Réalité, quand tu me tiens…

Tout d’abord, il faut partir de la réalité.

Et savoir que cette réalité est forcément subjective. Tous les penseurs politiques sont partis de la partie de la réalité qu’ils ont perçue, comprise, qui était à leur disposition. Pas de la réalité pure. La vérité est bien trop complexe pour être embrassée par la pensée humaine. Il faut toujours avoir à l’esprit que ce que l’on détermine comme la vérité, n’est que notre vérité. Cela ne remet pas en cause l’existence d’une vérité intangible, mais nous permet de ne pas prendre des vessies pour des lanternes et globaliser, universaliser et dogmatiser ce qui n’est une facette de la réalité. Pour finir par la déformer tellement qu’elle devient fausse. (au passage, aujourd’hui, la façon de remplacer la réalité par la mesure de la réalité, le pourquoi par le combien, en se prétendant scientifique est la manière la plus courante de déformer ou même de nier la réalité, une tendance très en vogue dans les universités et les cercles autorisés…)

Donc, partir de la réalité pour imaginer un avenir politique à notre monde.

Quelle est-elle, cette réalité ?

Pour beaucoup, la société est divisée en bons et en méchants. Façon facile d’organiser le monde à la Walt Disney, qui rassure et permet de désigner simplement l’adversaire. Sachant que celui qui énonce l’analyse est forcément du côté des bons.

A droite, on a une vision très individualiste de la société, issue de l’idéologie néo libérale. les bons sont les capitalistes, les riches, l’élite qui profite de la liberté de notre société libérale, bénéficiant des bonnes écoles, des bons soins, des bons logements et de tout ce qui permet à l’individu de s’épanouir et d’entreprendre. Ces gens là ont des valeurs, le goût du risque, de l’investissement, de la beauté, de l’innovation et de l’équilibre… grâce à leur héritage financier qui leur permet de faire ce qu’ils désirent sans trop de soucis. (Le self made man parti de rien est un leurre, construit pour faire croire que c’est leur valeur personnelle qui les a placés dans leur position dominante. L’idée c’est de faire croire à l’égalité des chances et la méritocratie alors qu’elle est totalement faussée par le système. A bien y regarder, les hommes partis de rien (qui ont pu exister il y a 50 ou 100 ans) sont aujourd’hui, la plupart du temps, des magouilleurs, des manipulateurs et des escrocs.)

Et donc, les méchants sont les pauvres. Syndicalistes, salariés, émigrés, locataires, pauvres, en un mot, qui vivent d’expédients et d’aides sociales. Paresseux, fourbes, stupides et craintifs. Ces idiots n’ont pas le goût du risque pour créer une entreprise qui vend du vent et faire de l’optimisation fiscale !!! Ils ne sont pas cultivés, ne comprennent rien et ne savent qu’exécuter des tâches normalisées décidées par l’élite qui, elle, est allée dans des écoles prestigieuses (et très chères) et donc a La Vérité.

A gauche, on a pris le parti inverse. Les bons sont les pauvres. Ils sont travailleurs, intelligents, solidaires, ont le sens du collectif, et honnêtes. Ils sont salariés et leur travail est exploité par des capitalistes qui ne foutent rien. Le travail est un esclavage, pénible et qui n’a pas de sens. Ils sont obligés de faire ce qu’ils ne veulent pas faire, pour pouvoir survivre. Ils n’ont rien. Ils sont fraternels, bienveillants les uns envers les autres et ont une bible (Marx et Engels) qui leur explique le monde, leur asservissement et leur libération prochaine grâce à la violence de la Révolution prolétarienne et en attendant grâce aux moyens de pressions du travail sur le capital par le biais de la Grêêêve !

Les méchants sont les riches, infatués d’eux mêmes, égoïstes, stupides, paresseux et violents. Etre patron est un crime capital, être riche également. Tout ce qui rappelle l’appartenance à cette catégorie sociale (l’argent et le pouvoir) est voué aux gémonies. Gagner de l’argent est un mal, travailler avec plaisir est un privilège que les riches se gardent pour eux… quand ils travaillent (d’ailleurs travaillent ils vraiment? ils utilisent des pauvres pour travailler à leur place ), dépenser de l’argent pour créer de la beauté est suspect (alors qu’il y a tant de pauvres à qui on a volé le fruit de leur travail), être indépendant est étrange. Cela englobe évidemment les dirigeants, les patrons et leurs familles, tous ceux qui gravitent autour ou ne rentrent pas dans le schéma du travail spolié.

Entre ces deux clans (que l’on soit de gauche ou de droite) la seule solution, c’est la guerre. Etre le plus fort, obliger l’autre à se soumettre et imposer sa domination.

N’en déplaise à la gauche, ces 40 dernières années, plus exactement depuis les années 1970, la droite a remporté la victoire. (Cf Chamayou)

Les travailleurs sont individualisés, évalués, et isolés (grâce aux nouvelles technologies) pour leur faire perdre leur force du collectif.

les entreprises sont financiarisées et mondialisées pour faire perdre aux travailleurs leur pouvoir de blocage sur la production.

Le marketing et la publicité, les réseaux sociaux et internet se conjuguent pour créer une culture de la consommation à outrance et créer des imaginaires obligatoires qui empêchent toute autre alternative sociale. ils créent une frustration permanente qui permet de soumettre les gens en ne donnant comme solution à l’angoisse que l’achat. Achat de choses, mais aussi, d’images, de bonheur, de temps, d’amour, de relations, de valeurs… Tout problème a sa solution dans l’achat. Tout besoin est rempli par un marché commercial. L’avenir également. La technologie est le hochet que l’on agite sans cesse sous le nez des gens pour leur faire croire que cela résoudra tous leurs problèmes. technologie que l’on va vendre… (aux plus méritants)

Inégalité, pauvreté , misère ? achetez du rêve et des OGM

Changement climatique ? achetez des solutions high tech pour y répondre et garder votre qualité de vie.

Catastrophes diverses et variées ? un marché s’ouvre !

Bref

Je pense que la réalité est un peu plus complexe.

L’individualisation forcenée mise en place par ceux qui ont pris le pouvoir dans les années 80, a cassé les collectifs qui structuraient la société en classes. (sauf la leur). Les gens sont aujourd’hui face à une société atomisée, où chacun essaie de s’en sortir par ses propres moyens. Pour répondre à ce rêve consumériste, les gens se sont endettés et sont prisonniers du capital dû. Les salariés n’ont plus de moyens d’action réel sur les entreprises. Et surtout, cette logique de conflit est destructrice et ne mène qu’à la destruction de notre civilisation.

Mais des pousses fraiches commencent à s’élever dans ce terreau asséché…

Alors, maintenant on va où ?

En résumé de l’article précédent: Nous avons voulu jouer a l’apprenti sorcier, ou plutôt à l’apprenti Dieu, en nous rengorgeant de nos moyens techniques et en négligeant les cycles naturels et la limitation de nos ressources. La logique de la domination a engendré un capitalisme financier devenu fou, qui n’admet aucune limite ni aucune rationalité pour restreindre sa puissance. Et maintenant, on fait quoi ?

Il nous faut INVENTER.

Oui, il nous faut nous adapter. mais pas en allant chercher les vieilles recettes qui nous rassurent parce qu’on les connaît, qu’elles nous font rêver d’un monde utopique (la gauche), ou qu’elles nous favorise nous et notre clan (la droite).

Il ne s’agit plus de changer la domination d’une classe par une autre, ou de conserver la domination d’une classe par une autre.

