A Poils

Vaste sujet que ces petites choses accrochées à notre peau et qui nous rappellent incidemment que nous faisons partie de la grande famille des animaux à fourrure.

Par ces temps de froidure… On aimerait que cela nous serve à quelque chose, tant qu’à faire, mais on est obligé de constater qu’ils sont relativement inefficaces face au vent et à la pluie… A vrai dire, leur fonction utilitaire porte un peu à caution…

Quant à leur fonction décorative…

En avoir ou pas… Toute la question est là. En fonction de la géographie de sa position corporelle, le poil sera sauvagement arraché ou au contraire bichonné et soigné avec tendresse.

De la boucle de cheveu élégante et racée au petit poil pubien tout frisé, le poil est porteur d’un imaginaire teinté d’instinct primal que je me propose de visiter ici en un voyage rêveur…

Le poil viril est assez bien perçu. Sur le torse velu, la femme est censée s’attendrir et se reposer. Sur la joue qui gratte après quelques jours sans rasage, elle passera sa main, d’un air entendu, comme une vierge qui tâte ses espérances.

En ce qui concerne l’art capillaire masculin, toutes les options sont possibles, du court à la romaine au catogan qui se la joue créatif mais qui peut être assez sympa. Personnellement, je n’aime pas trop la chauvitude, et je préfère ne pas en parler, je serai bêtement négative.

En général, un homme, c’est un individu à poils. Cela permet, à nous les femmes, de réchauffer notre hiver et accessoirement nos orteils gelés au fond du lit. D’ailleurs, la preuve, c’est que la plupart des vrais hommes dorment nus… enfin, en tout cas, ceux que j’ai connus assez intimement pour le constater de visu. Ce qui ne donne pas une quantité suffisante pour en faire un échantillon crédible et donc ce que je viens d’écrire n’engage que moi…

Par contre, tout change lorsqu’il s’agit des femmes. En tant que membre de cette éminente confrérie (consoeurie, devrait-on dire plutôt) j’ai du subir l’épreuve initiatique de l’arrachage des poils.

Je vais vous dire une chose. On fait semblant de supporter cela avec élégance et humour mais la réalité des choses, c’est que ça fait super mal !

La nature nous a créées femmes avec des poils. Ben oui, il fallait être mon stupide frangin pour croire à 17 ans que les femmes n’ont pas de poils sur les jambes à l’état naturel. On en a aussi sous les bras et même sur la foufounette (si, si…).

Ceux sur notre tête, ça va sauf lorsqu’ils ont la mauvaise idée de venir s’implanter au dessus de la lèvre supèrieure… cela fait désordre… mes enfants ne voulaient pas embrasser ma belle mère à cause de cela, « Elle pique ! »

Bon, il est vrai que nous avons des rapports plus que particuliers avec nos cheveux. Hymne à la féminité, vitrine de notre être profond, arme de séduction massive (dans l’idéal) la construction capillaire que nous présentons au monde peut nous prendre gravement la tête. Aller chez le coiffeur est toujours (ou presque) une aventure teintée de psychanalyse…

Par contre, les autres poils issus de nos ancêtres arboricoles, on leur déclare la guerre dès qu’ils ont le toupet d’apparaître naïvement à l’adolescence, poussés par leur instinct forcément obscur et hormonal. En même temps que les affreux boutons purulents rouges et écoeurrants qui nous rendent timides et idiotes.

Le poil, sur une peau de femme n’a pas droit de cité. C’était peut être top et hyper sexy à l’époque des cavernes mais c’est désormais totalement mal vu. Qu’on se le dire ! Et ceux qui prétendent respecter Mère nature et garder leur fourrure douillette se verront taxées de mal entretenues, de laissées aller, de négligeantes… Crime impardonnable ! Pour ne pas se retrouver au ban de la société (ou en Allemagne), les filles d’ici doivent donc sacrifier à la terreur anti poils.

Alors il y a plusieurs techniques: à la hussarde: on arrache, à l’hypocrite: on dissout, à la va vite: on coupe.

