Archives pour mars 2011

Thérapie (note)

Oui, oui, je sais, tout ça, c’est un peu comme enfoncer des portes ouvertes…

Mais justement, faire une thérapie c’est prendre conscience à notre propre propos de ce que tout le monde, sauf nous, a vu depuis longtemps…

Il est bien connu que l’on est tout à fait capable d’analyser l’autre et de voir sa solution de manière totalement évidente, alors que la nôtre nous demeure un mystère absolu…

C’est si simple… chez le copain…

D’où l’utilité du thérapeute, un Autre, qui va nous renvoyer des trucs sur nous, qu’on fait des oh, des ah (et des snifs) et nous montre, comme un miroir, ces trucs qui nous révèlent un peu à nous mêmes.

Donc, on redécouvre l’eau chaude… c’est vrai, mais ca peut être utile pour ne plus se les geler dans son bain… (c’est une métaphore… Nota: voir Lacan)

Bon, et ben moi, je vais dormir avec Jung et ses rêves…

Retour de thérapie 3: Je ne veux plus subir !

wouaouhhh cela déménage de faire une visite de son soi dedans !!!!

En rentrant, j’ai profité de la balade au bord de Loire par un magnifique soleil printanier… Un peu perturbé par quelques jérémiades à l’eau de rose bien dégoulinantes à la radio entrecoupées de publicités stupides qui me font invariablement penser que je dois avoir un QI au dessus (ou très nettement au dessous, c’est possible aussi) de la moyenne pour y être si hermétique…Mais qu’importe, les mots de ma thérapeute raisonnaient encore dans ma tête et me donnaient à penser… Revenir à la réalité ce que je suis, lâcher prise, reprendre les rênes de ma vie, comparer les potentialités des autres en regard avec les actes qu’ils posent. Retrouver ma féminité…

La nature semblait m’encourager et me demander de me laisser faire… Fleurir, peut être, avant de devenir blette, en prenant soin de moi au lieu de prendre soin des autres…

Passer dans une librairie, rien que pour moi… Flâner dans les rayons… Et hop, un livre sur la cuisine cocooning pour caresser mon corps de l’intérieur, me balader librement au gré de mes envies et hop, un disque jazzy pour mes oreilles,  un sourire à une dame que je ne connais pas mais qui passe par là et me rends mon sourire (un peu étonnée quand même… c’est qu’à Nantes, on n’est pas aussi convivial si l’on n’a pas été présenté dans les règles, ni présenté son pedigree) et hop, un bouquin sympa pour faire plaisir à mon esprit…

Et puis j’ai retrouvé sur le bureau de mon ordinateur un document que j’avais écrit, il y a quelques jours, pour m’aider à y voir un peu plus clair dans ma vie, en ce moment passablement compliquée. Sa lecture m’a consternée… Je ne me savais pas si soumise, pieds et poings liés à autrui !!!!

En gros, cela disait: « si Machin veut cela, je vais faire cela, s’il préfère ceci, et bien je m’adapte et je fais ceci, s’il refuse, je fuis (je me sentirais détruite)… »

Je mettais toute ma vie en dépendance de la bonne ou mauvaise volonté du quidam en question et ma seule marge de manoeuvre était de « faire avec »… Mes propres besoins et envies, basta ! Enfin, si, un seul de mes besoin était écouté, tyranniquement même, celui d’être acceptée dans l’environnement immédiat du sieur et de pouvoir devenir petite souris douce, disponible… Qu’il me donne le droit à l’existence, si minime fut- il, ce droit… et je sacrifie tout le reste… moi-même, mes études et mes espoirs d’épanouissement professionnel!

