Pourquoi je vais voter blanc

Même si je peux tout à fait comprendre ceux qui ne vont pas faire comme moi.

Un petit calcul

Les votes du premier tour qui vont de toute façon se reporter sur les candidats (sans nous) :

Macron

Le Pen

1er tour : 24,1

1er tour : 21,3

Voix PS : 6,36

Voix Dupont Aignan : 3

Voix LR : 15

Voix LR : 5

Divers : 1

Total : 46,46

Total : 29,3

 

En conséquent, il me semble qu’il n’y a aucun risque pour que Le Pen gagne même si aucune voix Insoumise ne vote pour Macron.

Par contre si Macron gagne, sa politique fera gagner Le Pen en 2022 !

Voter pour Macron ne fait pas gagner la République, au contraire.

L’absention non, le vote blanc oui.

Un raz de marrée de vote blanc ne l’empèchera pas d’être élu mais l’empêchera de prétendre, comme il l’a déjà dit, que les gens qui ont voté pour lui ont manifesté une vraie adhésion à son programme.

Or il me semble que nous avons deux objectifs pour ce deuxième tour :

  1. Le Pen ne doit pas être élue. Elle ne sera pas élue. Par contre si Macron est élu, le risque d’une poussée de Le Pen dans 5 ans devient très élevé à cause des conséquences désastreuses de la soi-disant politique de Macron (plus de chomage, de pauvreté et un recul de la souveraineté nationale).
  2. Macron ne doit pas pouvoir appliquer sa politique en s’appuyant sur une légitimité issue d’un bon score au 2eme tour (comme il l’a déjà exprimé). Plus il y aura de votes pour Macron, plus il pourra appliquer sa politique (plus de députés aux législatives, plus d’ordonnances).

 

Concernant le premier objectif, je considère que les partis traditionnels, partis à la pêche des places et le maintien de leurs privilèges, en ralliant le char Macron, s’en chargent très bien. Les votes de la France insoumise sont inutiles pour obtenir que Mme Le Pen ne soit pas élue. Le premier objectif sera atteint sans nous.

Par contre, en ce qui concerne le deuxième objectif, pas la peine de donner à Macron plus que nécessaire.

Le vote blanc (qui n’est pas comptabilisé mais qui est généralement donné, et donc sera connu) manifeste clairement que ces deux candidats de droite sont aussi catastrophiques l’un que l’autre (en ce qui concerne les résultats de leur politique) et ont des valeurs totalement contraires aux nôtres.

Voter blanc a deux conséquences positives pour nos idées :

  1. Permettre à une opposition résolue et visible, crédibilisée par le grand nombre de votes blancs, de se faire entendre. Et si nous ne sommes pas au pouvoir, notre devoir est de construire cette opposition dans un pays démocratique. De plus, il faut qu’il y ait plus de votes blancs que de votes Le Pen pour que ce ne soit pas eux qui s’affichent comme l’opposition officielle au gouvernement.
  2. Limiter la ruée des élus des anciens partis traditionnels vers les places de députés macronistes et donner à Macron une assemblée à sa botte. (Donc, un blanc seing pour sa politique de chomage et de pauvreté)

Enfin, et cela me semble important, le vote blanc nous permet de ne pas renier nos valeurs, plus importantes que les arrangements politiciens.

Cela valide de plus notre proposition de comptabiliser le vote blanc comme une vraie expression populaire.

Pourquoi mon engagement ?

Parce que je crois fermement que le programme de Jean Luc Mélenchon est la seule voie possible et réaliste pour un avenir vivant.

Mais je ne prétend pas ne pas me tromper.

 Je reprends à mon compte ce qu’a écrit Luis Sépulvéda parlant de la conduite des affaires d’un pays : « Alors que toutes les nations environnantes1 commençaient à courir après le rêve de devenir des pays du Premier Monde, sans bien savoir ce que cela signifiait, les Uruguayens ont dit : « Nous voulons devenir un pays sans pauvreté. L’unique objectif que nous avons pour les dix prochaines années est d’en finir avec la pauvreté et de garantir à tous les habitants de notre nation une vie digne, comme premier pas pour avoir tous demain une vie pleine, accomplie et même heureuse. »2

Les autres programmes proposent de donner toutes les priorités aux profits des entreprises, estimant (à mon avis à tord) que la bonne santé des entreprises impliquera automatiquement la bonne santé des personnes. Illusion…

La réalité : Inégalité croissante, chômage, souffrance au travail, burnouts, suicides, destruction de la planète.

Car, depuis toujours et encore plus depuis 30 ans, le profit des entreprises ne profite qu’aux plus riches et est de moins en moins redistribué. Il n’est même pas réinvesti dans l’entreprise… « C’est dans l’anonymat absolu, dans l’impunité absolue, qu’ils poursuivent à l’échelle planétaire leur travail de destruction de l’élément naturel. 3»

C’est une évidence que les priorités des grosses entreprises multinationales n’ont strictement rien avoir avec le Bien Commun. Par définition, elles ne poursuivent que des priorités privées, leur propre intérêt. Comment avoir la stupidité de croire qu’elles pourraient servir le Bien Commun ? Même par ricochet ?

Qu’est ce qui est essentiel dans la politique ?

La poursuite du Bien commun.

Bon.

Mais qu’est ce que le Bien Commun ?

Globalement, c’est faire en sorte de mettre en place les conditions générales pour que chacun puisse construire son propre bonheur et les garantir sur le long terme.

De quoi un être humain a besoin pour être heureux ?

