Archives pour juin 2010

New York, New York !!!

Première balade à NYC. Quartier tranquille dans l’Upper West end. Pas très loin de Central Park… La rue est tranquille. Le ciel est bleu et le trottoir un peu sale…

Rencontre extraterrestre avec un cheese cake à la fraise surmonté d’une gelée tremblotante rouge avec inclusion de fraises sans goût. Enorme. Je suis ravie… Me voici aux States !

NY, ville étrange et multiple où on voit de tout. Vivante et pleine de charme, occupée et nonchalante, maniant le paradoxe avec élégance, sans complexe. Ville phare des maîtres du monde, consciente de sa valeur, intelligente et accueillante et en même temps adepte d’un kitch carton pâte.

Neue Gallery, Guggenheim, Moma, Met, repères de l’Art et de l’émotion. La beauté de Klimt et de Kokochka, la sensualité de Picasso, la douceur de Degas et de Chagall, la lumière de Van Gogh, les couleur de Klee, et Chardin, et les flamands et les autres….Chaque artiste a laissé ici sa meilleure part. Langages multiples et riches de toiles en toiles, d’oeuvres en oeuvres. Traces de vies qui me nourrissent.

Chacun engage un dialogue secret avec qui regarde leur oeuvre. « Voilà, moi, j’ai vécu ça. Je vous le donne.Là, j’ai aimé, là, j’ai souffert, là, je n’ai rien compris… et mon pinceau dit tout cela. » Cela n’a de valeur que parce que j’a existé et que j’ai vécu ma vie d’être humain, comme vous, pas mieux que vous. C’est tout. Mais c’est déjà ça…

Séduisante NY, ville à deux visages. On te sourit. Mais si tu tombes, on te laisse où tu es. Le malheur est banni, hors la loi, il est la marque de l’indignité, de l’illégitimité, on l’expulse du paysage. Le Dieu des Américains protège les siens, les winners… La liberté d’être qui tu es avec l’obligation d’être riche pour exister. Saint dollar……….

Une vieille femme asiatique fait le tri des canettes vides dans les poubelles laissées dans la rue. Accroupie, elle fouille, d’un air digne et serein, dans les sacs noirs qu’elle ouvre et referme doucement. Elle s’est retrouvée là, au bord d’un trottoir passablement crasseux, affairée et calme, à plusieurs endroits de Manhattan et de Brooklin où nous passions… Comme une mystérieuse sorcière bienveillante qui aurait toujours un oeil sur nous…

Elle est âgée. Elle devrait se reposer entourée de sa famille, de ceux qu’elle aime, mais elle est obligée de faire cela pour survivre. Nulle révolte visible en elle, nulle tristesse. Elle accepte sa vie en en prenant le meilleur, et laisse le reste glisser sur son visage tanné et étonnement doux.

Le matin de notre départ, encore, elle passe devant la fenêtre de notre restaurant. Un grand bâton sur l’épaule. A chaque bout, un sac plastic noir gonflé de sa récolte. On dirait qu’elle revient de ses rizières dans le calme tranquille d’un matin d’Asie.

Un homme sur le trottoir, avec sa valise noire contenant toute sa vie. Une pancarte en carton, posée de guingois annonce: « Pas de travail, pas de chance, solitude »…  Tout le monde passe sans même le regarder. Quel est ce pays qui accepte cela ? Quel est ce pays dans lequel perdre équivaut à un crime moral ? Le rêve américain n’a pas beaucoup d’humanité…

Une femme(?), noire et grande, sur des chaussures incroyablement hautes et roses, ornées de noeuds-noeuds extravagants, porte des lunettes invraisemblables, énormes, en plastique rose piquetées de strass. Elle attend pour traverser la rue, en discutant avec sa copine qui paraît d’une bien terne normalité à côté d’elle.

Une femme de 60 ans, coquette dans une robe rouge et noire en soie. Sur la tête, un chapeau sur lequel volettent les plumes rouges d’un boa. Son mari trottine à côté d’elle, en tee shirt débraillé et jean, et porte ses paquets en l’écoutant d’un air respectueux…

Un vieux noir passe, fatigué, des bagues plein les doigts, les épales voutées, lentement… Il porte la misère du monde… Un autre, assis sur un pliant, fait la manche en plaisantant avec les passants, tout en tendant vaguement un gobelet en carton de Mc Do.

Une voiture énorme, rutilante, passe. Un homme d’affaires noir au volant.

