Attention, une discrimination peut en cacher une autre !

Les femmes de pouvoir posent un vrai défi. En effet, elles contreviennent aux stéréotypes les plus communément admis des femmes discriminées et renvoyées aux fonctions subalternes, si ce n’est pas simplement à leurs fourneaux et bébés. En même temps, ayant traversé le fameux plafond de verre, les femmes de pouvoir devraient sereinement profiter de leur position chèrement acquise et même permettre aux autres femmes d’accéder également à des fonctions valorisantes.

Or, il n’en est rien. L’idée très répandue dans la littérature scientifique féministe qu’une société régie par les femmes serait bienveillante obéit également à un stéréotype : celui de la femme douce, bienveillante et dévouée.

Or, il apparaît qu’être une femme de pouvoir, ce n’est certainement pas mener une vie sereine et la discrimination continue  à être active, mais d’une autre manière. Parfois, souvent même ce sont les femmes elles mêmes qui discriminent d’autres femmes.

Les femmes ont le choix : soit reprendre les stéréotypes masculins les plus machos et se comporter comme un homme, soit se retrouver à devoir prouver en permanence leur valeur en en faisant toujours plus, en ne s’autorisant aucune erreur ou faiblesse (la perfection est leur seul objectif), tellement dévouées à leur travail qu’elles doivent renoncer à une vie privée « normale » et en particulier à vivre pleinement leur maternité.

Face à un tel « choix » imposé par une société phallo-centrée, les femmes qui réussissent sont celles qui, d’une manière ou d’une autre, obéissent à l’image du pouvoir comme une fonction agressive et violente. Elles en « imposent » tout autant que les autres. Parfois mêmes elles en imposent plus car elles doivent prouver leurs capacités au commandement, parce qu’elles sont femmes, là où un homme n’aurait rien à prouver. Elles doivent également renoncer à être aimées et à avoir des enfants (ou du moins à les élever). Les premières femmes à occuper des postes importants (professeurs, médecins…) étaient célibataires sans enfants (1920-1930) et légèrement suspectes.

 

En fait, lorsqu’on va rechercher l’origine de la construction sociale des stéréotypes de genre qui sous-tendent les discriminations des femmes, on tombe sur l’idée d’une « nature » féminine au rôle social bien définis.

La femme est épouse et mère. C’est à dire belle (pour être choisie par un mari), physiquement fragile (pour ne pas pouvoir se révolter) et donc dépendante de la force physique des hommes, serviable et douce pour soigner et prendre soin de sa famille, intuitive (car plus proche de la nature qu’elle subit tous les mois ou qu’elle porte pendant 9 mois), relationnelle (elle parle, elle n’agit pas), et n’aime pas la violence (elle a moins de testostérone qui rend agressif) et… un peu moins intelligentes. Ainsi, la femme reste fatalement dominée, ne pouvant opposer qu’un discours de conciliation et de pacification à la violence des hommes.

Or, l’histoire et les mythes (qui retranscrivent les fantasmes sociaux) nous montre des femmes très différentes. Des femmes violentes (Médée), puissantes (Catherine de Russie, Élisabeth Ière d’Angleterre), indépendantes et libres (Artemisia Gentileschi), solides et combatives (Jeanne d’Arc), cassantes et autoritaires (Mme Thatcher)…

Dans les pays mêmes où les femmes sont les plus opprimées par la culture, on trouve des maîtresses femmes que les hommes respectent et dont ils ont peur (la Mama italienne, la Mère juive (madame Proust ou la mère de S. Freud), la mère d’un fils dans la culture arabe, la reine-mère en Occident). Ces femmes ont acquis un pouvoir qui leur permet d’imposer leurs décisions bien mieux qu’un homme, comme de choisir elles mêmes l’épouse de leur fils (Haifaa Al-Mansour, film Wadja, 2012).

Car le pouvoir appelle toujours un contre-pouvoir (Bourdieu, 1985). Il n’y a pas de domination naturelle dans le monde des être humains. La spécificité des êtres humains est d’être uniques et non réductible à un comportement d’espèce et de genre. La liberté du choix d’agir, de penser et de s’exprimer est ce qui différencie radicalement les animaux des hommes. La nature humaine est d’entraide, non de domination. Fragile, avec comme arme de défense que son cerveau, l’être humain doit pouvoir compter sur ses semblables pour survivre. Et le plus fragile, le plus petit ou le plus handicapé peut être aussi le plus intelligent. Lorsque les ressources ne manquent pas, cette collaboration peut se mettre en place et la société s’organisera autour de l’échange, du partage et du vivre ensemble. La domination masculine ne date que du néolithique. Il semblerait que les âges de la Grande Chasse du paléolithique aient vu se développer pendant presque 20 000 ans, une société humaine bien plus égalitaire et collaborative (Falabrègues, 2013).