  • Ne pas avoir faim ni soif, avoir accès à une alimentation saine et suffisante, et à de l’eau propre. Et pouvoir nourrir ses enfants et sa famille

  • Etre digne et respecté. Pouvoir travailler et ne dépendre de personne pour ses dépenses. Se sentir utile aux autres grâce à la richesse (en biens ou services) qu’il apporte avec ce qu’il fait dans son travail.

  • Etre libre. Pour pouvoir décider de sa vie et de la manière dont on travaille, de l’endroit où on habite. Et donc qui aime sa vie (ce qu’il fait, ce qu’il est, ce qu’il a déjà)

  • Etre relié aux autres. Ne pas être isolé et tisser de belles relations autour de soi dans le respect de soi même et des autres. Reconnaître son lien à la Nature (« n’oublions pas que la nature peut exister sans l’homme alors que le contraire n’est pas vrai.4 »)

Pourtant, les capitalistes libéraux affirment haut et fort, comme une évidence, que la Croissance, la poursuite de la Compétitivité et les nouvelles Technologies vont résoudre (comme par magie) tous les problèmes : le chômage, les changements climatiques et la violence du monde.

Par un coup de baguette magique, et la croyance dans le Saint Profit sans limite et sans entraves portée par une consommation dévastatrice, gaspilleuse, manipulatrice, un monde du toujours plus et du n’importe quoi, ils nous assurent des lendemains qui chantent… (bon, certes, pas pour tout le monde, voire pas pour grand monde, mais ça, c’est en tous petits caractères… invisibles).

Ils serinent sur tous les tons que nous n’avons pas le choix. Ils SAVENT ce qui est bon pour l’économie (traduction pour les très riches) et nous devons obéir ! Qu’il ne saurait en être autrement et que si les grosses entreprises multinationales ou la bourse ne pouvaient plus gagner de l’argent, tout s’effondrerait.

C’est stupide.

Ils nous prennent pour des cons.

Je n’aime pas qu’on me prenne pour une conne.

Je trouve ça désagréable.

Parce que :

  • La croissance telle qu’elle a eu lieu dans les 30 glorieuses est désormais impossible. C’est un leurre. Nous avons atteint les limites de ce que notre planète peut supporter. Elle tourne dans le vide de faux besoins et de désirs artificiels qui, à peine satisfaits (ex :le dernier iphone), génèrent frustration et manques (on veut l’objet connecté suivant pour rester à la page et ainsi de suite). Il n’y aura plus de croissance économique.

  • Ils ont construit un système extrêmement fragile (les multinationales et le commerce mondialisé) qui ne tient que par la dette, la destruction des espaces naturels, les énergies fossiles à bas prix, une consommation énergétiques monstrueuse, et notre soumission. Ils vont s’effondrer. Mais pas nous. Car nous ne dépendons pas d’eux (sauf si nous les croyons).

  • La compétitivité est une forme de compétition qui impose la loi du plus fort. Cette logique crée des tensions et de la violence, fragilise la société, la déstabilise. Elle crée des exclus, des gens rejetés, des gens détruits, de la peur et de la colère.

  • Les nouvelles technologies ne sont que des outils à utiliser avec sagesse car elles ne résolvent rien par elles mêmes, sont énergivores et détruisent le travail humain pour le remplacer par des tâches normalisées, codifiées, sans âme et sans qualité.

La voie du restect des gens et de la Terre permettra de redonner l’essentiel à nos sociétés :

  • Du travail pour tous : les machines ne seront là que pour l’améliorer, pas pour le remplacer.

  • Des aliments sains et de l’eau propre, sans gaspillage, sans détruire les sols et la biodiversité

  • Des relations humaines harmonieuses, dans la collaboration et la solidarité.

  • Du temps et de l’espace.

  • Du sens.

Irréaliste et utopique ? Pas du tout.

Les hommes ont déjà vécu dans des sociétés sans compétition.

Si si ! Les sociétés humaines n’ont pas toujours été régies par des rapports inégalitaires de pouvoir, par une compétition permanente qui évacue les plus faibles (n’en déplaise à Darwin). C’est plutôt l’inverse.

C’est parce que les premières sociétés humaines ont été collaboratives et soucieuses de protéger tous leurs membres y compris les plus faibles, parce qu’elles avaient compris que la force et la violence est bien moins intéressante que l’intelligence pour survivre et que chaque être humain, unique et particulier, apporte une pierre essentielle à la société pour qu’elle se pérénise, que nous sommes ici. S’ils s’étaient battus à coup de gourdins comme on nous le fait croire, il n’y aurait plus d’hommes sur terre depuis longtemps. S’ils n’avaient écouté, respecté, aimé, appris la nature, ses cycles et ses limites, l’histoire n’aurait même pas commencé.

Les Insoumis, c’est la voie de la raison.

Rendre la France indépendante d’un système fragile et gangrené qui va s’effondrer sous les coups du changement climatique, des crises financières et de la misère, c’est construire une autre modèle de société, plus pragmatique, plus sûre, sobre sans être austère, intelligente et talentueuse, pour inventer ensemble les moyens de réparer les dégâts et permettre à chacun de vivre dignement, tranquillement, joyeusement, sans laisser aucune chance à la pauvreté. C’est permettre à nos enfants et petits enfants de grandir et de vivre leur vie, tout simplement.

Permettre à la France de démontrer que c’est possible et encourager d’autres peuples à rejoindre ce nouveau paradigme social, c’est redonner à la France son rôle des Lumières, et sa fierté. Donner l’exemple de l’échange, du partage, de l’ouverture au monde, du courage, de l’accueil, et du respect des autres en refusant que des produits fabriqués ailleurs dans le sang et la souffrance soient des sources de profits financiers pour ceux qui les ordonnent.