D’autres voitures luxueuses et brillantes, des camions comme dans les films et puis des ambulances, des pompiers, des voitures de police passent, sirènes hurlantes.

Une femme chic et distinguée traverse Central Park dans le bus. Elle porte une jolie robe bleue qui la met parfaitement en valeur et ses yeux intelligents apparaissent parfois sous son grand chapeau de paille.

Calme tranquille de Central Park. Les oiseaux lancent des trilles qui couvrent le fond sonore des moteurs de la grande ville. Jeux des écureuils qui se poursuivent d’arbres en arbres. Un homme fait du Qi Gong. Un autre, accroupi sur une grosse pierre, serre ses genoux dans ses bras. Il semble aller mal, avoir peur. Il est immobile comme s’il essayait de récupérer de l’énergie grâce à la pierre, à l’arbre, au spectacle de la nature qui rit devant ses yeux, éclaboussée de soleil.

Repas pantagruéliques, des assiettes comme des plats pour 4. Boutiques et boissons diététiques dont des smothies à l’herbe à chats, verte et mousseuse, servie avec une paille.

Vue de Manhattan depuis Brooklin. Magnifique. Pleine des rêves de ceux qui sont arrivés ici.L’océan scintillant qui vient battre sur les buildings. La matérialisation de tous les possibles…

Tristesse encore sensible de la blessure du World Trade Center. Incompréhension de cette violence faite à cette ville qui se veut ouverte. Traumatisme.

Une ville qui pousse à créer, mais où j’ai envie de n’être que de passage…

 

 

Lundi 7 juin, oyéoyé !!!

C’est mon anniversaire ……………………………

Voyage à Montréal (bis repetita)

Arrivée à Montréal. Une chaleur torride nous cueille à l’aéroport.

Montréal, qui a plus l’habitude de la neige et du froid que de la chaleur tropicale, transpire et profite du soleil. Les gens sont souriants et gentils malgré la gêne qu’occasionne nos encombrants bagages et nos airs ahuris (c’est où le bus ? C’est comment qu’on paye le ticket ?)

La ville se déroule sous nos yeux depuis le bus (on a fini par trouver le marchand de tickets et l’arrêt du bus). Un mix étrange  de zones industrielles d’une banalité internationale et de petites maisons de briques coquettes. Un drôle de mélange d’efficacité américaine et d’états d’âmes européens…

Cela ressemble à Chicago, mais c’est tout différent…

Pas de stress et pourtant de grosses voitures rutilantes et des buildings impressionnants de la city.

On se sent étonnamment libre dans cette ville de brique et de béton. Un côté délicieusement suranné et une modernité agissante…

Douche à l’hôtel. Je ne comprends rien au robinet. Je tourne l’engin dans tous les sens, j’en mets partout et j’obtiens des résultats mitigés du mitigeur, un désastre aquatique. Mais je me sens mieux, débarrassée de la fatigue du voyage.

Concert. Une belle soirée avec un jeune bluesman qui déchire sur scène. Envie de reprendre la basse…

Vu la quantité d’Iced tea que j’avale, il me vient un besoin pressant. Je pars à l’aventure chercher désespérément des toilettes. Un monsieur, devant moi, semble dans la même quête.

Ne connaissant pas les lieux, je le suis. Il me jette de temps en temps des coups d’oeils étonnés puis vaguement inquiets à mesure que nous avançons, mais je n’y prends pas garde. J’ai d’autres préoccupations… J’entre à sa suite dans ce qui semble effectivement des toilettes et ne remarque qu’au dernier moment qu’il y a des pissotières et que le monsieur a l’air carrément paniqué (vais-je le violer séance tenante ? suis-je la fameuse nympho des toilettes?). Mais j’ai repéré un toilette vide et je me précipite dedans, trop tard pour reculer…

En sortant, plus sereine, du réduit, il est toujours là, à se laver les mains. Tant pis, je crâne, je lui fait mon plus beau sourire et je me lave aussi les mains à ses côtés. Là, je pense qu’il m’a vraiment prise pour une folle.

Je me suis éclipsée un peu rapidement, prête au fou rire. C’est sur le chemin du retour vers la salle, que j’ai remarqué la porte des toilettes des femmes…

Le lendemain, glandouille et magasinage. Pause à l’Indigo café.

Soirée bues rock au bistro à Jojo. Une institution et des tympans un peu perturbés. C’est un peu fort pour des oreilles européennes. Mais c’est super et nous finissons encore une fois à 3 heures du matin, semi comateuses mais heureuses.