Dans un contexte de pénurie, que ce soit en ressources ou en partenaire, la compétition se met en place et la société, en organisant les rapports entre les être humains va imposer des hiérarchies et des rôles sociaux et de genre. Mais on voit bien, en observant la diversité des cultures que ces rôles n’ont rien de « naturels ». Ils ne sont pas inhérents à la nature humaine mais construits pour répondre à un objectif social déterminé : être plus fort pour s’attribuer la plus grosse part de ressources.

Il en est de même pour les hommes et les femmes. Parfois ce sont les hommes qui dominent, parfois ce sont les femmes. L’existence même de sociétés matriarcales prouve que la domination masculine n’a rien de « naturel ». C’est un choix social.

La domination est toujours une construction sociale imposée par les circonstances qui ont obligé les catégories dominées à accepter le pouvoir des dominants contre sa protection ou un autre avantage. Pour autant, les dominés vont développer un contre-pouvoir occulte, masqué et chercher à renverser la domination qui leur est imposée.

Dans les sociétés patriarcales des premiers villages, les femmes vont ainsi, et au fil des siècles, développer des contre-pouvoirs : la séduction de la jeune fille, la puissance de la mère castratrice, et peu à peu, vont exclure les hommes de la parentalité comme incompétents avec les enfants. La « mâle peur » devant la sexualité féminine (interdite pour rassurer les hommes), les sorcières des contes populaires, les blagues sur les belles mères autoritaires et les blondes stupides sont des transcriptions de cette puissance occulte.

D’autres femmes se sont simplement affirmées libres, intelligentes et puissantes et ont pu s’imposer dans un monde d’homme sans renoncer à leur propre féminité. Artémisia a été la première femme peintre de l’Académie de Florence, a eu un mari, des amants et des enfants et recevait de grosses commandes pour faire marcher son atelier. Se sentir puissante est le meilleur moyen d’être reconnue comme telle. La puissance n’est pas le pouvoir. Elle suppose la liberté et permet la rencontre d’une autre puissance pour la création d’un couple égalitaire (Pinkola Estes, 1996).

Accepter la domination des hommes comme un fait naturel revient à s’y soumettre. Lutter contre la discrimination des femmes au travail, c’est exiger un salaire égal à celui des hommes pour un même travail comme une évidence, c’est se savoir forte et renoncer à se plaindre et à accuser les hommes. Tout le monde n’en est pas capable. Tout le monde n’en a pas envie.

Parce que, justement, chacun est différent et la multiplicité des désirs, des besoins et des personnalités font que certains (hommes ou femmes) peuvent avoir envie de diriger, d’autres (hommes ou femmes) de s’occuper de son foyer, d’autre encore (hommes ou femmes) de se bâtir une vie harmonieuse entre travail et enfants. La frontière des rôles sociaux n’est pas entre les genres mais entre les individus. Les femmes peuvent être mères, mais les hommes peuvent être pères. Les femmes peuvent être chefs et les hommes aussi.

La fin des discriminations permettrait à chacun de choisir sa vie en fonction de ses désirs spécifiques et non en fonction de stéréotypes erronés qui imposent au sujet les rôles (ou contre rôles)  de son genre, de son ethnie, de sa religion ou toute autre catégorie.

A la discrimination des femmes au travail répond la discrimination des hommes dans leur fonction paternelle. Elle crée frustration et agressivité là où devrait s’organiser une collaboration sereine. Remplacer la domination par une autre n’a aucun sens. L’égalité s’est accepter chacun pour ce qu’il est, quel que soit son sexe et bâtir ensemble une société équilibrée, naturelle.

 

 

 

 

Révolution économique et technique: vers l’indépendance

Ce matin, j’ai écouté la radio publique France Culture, qui, nonobstant son statut de radio non privée, nous procure encore de bons moment de radio et des émissions intelligentes.

Donc, me voilà, pendant que je faisais cuire mes spaghettis et que je cuisinais ma sauce tomate, à écouter un certain Patrick Viveret remettre un peu les pendules à l’heure.

Le néolibéralisme, issu de l’école d’économie de Chicago (avec le sinistre Milton Friedman), a été mis en place en Occident grâce à Reagan et Thatcher (et Pinochet leur grand précurseur). Il est devenu La référence obligatoire et incontournable par la voie magique de la globalisation et les possibilités d’internet, et la chute de l’URSS comme alternative. Imposé peu ou prou dans le monde entier comme LA seule voie possible, scientifiquement prouvée, de la conduite des sociétés, le libéralisme, donc (néo ou pas néo), a poussé les Etats et les gens à s’endetter lourdement, en particulier dans l’immobilier (pour les gens), faisant ainsi le joie et la fortune de tous les spéculateurs.