Et le pire, c’est que je me rends compte que j’ai bâti toute ma vie comme cela, avec tous ceux qui ont croisé ma route… Sale habitude de me nier moi même et de me mettre servilement au service des autres pour mendier, en échange, quelques bribes d’attention et de reconnaissance. Même pas d’amour…

Comme je suis intimement persuadée de n’avoir aucune valeur ni de n’avoir droit à aucune place, j’ai toujours l’impression d’encombrer tout le monde et de n’être acceptée que par charité. Du coup, ce sont les autres qui ont la maîtrise de ma vie, c’est en fonction de leur demandes et de leurs décisions que j’organise ma vie… Ce que je décide n’est pas ce qui est le mieux pour moi, mais pour eux… Je ne viens qu’après, heureuse si je peux grapiller quelques miettes de douceur une fois qu’ils se sont servis… Que ce soit au travail ou dans ma vie personnelle, je ne m’affirme pas, je subis, je me soumets… et j’en souffre…

Bon.

Dont acte.

Et maintenant, je fais quoi ? Je continue? Poussée par la peur du vide ? Par la peur de me voir telle qu’on m’a vue lorsque j’étais enfant ? Une enfant de trop, gênante, incapable et qu’on ne sait pas aimer ? Je continue à me dévitaliser peu à peu pour rentrer dans le chas d’une aiguille et je laisse les autres décider de ma vie ???

Ben non. Pas envie…Plus envie…

Je ne sais pas trop comment faire, mais je vais essayer de reprendre le contrôle de ma vie (au lieu de celle des autres… car dans ma victimisation il y a aussi un peu de manipulation, il me semble), de me responsabiliser et d’accueillir, de laisser mes peurs imbéciles au vestiaire, de reconstruire une image de moi plus juste, de faire confiance pour me soit offerte la place que je mérite, simplement…sans lutte, dans l’acceptation de l’inédit… Parce que, je mérite peut être une petite place sympa, au fond, pourquoi pas ? Et si par hasard, je décidais de laisser se faire les choses, hein, pour voir ?

Et puis, je vais arrêter de faire tout le boulot relationnel à la place de l’autre. J’ai fait ma partie du chemin. Je ne peux avancer plus sans me renier. J’ai ma vie à construire en fonction de mes propres objectifs que je ne mettrai plus sous le boisseau pour privilégier l’autre. Cela m’angoisse mais il faut que je laisse faire sa part du chemin à l’autre.  Que je lui laisse sa part de liberté et de décision personnelle. Qu’il expérimente le désir et le manque et que ce soit lui qui vienne à moi, me prendre, comme une femme…

Parce que je le vaut bien… non ?

Retour de thérapie 2

Le LU est fermé…

Me voilà de retour chez moi, mon portable sous le bras…

Je ne suis pas bien, comme sonnée, perdue. Tous mes repères s’effondrent, inefficaces, et je me retrouve face à un vide qui doit être moi et que je ne vois pas. Je perds mon être social, celui qui est sûr de lui, qui sait comment se comporter et répondre aux demandes de la société. Celui qui est fin stratège et sait s’exprimer pour se faire accepter. Ma capapace…

Je mue.

J’ai envie de pleurer, de me laisser aller aux bras de mes soeurs, de régresser à l’état de toute petite fille maternée dans un gynécée. Retrouver mon essence féminine, respirer l’odeur des femmes, la chaleur et les embrassements de celles qui sont de ma nature, comme moi. Sans avoir peur… Aller à la recherche de ce que je ne connais pas, que j’ai toujours renoncé à être, de cette chose mystérieuse et inquiétante qu’est la féminité, ma féminité. Laisser couler des larmes et m’abandonner à ces autres moi mêmes. Fermer les yeux et être bercée, touchée, rassurée, acceptée enfin…

Faire l’expérience d’une femme-mère que n’a pas su être ma mère.

Une mère qui m’a aimée autant qu’elle le pouvait… ce que je n’ai pas su comprendre, arqueboutée que j’étais sur mes manques et ma souffrance de petite fille gênante et rejetée.

Petite chronique d’après thérapie.

1ère semaine.

