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Archives pour décembre 2009

A Poils

Vaste sujet que ces petites choses accrochées à notre peau et qui nous rappellent incidemment que nous faisons partie de la grande famille des animaux à fourrure.

Par ces temps de froidure… On aimerait que cela nous serve à quelque chose, tant qu’à faire, mais on est obligé de constater qu’ils sont relativement inefficaces face au vent et à la pluie… A vrai dire, leur fonction utilitaire porte un peu à caution…

Quant à leur fonction décorative…

En avoir ou pas… Toute la question est là. En fonction de la géographie de sa position corporelle, le poil sera sauvagement arraché ou au contraire bichonné et soigné avec tendresse.

De la boucle de cheveu élégante et racée au petit poil pubien tout frisé, le poil est porteur d’un imaginaire teinté d’instinct primal que je me propose de visiter ici en un voyage rêveur…

Le poil viril est assez bien perçu. Sur le torse velu, la femme est censée s’attendrir et se reposer. Sur la joue qui gratte après quelques jours sans rasage, elle passera sa main, d’un air entendu, comme une vierge qui tâte ses espérances.

En ce qui concerne l’art capillaire masculin, toutes les options sont possibles, du court à la romaine au catogan qui se la joue créatif mais qui peut être assez sympa. Personnellement, je n’aime pas trop la chauvitude, et je préfère ne pas en parler, je serai bêtement négative.

En général, un homme, c’est un individu à poils. Cela permet, à nous les femmes, de réchauffer notre hiver et accessoirement nos orteils gelés au fond du lit. D’ailleurs, la preuve, c’est que la plupart des vrais hommes dorment nus… enfin, en tout cas, ceux que j’ai connus assez intimement pour le constater de visu. Ce qui ne donne pas une quantité suffisante pour en faire un échantillon crédible et donc ce que je viens d’écrire n’engage que moi…

Par contre, tout change lorsqu’il s’agit des femmes. En tant que membre de cette éminente confrérie (consoeurie, devrait-on dire plutôt) j’ai du subir l’épreuve initiatique de l’arrachage des poils.

Je vais vous dire une chose. On fait semblant de supporter cela avec élégance et humour mais la réalité des choses, c’est que ça fait super mal !

La nature nous a créées femmes avec des poils. Ben oui, il fallait être mon stupide frangin pour croire à 17 ans que les femmes n’ont pas de poils sur les jambes à l’état naturel. On en a aussi sous les bras et même sur la foufounette (si, si…).

Ceux sur notre tête, ça va sauf lorsqu’ils ont la mauvaise idée de venir s’implanter au dessus de la lèvre supèrieure… cela fait désordre… mes enfants ne voulaient pas embrasser ma belle mère à cause de cela, « Elle pique ! »

Bon, il est vrai que nous avons des rapports plus que particuliers avec nos cheveux. Hymne à la féminité, vitrine de notre être profond, arme de séduction massive (dans l’idéal) la construction capillaire que nous présentons au monde peut nous prendre gravement la tête. Aller chez le coiffeur est toujours (ou presque) une aventure teintée de psychanalyse…

Par contre, les autres poils issus de nos ancêtres arboricoles, on leur déclare la guerre dès qu’ils ont le toupet d’apparaître naïvement à l’adolescence, poussés par leur instinct forcément obscur et hormonal. En même temps que les affreux boutons purulents rouges et écoeurrants qui nous rendent timides et idiotes.

Le poil, sur une peau de femme n’a pas droit de cité. C’était peut être top et hyper sexy à l’époque des cavernes mais c’est désormais totalement mal vu. Qu’on se le dire ! Et ceux qui prétendent respecter Mère nature et garder leur fourrure douillette se verront taxées de mal entretenues, de laissées aller, de négligeantes… Crime impardonnable ! Pour ne pas se retrouver au ban de la société (ou en Allemagne), les filles d’ici doivent donc sacrifier à la terreur anti poils.

Alors il y a plusieurs techniques: à la hussarde: on arrache, à l’hypocrite: on dissout, à la va vite: on coupe.

La première méthode fait mal. Elle vous arrache les poils avec le bulbe et des larmes amères. Surtout au début, après on s’habitue. Enfin, moi, je me suis habituée pour les jambes mais pour la chatounette et les dessous de bras j’ai renoncé.