L’argent n’a plus aujourd’hui une valeur rapportée à la réalité d’une richesse réelle mais devient un électron libre, immatériel, sans contrepartie matérielle ni raisonnable, un simple vecteur de spéculation. On n’investit plus pour produire, pour améliorer la société, lui rendre un service, mais on investit pour faire de l’argent (ce n’est d’ailleurs plus un investissement), et tant qu’à faire on « investit » avec de l’argent que l’on n’a pas, que l’on emprunte. Sauf que les riches se débrouillent pour ne jamais rembourser réellement, alors que les pauvres, si.

La monnaie n’est plus un moyen (de réguler les échanges et de construire une société) mais une fin en soi (elle se suffit à elle même, dans un narcissisme destructeur). Toutes les valeurs sociales devant donc lui être soumises, l’argent devient la référence unique et totalitaire sur le monde. Si cela rapporte de l’argent, c’est Bien, sinon, c’est Mal, ou à la rigueur inutile, sans valeur.

Une des conséquences de cette manière de penser l’argent est un cercle vicieux qui appauvrit les moins riches, devenus totalement prisonniers des dettes qu’ils ont contractés, et enrichit au delà de toute limites leurs créanciers. On entre dans la dépendance.

  • D’une part parce que ces dettes génèrent des intérêts
  • D’autre part parce que ces dettes déraisonnables obligent ceux qui doivent rembourser à accepter tout et n’importe quoi pour pouvoir rembourser: un travail à n’importe quel prix, une vente à perte, la soumission à des modes d’organisation du travail qui bafoue totalement leur vie privée et leur santé…
  • Enfin, parce que, pour s’évader de cette soumission, pour arriver à penser malgré tout cette subversion dangereuse, les gens en arrivent à développer des réflexes de défense (phénomène de gestion de la dissonance cognitive et de le frustration) comme la fuite dans les plaisirs immédiats, la consommation, l’addiction… ou la dépression et le repli sur soi ( passif ou agressif).

Cette réaction de défense favorise le système car cela renforce la dépendance financière en la doublant d’une nouvelle dépendance, aux objets techniques, de consommation, de prestige ou de sécurité (d’ailleurs factice…) ou aux médicaments, drogues, alcool, cigarettes, sexe… Addicts, les « gens » soumis volontaires, vont porter leurs désirs sur ce qui est à acheter et font ainsi tourner le système.

Pour cela ceux qui sont aux commandes pervertissent les mots pour leurs donner un sens marketing et rentable sous leur façade de valeur neutre.

On voit bien l’usage qui est fait par les publicitaires des mots qui nous attirent  comme Liberté, Sens de la vie, Amour, Tendresse, Fraternité, Créativité…

La Liberté n’est là que pour vendre une voiture…

la Fraternité pour vendre un cola…

L’amour pour vendre un parfum…

Or, ce qui est proposé ne nous donnera jamais accès à ces valeurs. On le sait, mais on n’ose pas l’exprimer tout haut. On fait semblant d’y croire, pour rester en reliance avec les autres qui semblent eux aussi y croire. Etre en lien avec les autres est un besoin grégaire de survie.

J’aimerai que de plus en plus de gens osent l’indépendance.

Posent des actes de vie, des choix conscients vers la Liberté et simplement, laissent ces fausses offres alléchantes là où elles sont.

On peut encore refuser d’acheter la voiture, le cola ou le parfum. Et découvrir d’autres manières de bien vivre.

C’est un peu mon propos en ce moment.

Devenir libre, indépendante, renoncer en conscience à l’inutile, m’alléger et me sécuriser.

M’organiser autour de mes vrais besoins et non autour des diktats sociaux. Ai-je tant besoin que ça d’une nouvelle voiture? du dernier gadget technologique, des nano techniques, du dernier i-phone, de remplir mon placard de vêtements que je ne porte pas (il y en a trop, mais c’était des promos, 3 pour le prix de 2), de barquettes toutes faites pas bonnes, de crèmes hydra-lissantes aux molécules rajeunissantes, de pilules…?

Je préfère connaître celui qui fait pousser mes carottes ou mes cerises, voir mon steak batifoler dans une prairie, utiliser de l’énergie propre (quitte à me limiter un peu devant mon écran et aller me balader), mettre une crème toute simple sur ma peau et accepter quelques rides, boire un bon vin bio, cueillir un bouquet de fleur et faire mon métier avec passion pour un prix correct. Je préfère rire à un antidépresseur et lire un livre la nuit plutôt que de prendre un somnifère. Je préfère partager mon pain avec un autre et avoir des amis que d’avoir 3 miches de pain qui sèchent à la maison… Et parfois, je me demande si je ne devrais pas aussi préférer écrire une belle lettre plutôt d’envoyer un bête SMS…

Parce que la crise à venir va de toute façon bientôt nous priver de nos joujoux addictifs.