(nb : au contraire de certains qui voient la « grandeur » de la France dans un égoïsme étriqué et stupide, une rancœur et de peur de laissés-pour-compte se retournant vers l’étranger, le différent que l’on accuse de tous les maux, dans un réflexe infantile de « c’est pas moi, c’est sa faute, il est pas comme nous, maîtresse… »)

1. Luis Sepulveda parle des nations sud américaines qui courrent après un développement « à l’américaine » avec le progrès technologique et la croissance en ligne de mire

2Luis Sepulveda, Carlo Petrini, Deux idées de Bonheur, ed Métaillié, 2016, p. 57

3Luis Sepulveda, Carlo Petrini, Deux idées de Bonheur, ed Métaillié, 2016, p. 73

4Luis Sepulveda, Carlo Petrini, Deux idées de Bonheur, ed Métaillié, 2016, p. 72.

Attention, une discrimination peut en cacher une autre !

Les femmes de pouvoir posent un vrai défi. En effet, elles contreviennent aux stéréotypes les plus communément admis des femmes discriminées et renvoyées aux fonctions subalternes, si ce n’est pas simplement à leurs fourneaux et bébés. En même temps, ayant traversé le fameux plafond de verre, les femmes de pouvoir devraient sereinement profiter de leur position chèrement acquise et même permettre aux autres femmes d’accéder également à des fonctions valorisantes.

Or, il n’en est rien. L’idée très répandue dans la littérature scientifique féministe qu’une société régie par les femmes serait bienveillante obéit également à un stéréotype : celui de la femme douce, bienveillante et dévouée.

Or, il apparaît qu’être une femme de pouvoir, ce n’est certainement pas mener une vie sereine et la discrimination continue  à être active, mais d’une autre manière. Parfois, souvent même ce sont les femmes elles mêmes qui discriminent d’autres femmes.

Les femmes ont le choix : soit reprendre les stéréotypes masculins les plus machos et se comporter comme un homme, soit se retrouver à devoir prouver en permanence leur valeur en en faisant toujours plus, en ne s’autorisant aucune erreur ou faiblesse (la perfection est leur seul objectif), tellement dévouées à leur travail qu’elles doivent renoncer à une vie privée « normale » et en particulier à vivre pleinement leur maternité.

Face à un tel « choix » imposé par une société phallo-centrée, les femmes qui réussissent sont celles qui, d’une manière ou d’une autre, obéissent à l’image du pouvoir comme une fonction agressive et violente. Elles en « imposent » tout autant que les autres. Parfois mêmes elles en imposent plus car elles doivent prouver leurs capacités au commandement, parce qu’elles sont femmes, là où un homme n’aurait rien à prouver. Elles doivent également renoncer à être aimées et à avoir des enfants (ou du moins à les élever). Les premières femmes à occuper des postes importants (professeurs, médecins…) étaient célibataires sans enfants (1920-1930) et légèrement suspectes.

 

En fait, lorsqu’on va rechercher l’origine de la construction sociale des stéréotypes de genre qui sous-tendent les discriminations des femmes, on tombe sur l’idée d’une « nature » féminine au rôle social bien définis.

La femme est épouse et mère. C’est à dire belle (pour être choisie par un mari), physiquement fragile (pour ne pas pouvoir se révolter) et donc dépendante de la force physique des hommes, serviable et douce pour soigner et prendre soin de sa famille, intuitive (car plus proche de la nature qu’elle subit tous les mois ou qu’elle porte pendant 9 mois), relationnelle (elle parle, elle n’agit pas), et n’aime pas la violence (elle a moins de testostérone qui rend agressif) et… un peu moins intelligentes. Ainsi, la femme reste fatalement dominée, ne pouvant opposer qu’un discours de conciliation et de pacification à la violence des hommes.

Or, l’histoire et les mythes (qui retranscrivent les fantasmes sociaux) nous montre des femmes très différentes. Des femmes violentes (Médée), puissantes (Catherine de Russie, Élisabeth Ière d’Angleterre), indépendantes et libres (Artemisia Gentileschi), solides et combatives (Jeanne d’Arc), cassantes et autoritaires (Mme Thatcher)…

Dans les pays mêmes où les femmes sont les plus opprimées par la culture, on trouve des maîtresses femmes que les hommes respectent et dont ils ont peur (la Mama italienne, la Mère juive (madame Proust ou la mère de S. Freud), la mère d’un fils dans la culture arabe, la reine-mère en Occident). Ces femmes ont acquis un pouvoir qui leur permet d’imposer leurs décisions bien mieux qu’un homme, comme de choisir elles mêmes l’épouse de leur fils (Haifaa Al-Mansour, film Wadja, 2012).

Car le pouvoir appelle toujours un contre-pouvoir (Bourdieu, 1985). Il n’y a pas de domination naturelle dans le monde des être humains. La spécificité des êtres humains est d’être uniques et non réductible à un comportement d’espèce et de genre. La liberté du choix d’agir, de penser et de s’exprimer est ce qui différencie radicalement les animaux des hommes. La nature humaine est d’entraide, non de domination. Fragile, avec comme arme de défense que son cerveau, l’être humain doit pouvoir compter sur ses semblables pour survivre. Et le plus fragile, le plus petit ou le plus handicapé peut être aussi le plus intelligent. Lorsque les ressources ne manquent pas, cette collaboration peut se mettre en place et la société s’organisera autour de l’échange, du partage et du vivre ensemble. La domination masculine ne date que du néolithique. Il semblerait que les âges de la Grande Chasse du paléolithique aient vu se développer pendant presque 20 000 ans, une société humaine bien plus égalitaire et collaborative (Falabrègues, 2013).