La première fois que je me suis lancée, poussée par une stupide envie de faire comme mes copines qui sortent souriantes et détendues de l’institut de beauté, j’ai marché pendant deux jours comme un canard, avec les bras en croix tellement cela brûlait. Je n’étais pas du tout souriante et détendue… J’avais plutôt l’air d’une adepte ratée du théâtre expressionniste de rue ou  d’une pauvre demeurée qui vient de subir un grave accident ayant exigé une lobotomie avec des séquelles motrices. Pas eu envie de recommencer.

En plus, ça repousse ! Moins vite, mais ça repousse. L’idée de subir ce calvaire tous les mois m’a définitivement décidée à m’abstenir.  Je suis revenue au bon vieux rasoir, et encore, uniquement les grands jours, ceux où je suis censée apparaître en petite culotte devant quelqu’un… soit, quand je suis amoureuse ou en été (à cause de la plage). Et puis basta !

Les deux autres méthodes comportent aussi leurs risques. Allergie qui vous transforment en machin rouge et gonflé en quelques minutes pour les crèmes dépilatoires. Coupures diverses et variées pour le rasoir (le vilain pansement sur une jambe qui se veut sublime les soirs de « grands soirs », cela fait un peu désordre…)

Ah, et puis, il y a les sourcils. Paraitrait que là aussi, la nature s’est un peu plantée en ce qui concerne les canons esthétiques de la séduction et qu’il faut en enlever la moitié (là, en dessous, selon la ligne p à m et en fonctions de formules mathématiques et géométriques qui me dépassent). Ca fait un mal de chien… et on a ensuite des paupières rouges et douloureuses… au moins quelques heures. Maquillage délicat…

Le plus drôle, c’est qu’après, il existe des crayons à sourcils pour en rajouter… Cela devient un peu n’importe quoi, non ? Il parait que cela permet d’ouvrir le regard… Parce que vous regardez les yeux fermés, vous ?

Bon, je suis un peu de mauvaise foi parce que c’est vrai, c’est plus joli et je m’y suis même mise. Tard, mais quand même… Mais parfois je me dis qu’il y a quelque chose de pourri dans ce royaume de Beauté pour aboutir à des comportements passablement douloureux et franchement pas très logiques.

Ce qui me console, c’est que depuis peu, les mecs sont en train de nous rejoindre dans notre cabinet de toilette SM et se font de plus en plus épiler !

C’est très bien, égalitaire et j’en suis ravie (peut être seront ils plus cool si quelques poils dépassent du collant ou du maillot parce qu’on a eu la flemme, ou pas le courage, cette fois-là, de se charcuter…)

Mais, ben… euh… Moi j’aime bien les poils des hommes. Tous. J’adore aller y chatouiller mon nez et mes lèvres… C’est excitant et sensuel. Je me sens alors avec un vrai mec…

 

 

 

les tartines-frites

Hier, mon fils de 7 ans a inventé un concept. Celui des tartines-frites.

Ce fondu des frites qui n’envisage pas la vie sans ces bâtonnets de pommes de terre cuites dans de l’huile bouillante pas du tout diététique, surtout si elles viennent du Mac Do… a décidé, devant mon refus obstiné de lui faire des frites à toute heure du jour (pour le goûter, le petit déjeuner, au milieu de la nuit…) de se contenter de tranches de pain de forme oblongues tartinées de beurre.

Bon, c’est vrai, c’est quand même une manipulation de ma part. Hier, il voulait aller goûter dans un McDo alors que ses soeurs et moi avions envie d’un thé ou d’un bon chocolat chaud dans un salon de thé cosy. Devant cette conjuration féminine, il a du céder et s’est retrouvé assis devant une table en bois ciré au lieu de faire la queue devant les caisses si aguichantes de son fast food préféré.

Nous avons pu négocier grâce à la présence de coca, mais pour les frites dont il rêvait, c’était pas gagné… Il nous regardait d’un regard noir et vengeur du genre « Quand je serai grand, je ne me laisserai plus faire par les femmes et j’irai boire de la bière et manger des frites grasses avec les copains… »

C’est alors que j’ai eu l’idée de lui proposer des tartines. Et coup de bol, les tartines du salon de thé étaient vaguement oblongues. Le concept des tartines-frites était né. Il a étudié un moment la question après ma suggestion enthousiaste, puis il a estimé que, quand même, c’était moins bien que des vraies frites, mais que le beurre de Beilleveire sur du pain grillé, c’était pas mal.

Ouf ! Nous les filles, nous avons pu savourer nos thés et autres chocolats chauds crémeux. Notre petit mâle semblait content.