Resto: J’hésite entre un gâteau mystique au chocolat bâton rouge  et un Brownie décadent aux noix et au chocolat. A moins que je ne choisisse le gâteau colossal aux carottes ou le trio céleste de cheesecakes…

J’aime ce pays…

Aéroport. On me confisque ma compote aux airelles. C’est sûr, cela représente un danger certain,des petits pots de compote aux airelles… Je me vois très bien en train d’agresser sauvagement l’équipage avec ma compote ! Enfin… bon… tant pis.

La peur et l’orgueil engendrent toujours le pire…

Lundi: meurtres sur le bateau de la Flotille de la liberté…

Voilà. De nouveau le pire est arrivé.

La bêtise a pris le pas sur l’intelligence humaine. Au nom de leur sécurité, des hommes sont venus tuer d’autres hommes désarmés, venus apporter des médicaments et des vivres à une population affamée et génocidée.

Etait-il nécessaire, pour la  sécurité d’Israël, d’abattre un reporter photographe d’une balle entre les deux yeux ? Etait-il nécessaire, pour la sécurité d’Israël, de tuer 9 personne à bout portant, certains d’une balle dans le dos?

Est-il nécessaire, pour la sécurité d’Israël, de laisser des femmes, des vieillards et des enfants souffrir et mourir dans le dénuement le plus complet, parce qu’ils manquent de tout ? Est-il nécessaire de pousser les habitants de Gaza au désespoir afin qu’ils fassent n’importe quoi, n’ayant plus rien à perdre, même pas la vie ?

Est-il nécessaire, pour la sécurité d’Israël de manifester la cruauté la plus stupide et la lâcheté la plus grande à la face du monde ?

La peur et l’orgueil qui conduisent cette nation qui aurait dû être exemplaire, lui font faire depuis 50 ans les pires des bêtises.

Le Moyen Orient est un monde compliqué, je sais bien, et l’émotion de ces quelques jours ne résoudra rien. Il y a en jeu des intérêts complexes et intriqués les uns dans les autres. Personne ne sortirait indemne d’un examen impartial d’une cour de justice, c’est vrai. Mais… Il est des violences nues qui hurlent d’elles même une vérité si simple.

Ce n’est pas en devenant assassin qu’on éradique le Crime.

Ce n’est pas en tuant son frère en humanité qu’on se rend digne du nom d’homme.

Les Palestiniens sont des êtres humains. Les Israëliens sont des êtres humains. Pourquoi oublie-t’on si souvent cela ?

C’est la peur et l’orgueil qui rend l’Autre différent de soi. La peur déforme tellement l’image de l’Autre qu’il perd tout trait humain. Il devient du bétail à tuer, parasite, nuisible, un truc à éliminer. L’orgueil fait descendre à l’Autre l’escalier du respect jusqu’à le rendre négatif. Pour se sentir puissant, il faut que l’autre soit annihilé.  Logique nazie que pourtant les juifs ont dû subir. Ont-il si vite oublié ?

Ce qui s’est passé lundi est en effet encore plus choquant venant d’un peuple qui devrait être le mieux placé pour comprendre les ravages de la bêtise humaine, de la peur et de l’orgueil.

Tout cela est désolant, et je pense avec tristesse aux familles des victimes innocentes de cette barbarie crétine….

Une vieille histoire… (créée et recréée)

-         Le problème, Henry, c’est que lorsque tu fais l’amour, tu ne fais l’amour qu’à toi-même…

-         Arrête, c’est n’importe quoi….

-         Si, je t’assure. Maintenant, je le vois. Comme Narcisse, les autres ne sont pour toi qu’un miroir dans lequel te mirer.

-        

-         Tu m’as aimé, enfin, tu as eu l’impression de m’aimer parce que je te ressemblais. Nous avions tellement de points communs… J’étais un autre toi-même. Nous sommes nés dans la même ville, nous avons le même type de sensibilité et d’intelligence, nous aimions les mêmes choses…

-         Tu dis n’importe quoi… Je t’ai aimée, enfin, j’ai cru t’aimer, comme tu le dis, parce que j’avais besoin de me rassurer après ma rupture… c’est tout. Et puis, lorsque j’ai été rassuré, eh, bien, je …  Tu me fais de la psychologie de bazar…