Il faut regarder la réalité en face: la lutte des classes, commencée il y a près de 2 siècles, sur les ruines d’un système de castes issu du féodalisme (le pouvoir par le statut et la naissance), est terminée. Elle s’est conclue avec la victoire de la bourgeoisie financière (et non de la bourgeoisie d’entrepreneurs ou intellectuelle) par un KO au moment de la chute du mur de Berlin.

Les années 1980 – 90 – 2000 ont éliminé la base du marxisme: une classe ouvrière consciente d’elle même et de son rôle économique, capable d’exiger sa place dans les décisions politiques. Une classe de gens partageant les mêmes valeurs, la même culture, les mêmes rêves et les mêmes façons de vivre et de comprendre le monde, solidaire, convivial et égalitaire. Consciente de faire partie d’un collectif, d’un grand corps où chaque partie était responsable de l’autre, où ce qui arrivait à un de ses membres concernait tous les autres membres, capables de s’unir pour défendre ce un. Une classe qui se concevait avec un destin collectif, et pas l’addition de destins particulier.

La victoire des capitalistes a été d’individualiser les destins, de rompre les collectifs, de mettre concurrence, rivalité, unicité, normalisation dépersonnalisante et isolante là où, avant, il y avait solidarité, liens sociaux et capitalisation d’expérience dans un métier construit collectivement.

L’outil, ou plutôt les outils de cette victoire ont été la consommation sans limite, la consommation comme valeur suprême de la vie. Le marketing, la publicité, l’appel à une consommation de prestige et de reconnaissance sociale (sans un Iphone, tu n’existe pas) ont réalisé une offensive puissante dans la tête des gens. Une offensive rendue possible grâce à l’apparition des PC et de l’industrie du numérique dans tous les aspects de notre vie.

Le numérique a permis de normaliser le travail et à terme de se passer de main d’œuvre humaine qualifiée.

Le numérique a permis la mondialisation et donc de gérer des délocalisation facilement

Le numérique permet de nous mettre en dépendance en prenant en charge de nombreuses tâches et en nous persuadant qu’on ne pourrait pas faire sans (comment vivre sans email? sans facebook) et au final nous infantilise (Google a toutes les réponses, pourquoi réfléchir par soi même ?)

Le numérique permet à des géants monstrueux du commerce de prospérer (Amazon), aux flux financiers de s’évaporer, aux pires magouilles de se faire en toute discrétion (quelques clics et le tour est joué. Bien plus facile que de transporter des valises de billets ou de lingots)

Le numérique nous empêche de voir l’essentiel de nos vies en nous épuisant, nous bouffant notre temps (SMS, appels, réseaux sociaux, emails, etc…) et en nous faisant croire n’importe quoi à travers de faux experts (il n’y a pas de dérèglement climatique; il faut aller faire du shopping pour exister socialement; la mondialisation est obligatoire;  on ne peut pas vivre sans pétrole; trier nos déchets et acheter bio est La solution; le commerce, c’est l’économie etc…)

Le numérique se présente comme la référence ultime de l’intelligence (IA), de la science et de la vérité. Les chiffres et en particulier le 1 et le 0, ont gagné la partie contre les mots et la subtilité de la pensée humaine. Il n’y a plus d’analyse, il n’y a que des mesures. La science a perdu tout sens.

Le numérique, qui pourrait être un outil de notre bien être et de notre pensée collective a été utilisé dans un seul but: assurer tous les pouvoirs à une petite caste de commerçants et de spéculateurs avides qui mettent le monde en coupe réglée.

Il ne peut plus y avoir de  lutte des classes car il n’y a plus de classe populaire. il n’y a plus que des pauvres, des futurs pauvres, des miséreux, isolés, déclassés, luttant, s’endettant, s’épuisant à se sauver individuellement. Chacun sa merde dans un monde de la jungle version far ouest où il ne faut faire confiance à personne, même pas à son voisin d’esclavage.

Il ne peut plus y avoir de  lutte des classes car le pouvoir des travailleurs (qui est de bloquer la production) n’existe plus dans les entreprises mondialisées et financiarisées. La grève ne sert plus à rien, qu’à accélérer la délocalisation ou la fermeture d’un site. La priorité des entreprises n’est plus de produire pour faire du profit, mais de spéculer pour faire beaucoup plus de profits. Bloquer la production n’a plus d’impact.

Et de toute façon, la lutte des classes ne résoudrait rien. La domination des plus pauvres à la place de la domination des plus riches ne changera rien. C’est un leurre. A terme, on l’a vu, les plus pauvres sont représentés par des gens qui se comportent comme ceux qu’ils ont dégommés. La domination persiste. Et l’accumulation de richesses pour quelques uns, qui assoit la domination, continue.

Les gilets jaunes sont un élan de colère, un ensemble de colères individuelles. mais, hélas, rien de plus. Il n’y a aucune cohérence politique dans ce mouvement. J’ai cru, espéré que Mélanchon saurait rassembler et unir ces gens en colère et leur proposer une alternative à la destruction programmée de notre humanité, un discours politique, une analyse économique qui aurait pu les rassurer et leur donner un avenir. Je voudrais y croire encore….

L’avenir, c’est de revenir aux vraies valeurs de base: reconstruire une économie régulée par des règles souples qui permettent l’entreprise individuelle et le profit raisonnable en même temps qu’un respect du travail et des travailleurs, bien rémunérés, bien formés et reconnus pour leurs talents.

La politique, la gestion de la cité, doit revenir à la cité, au local, à travers une démocratie locale quasi directe, qui travaille en collaboration avec un État Nation fort, gérant le Bien commun à travers une culture commune (la Nation). L’infrastructure, les services publics à l’État, l’économie de production au local.

Ni un retour au Moyen Age technologique, ni un délire de science fiction, mais la construction cellule après cellule, de collectifs de travail et d’échanges vivants, résilients, au sein de villages et de petites villes, qui nous permettront de vivre avec de l’électricité, des ordinateurs, des moyens de transports, des commerces, de l’artisanat, des boulangers, des bouchers et des paysans, et une médecine efficace, tout en respectant les limites des ressources de la Terre et nos propres limites.

Prendre le temps de vivre, d’être avec notre famille, nos amis, nos collègues. Travailler avec plaisir, avec les autres dans la réalisation d’une histoire collective. Rencontrer d’autres gens et d’autres cultures dans la joie de la découverte, et non pour les exploiter en tant que main d’œuvre pas chère ou pour ramener un souvenir touristique made in China. Habiter de beaux espaces, voir de beaux paysages, récupérer notre espace. Créer des œuvres et des oeuvres d’art. Manger de bons aliments, Boire de bons vins, consommer des objets qui ont une âme et qui nous ressemblent, vivre nos vies d’êtres humains, sans nous soumettre à d’autres impératifs que notre bonheur qui se partage avec les autres.

Revenir à ces sociétés humaines d’i y a 20 000 ans, prospères et heureuses car égalitaires et respectueuses. Solides et résilientes car stables, sans jalousies, envies et concurrence. Ni compétitivité . Oui, revenir au paléolithique mais sans les peaux de bêtes, et avec l’eau courante et les douches.

Retrouver le lien, la joie de la rencontre, le rire de l’humour, le plaisir des corps et de l’esprit, la vie !