Mais la prochaine fois, faudra aller au Mc D… Foi de Louis !

chauds chauds les marrons !

La fin de l’année est toujours le cadre de grandes manoeuvres commerciales qui détruisent un peu la magie qui devraient accompagner les fêtes de la  la fin de l’année.

On ne peux plus pointer son nez hors de chez soi sans être assaillis d’idées cadeaux, de bonhommes pères noëls qui vont du kitch le plus braillard au désign froid leplus snob, d’images de bonheur familial ou amoureux dégoulinant de niaiserie. Tout le monde il est gentil, tout le monde il s’aime…

Et donc tout le monde il achète un max de cadeaux pour tout le monde. Les enfants sont innondés de trucs tous plus rutilants les uns que les autres, souvent censés remplacés des parents pressés, occupés ailleurs et qui n’ont pas les temps de les écouter et d’être simplement auprès d’eux. Alors, culpabilité oblige et soumission aux mots d’ordre de notre société marchande, ils compensent en remplissant leur caddy de jouets et de bolducs.

Ceux qui sont seuls ou malheureux ou malades ou pauvres n’ont qu’à raser les murs ! Ils font tache ! Ils dérangent la grande foire annuelle où l’amour s’achète à coups de cadeaux, où le bonheur est obligatoire comme le champagne, le foie gras et les nausées du réveillon trop gras et arrosé…

Où est la magie de Noël dans cette caricature aux gros sous ?

Où est le sourire gratuit, le partage et l’accueil de l’autre, surtout s’il est petit ou seul ? Il y a manifestement un problème. Notre monde raisonne faux.

Que doivent penser le reste de l’humanité qui n’a droit à rien, de nous voir faire ces folies et gâcher tant d’argent dans des choses inutiles, eux qui n’ont même pas l’essentiel? Avons-nous oublié l’essentiel ?

Chauds, chauds, les marrons…

Profitons en tant que nous le pouvons encore…

Mais il pourrait y avoir un autre chemin, plus généreux et certainement plus utile pour notre avenir. Ce que l’on donne en hivers porte toujours du fruit… au printemps…

Dostoïevski

« L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux… Ce n’est que cela !!! » Les Possédés.

La dépression (je ne parle pas de la dépression pathologique, mais de celle de nos vies quotidienne de petits névrosés communs…, la petite dépression qui se traîne au long cours et qui empoisonne l’air de rien, notre univers), c’est ne vouloir (ou ne pouvoir) voir que le négatif d’une vie. Ou plutôt de pratiquer une subtile dichotomie: On ne voit que le négatif de notre vie, et que le positif de la vie des autres. Le résultat est bien évidemment particulièrement désolant…

Ce qui est étonnant, c’est de voir à quel point on s’accroche désespéremment à cette vision de la réalité. Comme si on avait peur de ne plus être malheureux…

Des côtés négatifs, tristes, des manques, il y en a toujours dans la vie. Ces moments de baisse d’énergie, des vides, ces tristesses, font partie intégrante de toute existence normale. Ca va, ça vient… et ce sera passé demain ou après demain… puisque tout change tant qu’on est vivant.

Mais justement, as t-on envie d’être vivant ? Se l’autorise t’on ? Nous a t’on autorisé à l’être ?

En d’autre termes, nous a t’on autorisés à vivre la tristesse comme la joie ? A égalité pour l’un et l’autre? Nous avons parfois l’impression que nous devons être heureux, parfaits, toujours au top, au risque de décevoir nos géniteurs (surtout nos génitrices) au narcissisme fragile… Etre simplement nous-mêmes, avec des hauts et des bas, sans être des gagnants « obligatoires » remetraient trop violemment en cause la réussite de leur mission parentale, et par là même eux mêmes.

Faire comme si on pouvait être heureux tout le temps, tout de suite et sur commande, parce qu’il est « normal » de l’être, est la porte ouverte à la dépression (parce qu’on voit bien que cet idéal est inaccessible, enfin, il faut bien avouer qu’en fait, on s’est bien débrouillé pour le considérer comme inaccessible). Ou bien, on masque le problème par un faux self et on se construit un personnage qui obéit aux normes imposées, fait semblant d’être heureux et vit une vie « parfaite » vide de sens à notre place, pendant que meurt le vrai soi.

Bref, la dépression… quelles qu’en soient les causes, comment ça marche parfois ?

Comment peut-on, au long d’une vie se laisser couler dans un flot morne et gris de tristesse, sans espoir d’aborder quelque part? Comment peut on s’y enfermer un jour, et ne plus vouloir en sortir ?