-         Non. Je sais ce que je dis. J’ai cru à ton explication, au début. Mais cela ne collait pas. Tu n’es pas un mec « prédateur », qui utilise les femmes pour leur égo. Cela ne collait pas avec ce que nous avions vécu, à ce que j’avais ressenti de toi. Je restais blessée et je ne comprenais pas. C’est pour cela que je n’arrivais pas à faire le deuil. Quelque chose nous échappait dans cette histoire. Et je dis « nous » car toi aussi, tu avais du mal à tourner la page. Cela se voyait… Cela se voit. Si nous sommes là, face à face, tous les deux, c’est pour cela. Il y a entre nous un parfum d’inachevé insupportable. Enfin, surtout pour toi, car moi, depuis que le voile s’est déchiré, je vais mieux. J’ai admis, enfin, que je n’avais pas besoin d’un homme comme toi. Ce que je veux dans ma vie, c’est un homme équilibré qui sache vivre une relation normale. Ce que tu ne sais pas faire.

-        

 

Manon regardait cet homme-enfant qu’elle avait tant aimé, et elle se demandait si, malgré son discours, elle ne l’aimait pas encore. Il l’émouvait. Elle avait envie de le bercer dans ses bras et de le rassurer, elle avait envie d’en faire un homme. Mais c’était idiot. C’était à lui de grandir. Elle n’y pouvait rien. Et elle savait au fond d’elle-même qu’elle ne pourrait aimer longtemps un homme tel que lui.

Il y avait un combat titanesque en elle, combat qu’elle avait décidé de conclure une fois pour toute grâce à la raison.

Elle avait besoin de vivre une relation de partage et d’amour, pas d’être le miroir d’un homme perdu dans sa propre contemplation. Elle devait s’épanouir elle aussi, et pour cela être la compagne aimée d’un autre homme. Mais son amour pour Henry résistait au fond de son inconscient. Mélange de sentiment maternel et d’amour de femme, de tendresse et de désir. Refoulé mais vivant.

 

Il baissait la tête. Ce qu’elle lui avait dit avait fait mouche, mais c’était dur à entendre. Il ne l’acceptait pas. « C’est normal », se dit-elle « le narcissique ne se rend pas compte de son problème relationnel, tant qu’il peut séduire. Le vide intérieur se creuse insidieusement et c’est lorsqu’il se retrouve seul, à la fin de sa vie, parce qu’il n’a jamais rien pu construire de vrai, de fort, qu’il réalise, trop tard. Et là, c’est assez terrible. Mais Henry est un homme dans la force de l’âge, séduisant, qui se perd dans son travail et les rencontres faciles et qui oublie de penser à l’avenir. Il ne voit pas le gouffre qu’il est en train de creuser… »

-         Je n’aurais peut être pas du te dire cela.

-         Pourquoi ?

-         Je ne sais pas si tu es capable de l’entendre. Et puis, ce n’est pas mon rôle. Je n’ai pas de rôle, désormais dans ta vie, d’ailleurs. Je n’en ai plus… Alors, je ne sais pas pourquoi je t’embête avec cela…

-         Tu te trompes…

-         Peut être…

 

En partant, ce soir là, après avoir récupéré ses affaires qui étaient restées chez lui depuis un an, depuis qu’il l’avait jetée, elle se disait que non, elle ne se trompait pas.

Il y avait tellement de signes qui auraient du l’alerter dès le départ… Le miroir de l’entrée qu’il avait posé en lui disant «  c’est pour toi, pour que tu te regardes en partant »… Elle avait été attendrie de l’attention.

Désormais elle réalisait qu’il n’y avait jamais eu que lui qui se regardait en partant. Elle n’avait même pas songé à le faire d’elle même… Cela ne lui ressemblait pas.

En fait, il faisait sans cesse la confusion entre elle et lui. Il ne l’aimait que parce qu’elle était lui. Et sa sensibilité l’avait su. Elle se souvenait maintenant qu’elle s’appliquait, sans même en avoir conscience, à l’imiter. Elle le singeait littéralement, cachait ses différences, les estompait et se calant en permanence sur ses goûts, ses habitudes et ses envies à lui.

Les rares fois où elle avait demandé quelque chose pour elle, il avait regimbé. Immédiatement. Cela « lui portait peine ». Il ne pouvait pas.

Et puis, au bout de 6 mois, la différence évidente qui était toujours entre deux êtres, ne serait-ce que la différence sexuelle (elle était incontestablement une fille et lui un garçon) a éclaté et il l’a rejetée comme un fardeau trop lourd, sans états d’âme, comme si elle l’étouffait de sa différence.

Narcisse s’était noyé dans son reflet et avait besoin de partir en chercher un autre.


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