Archives pour mars 2010

Merci Maestro!

Il parle.

Elle écoute.

Elle aime bien ce qu’il dit, le son de sa voix, son accent catalan, ses mots en français qu’on dirait inventés dans une sorte de poésie surréaliste. Elle se laisse un peu bercer…

Il est musicien.

Il s’emporte parfois : »La musique, ça s’écoute, ça ne se parle pas! »

C’est vrai, la musique est un langage en soi, quel besoin de la mettre en mots? Mots savants, mots redondants, mots gonflés de leur importance, de leur intelligence vaine, creuse et vaniteuse…

Mots de critiques qui se vengent de la pauvreté de leurs propres dons artistiques pour s’arroger le droit de juger les artistes et l’art, dans un charabia intello.

La musique , c’est pour elle un langage de l’âme, une vibration particulière qui vient à la rencontre de notre propre vibration. Chaque musique a la sienne. Unique et particulière, elle transmet quelque chose de l’âme unique et particulière de celui qui l’a écrite. Et cela raisonne en nous… ou pas. La musique, c’est de l’émotion qui lui tord les tripes, la fait sourire de bonheur ou lui arrache des larmes sans qu’elle comprenne pourquoi. C’est comme ça. c’est tout. Et il n’y a rien à en dire.

Elle doit écrire un article. Mettre des mots là où elle n’en a pas envie, faire semblant, un peu. Cela fait partie de l’exercice. Elle essaie d’être honnête et louvoie en ne faisant que des articles sur lesquels elle n’a pas de doutes. Celui-là, elle va l’écrire avec plaisir.

Il y a chez cet homme une passion joyeuse, une vie puissante, quelque chose qui sonne juste et vrai. Cela fait du bien. Elle oublie un peu l’interview… Elle n’écrit plus.
Elle aime se taire. Apprendre. On a toujours à apprendre des autres…

Dans ce café un peu bruyant, il y a une enclave humaine, amicale. Un île.

Personne ne joue de rôle, personne n’a besoin de faire semblant, d’épater l’autre ou de l’écraser de sa superbe. Ce serait ridicule et je crois bien que cela les ferait rire tous les deux… Ils n’ont rien à prouver, simplement à dire et à écouter, à s’enrichir des paroles de l’autre, à partager.
Parfois une phrase, une remarque raisonne en elle. « Oui, il a raison. » « Tiens, c’est drôle, je pense pareil. »

Qu’il est agréable de se trouver ainsi un frère le temps d’un café, de ne plus être seule… C’est un trésor qu’elle emmène ensuite, lorsqu’ils repartent chacun à leur vie. Elle, dans sa voiture, vers un repas à préparer pour ses enfants qu’elle se dépèche d’aller chercher à l’école, lui, à pied, vers son appartement.

Merci Maestro !

Le philosophe et le printemps

Il était temps !

Le printemps vient enfin de pointer son nez… j’avais l’impression qu’il avait oublié qu’il devait ces temps-ci faire son entrée en scène.

La douceur est revenue et le soleil caresse avec tendresse nos pauvres visages rendus blafards par un si long hiver. Je comprends ce que nos ancêtres pouvaient désigner par les rigueurs de l’hiver… eux qui n’avaient ni chauffage, ni eau chaude à volonté, ni maisons confortables mais des masures ou des châteaux pleins de courants d’air…

On se reprends à courtiser le bonheur. Le bonheur des petites choses, le bonheur d’être là, vivant, le bonheur de l’instant. Car à quoi bon attendre ?

Si l’on n’est pas capable de mettre de la poussière magique de bonheur dans notre quotidien, là, maintenant, c’est qu’on ne sera jamais heureux.

Le bonheur ne s’attend pas. Il est un état d’esprit, un regard sur la vie, un sourire, une envie de le vivre. Il n’est pas donné ou pris au piège. Il est libre. Il vient de nous. Mouvement d’ouverture, de joie, il transfigure n’importe quelle vie, lui donne de l’éclat.

Je lis Robert Misrahi qui a si bien écrit sur le bonheur.

Je suis au soleil, le livre à la main, dans une chaise longue inondée de la lumière chaleureuse. Les premières fleurs de mon jardin commencent à s’entrouvrir. Quelques oiseaux s’enhardissent à picorer les graines que j’ai déposées pour eux. Je ne bouge pas pour ne pas les effrayer… Un rouge gorge, un autre passereau aux plumes bleues, volètent dans le cerisier entre deux chapardages.

J’aime vivre… et je souris au ciel bleu.

Miss catastrophe

Hermione, belle croisée labrador noire, est donc arrivée dans notre famille le 1er février dernier.

Elle arrivait de la SPA locale, était toute sale et avait  besoin de beaucoup de tendresse. Elle a une manière de nous regarder ave ses grands yeux tendres absolument craquante et nous sommes tous devenus accros… sauf le voisin.

Cet imbécile-né, non content d’avoir une fenêtre qui plonge en direct sur mon jardin au mépris de toutes les lois de l’urbanisme et de mon envie d’un bronzage intégral sur une chaise longue dans mon jardin, se met à râler à 21 h parce que mon chien lui casse les oreilles…

Certes, elle me les casse aussi à moi… Mais elle est jeune, pétulante et narguée par le chat de l’autre voisin. Beaucoup d’éléments que j’ai, dans un premier temps, expliqué au voisin, tout en grondant Hermione.

Ce pignouf m’a grossièrement interrompu pour me lancer que ce que je faisais était stupide (ah bon, c’est stupide d’élever la voix pour faire taire son chien et l’éduquer un peu ?) et qu’il fallait que je la rentre illico-presto parce qu’il en avait décidé ainsi unilatéralement.
Là, je me suis, je l’avoue, un peu énervée, et je lui ai répondu que, dans ce cas, je lui demanderai d’avoir l’obligeance et le privilège de venir ramasser les crottes de la chienne dans ma cuisine demain matin, puisque celle-ci n’aurait pas eu le temps de les faire dans le jardin… Il n’a pas vraiment aimé.

Puis, je suis allée vaquer à mes affaires…
Il a donc continué à pérorer tout seul, un instant, avant de battre en retraite.

Cela dit, avec un spécimen pareil, je crains des représailles à la hauteur de son niveau de convivialité (largement en dessous du niveau communément admis dans une société civilisée) sur mon pauvre chien, genre boulettes empoisonnées ou coup de chevrotine. Il en est capable… Il est universellement détesté de tout le quartier pour son caractère irascible et pour sa tendance à se croire tout permis tout en interdisant tout aux autres.

Hermione, elle, inconsciente de la tempête qu’elle a provoqué, câline et se fait câliner par les enfants, les yeux mi-clos de plaisir et leurs pattounes emmêlées. Il y a des rires qui fusent, des ronronnements et des yeux pétillants de malice et de tendresse… Un moment de bonheur que le crétin d’à-côté ne peut même pas imaginer. Dommage pour lui…


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