On danse au dessus du volcan en croyant à une société de croissance, du toujours plus.

Je préfère aller danser ailleurs…

En tout cas mes spaghettis étaient très bons… Pour une fois…

Je m’améliore…

 

lettre ouverte aux salariés de Radio France

Chers professionnels de la radio

Je suis désolée de voir que cette grève qui vous a coûté tant d’efforts est en train de sombrer sous les coups des mensonges « politiquement et managérialement corrects » du gouvernement et du médiateur.
Il ne suffit pas d’écouter ou de sourire devant une caméra pour régler un problème.
A mon sens, vous êtes en face d’un « enfumage de premier ordre » avec des fausses solutions obtenues grâce à un faux dialogue.
Pourquoi ?
D’abord parce que les vrais problèmes de Radio France ne sont pas évoqués:
  • Comment assumer un service public de qualité, et évoluer techniquement pour en tirer le meilleur, avec des moyens régulièrement à la baisse?   Faire plus (CSA) avec moins (gouvernement) ? Donc on fait moins bien, on fait mal avec ce qu’on peut… Embarrassé, en plus, avec des « experts », des « consultants » de tous poils, embauchés à prix d’or ou facturant leurs interventions très cher, alors qu’ils ne connaissent pas les métiers de la radiodiffusion, mais simplement des techniques (de com, de gestion, etc… des techniques à la mode et présentées comme universelles donc scientifiques, en fait, totalement inopérantes car bien loin de la réalité). On juge l’arbre à ses fruits…
  • Comment rationaliser le budget de manière intelligente et sans détruire votre outil de travail?
  • Comment protéger la santé et la sécurité des salariés de cette entreprise et éviter les drames à répétitions ? L’orthodoxie économique libérale exige t’elle que les gens meurent (physiquement ou psychiquement) ? Et comment ne pas mourir lorsque, par manque de moyens (utilisés ailleurs dans des rénovations somptuaires et les salaires de managers incompétents) et de reconnaissance minimales (y compris de soi même), on ne peut pas faire son métier correctement? Comment rester en bonne santé lorsque l’on ne se reconnait plus dans le miroir, le matin, en tant que bon professionnel ? Comment faire son travail correctement quand on est en sous effectif chronique et en permanence sur la brèche, obligé de faire n’importe quoi en urgence ?
  • Comment faire évoluer les métiers pour offrir le meilleur aux auditeurs grâce aux avancées technologiques ? au lieu de les détruire en prenant comme prétexte ces mêmes avancées ?
Les fameux experts en com’, en RPS, en médiation, en gestion etc… ont tous le même discours, comme un remugle mal digéré des dernières tendances de la mode des « intervenants en RH » (coachs, psychologues du travail, consultants, etc.) aux compétences floues mais présentées comme totalement effectives.
Pour eux, « le stress et la colère ne sont pas des réactions raisonnables à une situation irraisonnable, mais l’indice d’une déficience de l’individu, d’un blocage de sa part » (citation du livre de M. Crawford, Eloge du carburateur, essai sur le sens et la valeur du travail. éditions La découverte je recommande). Cet individu qui n’a rien compris, il faut le « repérer » grâce aux « indicateurs » (tel le maillon faible) et le « former » pour qu’il puisse « s’adapter » (se soumettre).
C’est pour cela qu’il faut lui expliquer calmement avec des mots simples (le salarié est, de base, un peu con) pour qu’il comprenne qu’il n’a pas le choix (« com-mu-niquer, disent-ils…) et que c’est absolument nécessaire puisque des experts sans lien avec la réalité du terrain mais des titres ronflants l’ont affirmé. C’est la Loi économique qui se substitue à la Loi tout court (ensemble de règles pour vivre en société).
En fait, La plupart de ces experts pérorent sur le devant de la scène et dans les médias avec un discours creux et flou, qui ne dit rien et bloque toute possibilité de réplique. (ex: extrait des préconisations du rapport Vacquin et Technologia  pour France Télévisions: « promouvoir une politique de développement RH tournée vers l’accompagnement des équipes et l’anticipation des écoutions métiers qui présuppose une dimension prospective ». Ca c’est le titre, il n’y a rien de plus concret dans le développement. Avec qui? comment? dans quel sens ? des yaka, fokon vagues…). Il s’agit de cacher les vrais enjeux, les vraies priorité pas forcément avouables derrière un rideau de fumée.
« La normalité supposée de la nouvelle situation échappe pour sa part à toute critique rationnelle…« 
(ex: M. Gallet a dépensé plein d’argent pour des âneries ou pour donner des postes à des copains, ce qui a déstabilisé le budget déjà fragilisé par l’Etat qui n’assume pas sa charge de fournir à RF les moyens corrects pour qu’elle puisse remplir correctement son Service public. D’ailleurs, depuis quand le Service public (donner de la qualité à tous) est forcément une activité rentable ??? l’enseignement public est rentable ? Les demandes du CSA sont elles raisonnables compte tenus des moyens alloués, etc.)
« … car le changement » (décidé par ceux qui se sont accaparés le savoir grâce à leur pouvoir relationnel et économique) « est une force naturelle, semblable au métabolisme du corps humain. (…) Une analogie qui laisse entendre que quand votre travail change en pire, ce n’est pas dû à des décisions prises par tel ou tel individu, mais aux lois inexorables de la nature. L’idée même de responsabilité se dissipe ainsi sous nos yeux » (op cit).
Ce que l’on veut vous imposer avec le médiateur comme lubrifiant, c’est la même recette qu’à France Télévisions. Ce qui s’est traduit, pour eux, comme résultat: une grave dégradation du service public, de la qualité des émissions, de la santé des salariés (avec une bonne dizaine de suicides depuis 2010).
  • Ne baissez pas les bras et restez vigilants face aux « bonnes paroles » lénifiantes qui ne sont là que pour vous déstabiliser, face aux tours de passe passe rhétoriques, face aux propositions parfois contradictoires dans un art de sophiste roué, face à cette manière de parler pour ne rien dire et de dévier la discussion loin de la responsabilité des actes (ou non actes) des vrais responsables. Une responsabilité qu’ils ne peuvent assumer car elle pourrait nuire à la carrière de ses messieurs.
  • Restez ancrés sur vos vrais problèmes sans vous laisser amener sur le terrain où ils veulent vous amener (ex: les économies à faire, or la responsabilité du déficit n’est pas du fait des salariés mais de l’Etat et de la direction qui ont fait des mauvais choix et arbitrages).
  • Ne croyez rien qui ne soit concret et applicable concrètement dans les faits (pas le blabla des communicants) etc…
  •  Réclamez une organisation du travail plus respectueuse des métiers et de la santé des salariés (car c’est une obligation légale), des mesures concrètes, précises, pragmatiques. Proposez de vraies contre-propositions élaborés par des gens de chaque métier, par vous, au lieu de valider celles des cabinets d’experts qui ne connaissent pas votre boulot.

