essai sur l’amour

Celui qui renonce à avoir « tout tout de suite », sait regarder vraiment l’Autre et patienter, celui qui sait vouloir l’Autre, non pas pour lui mais pour un enrichissement mutuel, celui là sait aimer. Au delà des émois de la découverte sensuelle et du léger tournis des premiers moments de la découverte amoureuse, aimer se change en art subtil: on y découvre toutes les facettes d’une relation, on ne craint pas de nouer des liens avec la beauté de la férocité, la beauté de l’inconnu, la beauté du pas-beau. Et par là même on devient l’amant essentiel…

C’est le besoin de forcer l’amour à se perpétuer uniquement dans sa forme la plus positive qui finit par provoquer la mort de l’amour. La perspective de la fin des choses fait peur. On ne supporte pas de quitter l’antichambre pour entrer dans la chambre de l’amour. Car on devine qu’il faudra alors nous affronter aux parties les plus sombres de nous-mêmes: à nos peurs, à nos blessures, à nos insuffisances, à nos angoisses infantile, à notre faim d’amour secrète que nous traînons depuis si longtemps (dans laquelle l’autre n’est qu’un remède), à la mort d’une partie de nous-mêmes qui a été mal construite… Il y a même une véritable terreur qui nous prend et nous donne envie de fuir, très loin, pour nous recroqueviller en nous mêmes. Et laisser notre âme, malade de ses plaies, mourir de dépérissement.

Craindre ou mépriser l’amour conduit à son anéantissement.

On traine une existence lamentable, boiteuse, précautionneuse. Il y a rupture de la libido. On est comme un enfant qui cherche toujours quel est la part du gâteau la plus grosse, quel lit est le plus moelleux. On s’inquiète surtout de savoir si on est l’amant(e) le plus séduisant(e) au lieu de chercher à savoir ce que l’on veut vraiment vivre au plus profond de soi.

Cet être se replie sur les plaisirs faciles, tente d’éviter toute incertitude et la peur qu’entraîne cette incertitude. Il est à la fois très prudent et très avide. Il fond sur tout ce qui peut lui apporter de la satisfaction immédiate. Le contraire l’effraie. Il n’arrive pas à aller au delà de son désir de fuite, de son besoin de sécurité, car il ne se connaît pas, il ne s’écoute pas, et ne s’aime pas lui-même.

Affronter tout cela, au contraire, l’accepter, renoncer au plaisant pour aller creuser vers l’essentiel, faire confiance à sa force de vie, à la puissance cachée derrière son renoncement, c’est faire ce qu’il faut pour guérir les blessures et au delà des apparences, mettre du baume sur les plaies.

Il y a des forces régénératrices puissantes dans l’amour, dans l’amour tel qu’il est et non tel qu’on le voudrait. Faire face à ses souffrances profondes avec tendresses et compassion, les désenchevêtrer de notre âme, accepter qu’elles meurent ou se transforment, permet une re-naissance de l’être. L’amour fait ce miracle. Il nous force, toujours, à nous regarder en face. Car il faut être stable sur ses pieds pour marcher et aller vers l’Autre sans se prendre les pieds dans le tapis… Certains font l’erreur de croire  qu’ils fuient la relation avec l’autre. En fait, ils fuient l’amour ou la pression de leur histoire d’amour. Ils ont tout simplement peur de vivre et d’être eux-mêmes.

Tout ce que vous cherchez vous cherche aussi… il suffit de rester bien tranquille et cela vous trouvera…

 

5 commentaires à “essai sur l’amour”


  1. 0 Legué Bénédicte 29 nov 2009 à 16:46

    Très juste, principalement sur cette notion de l’attention des hommes envers le genre féminin tant au sein du cocon familial que dans la société.
    Le mot attention résonne mieux et à une réalité plus grande, que complexe d’oedipe ou tout autre symbolique utile, mais sans décodage quotidien pour beaucoup de nos congénères.
    L’attention est un mot que les hommes devraient tenter de mieux comprendre….Un mot abordable par tous, décorticable et évolutif à qui veut bien l’utiliser et qui comporte une vraie réalité de vie.
    Il induit un Niveau relationnel plus subtil et qui ne peut trouver de dérivatif dans la surconsommation de biens extérieurs.
    Comme toujours la solution est en nous, plus simple et jamais compensable.
    Les manques de respect et d’attentions sont des grandes douleurs de notre société occidentale.

    BL

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  2. 1 Agnès R 29 nov 2009 à 20:26

    Mais vi ! on les lit tes histoires ! et avec beaucoup de plaisir même !
    Pour tout te dire, même je me régale !
    Mais où vas-tu chercher tout ça ????
    Je n’ai qu’un seul mot : CONTINUES !!!

    Bisous

    Répondre

  3. 2 Legué Bénédicte 15 déc 2009 à 18:38

    Agnès R c’est toi
    Je viens de revenir sur le commentaire du 29 nov. C’est à moi que tu parles quand tu dis continues ?
    bises

    Répondre

  4. 3 Agnès R 21 déc 2009 à 21:18

    perdu ! Agnès R, c’est pas Agnès F, c’est une autre, camarade de pension, amie, et qui parlait à Agnès F…. à qui je conseille vivement de continuer à écrire car j’adore la lire !

    Répondre

  5. 4 agnes2nantes 4 jan 2010 à 18:19

    Heureusement, Agnès F m’a téléphoné pour rectifier, je commençais à m’embrouiller….
    Ravie de rencontrer Agnès R sur son blog.
    Vous aviez cloné les Agnès par manque de pensionnaires?
    Quant à l’écriture de l’AGNES F ,je la trouve de plus en plus « croustillante ».

    bises

    BL

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