Dans un contexte de pénurie, que ce soit en ressources ou en partenaire, la compétition se met en place et la société, en organisant les rapports entre les être humains va imposer des hiérarchies et des rôles sociaux et de genre. Mais on voit bien, en observant la diversité des cultures que ces rôles n’ont rien de « naturels ». Ils ne sont pas inhérents à la nature humaine mais construits pour répondre à un objectif social déterminé : être plus fort pour s’attribuer la plus grosse part de ressources.

Il en est de même pour les hommes et les femmes. Parfois ce sont les hommes qui dominent, parfois ce sont les femmes. L’existence même de sociétés matriarcales prouve que la domination masculine n’a rien de « naturel ». C’est un choix social.

La domination est toujours une construction sociale imposée par les circonstances qui ont obligé les catégories dominées à accepter le pouvoir des dominants contre sa protection ou un autre avantage. Pour autant, les dominés vont développer un contre-pouvoir occulte, masqué et chercher à renverser la domination qui leur est imposée.

Dans les sociétés patriarcales des premiers villages, les femmes vont ainsi, et au fil des siècles, développer des contre-pouvoirs : la séduction de la jeune fille, la puissance de la mère castratrice, et peu à peu, vont exclure les hommes de la parentalité comme incompétents avec les enfants. La « mâle peur » devant la sexualité féminine (interdite pour rassurer les hommes), les sorcières des contes populaires, les blagues sur les belles mères autoritaires et les blondes stupides sont des transcriptions de cette puissance occulte.

D’autres femmes se sont simplement affirmées libres, intelligentes et puissantes et ont pu s’imposer dans un monde d’homme sans renoncer à leur propre féminité. Artémisia a été la première femme peintre de l’Académie de Florence, a eu un mari, des amants et des enfants et recevait de grosses commandes pour faire marcher son atelier. Se sentir puissante est le meilleur moyen d’être reconnue comme telle. La puissance n’est pas le pouvoir. Elle suppose la liberté et permet la rencontre d’une autre puissance pour la création d’un couple égalitaire (Pinkola Estes, 1996).

Accepter la domination des hommes comme un fait naturel revient à s’y soumettre. Lutter contre la discrimination des femmes au travail, c’est exiger un salaire égal à celui des hommes pour un même travail comme une évidence, c’est se savoir forte et renoncer à se plaindre et à accuser les hommes. Tout le monde n’en est pas capable. Tout le monde n’en a pas envie.

Parce que, justement, chacun est différent et la multiplicité des désirs, des besoins et des personnalités font que certains (hommes ou femmes) peuvent avoir envie de diriger, d’autres (hommes ou femmes) de s’occuper de son foyer, d’autre encore (hommes ou femmes) de se bâtir une vie harmonieuse entre travail et enfants. La frontière des rôles sociaux n’est pas entre les genres mais entre les individus. Les femmes peuvent être mères, mais les hommes peuvent être pères. Les femmes peuvent être chefs et les hommes aussi.

La fin des discriminations permettrait à chacun de choisir sa vie en fonction de ses désirs spécifiques et non en fonction de stéréotypes erronés qui imposent au sujet les rôles (ou contre rôles)  de son genre, de son ethnie, de sa religion ou toute autre catégorie.

A la discrimination des femmes au travail répond la discrimination des hommes dans leur fonction paternelle. Elle crée frustration et agressivité là où devrait s’organiser une collaboration sereine. Remplacer la domination par une autre n’a aucun sens. L’égalité s’est accepter chacun pour ce qu’il est, quel que soit son sexe et bâtir ensemble une société équilibrée, naturelle.

 

 

 

 

Révolution économique et technique: vers l’indépendance

Ce matin, j’ai écouté la radio publique France Culture, qui, nonobstant son statut de radio non privée, nous procure encore de bons moment de radio et des émissions intelligentes.

Donc, me voilà, pendant que je faisais cuire mes spaghettis et que je cuisinais ma sauce tomate, à écouter un certain Patrick Viveret remettre un peu les pendules à l’heure.

Le néolibéralisme, issu de l’école d’économie de Chicago (avec le sinistre Milton Friedman), a été mis en place en Occident grâce à Reagan et Thatcher (et Pinochet leur grand précurseur). Il est devenu La référence obligatoire et incontournable par la voie magique de la globalisation et les possibilités d’internet, et la chute de l’URSS comme alternative. Imposé peu ou prou dans le monde entier comme LA seule voie possible, scientifiquement prouvée, de la conduite des sociétés, le libéralisme, donc (néo ou pas néo), a poussé les Etats et les gens à s’endetter lourdement, en particulier dans l’immobilier (pour les gens), faisant ainsi le joie et la fortune de tous les spéculateurs.

L’argent n’a plus aujourd’hui une valeur rapportée à la réalité d’une richesse réelle mais devient un électron libre, immatériel, sans contrepartie matérielle ni raisonnable, un simple vecteur de spéculation. On n’investit plus pour produire, pour améliorer la société, lui rendre un service, mais on investit pour faire de l’argent (ce n’est d’ailleurs plus un investissement), et tant qu’à faire on « investit » avec de l’argent que l’on n’a pas, que l’on emprunte. Sauf que les riches se débrouillent pour ne jamais rembourser réellement, alors que les pauvres, si.

La monnaie n’est plus un moyen (de réguler les échanges et de construire une société) mais une fin en soi (elle se suffit à elle même, dans un narcissisme destructeur). Toutes les valeurs sociales devant donc lui être soumises, l’argent devient la référence unique et totalitaire sur le monde. Si cela rapporte de l’argent, c’est Bien, sinon, c’est Mal, ou à la rigueur inutile, sans valeur.