Ne baissez pas les bras mais trouvez d’autres formes de lutte pour continuer le combat qui consiste à vous faire respecter.

La grève n’est pas forcément le meilleur outil aujourd’hui, car elle permet à l’autre camp de vous diviser, de durcir le discours dans des caricatures, de dévier les problèmes en négociant des privilèges pour quelques uns, et donc de vous fragiliser. Elle donne de vous une mauvaise image à l’opinion publique privée de ses émissions, alors qu’ils devraient massivement vous soutenir.

Enfin, moi ce que j’en dis…

 

Solitude

Il n’y a personne pour partager ma douleur

Les bien intentionnés donnent des recettes

les yaka, les tudevrais, les tunaka son légions

mais personne ne cherche à être simplement avec moi.

Prendre un peu de ma peine pour soulager mon dos

pour soulager ma tête

et m’aider à respirer.

Pour m’arrêter dans cette chute libre vers les enfers

Une main amie qui se tend, qui est simplement là

Dans le silence de la compassion, de l’amitié, de l’amour.

Dans le silence.

Pas de conseils, pas de jugement.

Etre là, simplement. Être pour m’aider à être et non pas à faire.

Non pas pour me dire ce que je devrais faire si j’étais eux.

J’ai trop mal pour agir

J’ai trop mal pour  vivre

Je ne sens plus rien

J’ai besoin que quelqu’un me porte pour me dire que je suis vivante, réelle,

que j’ai une place,  ne serait-ce que dans un coeur, un seul coeur

Même si le monde me rejette et me foule au pied

J’aurais un refuge: le coeur d’un autre qui me prend contre lui…

Et non… il n’y a personne…

Le vide…

l’absence…

les larmes ignorées

et que je vais ravaler pour faire bonne figure.

Quel sens a tout cela ? Absurde.