Vu mes immenses difficultés à tenir la discipline d’écrire mon blog de chez moi, car il y a toujours une lessive à faire, un enfant à aller chercher à l’école, des courses à faire, voire un aspirateur à passer… quand ce n’est pas  la gestion délicate et hautement diplomatique d’un conflit à régler entre Louis et sa sœur qui l’accuse de « TOUJOURS venir l’embêter et de ne JAMAIS écouter quand elle lui interdit de venir dans sa chambre et pis, c’est TOUJOURS pareil, tu t’en fous et tu ne le gronde même pas et…. » (je vous épargne la suite… il pourrait même y avoir des gros mots !), j’ai décidé d’essayer de venir me réfugier au LU, après ma thérapie, pour me poser, digérer et écrire… je ne sais pas si je vais tenir la distance, mais on peut toujours essayer.

Note pour les non-nantais: LU (Lieu Unique) est une ancienne usine de biscuits (justement, les p’tits LU (Lefèvre Utile)) désafectée et transformée en centre culturel-bar-resto-hamman au look industriel, branchouille et brut de béton. Il s’y passe pas mal de choses, parfois franchement sans intérêt à part pour quelques intellos qui se prennent pour des artistes intelligents et qui ne sont que navrants, parfois très sympas. C’est un lieu que j’aime bien car on vous y fout la paix et ça ressemble un peu à la capitale, avec un arrière goût de nos gouters d’enfance (vous savez bien les 4 coins qu’on mangeait en premier …)

Ici, j’ai la paix. Enfin, à peu près, si j’oublie les trois espagnoles sur ma droite qui font autant de bruit qu’une fanfare, mais bon ça fait couleur locale genre l’Auberge espagnole.

Les autres clients, nantais cheveux au vent (ébouriffés au large ou dans la lande bretonne je ne sais où, car il n’y a pas de vent dans le café, juste quelques courants d’air et encore) ne font pas de bruit. Bretons branchés version kabig, ils sont très discrets. Les grandes douleurs sont muettes, dit-on, et tous ces artistes non reconnus qui viennent là (y compris moi) doivent beaucoup souffrir. En tout cas, ils ont des airs tendus et complices au dessus de leur bière, en discutant par deux ou trois.

La musique est improbable mais j’aime bien.

Je suis attablée sur une immense table en bois brut peinte en rouge, un capuccino (déca) à ma droite, un club sandwich à ma gauche (j’ai une petite faim et je me dois de nourrir ma créativité.) Le wifi ne marche pas et je dois écrire sur Word avant de le transférer ce soir sur mon blog, mais bon…La déglingue doit faire parti du genre branché…

Je déguste la mousse de mon café avec la délectation d’une chatte (sans allusion grivoise s’il vous plait). Un groupe de « djeunes » entoure le piano, le temps de quelques notes, sans doute un souvenir du conservatoire où maman les traînaient le mercredi…

Je souris…

Deux amoureux plus ou moins légaux se papouillent en face de moi… C’est plutôt mignon. L’air juvénile, je soupçonne que le sieur a du forcer sur le gel capillaire, à voir les épis qui se dressent sur sa tête et elle, plus âgée, bien propre sur elle, l’air respectable, doit avoir des enfants à aller chercher à l’école, après cette récréation. J’ai l’image et même le son, bien qu’ils se soient cachés dans un recoin sombre, un peu à l’écart du café.

Je ne suis pourtant pas tout près mais je suis comme eux un peu en retrait par rapport à la salle. Et donc je suis obligée de les avoir en ligne de mire. Désolée ! Mais j’ai du venir me poser là, non loin d’eux, à cause de la seule prise disponible (sur deux en tout et pour tout)… et non pas pour me protéger des regards indiscrets. Ce que je regrette un peu…

J’aurais aimé que mon amoureux soit là et me fasse doucement de tels baisers ! Mon corps en a tellement envie !

Mais bon, je dois apprendre la patience, m’a dit ma thérapeute… Alors je me contente de la mousse de lait, aérienne et douce, de mon capuccino.

Construire mes racines, retrouver une base solide pour enfin ressentir ma propre sécurité, ne pas obéir à mes peurs et me précipiter… Moi je veux bien… mais cela fait si longtemps que j’essaie sans résultats… Je ne vois pas du tout comment faire…


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