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Archives pour octobre 2010

C’est l’automne

C’est l’automne et je me brûle les doigts avec des marrons grillés.

J’adore.

Le problème avec les châtaignes c’est que si on les laisse refroidir, on n’arrive plus à décoller la petite membrane de peau amère qui les recouvre, une fois qu’on a enlevé la première enveloppe. On doit donc les manipuler brûlants et se calciner les doigts…

Mais après, c’est chaud et doux dans la bouche…

Je ne sais pas vous mais moi cela me fait penser à autre chose…Innocent

Allez, bonne nuit …. sage.

Saucissons de Lyon

Quel bonheur de redécouvrir les joies du couchage à la bonne franquette dans un sac de couchage !

Cela nous rajeunit, nous libére du carcan rigide des vieilles habitudes, donne un coup frais sur nos encroutements de presque vieux. On se souvient de quand-on-était-jeunes (et beaux), des balades montagnardes sacs à dos avec des tentes approximatives que l’on n’arrivait pas à installer… Mais c’était pas grace. Cela nous permettait de découvrir la nature authentique, au plus près… grelottants, à trois heures du matin, empêtrés dans les piquets, la toile de tente et nos pygamas trempés de pluie…

Bref, le vent de la jeunesse soufflait dans mes cheveux comme un vent de fraîcheur et de liberté lorsque, en prévision de voyages « authentiques », j’allais m’acheter un sac de couchage au Décathlon du coin…

(Ouais, moi, j’ai un Décathlon du coin… Le coin en question étant à quand même 10 mn en voiture quand ça circule bien, mais bon…)

Alors, je vois que les modèles ont changé. Ils sont vantés sur la petite étiquette comme plus légers, plus chauds et douillettement confortables… Et leur volume a nettement régressé par rapport à mes souvenirs, ce qui m’arrange bien, rapport à la taille du sac autorisé sur les lignes des compagnies aériennes low cost. Je pourrai emmener au moins deux culottes de rechange! le luxe !!!

Donc, je choisis, je mets la petite chose dans mon panier roulant bleu que je traîne derrière moi comme un chien chien à sa mémère, et je suis très contente…

C’est lors du démoulage que j’ai un air perplexe. Arrivée à destination, j’installe l’écrin mes nuits étoilées sur ma couche et… je lui trouve un air bizarrement étroit. Surtout vers les jambes. Moi qui aime bien gigoter dans mon sommeil, je commence à avoir un léger doute… Mais la matière est douce et moelleuse, et je me dis qu’on verra bien…

J’ai vu.

J’ai été vaincue.

Après mes ablutions obligatoires, je me suis glissée dans l’engin. J’ai remonté la fermeture éclair (en plusieurs fois car la matière rose et duveteuse se bloquait tout le temps dedans… ce qui a commencé à m’énerver un peu) Et là, le cauchemard a commencé. Impossible de bouger le petit doigt… surtout de pied!

Saucissonnée là-dedans je commençais à comprendre le vécu des gens à qui l’on mettait une camisole de force… et j’ai trouvé cela profondément inhumain. Impossible de se tourner, l’étau de reserre à chaque essai. Impossible de détendre ses jambes, elles sont bloquées l’une contre l’autre, sans aucun espoir de liberté. Impossible de plier les genoux pour, par exemple, se gratter le gros orteil qui, comme par magie, se met à démanger, ou pour remettre un peu d’ordre dans un pygama tout tirebouchonné. L’horreur.

En plus, la capuche s’y met aussi. Il ne fait pas un froid sibérien et on rabattrait volontiers cette capuche dont on a rien à faire, mais qui se retrouve sur notre visage sans qu’on ne lui ait rien demandé et on ne sait par quelle mystère de la physique appliquée. On étouffe, on la rabat de la main, mais à peine on la lâche, qu’elle revient à la charge. On essaie de bouger, mais on ne contrôle plus rien et c’est encore pire. On commnce à souffrir sérieusement de claustrophobie et on a l’impression de vivre le martyre des sardines dans leurs boîtes. Braves bêtes. Je jure que si je m’en sors, je fais une ode aux sardines !

Pourtant, j’y ai mis de la bonne volonté. J’ai vraiment essayé de dormir. En état. Sans bouger d’un iota. En me disant qu’il y avait bien pire dans le monde…

Las! Au bout de 2 heures d’essais infructueux, j’étais aussi explosive qu’une bouteille de coca bien remuée… Si Mère Térésa ou quelqu’un d’approchant m’avait adressé la parole, je crois bien que je l’aurai mordue.

J’ai finalement décidé d’abandonner. Le sac de couchage, vainqueur par KO.

M’extraire. Cela m’a mis environ 1 heure, au bas mot. Trouver la fermeture éclair (qui n’était plus au même endroit, le sac ayant tournicoté autour de moi), la tirette de la dite fermeture éclair, descendre la susdite (avec les inévitables arrêt-coincés), arracher une jambe violette à la gangue rose (splitch !) en forçant comme une malade, puis la deuxième (resplitch !) à peine plus facile, avoir froid, respirer à fond pour reprendre haleine, et aller faire pipi (autant en profiter).

Deuxième essai. Cette fois je vais utiliser ce truc ouvert, style couette.

Ah non ! Manifestement, c’est pas autorisé. Le bas ne s’ouvre pas. Il faut continuer à mettre ses pieds dans un espèce pochon minuscule (ils ont peur qu’on se casse pour qu’ils nous attachent les pieds ???) et il y a des courants d’air partout… et la capuche continue de me retomber systématiquement sur le nez…

Beuhhhhh!!!!!

J’ai pas dormi. Tronche en biais au reveil… je hais les sacs de couchage. Enfin, les sacs de couchage modernes.

Parce que les anciens, ceux de mon enfance, ils étaient moins design et relativement peu profilés, mais au moins on pouvait: gigoter à l’aise dedans, les ouvrir pour en faire des couvertures et même éventuellement les partager avec un beau gars… pour profiter de la chaleur humaine.

Parce que là, pour aller chasser le papillon à deux sous la tente, on peut toujours se gratter… Même pas la peine d’imaginer faire rentrer monsieur fil de fer, une fois qu’on est dedans. Ce doit être la mode des slim, ou le triomphe de l’individualisme, ou une invention de sectes puritaines… Je ne sais pas…

Les sorties romantiques sous la tentes sont obligatoirement platoniques (on se regarde l’un l’autre le bout du nez qui dépasse) ou vouées au froid (on renonce aux sacs). La dernière option est destinée à ceux qui n’ont peur de rien, et surtout pas du ridicule, lorsque le petit escargot viril se réfugie loin dans le bas ventre pour échapper au souffle glacé de la nuit (à moins de camper au sahara… mais, là, avouez, vous auriez amené un sac de couchage Décathlon rembourré de molleton rose ????).

Bref. En fait, ce ne sont peut être pas des sacs de couchage… mais des préservatifs en tissu molletonné….


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