Sagesse amérindienne

(extrait du livre de Dhyani Ywahoo)

  1. « Ne dis que la vérité.
  2. Ne parle que des bonnes qualités des autres.
  3. Sois un confident et ne répands aucune rumeur.
  4. Ecarte le voile de la colère pour libérer la beauté intérieure de chacun.
  5. Ne gaspille pas ce qui t’est donné, et tu ne seras pas dans le besoin.
  6. Honore la lumière en chacun. Ne fais pas de comparaisons: considère chaque chose pour ce qu’elle est.
  7. Respecte toute vie; dégage ton coeur de l’ignorance.
  8. Ne tue pas et ne nourris pas de pensées coléreuses qui tuent la paix comme une flèche.
  9. Agis maintenant; si tu vois ce qu’il faut faire, fais le. »

Et je pourrais ajouter:

Ne cherche pas à être quelqu’un. Sois, tout simplement.

Chacun est parfait tel qu’il est, avec tous ses défauts qui ne sont que la face sombre de ses qualités.

Accepter d’autre parce qu’il est lui, autre que soi, différent et donc enrichissant, et non parce qu’il correspond à soi, à l’image miroir que l’on voudrait avoir de soi, à ce qu’on voudrait qu’il soit pour nous plaire, nous correspondre, être même que soi…

Vouloir réduire l’autre à ce que l’on voudrait être soi, est destructeur pour chacun.

S’émerveiller de l’autre tel qu’il est, s’émerveiller de soi tel que nous sommes, est la voie juste d’une relation humaine.

Ma vie rêvée

Elle (là c’est de moi que je parle. Au futur. Bon, ça c’est ok ?) monte les escaliers de cet immeuble cossu de Paris.

Cela sent l’encaustique que madame Michu, la concierge transexuelle qui a remplacé madame Ramirez il y a 3 ans et qui ressemble bien plus au cliché habituel de la concierge parisienne, avec ses chaussons défraîchis, son tablier à large poche ventrale sur sa robe à fleur enlaçant un embonpoint qui signe une légère propension à abuser des douceurs et sucreries, que la fine et élégante madame Ramirez, partie sous d’autres cieux, son doctorat de linguistique en poche, Bref, donc, cela sent l’encaustique que madame Michu  s’applique à mettre sur la rampe et autres parties boisées « pour que tout brille ».

L ‘épais tapis sur lequel s’épanouit des arabesques rouges et mordorées comme un bouquet de fleurs d’automne  étouffe le bruit de ses talons et amortit ses pas. Aujourd’hui, elle ne prend pas le vieil ascenceur en forme d’entrée de métro, elle monte chez elle à pied. Elle prend plaisir à se sentir chez elle dans ce bel escalier lumineux et calme qui contraste agréablement avec les bruits de la ville.

Un grand panier autour de son avant bras nu (elle revient du marché), quelques tiges d’arum enveloppées d’un bruissant papier brun à la main, elle grimpe, comme une jeune fille vers son appartement.

La clé. La porte s’ouvre. L’entrée. Elle pose son cabas sur le plancher, file mettre les fleurs dans un vase dans la cuisine, dispose le bouquet sur sa cheminée et balançant ses chaussures d’un léger coup de pied sur le tapis, elle se love dans le grand canapé d’angle qui lui fait face pour commencer le livre qu’elle a trouvé tout à l’heure à la librairie du coin (une des rares qui résistent encore à la grande distribution amazonniesque).

Un thé délicat dans un mug coloré viendra compléter le tableau.

Il fait clair, de grands pans de ciel bleu (oui, il y a du ciel bleu à Paris) éclabousse la fenêtre, et des toits gris ponctués de cheminées en brique laissent imaginer mille et une histoires sous leurs pentes douces.

Elle sourit. Tout à l’heure, elle ira à son cabinet, écouter des histoires de vies, tristes, dures, tendres, drôles, avec toutes les palettes de l’humanité dedans. Tout à l’heure, elle se mettra à son bureau pour écrire d’une jolie plume des histoires gaies, tristes, émouvantes, pleines de vie et d’humour. Tout à l’heure, elle fera un gâteau au chocolat pour parfumer la maison et un plein panier de frites parce que c’est ce que préfèrent ses enfants…

Elle sourit, pense à ces papiers plein d’embrouilles et à ces difficultés qui font que la vie est ce qu’elle est, et se dit que bah! ce n’est pas si grave.

Elle est en vie. C’est l’essentiel.

En fermant les yeux, elle pense à ce grand mec qui lui avait dit, deux jours avant de mourir, « Tu sais, il faut profiter de chaque jour comme un cadeau. Le reste, n’y pense pas. De toute façon, tu n’y peux rien. » Quel beau cadeau il lui avait fait. Elle sourit et lui envoie, où qu’il soit, une douce pensée, pleine de rires et de tendresse.

Elle sourit et pense à cet autre homme qui hante son ceour mais qui n’est pas à ses côtés. Elle ne l’oublie pas.
Elle sourit et accueille celui qui partage sa vie, ses éclats de rires et ses colères, sa cuisine et sa salle de bain. Un homme bien.