Une des conséquences de cette manière de penser l’argent est un cercle vicieux qui appauvrit les moins riches, devenus totalement prisonniers des dettes qu’ils ont contractés, et enrichit au delà de toute limites leurs créanciers. On entre dans la dépendance.

  • D’une part parce que ces dettes génèrent des intérêts
  • D’autre part parce que ces dettes déraisonnables obligent ceux qui doivent rembourser à accepter tout et n’importe quoi pour pouvoir rembourser: un travail à n’importe quel prix, une vente à perte, la soumission à des modes d’organisation du travail qui bafoue totalement leur vie privée et leur santé…
  • Enfin, parce que, pour s’évader de cette soumission, pour arriver à penser malgré tout cette subversion dangereuse, les gens en arrivent à développer des réflexes de défense (phénomène de gestion de la dissonance cognitive et de le frustration) comme la fuite dans les plaisirs immédiats, la consommation, l’addiction… ou la dépression et le repli sur soi ( passif ou agressif).

Cette réaction de défense favorise le système car cela renforce la dépendance financière en la doublant d’une nouvelle dépendance, aux objets techniques, de consommation, de prestige ou de sécurité (d’ailleurs factice…) ou aux médicaments, drogues, alcool, cigarettes, sexe… Addicts, les « gens » soumis volontaires, vont porter leurs désirs sur ce qui est à acheter et font ainsi tourner le système.

Pour cela ceux qui sont aux commandes pervertissent les mots pour leurs donner un sens marketing et rentable sous leur façade de valeur neutre.

On voit bien l’usage qui est fait par les publicitaires des mots qui nous attirent  comme Liberté, Sens de la vie, Amour, Tendresse, Fraternité, Créativité…

La Liberté n’est là que pour vendre une voiture…

la Fraternité pour vendre un cola…

L’amour pour vendre un parfum…

Or, ce qui est proposé ne nous donnera jamais accès à ces valeurs. On le sait, mais on n’ose pas l’exprimer tout haut. On fait semblant d’y croire, pour rester en reliance avec les autres qui semblent eux aussi y croire. Etre en lien avec les autres est un besoin grégaire de survie.

J’aimerai que de plus en plus de gens osent l’indépendance.

Posent des actes de vie, des choix conscients vers la Liberté et simplement, laissent ces fausses offres alléchantes là où elles sont.

On peut encore refuser d’acheter la voiture, le cola ou le parfum. Et découvrir d’autres manières de bien vivre.

C’est un peu mon propos en ce moment.

Devenir libre, indépendante, renoncer en conscience à l’inutile, m’alléger et me sécuriser.

M’organiser autour de mes vrais besoins et non autour des diktats sociaux. Ai-je tant besoin que ça d’une nouvelle voiture? du dernier gadget technologique, des nano techniques, du dernier i-phone, de remplir mon placard de vêtements que je ne porte pas (il y en a trop, mais c’était des promos, 3 pour le prix de 2), de barquettes toutes faites pas bonnes, de crèmes hydra-lissantes aux molécules rajeunissantes, de pilules…?

Je préfère connaître celui qui fait pousser mes carottes ou mes cerises, voir mon steak batifoler dans une prairie, utiliser de l’énergie propre (quitte à me limiter un peu devant mon écran et aller me balader), mettre une crème toute simple sur ma peau et accepter quelques rides, boire un bon vin bio, cueillir un bouquet de fleur et faire mon métier avec passion pour un prix correct. Je préfère rire à un antidépresseur et lire un livre la nuit plutôt que de prendre un somnifère. Je préfère partager mon pain avec un autre et avoir des amis que d’avoir 3 miches de pain qui sèchent à la maison… Et parfois, je me demande si je ne devrais pas aussi préférer écrire une belle lettre plutôt d’envoyer un bête SMS…

Parce que la crise à venir va de toute façon bientôt nous priver de nos joujoux addictifs.

On danse au dessus du volcan en croyant à une société de croissance, du toujours plus.

Je préfère aller danser ailleurs…

En tout cas mes spaghettis étaient très bons… Pour une fois…

Je m’améliore…

 