La première méthode fait mal. Elle vous arrache les poils avec le bulbe et des larmes amères. Surtout au début, après on s’habitue. Enfin, moi, je me suis habituée pour les jambes mais pour la chatounette et les dessous de bras j’ai renoncé.

La première fois que je me suis lancée, poussée par une stupide envie de faire comme mes copines qui sortent souriantes et détendues de l’institut de beauté, j’ai marché pendant deux jours comme un canard, avec les bras en croix tellement cela brûlait. Je n’étais pas du tout souriante et détendue… J’avais plutôt l’air d’une adepte ratée du théâtre expressionniste de rue ou  d’une pauvre demeurée qui vient de subir un grave accident ayant exigé une lobotomie avec des séquelles motrices. Pas eu envie de recommencer.

En plus, ça repousse ! Moins vite, mais ça repousse. L’idée de subir ce calvaire tous les mois m’a définitivement décidée à m’abstenir.  Je suis revenue au bon vieux rasoir, et encore, uniquement les grands jours, ceux où je suis censée apparaître en petite culotte devant quelqu’un… soit, quand je suis amoureuse ou en été (à cause de la plage). Et puis basta !

Les deux autres méthodes comportent aussi leurs risques. Allergie qui vous transforment en machin rouge et gonflé en quelques minutes pour les crèmes dépilatoires. Coupures diverses et variées pour le rasoir (le vilain pansement sur une jambe qui se veut sublime les soirs de « grands soirs », cela fait un peu désordre…)

Ah, et puis, il y a les sourcils. Paraitrait que là aussi, la nature s’est un peu plantée en ce qui concerne les canons esthétiques de la séduction et qu’il faut en enlever la moitié (là, en dessous, selon la ligne p à m et en fonctions de formules mathématiques et géométriques qui me dépassent). Ca fait un mal de chien… et on a ensuite des paupières rouges et douloureuses… au moins quelques heures. Maquillage délicat…

Le plus drôle, c’est qu’après, il existe des crayons à sourcils pour en rajouter… Cela devient un peu n’importe quoi, non ? Il parait que cela permet d’ouvrir le regard… Parce que vous regardez les yeux fermés, vous ?

Bon, je suis un peu de mauvaise foi parce que c’est vrai, c’est plus joli et je m’y suis même mise. Tard, mais quand même… Mais parfois je me dis qu’il y a quelque chose de pourri dans ce royaume de Beauté pour aboutir à des comportements passablement douloureux et franchement pas très logiques.

Ce qui me console, c’est que depuis peu, les mecs sont en train de nous rejoindre dans notre cabinet de toilette SM et se font de plus en plus épiler !

C’est très bien, égalitaire et j’en suis ravie (peut être seront ils plus cool si quelques poils dépassent du collant ou du maillot parce qu’on a eu la flemme, ou pas le courage, cette fois-là, de se charcuter…)

Mais, ben… euh… Moi j’aime bien les poils des hommes. Tous. J’adore aller y chatouiller mon nez et mes lèvres… C’est excitant et sensuel. Je me sens alors avec un vrai mec…

 

 

 

1 commentaire à “A Poils”


  1. 0 Robert 11 jan 2010 à 8:06

    J’ai apprécié votre exploration des poils: la joie et la peine qu’elle peut apporter aux gens. J’imagine que cela a été le sujet de thèse de doctorat au moins un anthropologue à l’université.

    Différentes sociétés ont des règles aussi intéressante et différente sur les poils. Le corps humain est comme un jardin, et l’herbe est seulement autorisé à se développer dans certains domaines, non pas sur le trottoir ou d’une allée et il ne devrait être d’une certaine longueur.

    Mon chat, il n’a qu’un seul problème avec les poils: les boules de poils dans son estomac. Les humains, en revanche, peuvent avoir de nombreux de conséquences sérieux. Vous expliquez avec humour certains de ces conséquences! Bravo!

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