Bon, il y aura des choses qu’il faudra lâcher: les voitures à essence, les camions, les avions (et avec eux, le tourisme d’une semaine au bout du monde), les gadgets, le RER, les plats tous préparés dans les barquettes en plastique, les vêtements pas chers qui remplissent nos armoires et qui ne supportent pas 2 lavages, le surimi qui vide les océans, les pesticides, les intrants en agriculture intensive, les fermes de 1000 vaches, les trucs et les machins connectés, les data centers monstrueux, les publicités sur écran, les conversations débiles sur smartphone (t’es où? ;) Pk ça va ?) et même, les vidéos de chatons…

Ça va être dur !

Politique, politiques, où allons-nous comme ça?

Les dernières élections, européennes, au delà des analyses partisanes de chaque clan politique, ont surtout montré une perte de repères et de cohérence d’une société qui ne sait plus où elle va.

Les anciennes recettes ne fonctionnent plus. C’est une évidence, mais personne ne veut l’admettre.

Et on continue allègrement à penser et à décider en fonction de vieilles rengaines, qu’elles soient de gauche ou de droite. Même Macron, le grand réactionnaire qui voudrait ressusciter Adam Smith dans une version financière et caricaturale, même Mélanchon, qui s’accroche encore à ses rêves marxistes de lutte des classes.

Notre monde est devant le plus grand défi que l’humanité doit relever.

Un défi que nous ne pouvons pas éviter.

Oui, je suis grandiloquente. Mais comment faire autrement quand on constate le déni de réalité et l’infantilisme pervers qui  dirigent le monde.?

Des Macron, des Trump, des Poutine, des Assad, des « hommes d’affaires » obèses de trop d’argent qui détruisent tout sur leur passage pour le fric, des bons apôtres du marketing et du business qui nous persuadent qu’il n’y a pas d’autre solution que d’aller nous détruire tous ensemble avec nos consommations et nos petites habitudes…

Comme la grenouille qui se veut plus grosse que le bœuf (parce qu’elle a peur), nous allons bientôt éclater, exploser, partir en confettis misérables.

Nous avons peur. peur que nos habitudes changent, peur de devoir prendre nos responsabilités, peur de vivre, peur de tout.

Alors, nous mettons les mains devant nos yeux pour ne pas voir ce qui nous dérange. Et croyant, comme les enfants, que cela va disparaître…

On se raccroche aux vieilles recettes (le libéralisme de droite, le marxisme de gauche, tous les deux désuets et inadaptés à la réalité d’aujourd’hui)

On nous dit qu’il n’y a pas d’alternative. Que c’est ça (la mondialisation, la croissance, le néo libéralisme, la soumission à la finance la plus débridée et la plus stupide tout en étant la plus orgueilleuse) ou rien. Que c’est ça (la lutte des classes, la nationalisation des moyens de production, la prise du pouvoir par les classes populaires, la révolte et la révolution de ceux qui n’ont rien…) ou rien.

Alors, je vais vous dire, ce que pourrait être ce rien.

Je ne connais pas l’avenir, et bien sûr il y a plein de gens qui vont dire que je raconte n’importe quoi.

Mais ce n’est pas grave. Je le dis quand même.

Ce n’est pas la première fois que le climat oblige les hommes à changer de société. (Du moins en Europe. je n’ai pas étudié l’Asie ou l’Afrique, mais je ne fais pas de l’histoire, là, je prends juste un exemple pour réfléchir)

Et ils y ont réussi.

La première fois, c’était au mésolithique. Ça a pris 2000 à 3000 ans environ parce que c’était naturel, mais comme on n’avait pas internet, on avait besoin de plus de temps ;)

La terre s’est réchauffée, les 4 saisons se sont installées, les grands gibiers sont partis vers le Nord pour finalement disparaître, la glace a disparu (et avec elle les réserves de viande congelée, le Picard du coin de l’époque), les ressources alimentaires traditionnellement utilisées par les hommes ont donc disparu. Il a fallu en trouver d’autres. Mais avant, les hommes ont crevé de faim.

Jusques-là, c’était ce que les plus anciens écrits (qui ont transcrit notre vieille mémoire orale) décrivent le Paradis. Un monde où le travail, la domination et la propriété n’existaient pas. La Nature (Le Esprits, Dieu, quelque soit la manière de personnaliser ce qui était vécu) leur donnait suffisamment à manger (les troupeaux bien plus nombreux qu’eux laissaient des animaux morts congelés sur lesquels il suffisait de se servir). La chasse n’était qu’une activité, pas une nécessité, un art. (On n’a absolument pas la preuve de la chasse aux mammouths chère aux préhistoriens du XIXème siècle. Allez chasser une bête de quelques tonnes, poilue, une peau massive, avec une pointe de flèche en pierre taillée, vous m’en donnerez des nouvelles…)…

Bref, nous avions à cette époque une société, qui pour survivre et exister, pratiquait la solidarité, l’entraide, la valorisation des talents de tous et le partage des tâches dans le respect de chacun et le bien commun de tous. Une société égalitaire, peu nombreuse, dans laquelle chacun avait sa place, occupée à philosopher, prier les esprits, faire de l’art, de la musique, des fêtes et s’aimer… Avoir des biens matériels, avoir plus, dominer n’avait aucun sens. cela mettait même l’ensemble de la société en danger en créant des sources de conflits. Et quel intérêt d’avoir un mammouth mort ou un cerf géant gelé à soi tout seul ? Le reste ? de la glace.

Par contre, quand il s’est agi de partager le lapin maigre chassé par le plus fort des chasseurs, là, on comprend bien l’intérêt de se battre. D’être le mec le plus fort, celui qui impose sa volonté… ou la femme la plus belle, la plus séduisante, celle qui va être choisie par le plus fort et va pouvoir vivre et nourrir ses enfants à elle. Début de la domination et du pouvoir. Début de la soumission des femmes et des « faibles » (ceux qui ne pouvaient aller chasser. La viande était toujours la source « noble » de la nourriture (souvenir de 30 000 ans de régime carné presque exclusif)).

Puis l’élevage et l’agriculture ont été inventés. On a créé, par le travail, ces ressources qui nous manquaient si cruellement.

La propriété est apparue, la richesse aussi. La possession des êtres humains également. Et notre société.

Et l’argent.

On a bien perfectionné le travail et la technique, ce qui nous a permis de créer, non seulement de l’alimentation mais plein de richesses, gadgets, machins, trucs, ordinateurs, avions, immeubles, beaux vêtements, design, etc… en puisant de plus en plus dans les réserves naturelles, en les polluant, en détruisant de plus en plus…

Pour l’argent. Passé d’un moyen de transaction à une valeur absolue, signe de pouvoir, de tous les pouvoirs. Déifié.

On en est là.

Bon, alors maintenant, on va où ?

 

 

M’aimes-tu ?

M’aimes tu ?

Tu as parfaitement le droit de ne pas m’aimer.

Mais si c’est le cas, je te demande de me le dire.

C’est important, vois-tu, car je ne me sentirais plus ballotée par le doute et l’incertitude, passant de l’évidence de notre lien amoureux à sa remise en question. Tout le temps, parfois, sans cesse. C’est ma faute. Je ne m’aime pas assez pour croire que tu peux m’aimer. D’ailleurs, peut être, tu es pareil…

Deux cerfs volants qui se cherchent dans un ciel d’orage. Qui se fuient avant que l’autre ne disparaisse. Terrifiés de s’illusionner, terrifiés de devoir compter sur un autre. Terrifiés d’aimer…

Ton silence me fait mal. J’ai l’impression que tu m’oublies, comme une lettre sans importance, sur un coin de bureau, vite enfouie sous le courrier habituel, que je ne suis rien dans ta vie, une fioriture, un détail, un rien…

Pourtant, je crains que simplement, ce ne soit moi, moi seule, qui me torture.