Elle a de la chance.

Ce qui est sympa chez les philosophes, c’est qu’il pensent…

Bon, OK, pas tous et pas toujours. Mais dans notre monde de la rapidité, du prêt à consommer et du prêt à penser, c’est assez rafraichissant.

La pensée n’est pas un truc rentable. Cela prend du temps, cela n’est pas scientifique et cela risque de bousculer l’ordre établi. Ouhhh vilaine ! La pensée, dans notre monde organisé selon les plans binaires de la rationalité scientifique (mesurable et reproductible, vrai/faux, bon/mauvais) est trop libre pour avoir droit de cité. seul l’expert qui sait, qui s’appuie sur des preuves « scientifiques » donc irréfutables car appuyées sur des protocoles et des batteries de chiffres et de calculs compliqués, a le droit de s’exprimer. Il tient sa légitimité du nombre. Il a raison.

Ce qui est grand dans la science, c’est que cela nous dit la Vérité. Que cette vérité nous aide à vivre et à conduire notre avenir, ou pas, franchement, là n’est pas la question… C’est important parce que seule la science avance pour dire la Vérité.

J’ai écouté une émission à la radio qui parlait d’une expérience « scientifique » avec des moyens, du temps et des tas de scientifiques, reprise par d’autres scientifiques avec du temps et des moyens, pour mettre en évidence que les chiens battent la queue à droite s’ils sont contents et à gauche s’ils sont pas contents. (ou l’inverse, je ne sais plus trop). C’est en effet fondamental pour l’humanité de savoir cela. Un grand pas est fait pour nous tous, en ces temps de risques écologiques majeurs, de misère et de guerre pour la moitié de la population mondiale  ! Essentiel que dis-je, prioritaire…

Du coup, j’ai regardé ma chienne avec un autre oeil.

Et là, j’ai été très désapointée.

Des gens très savants dépensent de l’énergie, du temps et de l’argent à étudier les battements de la queue des chiens, et ma chienne n’en tient manifestement pas compte ! A quoi ca sert qu’ils se décarcassent et que la science nous illumine de son savoir ??? hein ???

Elle bat de la queue soit symétriquement, soit n’importe comment.

Un instant je me suis demandée si elle n’était pas un extraterrestre déguisée comme dans Men in Black, et que j’allais bientôt avoir un reptile gluant et pas ragoutant dans mon salon (Dieu merci elle est castrée, je n’aurais pas de petits !).

 Ou bien elle ne fait aucun effort… Franchement !

Alors, j’ai changé de station à la recherche d’un philosophe. J’avais envie d’entendre quelqu’un penser. pour faire rebondir mes idées sur les siennes, pour le seul plaisir de jouer et de regarder en souriant l’éclosion de nouvelles idées comme on regarde des bulles dans le champagne.

Des idées pas « scientifiques », pas prouvées, pas plus légitime que de la légitimité d’être nées dans un cerveau humain, libres d’inventer de créer la réalité pour réenchanter le monde !

D’imaginer d’autres possibles que la simple répétition de ce qui est enfermé dans des lignes de chiffres, mesuré et stérilisé, redite du passé solidifié dans des études d’ experts.

 

 

Ode à la vie

une tourterelle s’est posée dans le jardin…

Combien de temps nous reste t’il à vivre ? 30 ans? 2 jours? Nous ne pouvons que poser des conjectures vaines.

La vie est si fragile. Si belle aussi de cette fragilité. La goûter telle qu’elle est et apprécier chaque instant, non pas parce qu’il est bon ou mauvais mais parce que le fait même de pouvoir l’apprécier veut dire que nous avons la chance d’être vivants, simplement.

La mort est l’aboutissement de la vie. Basculement vers l’étrange et l’inconnu. Passer à une vie à une autre. Vivre autrement, sans corps, sans nos repère habituels. Mais la mort n’est pas la non-vie. C’est une idée insupportable.

La mort fait partie de la vie même. C’est une autre manière de vivre… Même si je me trompe et que le mort est l’anéantissement, qu’est ce que je risque à croire le contraire ? Rien si ce n’est de pouvoir profiter de la vie qui s’offre, sans crainte.

C’est plus confortable…

Et j’avoue que je préfère vivre dans ce confort là que dans l’angoisse…

Alors le choix est vite fait…

Vivre intensément ce que la vie nous offre, sans réclamer plus, sans le négliger en ne s’y autorisant pas, en reculant le « vivre » à plus tard…

La tourterelle s’est envolée. Elle était belle sur le ciel bleu si pur de ma Provence…

Cher Thierry Izac

Tu as laché prise hier.

Le cancer qui rongeait ta poitrine et t’empêchait de respirer t’a interdit de vivre.