lettre ouverte aux salariés de Radio France

Chers professionnels de la radio

Je suis désolée de voir que cette grève qui vous a coûté tant d’efforts est en train de sombrer sous les coups des mensonges « politiquement et managérialement corrects » du gouvernement et du médiateur.
Il ne suffit pas d’écouter ou de sourire devant une caméra pour régler un problème.
A mon sens, vous êtes en face d’un « enfumage de premier ordre » avec des fausses solutions obtenues grâce à un faux dialogue.
Pourquoi ?
D’abord parce que les vrais problèmes de Radio France ne sont pas évoqués:
  • Comment assumer un service public de qualité, et évoluer techniquement pour en tirer le meilleur, avec des moyens régulièrement à la baisse?   Faire plus (CSA) avec moins (gouvernement) ? Donc on fait moins bien, on fait mal avec ce qu’on peut… Embarrassé, en plus, avec des « experts », des « consultants » de tous poils, embauchés à prix d’or ou facturant leurs interventions très cher, alors qu’ils ne connaissent pas les métiers de la radiodiffusion, mais simplement des techniques (de com, de gestion, etc… des techniques à la mode et présentées comme universelles donc scientifiques, en fait, totalement inopérantes car bien loin de la réalité). On juge l’arbre à ses fruits…
  • Comment rationaliser le budget de manière intelligente et sans détruire votre outil de travail?
  • Comment protéger la santé et la sécurité des salariés de cette entreprise et éviter les drames à répétitions ? L’orthodoxie économique libérale exige t’elle que les gens meurent (physiquement ou psychiquement) ? Et comment ne pas mourir lorsque, par manque de moyens (utilisés ailleurs dans des rénovations somptuaires et les salaires de managers incompétents) et de reconnaissance minimales (y compris de soi même), on ne peut pas faire son métier correctement? Comment rester en bonne santé lorsque l’on ne se reconnait plus dans le miroir, le matin, en tant que bon professionnel ? Comment faire son travail correctement quand on est en sous effectif chronique et en permanence sur la brèche, obligé de faire n’importe quoi en urgence ?
  • Comment faire évoluer les métiers pour offrir le meilleur aux auditeurs grâce aux avancées technologiques ? au lieu de les détruire en prenant comme prétexte ces mêmes avancées ?
Les fameux experts en com’, en RPS, en médiation, en gestion etc… ont tous le même discours, comme un remugle mal digéré des dernières tendances de la mode des « intervenants en RH » (coachs, psychologues du travail, consultants, etc.) aux compétences floues mais présentées comme totalement effectives.
Pour eux, « le stress et la colère ne sont pas des réactions raisonnables à une situation irraisonnable, mais l’indice d’une déficience de l’individu, d’un blocage de sa part » (citation du livre de M. Crawford, Eloge du carburateur, essai sur le sens et la valeur du travail. éditions La découverte je recommande). Cet individu qui n’a rien compris, il faut le « repérer » grâce aux « indicateurs » (tel le maillon faible) et le « former » pour qu’il puisse « s’adapter » (se soumettre).
C’est pour cela qu’il faut lui expliquer calmement avec des mots simples (le salarié est, de base, un peu con) pour qu’il comprenne qu’il n’a pas le choix (« com-mu-niquer, disent-ils…) et que c’est absolument nécessaire puisque des experts sans lien avec la réalité du terrain mais des titres ronflants l’ont affirmé. C’est la Loi économique qui se substitue à la Loi tout court (ensemble de règles pour vivre en société).
En fait, La plupart de ces experts pérorent sur le devant de la scène et dans les médias avec un discours creux et flou, qui ne dit rien et bloque toute possibilité de réplique. (ex: extrait des préconisations du rapport Vacquin et Technologia  pour France Télévisions: « promouvoir une politique de développement RH tournée vers l’accompagnement des équipes et l’anticipation des écoutions métiers qui présuppose une dimension prospective ». Ca c’est le titre, il n’y a rien de plus concret dans le développement. Avec qui? comment? dans quel sens ? des yaka, fokon vagues…). Il s’agit de cacher les vrais enjeux, les vraies priorité pas forcément avouables derrière un rideau de fumée.
« La normalité supposée de la nouvelle situation échappe pour sa part à toute critique rationnelle…« 
(ex: M. Gallet a dépensé plein d’argent pour des âneries ou pour donner des postes à des copains, ce qui a déstabilisé le budget déjà fragilisé par l’Etat qui n’assume pas sa charge de fournir à RF les moyens corrects pour qu’elle puisse remplir correctement son Service public. D’ailleurs, depuis quand le Service public (donner de la qualité à tous) est forcément une activité rentable ??? l’enseignement public est rentable ? Les demandes du CSA sont elles raisonnables compte tenus des moyens alloués, etc.)
« … car le changement » (décidé par ceux qui se sont accaparés le savoir grâce à leur pouvoir relationnel et économique) « est une force naturelle, semblable au métabolisme du corps humain. (…) Une analogie qui laisse entendre que quand votre travail change en pire, ce n’est pas dû à des décisions prises par tel ou tel individu, mais aux lois inexorables de la nature. L’idée même de responsabilité se dissipe ainsi sous nos yeux » (op cit).
Ce que l’on veut vous imposer avec le médiateur comme lubrifiant, c’est la même recette qu’à France Télévisions. Ce qui s’est traduit, pour eux, comme résultat: une grave dégradation du service public, de la qualité des émissions, de la santé des salariés (avec une bonne dizaine de suicides depuis 2010).
  • Ne baissez pas les bras et restez vigilants face aux « bonnes paroles » lénifiantes qui ne sont là que pour vous déstabiliser, face aux tours de passe passe rhétoriques, face aux propositions parfois contradictoires dans un art de sophiste roué, face à cette manière de parler pour ne rien dire et de dévier la discussion loin de la responsabilité des actes (ou non actes) des vrais responsables. Une responsabilité qu’ils ne peuvent assumer car elle pourrait nuire à la carrière de ses messieurs.
  • Restez ancrés sur vos vrais problèmes sans vous laisser amener sur le terrain où ils veulent vous amener (ex: les économies à faire, or la responsabilité du déficit n’est pas du fait des salariés mais de l’Etat et de la direction qui ont fait des mauvais choix et arbitrages).
  • Ne croyez rien qui ne soit concret et applicable concrètement dans les faits (pas le blabla des communicants) etc…
  •  Réclamez une organisation du travail plus respectueuse des métiers et de la santé des salariés (car c’est une obligation légale), des mesures concrètes, précises, pragmatiques. Proposez de vraies contre-propositions élaborés par des gens de chaque métier, par vous, au lieu de valider celles des cabinets d’experts qui ne connaissent pas votre boulot.

Ne baissez pas les bras mais trouvez d’autres formes de lutte pour continuer le combat qui consiste à vous faire respecter.

La grève n’est pas forcément le meilleur outil aujourd’hui, car elle permet à l’autre camp de vous diviser, de durcir le discours dans des caricatures, de dévier les problèmes en négociant des privilèges pour quelques uns, et donc de vous fragiliser. Elle donne de vous une mauvaise image à l’opinion publique privée de ses émissions, alors qu’ils devraient massivement vous soutenir.