Non, je ne sais pas.

(sinon, ma fortune serait faite !!!!)

Mais je sais qu’il y a des attitudes qui « aident » à s’y complaire. Dont celle dont je parle dans le début de cet article: ne voir que le négatif et refuser de faire autrement sur la foi de certitudes que l’on renforce soi même.

Si l’on est seule, on regrette de ne pas avoir de partenaire, si l’on est en couple, on regrette que le partenaire ne soit pas à la hauteur, si on a du travail, il est stressant, si l’on n’en a pas, on est nul. Et à mesure que l’on envie ce que l’a pas, on le pare de toutes les vertus et on ne voit pas ce que l’on a. On devient jaloux de ceux qui ont ce que nous désirons sans voir qu’on s’illusionne bien souvent sur ce « trésor » et qu’en plus on ne voit pas qu’ils n’ont pas ce que nous, on a.

Parce que, ce que l’on a, n’a pas d’importance. On refuse de le voir, on le néglige, on le minimise, on l’oublie. On préfère se focaliser sur nos manques et nos douleurs jusqu’à l’obscession et on passe à côté d’une vie qui, sans être parfaite, est plus que supportable.

En même temps on imagine que tout sera réglé, qu’il n’y aura plus d’ombres dans notre vie lorsqu’un jour on obtendra l’objet de nos désirs. Enfin, on aura comblé notre manque.

Cet homme (cette femme) qui nous aimera sera parfait, nous comprendra et nous permettra de nous épanouir pleinement, ce travail que l’on obtiendra nous rendra à nous mêmes et nous redonnera toute notre dignité…

C’est un leurre…

Et la porte ouverte à toutes les desillusions. Désillusions qui vont ensuite nous renforcer dans notre conviction stupide que nous n’avons pas le droit, ou la chance, de pouvoir être heureux… D’ailleurs, il est étrange de constater que nous agissons souvent comme si c’était précisément là notre souhait. Pour plus de sécurié sans doute, pour donner raison à nos croyances, on fait tout pour le rendre inaccessible, ce bonheur…

On le met sur un pied d’estal, on le rend global et idéal, on le grime en potion magique. Et on se désinvestit de notre responsabilité dans son élaboration. Il faut qu’il nous soit donné, en bloc, parfait, comme un cadeau du père Noël.

Alors qu’il est là, à portée de main sous nos yeux aveugles, qui attend patiemment qu’on veuille bien le construire peu à peu, l’accepter tel qu’il est: imparfait, lacunaire, fragile, en pointillé… mais tenace.

Comme nous…

Nous refusons obstinément de voir le problème autrement, nous nous obstinons à rester crispés comme si c’était l’unique voie de notre salut. Et comme cela ne marche pas. Forcément. On se renforce dans l’idée que nous ne l’aurons jamais, ce bonheur…

 Et à force de se mordre la queue, on se dévore tout entier.

Dimanche après midi

Le parc était parsemé d’éclats de soleil d’hiver. Un soleil doré, qui faisait vibrer l’air et donnait de la hauteur aux arbres et à mes pensées. Le ciel bleu pâle essayait de sourire aux rares promeneurs emmitouflés dans leurs manteaux, écharpes et gants… Quelques chiens, curieux, flairaient des pistes étranges et fascinantes entre deux brins d’herbe verte imprégnées d’humidité grasse. Je me sentais libre et entière…
J’ai marché dans ces rayons jaune d’or. J’ai dansé le long des allées, j’ai observé la carpe paresseuse dans le petit lac coréen au bout du parc, j’ai caressé les hautes herbes dessechées qui attendent le printemps dans une immobilité sereine, j’ai chanté face à l’espace, la musique dans mes oreilles, j’ai enlacé les arbres, j’ai planté mes pieds dans la boue lourde de ma terre, j’ai entendu les oiseaux se dire bonsoir. Et puis, je suis rentrée chez moi boire un chocolat et grignoter une brioche, avant de jouer un peu à la guitare. Boum boum boum… le rythme de la vie et de mon coeur…

Sciences… indéboulonnables déesses…

« Je suis fermement convaincu que le mode de pensée « scientifique » de cause à effet, qui fonctionne très bien dans le monde inorganique et que nous nous sommes mis à utiliser avec plus ou moins de bonheur pour résoudre les problèmes humains, est aujourd’hui mort en tant que philosophie générale de la science. Il ne devrait plus être appliqué dans la mesureoù il ne fait que nous entraîner cvers une pensée ad hoc, c’est à dire une pensée où une cause engendre un seul effet et où un facteur produit un facteur, ce qui blmoque notre sensibilité aux changements systémiques et organiques… où un seul stimulus est conçu pour modifier l’organisme tout entier, lequel adopte un nouveau comportement dans tous les compartiments de la vie. » Abraham Maslow.