Parce que tout mon être aspire à toi… C’est une évidence et je me sens pleinement vivante dans tes bras. Je pose la tête sur ton épaule, et il n’y a plus que l’instant. Le temps s’arrête et mes questions aussi. Parce que c’est toi, parce que c’est moi, et la vie pulse, puissante, dans la moindre de mes cellules. Cela ne m’effraie même pas. Je ne sais pas ce que je serai demain mais là, près de toi, je suis. Et c’est si merveilleux d’être…

Et puis, tu pars vivre ta vie, c’est normal, et c’est comme si je me déchargeais doucement comme une batterie pas très performante.

Et puis, je doute. Suis-je dans l’illusion? N’ai-je voulu voir que ce que je voulais voir ?

Notre histoire est une image pointilliste. Le nez dessus, je n’arrive pas à la comprendre. Et je n’arrive pas à prendre assez de recul pour savoir si je peux te faire confiance et lâcher mes défenses, savoir que tu seras toujours là pour moi, même si je ne te vois pas, parce que tu en as envie, parce que cela te fait du bien, et te rend simplement heureux.

Heureux. Je ne sais pas si tu veux être heureux. Tu n’en dis rien. Je sens en toi une ombre. Et cela m’empêche d’être dans la paix confiante qui ne se pose pas de questions. Et je m’emballe sur des scénarios sinistres.

Si tu ne m’aimes pas, si je ne fais que passer dans ta vie, si je ne suis qu’un strapontin sans importance, dis-le. C’est pas grave. C’est comme ça.

J’aurai mal. Oui, mais je pourrais passer à autre chose.

Je garderai en moi les belles images de toi, de nous, comme un cadeau précieux.

J’écris ça. Mais c’est parce que je sais que tu ne le liras pas. Cette question, j’ai trop peur d’entendre la réponse, j’ai trop peur que tu n’oses pas répondre, ce que j’interprèterais comme un rejet, un refus, alors que je sais que , simplement il n’y a pas vraiment de réponse et que cela n’a pas d’importance, au fond.

Ce que l’on vit ensemble est ma réponse. Ma faiblesse est de croire que quelques mots pourraient me rassurer alors qu’ils peuvent si facilement mentir et que je le sais. Apprends moi à croire en mon bonheur. Et à vivre au rythme de tes baisers au lieu de décortiquer mes peurs et ton coeur.

M’aimes tu ?

Tu as parfaitement le droit de ne pas m’aimer.

Mais si c’est le cas, je te demande de me le dire. Mais non.

De toute façon, je ne te croirais pas…

Pourquoi je vais voter blanc

Même si je peux tout à fait comprendre ceux qui ne vont pas faire comme moi.

Un petit calcul

Les votes du premier tour qui vont de toute façon se reporter sur les candidats (sans nous) :

Macron

Le Pen

1er tour : 24,1

1er tour : 21,3

Voix PS : 6,36

Voix Dupont Aignan : 3

Voix LR : 15

Voix LR : 5

Divers : 1

Total : 46,46

Total : 29,3

 

En conséquent, il me semble qu’il n’y a aucun risque pour que Le Pen gagne même si aucune voix Insoumise ne vote pour Macron.

Par contre si Macron gagne, sa politique fera gagner Le Pen en 2022 !

Voter pour Macron ne fait pas gagner la République, au contraire.

L’absention non, le vote blanc oui.

Un raz de marrée de vote blanc ne l’empèchera pas d’être élu mais l’empêchera de prétendre, comme il l’a déjà dit, que les gens qui ont voté pour lui ont manifesté une vraie adhésion à son programme.

Or il me semble que nous avons deux objectifs pour ce deuxième tour :

  1. Le Pen ne doit pas être élue. Elle ne sera pas élue. Par contre si Macron est élu, le risque d’une poussée de Le Pen dans 5 ans devient très élevé à cause des conséquences désastreuses de la soi-disant politique de Macron (plus de chomage, de pauvreté et un recul de la souveraineté nationale).
  2. Macron ne doit pas pouvoir appliquer sa politique en s’appuyant sur une légitimité issue d’un bon score au 2eme tour (comme il l’a déjà exprimé). Plus il y aura de votes pour Macron, plus il pourra appliquer sa politique (plus de députés aux législatives, plus d’ordonnances).

 

Concernant le premier objectif, je considère que les partis traditionnels, partis à la pêche des places et le maintien de leurs privilèges, en ralliant le char Macron, s’en chargent très bien. Les votes de la France insoumise sont inutiles pour obtenir que Mme Le Pen ne soit pas élue. Le premier objectif sera atteint sans nous.

Par contre, en ce qui concerne le deuxième objectif, pas la peine de donner à Macron plus que nécessaire.

Le vote blanc (qui n’est pas comptabilisé mais qui est généralement donné, et donc sera connu) manifeste clairement que ces deux candidats de droite sont aussi catastrophiques l’un que l’autre (en ce qui concerne les résultats de leur politique) et ont des valeurs totalement contraires aux nôtres.

Voter blanc a deux conséquences positives pour nos idées :

  1. Permettre à une opposition résolue et visible, crédibilisée par le grand nombre de votes blancs, de se faire entendre. Et si nous ne sommes pas au pouvoir, notre devoir est de construire cette opposition dans un pays démocratique. De plus, il faut qu’il y ait plus de votes blancs que de votes Le Pen pour que ce ne soit pas eux qui s’affichent comme l’opposition officielle au gouvernement.
  2. Limiter la ruée des élus des anciens partis traditionnels vers les places de députés macronistes et donner à Macron une assemblée à sa botte. (Donc, un blanc seing pour sa politique de chomage et de pauvreté)

Enfin, et cela me semble important, le vote blanc nous permet de ne pas renier nos valeurs, plus importantes que les arrangements politiciens.

Cela valide de plus notre proposition de comptabiliser le vote blanc comme une vraie expression populaire.

Pourquoi mon engagement ?

Parce que je crois fermement que le programme de Jean Luc Mélenchon est la seule voie possible et réaliste pour un avenir vivant.

Mais je ne prétend pas ne pas me tromper.

 Je reprends à mon compte ce qu’a écrit Luis Sépulvéda parlant de la conduite des affaires d’un pays : « Alors que toutes les nations environnantes1 commençaient à courir après le rêve de devenir des pays du Premier Monde, sans bien savoir ce que cela signifiait, les Uruguayens ont dit : « Nous voulons devenir un pays sans pauvreté. L’unique objectif que nous avons pour les dix prochaines années est d’en finir avec la pauvreté et de garantir à tous les habitants de notre nation une vie digne, comme premier pas pour avoir tous demain une vie pleine, accomplie et même heureuse. »2

Les autres programmes proposent de donner toutes les priorités aux profits des entreprises, estimant (à mon avis à tord) que la bonne santé des entreprises impliquera automatiquement la bonne santé des personnes. Illusion…

La réalité : Inégalité croissante, chômage, souffrance au travail, burnouts, suicides, destruction de la planète.

Car, depuis toujours et encore plus depuis 30 ans, le profit des entreprises ne profite qu’aux plus riches et est de moins en moins redistribué. Il n’est même pas réinvesti dans l’entreprise… « C’est dans l’anonymat absolu, dans l’impunité absolue, qu’ils poursuivent à l’échelle planétaire leur travail de destruction de l’élément naturel. 3»

C’est une évidence que les priorités des grosses entreprises multinationales n’ont strictement rien avoir avec le Bien Commun. Par définition, elles ne poursuivent que des priorités privées, leur propre intérêt. Comment avoir la stupidité de croire qu’elles pourraient servir le Bien Commun ? Même par ricochet ?