Enfin, moi ce que j’en dis…

 

Solitude

Il n’y a personne pour partager ma douleur

Les bien intentionnés donnent des recettes

les yaka, les tudevrais, les tunaka son légions

mais personne ne cherche à être simplement avec moi.

Prendre un peu de ma peine pour soulager mon dos

pour soulager ma tête

et m’aider à respirer.

Pour m’arrêter dans cette chute libre vers les enfers

Une main amie qui se tend, qui est simplement là

Dans le silence de la compassion, de l’amitié, de l’amour.

Dans le silence.

Pas de conseils, pas de jugement.

Etre là, simplement. Être pour m’aider à être et non pas à faire.

Non pas pour me dire ce que je devrais faire si j’étais eux.

J’ai trop mal pour agir

J’ai trop mal pour  vivre

Je ne sens plus rien

J’ai besoin que quelqu’un me porte pour me dire que je suis vivante, réelle,

que j’ai une place,  ne serait-ce que dans un coeur, un seul coeur

Même si le monde me rejette et me foule au pied

J’aurais un refuge: le coeur d’un autre qui me prend contre lui…

Et non… il n’y a personne…

Le vide…

l’absence…

les larmes ignorées

et que je vais ravaler pour faire bonne figure.

Quel sens a tout cela ? Absurde.

Sagesse amérindienne

(extrait du livre de Dhyani Ywahoo)

  1. « Ne dis que la vérité.
  2. Ne parle que des bonnes qualités des autres.
  3. Sois un confident et ne répands aucune rumeur.
  4. Ecarte le voile de la colère pour libérer la beauté intérieure de chacun.
  5. Ne gaspille pas ce qui t’est donné, et tu ne seras pas dans le besoin.
  6. Honore la lumière en chacun. Ne fais pas de comparaisons: considère chaque chose pour ce qu’elle est.
  7. Respecte toute vie; dégage ton coeur de l’ignorance.
  8. Ne tue pas et ne nourris pas de pensées coléreuses qui tuent la paix comme une flèche.
  9. Agis maintenant; si tu vois ce qu’il faut faire, fais le. »

Et je pourrais ajouter:

Ne cherche pas à être quelqu’un. Sois, tout simplement.

Chacun est parfait tel qu’il est, avec tous ses défauts qui ne sont que la face sombre de ses qualités.

Accepter d’autre parce qu’il est lui, autre que soi, différent et donc enrichissant, et non parce qu’il correspond à soi, à l’image miroir que l’on voudrait avoir de soi, à ce qu’on voudrait qu’il soit pour nous plaire, nous correspondre, être même que soi…

Vouloir réduire l’autre à ce que l’on voudrait être soi, est destructeur pour chacun.

S’émerveiller de l’autre tel qu’il est, s’émerveiller de soi tel que nous sommes, est la voie juste d’une relation humaine.

Ma vie rêvée

Elle (là c’est de moi que je parle. Au futur. Bon, ça c’est ok ?) monte les escaliers de cet immeuble cossu de Paris.

Cela sent l’encaustique que madame Michu, la concierge transexuelle qui a remplacé madame Ramirez il y a 3 ans et qui ressemble bien plus au cliché habituel de la concierge parisienne, avec ses chaussons défraîchis, son tablier à large poche ventrale sur sa robe à fleur enlaçant un embonpoint qui signe une légère propension à abuser des douceurs et sucreries, que la fine et élégante madame Ramirez, partie sous d’autres cieux, son doctorat de linguistique en poche, Bref, donc, cela sent l’encaustique que madame Michu  s’applique à mettre sur la rampe et autres parties boisées « pour que tout brille ».

L ‘épais tapis sur lequel s’épanouit des arabesques rouges et mordorées comme un bouquet de fleurs d’automne  étouffe le bruit de ses talons et amortit ses pas. Aujourd’hui, elle ne prend pas le vieil ascenceur en forme d’entrée de métro, elle monte chez elle à pied. Elle prend plaisir à se sentir chez elle dans ce bel escalier lumineux et calme qui contraste agréablement avec les bruits de la ville.

Un grand panier autour de son avant bras nu (elle revient du marché), quelques tiges d’arum enveloppées d’un bruissant papier brun à la main, elle grimpe, comme une jeune fille vers son appartement.

La clé. La porte s’ouvre. L’entrée. Elle pose son cabas sur le plancher, file mettre les fleurs dans un vase dans la cuisine, dispose le bouquet sur sa cheminée et balançant ses chaussures d’un léger coup de pied sur le tapis, elle se love dans le grand canapé d’angle qui lui fait face pour commencer le livre qu’elle a trouvé tout à l’heure à la librairie du coin (une des rares qui résistent encore à la grande distribution amazonniesque).

Un thé délicat dans un mug coloré viendra compléter le tableau.

Il fait clair, de grands pans de ciel bleu (oui, il y a du ciel bleu à Paris) éclabousse la fenêtre, et des toits gris ponctués de cheminées en brique laissent imaginer mille et une histoires sous leurs pentes douces.

Elle sourit. Tout à l’heure, elle ira à son cabinet, écouter des histoires de vies, tristes, dures, tendres, drôles, avec toutes les palettes de l’humanité dedans. Tout à l’heure, elle se mettra à son bureau pour écrire d’une jolie plume des histoires gaies, tristes, émouvantes, pleines de vie et d’humour. Tout à l’heure, elle fera un gâteau au chocolat pour parfumer la maison et un plein panier de frites parce que c’est ce que préfèrent ses enfants…

Elle sourit, pense à ces papiers plein d’embrouilles et à ces difficultés qui font que la vie est ce qu’elle est, et se dit que bah! ce n’est pas si grave.