Le règne de LA SCIENCE, critère universel de Vérité et de Savoir est malheureusement encore bien solide. Même lorsqu’il est évident qu’elle, et ses techniques, n’apportent que des réponses partielles, voire pas de réponses du tout aux questions les plus essentielles de l’humanité.

La marque de l’homme connaissant, est son humilité. Ainsi, il peut rester ouvert à ce qui est plus grand, plus complexe et plus subtil que lui et en tenir compte pour prendre ses décision ou pour peindre une image du monde. Ce n’est pas ce qui se passe. La science et les scientifiques ont la grosse tête et se prennent pour des dieux.

Et nous fonçons vers le mur avec allégresse…

sourire

Deux psychanalystes se rencontrent à une soirée. L’un des deux se précipite sur l’autre et le giffle sans prévenir. Ce dernier reste interloqué, puis il hausse les épaules en disant: « c’est son problème. »

Les jolis soutien-gorges

Choses promise, chose due…

Le pendant de la petite culotte (ou du string, shorty ou autre) est, pour nous, les filles, le soutien-gorge. Apanage de notre féminité, nous avons hâte, à l’aube de l’adolescence de pouvoir en arborer un, quitte ensuite à trouver ce truc gênant et pas très agréable à porter.

Donc, toutes jeunes, avant même d’avoir vraiment quelque chose à soutenir, nous voilà en train de rêver devant les vitrines des boutiques de lingerie, et à rejeter les épaules en arrière pour faire apparaître devant notre mère les prémisses de nos oeufs aux plats, histoire de lui faire comprendre qu’il est temps qu’elle nous emmène enfin acheter LA chose.

Chose qui va nous placer, par la grâce de ses bonnets A, dans la catégorie Femmes. Celles qu’un garçon peut avoir envie de regarder… Bien sûr, on met un peu la charrue avant les boeufs… les dits garçons, à cet âge là, sont bien loin de s’intéresser vraiment à nous… Ils en sont encore aux billes,  aux mangas et aux blagues idiotes par téléphone.

Cela va prendra d’ailleurs pas mal de temps. Un ou deux ans plus tard, alors que les filles arborent fièrement un bonnet B, voire C pour les plus chanceuses, les garçons sont assez inquiets, voire paniqués de voir leur propre corps se mettre à n’en faire que des siennes… Il y a des poils qui poussent partout, et il n’y a pas que des poils qui poussent, d’ailleurs. Les boutons rouges et purulents envahissent leur visage en pleine mutation, leur voix mue et passe du grave au suraigu sans prévenir. Bref, ils ne ressemblent à rien…le savent (car ils ne sont ni aveugles ni stupides) et se sentent plus en sécurité dans leur bande de garçons ou dans leur tanière qui pue à traîner en pygama. Les seules filles autorisées de leur univers sont virtuelles, en papier ou sur un écran d’ordinateur. MSN est un merveilleux paravent pour oublier l’alien qu’on est en train de devenir et exister en tant que super mec qui tombe les filles… avec une souris.

Mais revenons à nos moutons… Petits moutons de dentelles de calais, de voile évanescent, de broderies mutines qui enserrent et mettent en valeur les deux seins qui font désormais partie de notre paysage corporel.

Il a fallu s’y habituer, à ces deux là. On réalise que courir sur une plage, nue et libre, les cheveux dans le vent, n’est finalement pas si comode que cela. Ca tire, ça secoue, ça fait mal. On est obligé de les soutenir un peu avec les mains, ce qui donne un look un peu oie stupide et dandinante et finalement, cela ne cadre pas avec l’intention du début. Bon, ok, il y a celles qui en sont restées au bonnet A, voire -A. Celles là, elles peuvent se la jouer nordique libérée… mais nous, les rondes, on se venge lorsqu’elles essaient de mettre une robe décolletée…. yek yek…