Qu’est ce qui est essentiel dans la politique ?

La poursuite du Bien commun.

Bon.

Mais qu’est ce que le Bien Commun ?

Globalement, c’est faire en sorte de mettre en place les conditions générales pour que chacun puisse construire son propre bonheur et les garantir sur le long terme.

De quoi un être humain a besoin pour être heureux ?

  • Ne pas avoir faim ni soif, avoir accès à une alimentation saine et suffisante, et à de l’eau propre. Et pouvoir nourrir ses enfants et sa famille

  • Etre digne et respecté. Pouvoir travailler et ne dépendre de personne pour ses dépenses. Se sentir utile aux autres grâce à la richesse (en biens ou services) qu’il apporte avec ce qu’il fait dans son travail.

  • Etre libre. Pour pouvoir décider de sa vie et de la manière dont on travaille, de l’endroit où on habite. Et donc qui aime sa vie (ce qu’il fait, ce qu’il est, ce qu’il a déjà)

  • Etre relié aux autres. Ne pas être isolé et tisser de belles relations autour de soi dans le respect de soi même et des autres. Reconnaître son lien à la Nature (« n’oublions pas que la nature peut exister sans l’homme alors que le contraire n’est pas vrai.4 »)

Pourtant, les capitalistes libéraux affirment haut et fort, comme une évidence, que la Croissance, la poursuite de la Compétitivité et les nouvelles Technologies vont résoudre (comme par magie) tous les problèmes : le chômage, les changements climatiques et la violence du monde.

Par un coup de baguette magique, et la croyance dans le Saint Profit sans limite et sans entraves portée par une consommation dévastatrice, gaspilleuse, manipulatrice, un monde du toujours plus et du n’importe quoi, ils nous assurent des lendemains qui chantent… (bon, certes, pas pour tout le monde, voire pas pour grand monde, mais ça, c’est en tous petits caractères… invisibles).

Ils serinent sur tous les tons que nous n’avons pas le choix. Ils SAVENT ce qui est bon pour l’économie (traduction pour les très riches) et nous devons obéir ! Qu’il ne saurait en être autrement et que si les grosses entreprises multinationales ou la bourse ne pouvaient plus gagner de l’argent, tout s’effondrerait.

C’est stupide.

Ils nous prennent pour des cons.

Je n’aime pas qu’on me prenne pour une conne.

Je trouve ça désagréable.

Parce que :

  • La croissance telle qu’elle a eu lieu dans les 30 glorieuses est désormais impossible. C’est un leurre. Nous avons atteint les limites de ce que notre planète peut supporter. Elle tourne dans le vide de faux besoins et de désirs artificiels qui, à peine satisfaits (ex :le dernier iphone), génèrent frustration et manques (on veut l’objet connecté suivant pour rester à la page et ainsi de suite). Il n’y aura plus de croissance économique.

  • Ils ont construit un système extrêmement fragile (les multinationales et le commerce mondialisé) qui ne tient que par la dette, la destruction des espaces naturels, les énergies fossiles à bas prix, une consommation énergétiques monstrueuse, et notre soumission. Ils vont s’effondrer. Mais pas nous. Car nous ne dépendons pas d’eux (sauf si nous les croyons).

  • La compétitivité est une forme de compétition qui impose la loi du plus fort. Cette logique crée des tensions et de la violence, fragilise la société, la déstabilise. Elle crée des exclus, des gens rejetés, des gens détruits, de la peur et de la colère.

  • Les nouvelles technologies ne sont que des outils à utiliser avec sagesse car elles ne résolvent rien par elles mêmes, sont énergivores et détruisent le travail humain pour le remplacer par des tâches normalisées, codifiées, sans âme et sans qualité.

La voie du restect des gens et de la Terre permettra de redonner l’essentiel à nos sociétés :

  • Du travail pour tous : les machines ne seront là que pour l’améliorer, pas pour le remplacer.

  • Des aliments sains et de l’eau propre, sans gaspillage, sans détruire les sols et la biodiversité

  • Des relations humaines harmonieuses, dans la collaboration et la solidarité.

  • Du temps et de l’espace.

  • Du sens.

Irréaliste et utopique ? Pas du tout.

Les hommes ont déjà vécu dans des sociétés sans compétition.

Si si ! Les sociétés humaines n’ont pas toujours été régies par des rapports inégalitaires de pouvoir, par une compétition permanente qui évacue les plus faibles (n’en déplaise à Darwin). C’est plutôt l’inverse.

C’est parce que les premières sociétés humaines ont été collaboratives et soucieuses de protéger tous leurs membres y compris les plus faibles, parce qu’elles avaient compris que la force et la violence est bien moins intéressante que l’intelligence pour survivre et que chaque être humain, unique et particulier, apporte une pierre essentielle à la société pour qu’elle se pérénise, que nous sommes ici. S’ils s’étaient battus à coup de gourdins comme on nous le fait croire, il n’y aurait plus d’hommes sur terre depuis longtemps. S’ils n’avaient écouté, respecté, aimé, appris la nature, ses cycles et ses limites, l’histoire n’aurait même pas commencé.

Les Insoumis, c’est la voie de la raison.

Rendre la France indépendante d’un système fragile et gangrené qui va s’effondrer sous les coups du changement climatique, des crises financières et de la misère, c’est construire une autre modèle de société, plus pragmatique, plus sûre, sobre sans être austère, intelligente et talentueuse, pour inventer ensemble les moyens de réparer les dégâts et permettre à chacun de vivre dignement, tranquillement, joyeusement, sans laisser aucune chance à la pauvreté. C’est permettre à nos enfants et petits enfants de grandir et de vivre leur vie, tout simplement.

Permettre à la France de démontrer que c’est possible et encourager d’autres peuples à rejoindre ce nouveau paradigme social, c’est redonner à la France son rôle des Lumières, et sa fierté. Donner l’exemple de l’échange, du partage, de l’ouverture au monde, du courage, de l’accueil, et du respect des autres en refusant que des produits fabriqués ailleurs dans le sang et la souffrance soient des sources de profits financiers pour ceux qui les ordonnent.

(nb : au contraire de certains qui voient la « grandeur » de la France dans un égoïsme étriqué et stupide, une rancœur et de peur de laissés-pour-compte se retournant vers l’étranger, le différent que l’on accuse de tous les maux, dans un réflexe infantile de « c’est pas moi, c’est sa faute, il est pas comme nous, maîtresse… »)

1. Luis Sepulveda parle des nations sud américaines qui courrent après un développement « à l’américaine » avec le progrès technologique et la croissance en ligne de mire

2Luis Sepulveda, Carlo Petrini, Deux idées de Bonheur, ed Métaillié, 2016, p. 57

3Luis Sepulveda, Carlo Petrini, Deux idées de Bonheur, ed Métaillié, 2016, p. 73

4Luis Sepulveda, Carlo Petrini, Deux idées de Bonheur, ed Métaillié, 2016, p. 72.

Attention, une discrimination peut en cacher une autre !

Les femmes de pouvoir posent un vrai défi. En effet, elles contreviennent aux stéréotypes les plus communément admis des femmes discriminées et renvoyées aux fonctions subalternes, si ce n’est pas simplement à leurs fourneaux et bébés. En même temps, ayant traversé le fameux plafond de verre, les femmes de pouvoir devraient sereinement profiter de leur position chèrement acquise et même permettre aux autres femmes d’accéder également à des fonctions valorisantes.

