totalement reliée à la vie…
Mais je me défends. Tout cela n’est que balivernes, dit mon esprit rationaliste…
Trucs de fumeurs de moquette…
Maîtrise, contrôle, épuisement… Ca c’est du sérieux…

Mouais…

Je regarde s’élever la vapeur translucide de mon bol de thé…
Les feuilles se déploient au fond de ma tasse, elles dansent, un parfum léger s’en dégage. C’est subtil, doux et simple… fermer les yeux et retrouver l’énergie… le Qi…

0 commentaire à “Contes de la chambre de thé”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire


Commentaires récents

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne
  • Album : New york
    <b>rue1.jpg</b> <br />
Rejoignez Viadeo, le réseau social professionnel choisi par Agnès Falabrègues et plus de 40 millions de professionnels

Laisse moi mettre des poème... |
Le Dragon de la Rivière |
Tisseurs de Mondes |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Nothing to Say
| Au delà des apparences...
| Les Aixclats du coeur