Bref, nos tiroirs se sont remplis d’adorables « ensembles coordonnés », culotte et soutien gorge. Et c’est là que cela se gâte. Une culotte se porte une journée, pas plus. Un soutien gorge, peut se porter quelques jours à moins d’avoir des problèmes récurrents de sudation pathologique. Et donc, on se retrouve très vite avec des trucs dépareillés, plus du tout coordonnés, inmontrables. En plus, retrouver l’ensemble dans le foutoir habituel du tiroir à lingerie tient de la fouille archéologique ou de la recherche de l’aiguille dans la botte de foin. Suivie de la fouille dans le linge propre mais pas sec, de la fouille dans le linge sec mais pas repassé et enfin, en désespoir de cause, dans le linge sale… « Ah, oui, il est encore là ! flute », il faut choisir un autre ensemble. L’heure tourne, on est de plus en plus stressée et on finit par prendre n’importe quoi, la culotte noire avec le soutif rose (c’est horrible) en se disant qu’aujourd’hui on ne se laissera pas approcher et enlever nos vêtements ou alors par un aveugle.

Les culottes et les soutien-gorges ne cessent de divorcer et c’est pénible. Pour les forcer à une entente conjugale sereine, je les ai fourrés dans des sacs en plastique de surgelés, chaque couple dans un sac. Il y a des disputes mais dans l’ensemble, cela tient à peu près la route…

Et puis, il y a les rebuts. Ceux qui ont perdu leur moitié par décès (le tissu a craqué, l’élastique a eu une attaque, la dentelle a rendu l’âme), par vieillerie (la culotte ne ressemble vraiment plus à rien, grisâtre et informe et ne peut même pas être déclassée en culotte pour les règles tellement elle est devenue moche. Nous avons du l’euthanasier à la poubelle) ou par kidnapping (la machine à laver, le fétichiste de passage…).

Ces soutien-gorge là, qui ont d’ailleurs en général perdu de leur superbe, sont gardés pour les jours gris, les jours culottes-petit-bateau, les jours où on se moque bien de fantaisie et de séduction, mais simplement d’être bien, confortable. Ce sont de vieux copains à qui on ne demande plus de briller et d’épater la galerie, mais simplement d’être là, prés de soi, dans la douceur de leur présence.

Enfin, comment ne pas parler du plaisir intense et jouissif du soir, lorsqu’on les enlève, enfin, et qu’on peut enfin laisser vivre libres et frémissants, nos seins… C’est comme d’enlever des chaussures trop petites… Le matin, on a mis ce soutien-gorge langoureusement (c’est pas vrai, on l’a fait machinalement, la tête ailleurs, mais il faut préserver la légende… et faire rêver les hommes…) donc, nous avons passé cette lingerie chic d’une main voluptueuse, imaginant les regards torves qui se veulent discrets des hommes et c’était bien agréable. Le soir, ils ont rempli leur office et rejoignent le panier à linge sale le devoir accompli.

Car nous savons la faiblesse des hommes concernant la naissance laiteuse et douce de notre poitrine qui apparaît entre les dentelles de Calais (ou de Monoprix). C’est pourquoi le soutien gorge devient une arme de séduction massive à longue portée.

A balconnet, à armature, avec des petits coussins là, ils arrivent à transformer une poitrine lambda en bombe à retardement. Les seins sont gonflés, rebondis, l’air de vouloir s’échapper de leur prison de broderie délicate, offerts à la concupissance masculine mais tels de vrais Tentales, innaccessibles. A moins de faire l’effort de conquérir la belle détentrice de tels appâts.

L’étape suivante est assez cocasse. La belle a succombé, a perdu l’essentiel de ses défenses, et se pâme, offerte entre les bras du mâle. Avec le soutien gorge. Bon. Il faut l’enlever. Et là, ça se complique. Rares sont les hommes capables de dégraffer la chose d’une seule main (puisque l’autre est censée continuer à caresser l’objet de sa flamme pour entretenir le feu). Il y a des ratés, des murmures, des râles, parfois des gros mots, jusqu’à ce qu’il déclare forfait et nous demande de le faire nous mêmes…  Ben oui, cela s’attache dans le dos… et la seule chose qui les interesse dans notre dos, c’est la partie basse. Au niveau de la cage thoracique, c’est plutôt le devant qui les branche… Peut être que s’ils s’enhardissaient à tripoter notre dos (on aime aussi les massages), cela leur faciliterait la tâche… d’une pierre deux coup, si je puis me permettre cette métaphore hardie…

Et le brave soutif, vaincu, se retrouve abandonné sur le tapis… en compagnie de la petite culotte qui ne tarde pas à le rejoindre, et ils entamment une petite belotte en attendant…

 

 


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