Or, il n’en est rien. L’idée très répandue dans la littérature scientifique féministe qu’une société régie par les femmes serait bienveillante obéit également à un stéréotype : celui de la femme douce, bienveillante et dévouée.

Or, il apparaît qu’être une femme de pouvoir, ce n’est certainement pas mener une vie sereine et la discrimination continue  à être active, mais d’une autre manière. Parfois, souvent même ce sont les femmes elles mêmes qui discriminent d’autres femmes.

Les femmes ont le choix : soit reprendre les stéréotypes masculins les plus machos et se comporter comme un homme, soit se retrouver à devoir prouver en permanence leur valeur en en faisant toujours plus, en ne s’autorisant aucune erreur ou faiblesse (la perfection est leur seul objectif), tellement dévouées à leur travail qu’elles doivent renoncer à une vie privée « normale » et en particulier à vivre pleinement leur maternité.

Face à un tel « choix » imposé par une société phallo-centrée, les femmes qui réussissent sont celles qui, d’une manière ou d’une autre, obéissent à l’image du pouvoir comme une fonction agressive et violente. Elles en « imposent » tout autant que les autres. Parfois mêmes elles en imposent plus car elles doivent prouver leurs capacités au commandement, parce qu’elles sont femmes, là où un homme n’aurait rien à prouver. Elles doivent également renoncer à être aimées et à avoir des enfants (ou du moins à les élever). Les premières femmes à occuper des postes importants (professeurs, médecins…) étaient célibataires sans enfants (1920-1930) et légèrement suspectes.

 

En fait, lorsqu’on va rechercher l’origine de la construction sociale des stéréotypes de genre qui sous-tendent les discriminations des femmes, on tombe sur l’idée d’une « nature » féminine au rôle social bien définis.

La femme est épouse et mère. C’est à dire belle (pour être choisie par un mari), physiquement fragile (pour ne pas pouvoir se révolter) et donc dépendante de la force physique des hommes, serviable et douce pour soigner et prendre soin de sa famille, intuitive (car plus proche de la nature qu’elle subit tous les mois ou qu’elle porte pendant 9 mois), relationnelle (elle parle, elle n’agit pas), et n’aime pas la violence (elle a moins de testostérone qui rend agressif) et… un peu moins intelligentes. Ainsi, la femme reste fatalement dominée, ne pouvant opposer qu’un discours de conciliation et de pacification à la violence des hommes.

Or, l’histoire et les mythes (qui retranscrivent les fantasmes sociaux) nous montre des femmes très différentes. Des femmes violentes (Médée), puissantes (Catherine de Russie, Élisabeth Ière d’Angleterre), indépendantes et libres (Artemisia Gentileschi), solides et combatives (Jeanne d’Arc), cassantes et autoritaires (Mme Thatcher)…

Dans les pays mêmes où les femmes sont les plus opprimées par la culture, on trouve des maîtresses femmes que les hommes respectent et dont ils ont peur (la Mama italienne, la Mère juive (madame Proust ou la mère de S. Freud), la mère d’un fils dans la culture arabe, la reine-mère en Occident). Ces femmes ont acquis un pouvoir qui leur permet d’imposer leurs décisions bien mieux qu’un homme, comme de choisir elles mêmes l’épouse de leur fils (Haifaa Al-Mansour, film Wadja, 2012).

Car le pouvoir appelle toujours un contre-pouvoir (Bourdieu, 1985). Il n’y a pas de domination naturelle dans le monde des être humains. La spécificité des êtres humains est d’être uniques et non réductible à un comportement d’espèce et de genre. La liberté du choix d’agir, de penser et de s’exprimer est ce qui différencie radicalement les animaux des hommes. La nature humaine est d’entraide, non de domination. Fragile, avec comme arme de défense que son cerveau, l’être humain doit pouvoir compter sur ses semblables pour survivre. Et le plus fragile, le plus petit ou le plus handicapé peut être aussi le plus intelligent. Lorsque les ressources ne manquent pas, cette collaboration peut se mettre en place et la société s’organisera autour de l’échange, du partage et du vivre ensemble. La domination masculine ne date que du néolithique. Il semblerait que les âges de la Grande Chasse du paléolithique aient vu se développer pendant presque 20 000 ans, une société humaine bien plus égalitaire et collaborative (Falabrègues, 2013).

Dans un contexte de pénurie, que ce soit en ressources ou en partenaire, la compétition se met en place et la société, en organisant les rapports entre les être humains va imposer des hiérarchies et des rôles sociaux et de genre. Mais on voit bien, en observant la diversité des cultures que ces rôles n’ont rien de « naturels ». Ils ne sont pas inhérents à la nature humaine mais construits pour répondre à un objectif social déterminé : être plus fort pour s’attribuer la plus grosse part de ressources.

Il en est de même pour les hommes et les femmes. Parfois ce sont les hommes qui dominent, parfois ce sont les femmes. L’existence même de sociétés matriarcales prouve que la domination masculine n’a rien de « naturel ». C’est un choix social.

La domination est toujours une construction sociale imposée par les circonstances qui ont obligé les catégories dominées à accepter le pouvoir des dominants contre sa protection ou un autre avantage. Pour autant, les dominés vont développer un contre-pouvoir occulte, masqué et chercher à renverser la domination qui leur est imposée.

Dans les sociétés patriarcales des premiers villages, les femmes vont ainsi, et au fil des siècles, développer des contre-pouvoirs : la séduction de la jeune fille, la puissance de la mère castratrice, et peu à peu, vont exclure les hommes de la parentalité comme incompétents avec les enfants. La « mâle peur » devant la sexualité féminine (interdite pour rassurer les hommes), les sorcières des contes populaires, les blagues sur les belles mères autoritaires et les blondes stupides sont des transcriptions de cette puissance occulte.

D’autres femmes se sont simplement affirmées libres, intelligentes et puissantes et ont pu s’imposer dans un monde d’homme sans renoncer à leur propre féminité. Artémisia a été la première femme peintre de l’Académie de Florence, a eu un mari, des amants et des enfants et recevait de grosses commandes pour faire marcher son atelier. Se sentir puissante est le meilleur moyen d’être reconnue comme telle. La puissance n’est pas le pouvoir. Elle suppose la liberté et permet la rencontre d’une autre puissance pour la création d’un couple égalitaire (Pinkola Estes, 1996).

Accepter la domination des hommes comme un fait naturel revient à s’y soumettre. Lutter contre la discrimination des femmes au travail, c’est exiger un salaire égal à celui des hommes pour un même travail comme une évidence, c’est se savoir forte et renoncer à se plaindre et à accuser les hommes. Tout le monde n’en est pas capable. Tout le monde n’en a pas envie.

Parce que, justement, chacun est différent et la multiplicité des désirs, des besoins et des personnalités font que certains (hommes ou femmes) peuvent avoir envie de diriger, d’autres (hommes ou femmes) de s’occuper de son foyer, d’autre encore (hommes ou femmes) de se bâtir une vie harmonieuse entre travail et enfants. La frontière des rôles sociaux n’est pas entre les genres mais entre les individus. Les femmes peuvent être mères, mais les hommes peuvent être pères. Les femmes peuvent être chefs et les hommes aussi.

La fin des discriminations permettrait à chacun de choisir sa vie en fonction de ses désirs spécifiques et non en fonction de stéréotypes erronés qui imposent au sujet les rôles (ou contre rôles)  de son genre, de son ethnie, de sa religion ou toute autre catégorie.