Et tu as accepté ce que tu ne pouvais pas contrôler. Tu as eu raison, tu as agi en sage, en homme libre, prenant la meilleure décision possible pour toi.

Mais nous, nous avons pris la violence de cet arrachement en pleine figure. Cela a été si rapide ! Tu nous donnais l’impression de pouvoir gérer la bête immonde encore un peu et nous espérions que cela serait possible. Ce fut dur d’accepter de ne plus jamais te voir, ne plus t’entendre, ne plus rire et discuter avec toi… C’est encore terriblement insupportable. Tu avais acquis une philosophie de la vie qui nous apaisait et nous faisait du bien… et puis, pfft, tu as disparu comme le génie des contes, nous laissant abandonnés et nous sentant trahis. Pas par toi, mais par la vie. celle qui organise les rencontres pour ensuite détruire les rèves d’amitié et d’échanges qu’elle avait fait naître.

Tu es tranquille maintenant, mais nous, nous nous sentons stupides. Stupides d’avoir cru que nous avions le pouvoir de te retenir, stupide de croire que nous avions le temps, stupide d’avoir faire des rêves de futur, aussi modestes étaient ils…

Mais je veux croire que cette histoire, si brève et si intense, ne va pas finir comme ça, si bêtement. C’est peut être la loi des arcs en ciel. Il apparaissent comme un cadeau pour s’évanouir si vite, si vite… il en reste cependant toujours quelque chose dans l’âme…

Je veux croire que quelque part tu seras près de moi comme un grand frère qui saura me protéger et me guider. Tu en savais tellement plus que moi sur la vie et ses chausses-trappes. Et il y avait tellement de tendresse et de respect dans tes mots et des messages… tellement de confiance…

Cela me manque terriblement.

C’est sans doute mieux ainsi parce que c’est ainsi et que cela ne peut pas être autrement.

Mais aide moi à me consoler et à sourire à la vie malgré ton absence.

Il y a tellement d’amour dans cette amitié… La mort ne peut pas tout détruire…

Je t’embrasse tendrement

Agnès

Voyage au centre de la terre… ou presque

Jules Vernes voudra bien me pardonner, mais mon épopée de ce soir vaut bien le rapt que je me permets de faire de son titre.

Partie de République à 10h et quelques, je comptais bien rejoindre mes pénates et accessoirement mes enfants pour une bonne nuit réparatrice en vue de l’important exposé que j’ai à présenter demain matin.

C’est vrai que la première péripétie m’est imputable. La tête ailleurs (oui, j’avoue, j’ai souvent la tête ailleurs que dans le prosaïque du quotidien… ce doit être ma nature poète… hum hum… bon…), j’ai pris mon métro à l’envers.

Non, pas en faisant le poirier, je n’ai plus l’âge de ces facéties, mais je suis partie dans la mauvaise direction.

Pour m’en rendre compte au bout de 5 stations… quand même !!!

En parisienne avisée, je râle in petto sur mon côté tête en l’air et également sur la fâcheuse tendance du métro à aller là où je n’ai rien à faire (oui, je suis de très mauvaise foi… comme la plupart des parisiens des transports en communs…) et, bon, je prends benoitement le métro dans l’autre sens.

Tout se passe bien en quelques stations et puis… boum crac. L’incident technique !

Le bon vieux incident technique du métro ! Annoncé par une voix d’hôtesse irrésistible qui vous dit très poliment d’aller vous faire voir ailleurs, et en particulier dans les correspondances. Or, de correspondance, point. A Château d’eau, la seule correspondance, c’est l’autre direction. Celle que j’avais pris par erreur (vous vous souvenez ? faut suivre…)

Bon, alors, je reste zen et je me poste sur le quai en face du train arrêté car « incident technique ».

Et je le vois tranquillement repartir alors que le mien de train, enfin, celui que je suis censée prendre n’apparait pas plus que les cavaliers à soeur Anne du haut du château de Barbe bleue…

Après une respiration avec le ventre comme les meilleurs yogis et quelques shakras à dénouer, je reste calme et confiante… Mon train ne va pas tarder, me permettant de continuer mon voyage…

Ben non, un deuxième, puis un troisième train en face passent devant mon nez, sans que le mien apparaisse…

Bon, je vous la fait courte…

J’ai finalement craqué pour prendre le train en face (le 4eme) pendant que celui que j’attendais arrivais en gare…

Mais bon.

Résultat, il est minuit et je viens de rentrer. Epuisée et stressée… Ce qui augure mal de ma future prestation demain matin… Si j’arrive à me réveiller…

J’aime la RATP et ses aventures merveilleuses dignes des meilleurs récits d’aventure ! C’était presque de l’Indiana Jones !

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