Elle est en vie. C’est l’essentiel.

En fermant les yeux, elle pense à ce grand mec qui lui avait dit, deux jours avant de mourir, « Tu sais, il faut profiter de chaque jour comme un cadeau. Le reste, n’y pense pas. De toute façon, tu n’y peux rien. » Quel beau cadeau il lui avait fait. Elle sourit et lui envoie, où qu’il soit, une douce pensée, pleine de rires et de tendresse.

Elle sourit et pense à cet autre homme qui hante son ceour mais qui n’est pas à ses côtés. Elle ne l’oublie pas.
Elle sourit et accueille celui qui partage sa vie, ses éclats de rires et ses colères, sa cuisine et sa salle de bain. Un homme bien.

Elle a de la chance.

Ce qui est sympa chez les philosophes, c’est qu’il pensent…

Bon, OK, pas tous et pas toujours. Mais dans notre monde de la rapidité, du prêt à consommer et du prêt à penser, c’est assez rafraichissant.

La pensée n’est pas un truc rentable. Cela prend du temps, cela n’est pas scientifique et cela risque de bousculer l’ordre établi. Ouhhh vilaine ! La pensée, dans notre monde organisé selon les plans binaires de la rationalité scientifique (mesurable et reproductible, vrai/faux, bon/mauvais) est trop libre pour avoir droit de cité. seul l’expert qui sait, qui s’appuie sur des preuves « scientifiques » donc irréfutables car appuyées sur des protocoles et des batteries de chiffres et de calculs compliqués, a le droit de s’exprimer. Il tient sa légitimité du nombre. Il a raison.

Ce qui est grand dans la science, c’est que cela nous dit la Vérité. Que cette vérité nous aide à vivre et à conduire notre avenir, ou pas, franchement, là n’est pas la question… C’est important parce que seule la science avance pour dire la Vérité.

J’ai écouté une émission à la radio qui parlait d’une expérience « scientifique » avec des moyens, du temps et des tas de scientifiques, reprise par d’autres scientifiques avec du temps et des moyens, pour mettre en évidence que les chiens battent la queue à droite s’ils sont contents et à gauche s’ils sont pas contents. (ou l’inverse, je ne sais plus trop). C’est en effet fondamental pour l’humanité de savoir cela. Un grand pas est fait pour nous tous, en ces temps de risques écologiques majeurs, de misère et de guerre pour la moitié de la population mondiale  ! Essentiel que dis-je, prioritaire…

Du coup, j’ai regardé ma chienne avec un autre oeil.

Et là, j’ai été très désapointée.

Des gens très savants dépensent de l’énergie, du temps et de l’argent à étudier les battements de la queue des chiens, et ma chienne n’en tient manifestement pas compte ! A quoi ca sert qu’ils se décarcassent et que la science nous illumine de son savoir ??? hein ???

Elle bat de la queue soit symétriquement, soit n’importe comment.

Un instant je me suis demandée si elle n’était pas un extraterrestre déguisée comme dans Men in Black, et que j’allais bientôt avoir un reptile gluant et pas ragoutant dans mon salon (Dieu merci elle est castrée, je n’aurais pas de petits !).

 Ou bien elle ne fait aucun effort… Franchement !

Alors, j’ai changé de station à la recherche d’un philosophe. J’avais envie d’entendre quelqu’un penser. pour faire rebondir mes idées sur les siennes, pour le seul plaisir de jouer et de regarder en souriant l’éclosion de nouvelles idées comme on regarde des bulles dans le champagne.

Des idées pas « scientifiques », pas prouvées, pas plus légitime que de la légitimité d’être nées dans un cerveau humain, libres d’inventer de créer la réalité pour réenchanter le monde !

D’imaginer d’autres possibles que la simple répétition de ce qui est enfermé dans des lignes de chiffres, mesuré et stérilisé, redite du passé solidifié dans des études d’ experts.

 

 

Ode à la vie

une tourterelle s’est posée dans le jardin…

Combien de temps nous reste t’il à vivre ? 30 ans? 2 jours? Nous ne pouvons que poser des conjectures vaines.

La vie est si fragile. Si belle aussi de cette fragilité. La goûter telle qu’elle est et apprécier chaque instant, non pas parce qu’il est bon ou mauvais mais parce que le fait même de pouvoir l’apprécier veut dire que nous avons la chance d’être vivants, simplement.

La mort est l’aboutissement de la vie. Basculement vers l’étrange et l’inconnu. Passer à une vie à une autre. Vivre autrement, sans corps, sans nos repère habituels. Mais la mort n’est pas la non-vie. C’est une idée insupportable.

La mort fait partie de la vie même. C’est une autre manière de vivre… Même si je me trompe et que le mort est l’anéantissement, qu’est ce que je risque à croire le contraire ? Rien si ce n’est de pouvoir profiter de la vie qui s’offre, sans crainte.

C’est plus confortable…

Et j’avoue que je préfère vivre dans ce confort là que dans l’angoisse…

Alors le choix est vite fait…

Vivre intensément ce que la vie nous offre, sans réclamer plus, sans le négliger en ne s’y autorisant pas, en reculant le « vivre » à plus tard…

La tourterelle s’est envolée. Elle était belle sur le ciel bleu si pur de ma Provence…

12345...27

Commentaires récents

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne
  • Album : New york
    <b>rue1.jpg</b> <br />
Rejoignez Viadeo, le réseau social professionnel choisi par Agnès Falabrègues et plus de 40 millions de professionnels

Laisse moi mettre des poème... |
Le Dragon de la Rivière |
Tisseurs de Mondes |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Nothing to Say
| Au delà des apparences...
| Les Aixclats du coeur