A la discrimination des femmes au travail répond la discrimination des hommes dans leur fonction paternelle. Elle crée frustration et agressivité là où devrait s’organiser une collaboration sereine. Remplacer la domination par une autre n’a aucun sens. L’égalité s’est accepter chacun pour ce qu’il est, quel que soit son sexe et bâtir ensemble une société équilibrée, naturelle.

 

 

 

 

Révolution économique et technique: vers l’indépendance

Ce matin, j’ai écouté la radio publique France Culture, qui, nonobstant son statut de radio non privée, nous procure encore de bons moment de radio et des émissions intelligentes.

Donc, me voilà, pendant que je faisais cuire mes spaghettis et que je cuisinais ma sauce tomate, à écouter un certain Patrick Viveret remettre un peu les pendules à l’heure.

Le néolibéralisme, issu de l’école d’économie de Chicago (avec le sinistre Milton Friedman), a été mis en place en Occident grâce à Reagan et Thatcher (et Pinochet leur grand précurseur). Il est devenu La référence obligatoire et incontournable par la voie magique de la globalisation et les possibilités d’internet, et la chute de l’URSS comme alternative. Imposé peu ou prou dans le monde entier comme LA seule voie possible, scientifiquement prouvée, de la conduite des sociétés, le libéralisme, donc (néo ou pas néo), a poussé les Etats et les gens à s’endetter lourdement, en particulier dans l’immobilier (pour les gens), faisant ainsi le joie et la fortune de tous les spéculateurs.

L’argent n’a plus aujourd’hui une valeur rapportée à la réalité d’une richesse réelle mais devient un électron libre, immatériel, sans contrepartie matérielle ni raisonnable, un simple vecteur de spéculation. On n’investit plus pour produire, pour améliorer la société, lui rendre un service, mais on investit pour faire de l’argent (ce n’est d’ailleurs plus un investissement), et tant qu’à faire on « investit » avec de l’argent que l’on n’a pas, que l’on emprunte. Sauf que les riches se débrouillent pour ne jamais rembourser réellement, alors que les pauvres, si.

La monnaie n’est plus un moyen (de réguler les échanges et de construire une société) mais une fin en soi (elle se suffit à elle même, dans un narcissisme destructeur). Toutes les valeurs sociales devant donc lui être soumises, l’argent devient la référence unique et totalitaire sur le monde. Si cela rapporte de l’argent, c’est Bien, sinon, c’est Mal, ou à la rigueur inutile, sans valeur.

Une des conséquences de cette manière de penser l’argent est un cercle vicieux qui appauvrit les moins riches, devenus totalement prisonniers des dettes qu’ils ont contractés, et enrichit au delà de toute limites leurs créanciers. On entre dans la dépendance.

  • D’une part parce que ces dettes génèrent des intérêts
  • D’autre part parce que ces dettes déraisonnables obligent ceux qui doivent rembourser à accepter tout et n’importe quoi pour pouvoir rembourser: un travail à n’importe quel prix, une vente à perte, la soumission à des modes d’organisation du travail qui bafoue totalement leur vie privée et leur santé…
  • Enfin, parce que, pour s’évader de cette soumission, pour arriver à penser malgré tout cette subversion dangereuse, les gens en arrivent à développer des réflexes de défense (phénomène de gestion de la dissonance cognitive et de le frustration) comme la fuite dans les plaisirs immédiats, la consommation, l’addiction… ou la dépression et le repli sur soi ( passif ou agressif).

Cette réaction de défense favorise le système car cela renforce la dépendance financière en la doublant d’une nouvelle dépendance, aux objets techniques, de consommation, de prestige ou de sécurité (d’ailleurs factice…) ou aux médicaments, drogues, alcool, cigarettes, sexe… Addicts, les « gens » soumis volontaires, vont porter leurs désirs sur ce qui est à acheter et font ainsi tourner le système.

Pour cela ceux qui sont aux commandes pervertissent les mots pour leurs donner un sens marketing et rentable sous leur façade de valeur neutre.

On voit bien l’usage qui est fait par les publicitaires des mots qui nous attirent  comme Liberté, Sens de la vie, Amour, Tendresse, Fraternité, Créativité…

La Liberté n’est là que pour vendre une voiture…

la Fraternité pour vendre un cola…

L’amour pour vendre un parfum…

Or, ce qui est proposé ne nous donnera jamais accès à ces valeurs. On le sait, mais on n’ose pas l’exprimer tout haut. On fait semblant d’y croire, pour rester en reliance avec les autres qui semblent eux aussi y croire. Etre en lien avec les autres est un besoin grégaire de survie.

J’aimerai que de plus en plus de gens osent l’indépendance.

Posent des actes de vie, des choix conscients vers la Liberté et simplement, laissent ces fausses offres alléchantes là où elles sont.

On peut encore refuser d’acheter la voiture, le cola ou le parfum. Et découvrir d’autres manières de bien vivre.

C’est un peu mon propos en ce moment.

Devenir libre, indépendante, renoncer en conscience à l’inutile, m’alléger et me sécuriser.

M’organiser autour de mes vrais besoins et non autour des diktats sociaux. Ai-je tant besoin que ça d’une nouvelle voiture? du dernier gadget technologique, des nano techniques, du dernier i-phone, de remplir mon placard de vêtements que je ne porte pas (il y en a trop, mais c’était des promos, 3 pour le prix de 2), de barquettes toutes faites pas bonnes, de crèmes hydra-lissantes aux molécules rajeunissantes, de pilules…?

Je préfère connaître celui qui fait pousser mes carottes ou mes cerises, voir mon steak batifoler dans une prairie, utiliser de l’énergie propre (quitte à me limiter un peu devant mon écran et aller me balader), mettre une crème toute simple sur ma peau et accepter quelques rides, boire un bon vin bio, cueillir un bouquet de fleur et faire mon métier avec passion pour un prix correct. Je préfère rire à un antidépresseur et lire un livre la nuit plutôt que de prendre un somnifère. Je préfère partager mon pain avec un autre et avoir des amis que d’avoir 3 miches de pain qui sèchent à la maison… Et parfois, je me demande si je ne devrais pas aussi préférer écrire une belle lettre plutôt d’envoyer un bête SMS…

Parce que la crise à venir va de toute façon bientôt nous priver de nos joujoux addictifs.

On danse au dessus du volcan en croyant à une société de croissance, du toujours plus.

