Une certaine idée du bonheur…

Ce matin de printemps, une petite dame à bicyclette, d’environ 70 ans, souriait. Bien droite sur son vélo bleu, elle profitait du soleil matinal pour aller vers  une destination que je ne connaissais pas.
J’étais dans le tram qui m’amenait à mon travail, coincée entre des gens préoccupés ou l’air ailleurs, les yeux rivés sur leurs chaussures ou dans le vague, embarqués comme moi dans un chemin qui leur paraissait imposé parce qu’ils n’avaient pas eu le courage, ou l’opportunité, de choisir une vie qui leur convenait mieux.

Elle, elle avait l’air heureuse de vivre, d’être là, à pédaler devant le château des ducs de Bretagne, heureuse d’aller vers cette destination inconnue. Elle m’a fait envie.

J’avais envie de cette sérénité souriante, de cette liberté dans le moment présent, de cette autonomie tranquille, de cette manière de prendre la vie pour ce qu’elle est et de profiter, simplement, des petits moments de bonheur qu’elle peut nous apporter.
Lorsque je serai vieille, je m’achèterai un vélo. Electrique de préférence, autant aller avec son temps… Et je ne suis pas très sportive…

Quand je serai vieille, j’espère que j’aurai pris l’habitude de sourire au lieu de laisser les rides des soucis, de la tristesse ou de la colère s’imprimer sur mon visage en un masque effrayant.
Cette dame était belle. J’ai eu envie d’être belle comme elle. De cette beauté douce qui vient de l’éclat des yeux, du dessin d’une bouche, d’un respect de soi. De cette beauté qui illumine un regard et vous fait du bien.

Et pour cela, autant commencer tout de suite… Cela paraît être une évidence. Cela n’en est pas une. C’est une chose qui ne nous est pas naturelle. Bien au contraire.

Avouer que l’on est heureux est plus ou moins suspect. Cela semble une preuve d’aveuglement naïf ou de bêtise. Le monde est cruel, c’est un fait que tout le monde accepte et fait sien. Ceux qui s’en contentent et y trouvent leur bonheur sont soit des benêts soit des cyniques qui ne vont pas hésiter à utiliser cette cruauté à leur unique profit.
Pourtant tout le monde souhaite être heureux et ne cherche que cela dans sa vie.
Mais bien souvent, on se laisse entraîner à croire à un bonheur illusoire, celui des possessions matérielles ou de la position sociale, ou encore de la possessivité amoureuse, le genre de bonheur qui vous glisse entre les doigts dès que l’on croit l’attraper, reculant sans cesse jusqu’à l’infini dans une quête insensée et sans fin.
Le bonheur, c’est bien autre chose. Je crois que chacun a le sien et c’est toute la difficulté de la vie de prendre le temps de découvrir son propre bonheur personnel au lieu de vouloir attraper celui de la société ou du voisin.
Le bonheur, ce peut être de pédaler sur un vélo bleu, dans la douce lumière d’un matin de printemps…

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