Je crois que j’ai fait une boulette…

ah, l’égo des journalistes !

Ce matin, conférence de presse à laquelle j’étais conviée en vertu de mon statut de presque journaliste.

J’aime bien, de temps en temps, me retrouver dans cette ambiance à la fois feutrée et aussi dangereuse que la jungle, où tout le monde s’épie et s’analyse comme si sa vie en dépendait. Cela ressemble à la cour de Versailles où les sourires de rigueur cachent assez mal des dentitions de carnivores. Qui est en grâce, qui en disgrâce, qui rencontre qui, qui se retrouve tout seul sur la touche… Moi, qui ne prétend plus vivre de ce métier, et qui suis parfaitement étrangère à cet état d’esprit, je me sens libre et je regarde cela comme une pièce de théâtre revancharde et amusante.

Je dois avouer que c’est bien parce que je ne jouais pas le jeu des hypocrisies obligées et du clientélisme digne des meilleurs moments de la décadence romaine, que j’ai été bien vite mise sur la touche de l’univers frelaté de la presse. Je ne suis décidément pas de la race des prédateurs et cet univers impitoyable n’était pas pour moi. Je le laisse à plus requin que moi. Même avec un masque, j’aurai été vite repérée…

De plus, je n’ai jamais caché mes erreurs, et mes éventuelles lacunes, considérant que la clarté était le meilleur moyen de m’améliorer et de fournir le meilleur travail possible. Enfin, je ne chantais pas mes louanges à tout bout de champ, ni celles des autres. Je préfère la modestie et le travail efficace dans la discrétion. Sans doute une incapacité lamentable de ma part. Tant pis.

Ainsi, alors que je travaillais dans un quotidien local, je me suis bêtement construit une fausse image de nulle , image absolument incompatible avec les critères du standing journalistique. Je n’étais pas de leur monde. Exit.

Là, donc, j’ai rencontré une collègue journaliste. Seule comme moi, elle a été ravie de papoter un peu et de me débiter le nom prestigieux du magazine pour lequel elle travaille, et donc de montrer qu’elle avait un beau pedigree à son actif. Las… je n’ai pas percuté tout de suite, et lorsqu’enfin, après qu’elle ait dû répéter trois fois, j’ai enfin compris, je ne me suis pas esbaudi devant ce titre de noblesse, mais j’ai simplement (bêtement) dit, « Ah, bon ». Ce qui était manifestement insuffisant pour son égo.

Je ne suis pas totalement idiote (enfin, je ne crois pas), et là, j’ai nettement vu dans ses yeux que je n’étais pas à la hauteur. D’autant plus que sommée, moi aussi de préciser la raison de ma présence, j’ai avoué travailler occasionnellement pour un canard dont la particularité n’est pas le nombre de ses pages culturelles… Je n’étais vraiment pas crédible…

Et c’est là que j’ai fait une boulette.

Histoire de mettre un peu de liant dans notre conversation un peu rêche, je lui ai parlé d’un article qu’elle venait de faire sur une amie commune qui tint un café danois à Nantes (Madame Bla, je vous recommande… 8 Rue Armand Brossard, 44000 Nantes, 02 51 82 75 11), et où, malencontreusement, l’adresse et les références manquaient.

L’idée était de parler de ce sympathique café venu du Nord, tenu par une non moins sympathique Birgitta qui a créé, près du cours des 50 otages, un havre de convivialité et un refuge chaleureux, à base sourires, de gentillesse et de gâteau chocolat-caramel à la chantilly à tomber par terre et à réchauffer le coeur. Pour le régime, on verra plus tard…

Là, j’ai eu l’impression que je l’avais attaquée au lance-flammes. Elle m’a vertement répondu qu’il s’agissait des coupures dues au calibrage et que cela lui était parfaitement égal. Comme si je ne savais pas ce qu’était un calibrage…

Non, on ne coupe pas les infos essentielles d’un article au calibrage. Cela obligerait le magazine à un erratum qui fait toujours mauvais effet. On coupe dans le corps du texte, si on a besoin de faire plus court.

Manifestement, elle avait sans doute omis l’info. ce qui peut arriver à tout le monde. Mais il est impensable à un journaliste d’avouer être simplement au niveau de la plupart du commun des mortels. Un journaliste est parfait, sait tout, connait tout et ne pond que des merveilles… Point barre. S’il y a un souci, c’est la faute à quelqu’un d’autre. Forcément.

Devant mon air ahuri et incroyant, elle m’a haïe. J’avais naïvement attaqué son égo sur-dimensionné et fragile de journaliste, tout à fait sans le vouloir. Je me suis faite illico une ennemie.

Elle n’a plus répondu à mes questions et m’a fuie comme si j’avais la peste, le béri béri et le choléra associés, accompagné d’un sida foudroyant.

C’est dommage, tout de même, car nous aurions pu devenir copines, puisque nous avons une amie commune, la dite propriétaire du bar cité ci haut. Mais bon, comme souvent dans ma vie de gaffeuse professionnelle, j’ai tout gâché en mettant les pieds dans le plat !

Je devrais le savoir, quand même ! ScelleToute vérité n’est pas bonne à dire… surtout à un journaliste !

PS: Que mes amis journalistes (car il y en a) ne se sentent pas visés. Car, à l’image des chasseurs décrit par certains humoristes zinconnus, il y a des bons journalistes et des mauvais journalistes…

Et mes amis sont des bons… forcément…

Re PS: La journaliste en question est en fait quelqu’un de très bien… mais ce jour là, il y avait un os. Bon. Personn e n’est parfait (et surtout pas moi) et on s’est marchés sur les pieds, mutuellement et carrément. Ce qui nous a énervées l’une et l’autre (je ne suis pas tendre ci-dessus). Donc, je fais amende honorable, et si ce que je dis de certains journalistes à l’égo fragile et surdimensioné reste vrai, cela ne l’est pas pour celle-ci. Et ben voilà, c’était pas son bon jour. Et sans doute pas le mien non plus…

Il ne nous reste qu’à en rire, et nous moquer de nous-mêmes dans cette bizarre comédie humaine que sont les médias…

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