Pour une fois, Freud m’a fait beaucoup rire…

« Les sujets qui passent beaucoup de temps à mettre leurs chaussettes en raison d’hésitations et de vérifications incessantes au moment d’enfiler cet attribut, sont soit des névrosés obsessionnels (le pied est un substitut du pénis et la peur est celle de l’onanisme) soit des schizophrènes (les mailles des chaussettes sont autant de substituts de l’organe génital féminin.) » In La Psychose freudienne

Désormais, lorsque j’ouvre mon tiroir à chaussettes j’ai l’impression de faire une chose essentiellement cochonne, avec tous ces objets sexuels étalés, là, dans un ordre relatif qui attentent ma main avide et mon pied … (ah, le pied !!!)

Il n’est d’ailleurs pas forcément évident de choisir,  alors que l’on est encore ensommeillé et humide de la douche matinale, la bonne paire de chaussettes qui ira bien.

Les messieurs ne me contrediront pas, c’est galère. On veut les noires mais on ne trouve que les marrons, on trouve les bleues mais en fait elles sont mal appareillées (la femme de ménage ou soi même étions un peu ailleurs en les rangeant après la lessive), on cherche celles de tennis et on ne trouve que celles de ville. On a mis les bleues et c’est très vilain avec le pantalon et les chaussures, noirs tous les deux, qu’on a choisis ensuite… Il faut changer les unes ou les autres… mais après, cela ne va plus avec la chemise…

En plus, on n’a pas le temps, on s’énerve et on finit par partir au bureau avec une chaussette grise et une marron…. et supporter toute la journée les sourires en coin de la réceptionniste et les gloussements niais de certains collègues, à moins que ce ne soit l’humour lourdingue et pleins de sous entendus grivois de certains clients.. « Ah Ah… vous n’étiez pas réveillé ce matin, Monsieur Dupont, une nuit bien occupée ?? Ah Ah ! » avec un clin d’oeil complice parfaitement déplacé.

Et pour nous les filles, c’est encore pire lorsqu’il s’agit de bas ou de collants…

Parce qu’en plus, ils filent…

Un grand moment que celui où après avoir extirpé du tas qui git dans le tiroir, le bon collant, on en a enfilé la moitié et que tel un héron sur sa patte, on est en train d’enfiler l’autre dans un équilibre instable, lorsqu’il décide de filer.

Une magnifique balafre pas belle du tout se met à zigzaguer sur la jambe et sous nos yeux exaspérés. L’heure tourne, on va louper notre rendez-vous et il faut qu’on enlève le tout, qu’on le jette à la poubelle, et qu’on recommence l’opération au stade de l’archéologie tiroiresque, avant de constater que c’était notre dernier collant noir et qu’il ne nous reste plus que le bleu marine à dentelles et à paillettes, pas forcément au top avec notre programme de la journée.

On se demande d’ailleurs furtivement pourquoi on l’a acheté celui là (sans doute une erreur due à la fièvre des soldes. Nb : soldes: grave maladie lors de laquelle on achète n’importe quelle merde sous prétexte qu’elle a une étiquette – 60 %)!

En plus, il est indestructible à l’inverse de ceux qui sont mettables, mais pas plus d’une demi journée.

Non, celui là, il a résisté à tout, les soirées dingues, le chien de la tante qui vous saute dessus, les griffes du chat et l’osier traitre des chaises de la caféteria… Il est impossible à jeter et continue à squatter notre tiroir…
Alors, on se rabat sur les chaussettes et on délaisse la petite robe classe pour notre bon vieux jean…

Bon… mais pour gainer nos gambettes, une nouvelle épreuve cornélienne nous attend, nous les filles.

Justement, à supposer qu’ils ne filent pas, qu’allons-nous choisir ? Les bas glamour qui nous arrivent à mi cuisses et ont effectivement une charge érotique évidente (je suis sûr que Freud aurait adoré les Dim up, surtout les noirs à jarretière à dentelle) en enserrant voluptueusement nos jambes douces comme un papier cadeau… Ou les collants, plus pratiques qui évitent les courants d’airs coquins mais pas toujours agréables sous la jupe mais sont nettement moins sexy, et c’est un euphémisme. Ils font plus bastion que paquet cadeau.

5 commentaires à “Pour une fois, Freud m’a fait beaucoup rire…”


  1. 0 Robert 27 jan 2010 à 8:04

    Il est agréable de voir que vous apprennent des choses pratiques du Dr Freud! Comment aurait-il diagnostiquer les personnes qui estiment qu’il existe des chaussettes à droite et à gauche? Quand j’étais jeune, j’avais un professeur de mathématiques qui ont cru que nous devrions toujours porter le même chaussette sur le même pied. Je ne peux pas imaginer qu’il ait pris une décision érotique quand il ouvrit son tiroir.

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  2. 1 Agnès 27 jan 2010 à 14:36

    Et pourtant …
    Et si ce que l’on a du mal à imaginer était justement ce qui est le plus proche de la réalité ?
    Ce digne monsieur aurait sans doute reçu beaucoup de réconfort à parler chaussettes sur un divan…
    Reste à savoir en quelle compagnie … rires !

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  3. 2 Seattle 2 fév 2010 à 23:04

    Rapide introspection à la lecture de ce billet : comment mets-je (sans doute grammaticalement correct, quoique sonnant quelque peu bizarrement à l’oreille), comment mets-je, disais-je, mes chaussettes ?

    Soulagement: je ne figure a priori ni dans la catégorie des névrosés obsessionnels, ni dans celle des schizophrènes.

    J’espère maintenant que Sigmund aurait trouvé plutôt sain d’apprécier l’évocation des bas enserrant voluptueusement vos douces jambes comme un papier cadeau. Parce que s’il y voit aussi une névrose, alors je suis névrosé…

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  4. 3 F. 18 fév 2010 à 22:04

    Depuis ma prime enfance, je butte sur l’origine de l’expression « prendre son pied » … Enfin la lumière !! Merci Sigmund, et merci à toi qui a relayé l’information, assortie du décodage idoine.

    Mais voilà un nouveau doute à l’assaut (ou lasso, tant il m’étreint) : quelle horreur inconsciente peut nous pousser à glisser nos pieds dans des palmes ?

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  5. 4 Isachaussettes... 9 mai 2010 à 20:27

    Et moi qui n’aime que les chaussettes, moelleuses et confortables hum hum.
    Je n’avais jamais pensé à tout ça avant de lire tes lignes, et il est sûr que comme toi, dès demain matin, mon panier à vêtements-de-pieds, bourré de pathétiques chaussettes-orphelines, collants empaquetés, ou maillés au dessus du mollet (sait-on jamais), provoquera, chez moi aussi, une gène diffuse, évoquant quelques films érotiques zappés furtivement une nuit d’insomnie, avant de tomber sur l’autre monde masculin, autre émission favorite de ces hommes bottés, qui chassent la bécasse… et eux, que mettent-ils au fond de leurs bottes ? D’épaisses chaussettes, assurément.

    Je te le dis Agnès : heureux les maîtres nageurs !

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