Je préfère aller danser ailleurs…

En tout cas mes spaghettis étaient très bons… Pour une fois…

Je m’améliore…

 

lettre ouverte aux salariés de Radio France

Chers professionnels de la radio

Je suis désolée de voir que cette grève qui vous a coûté tant d’efforts est en train de sombrer sous les coups des mensonges « politiquement et managérialement corrects » du gouvernement et du médiateur.
Il ne suffit pas d’écouter ou de sourire devant une caméra pour régler un problème.
A mon sens, vous êtes en face d’un « enfumage de premier ordre » avec des fausses solutions obtenues grâce à un faux dialogue.
Pourquoi ?
D’abord parce que les vrais problèmes de Radio France ne sont pas évoqués:
  • Comment assumer un service public de qualité, et évoluer techniquement pour en tirer le meilleur, avec des moyens régulièrement à la baisse?   Faire plus (CSA) avec moins (gouvernement) ? Donc on fait moins bien, on fait mal avec ce qu’on peut… Embarrassé, en plus, avec des « experts », des « consultants » de tous poils, embauchés à prix d’or ou facturant leurs interventions très cher, alors qu’ils ne connaissent pas les métiers de la radiodiffusion, mais simplement des techniques (de com, de gestion, etc… des techniques à la mode et présentées comme universelles donc scientifiques, en fait, totalement inopérantes car bien loin de la réalité). On juge l’arbre à ses fruits…
  • Comment rationaliser le budget de manière intelligente et sans détruire votre outil de travail?
  • Comment protéger la santé et la sécurité des salariés de cette entreprise et éviter les drames à répétitions ? L’orthodoxie économique libérale exige t’elle que les gens meurent (physiquement ou psychiquement) ? Et comment ne pas mourir lorsque, par manque de moyens (utilisés ailleurs dans des rénovations somptuaires et les salaires de managers incompétents) et de reconnaissance minimales (y compris de soi même), on ne peut pas faire son métier correctement? Comment rester en bonne santé lorsque l’on ne se reconnait plus dans le miroir, le matin, en tant que bon professionnel ? Comment faire son travail correctement quand on est en sous effectif chronique et en permanence sur la brèche, obligé de faire n’importe quoi en urgence ?
  • Comment faire évoluer les métiers pour offrir le meilleur aux auditeurs grâce aux avancées technologiques ? au lieu de les détruire en prenant comme prétexte ces mêmes avancées ?
Les fameux experts en com’, en RPS, en médiation, en gestion etc… ont tous le même discours, comme un remugle mal digéré des dernières tendances de la mode des « intervenants en RH » (coachs, psychologues du travail, consultants, etc.) aux compétences floues mais présentées comme totalement effectives.
Pour eux, « le stress et la colère ne sont pas des réactions raisonnables à une situation irraisonnable, mais l’indice d’une déficience de l’individu, d’un blocage de sa part » (citation du livre de M. Crawford, Eloge du carburateur, essai sur le sens et la valeur du travail. éditions La découverte je recommande). Cet individu qui n’a rien compris, il faut le « repérer » grâce aux « indicateurs » (tel le maillon faible) et le « former » pour qu’il puisse « s’adapter » (se soumettre).
C’est pour cela qu’il faut lui expliquer calmement avec des mots simples (le salarié est, de base, un peu con) pour qu’il comprenne qu’il n’a pas le choix (« com-mu-niquer, disent-ils…) et que c’est absolument nécessaire puisque des experts sans lien avec la réalité du terrain mais des titres ronflants l’ont affirmé. C’est la Loi économique qui se substitue à la Loi tout court (ensemble de règles pour vivre en société).
En fait, La plupart de ces experts pérorent sur le devant de la scène et dans les médias avec un discours creux et flou, qui ne dit rien et bloque toute possibilité de réplique. (ex: extrait des préconisations du rapport Vacquin et Technologia  pour France Télévisions: « promouvoir une politique de développement RH tournée vers l’accompagnement des équipes et l’anticipation des écoutions métiers qui présuppose une dimension prospective ». Ca c’est le titre, il n’y a rien de plus concret dans le développement. Avec qui? comment? dans quel sens ? des yaka, fokon vagues…). Il s’agit de cacher les vrais enjeux, les vraies priorité pas forcément avouables derrière un rideau de fumée.
« La normalité supposée de la nouvelle situation échappe pour sa part à toute critique rationnelle…« 
(ex: M. Gallet a dépensé plein d’argent pour des âneries ou pour donner des postes à des copains, ce qui a déstabilisé le budget déjà fragilisé par l’Etat qui n’assume pas sa charge de fournir à RF les moyens corrects pour qu’elle puisse remplir correctement son Service public. D’ailleurs, depuis quand le Service public (donner de la qualité à tous) est forcément une activité rentable ??? l’enseignement public est rentable ? Les demandes du CSA sont elles raisonnables compte tenus des moyens alloués, etc.)
« … car le changement » (décidé par ceux qui se sont accaparés le savoir grâce à leur pouvoir relationnel et économique) « est une force naturelle, semblable au métabolisme du corps humain. (…) Une analogie qui laisse entendre que quand votre travail change en pire, ce n’est pas dû à des décisions prises par tel ou tel individu, mais aux lois inexorables de la nature. L’idée même de responsabilité se dissipe ainsi sous nos yeux » (op cit).
Ce que l’on veut vous imposer avec le médiateur comme lubrifiant, c’est la même recette qu’à France Télévisions. Ce qui s’est traduit, pour eux, comme résultat: une grave dégradation du service public, de la qualité des émissions, de la santé des salariés (avec une bonne dizaine de suicides depuis 2010).
  • Ne baissez pas les bras et restez vigilants face aux « bonnes paroles » lénifiantes qui ne sont là que pour vous déstabiliser, face aux tours de passe passe rhétoriques, face aux propositions parfois contradictoires dans un art de sophiste roué, face à cette manière de parler pour ne rien dire et de dévier la discussion loin de la responsabilité des actes (ou non actes) des vrais responsables. Une responsabilité qu’ils ne peuvent assumer car elle pourrait nuire à la carrière de ses messieurs.
  • Restez ancrés sur vos vrais problèmes sans vous laisser amener sur le terrain où ils veulent vous amener (ex: les économies à faire, or la responsabilité du déficit n’est pas du fait des salariés mais de l’Etat et de la direction qui ont fait des mauvais choix et arbitrages).
  • Ne croyez rien qui ne soit concret et applicable concrètement dans les faits (pas le blabla des communicants) etc…
  •  Réclamez une organisation du travail plus respectueuse des métiers et de la santé des salariés (car c’est une obligation légale), des mesures concrètes, précises, pragmatiques. Proposez de vraies contre-propositions élaborés par des gens de chaque métier, par vous, au lieu de valider celles des cabinets d’experts qui ne connaissent pas votre boulot.

Ne baissez pas les bras mais trouvez d’autres formes de lutte pour continuer le combat qui consiste à vous faire respecter.

La grève n’est pas forcément le meilleur outil aujourd’hui, car elle permet à l’autre camp de vous diviser, de durcir le discours dans des caricatures, de dévier les problèmes en négociant des privilèges pour quelques uns, et donc de vous fragiliser. Elle donne de vous une mauvaise image à l’opinion publique privée de ses émissions, alors qu’ils devraient massivement vous soutenir.

Enfin, moi ce que j’en dis…

 

Solitude

Il n’y a personne pour partager ma douleur

Les bien intentionnés donnent des recettes

les yaka, les tudevrais, les tunaka son légions

mais personne ne cherche à être simplement avec moi.

Prendre un peu de ma peine pour soulager mon dos

pour soulager ma tête

et m’aider à respirer.

Pour m’arrêter dans cette chute libre vers les enfers

Une main amie qui se tend, qui est simplement là

Dans le silence de la compassion, de l’amitié, de l’amour.

Dans le silence.

Pas de conseils, pas de jugement.

Etre là, simplement. Être pour m’aider à être et non pas à faire.

Non pas pour me dire ce que je devrais faire si j’étais eux.

J’ai trop mal pour agir

J’ai trop mal pour  vivre

Je ne sens plus rien

J’ai besoin que quelqu’un me porte pour me dire que je suis vivante, réelle,

que j’ai une place,  ne serait-ce que dans un coeur, un seul coeur

Même si le monde me rejette et me foule au pied

J’aurais un refuge: le coeur d’un autre qui me prend contre lui…

Et non… il n’y a personne…

Le vide…

l’absence…

les larmes ignorées

et que je vais ravaler pour faire bonne figure.

Quel sens a tout cela ? Absurde.

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