Like a fool

Cher B,

Il est temps.

J’aurais du me réveiller depuis longtemps.

Mais les rêves tendres sont ceux que l’on refuse de quitter au petit matin.

Mais je n’en ai pas eu le courage.

Mais cela m’arrangeait bien de ne pas comprendre.

Je savais que tu me mentais. Depuis le début, tu m’as prise pour une truffe.

Tu mens très mal, tu sais. Et j’ai du faire pas mal d’effort pour ne pas voir l’évidence.

Tu m’as aimée. certainement. A ta manière.

Je n’étais pour toi qu’une roue de secours, qu’une occasion confortable, qu’un accessoire de dépannage.

Je ne t’en veux pas.

Il en aurait fallu, du courage, pour prendre le risque de m’aimer.

Je me battais, j’étais en pleine tempête, chargée de gosses et de responsabilités

Il en aurait fallu, de l’amour, pour venir à mes côtés.

Ce n’était pas ton trip. Tu me l’as dit.

Nos corps s’entendaient si bien, mais cela ne suffisait pas.

Est-ce en moi ou en toi que tu n’as pas eu confiance ?

Qu’importe. Moi je t’ai aimée. Et cela m’a fait du bien.

Tout ce temps.

Pendant que tu en aimais d’autres, pendant que tu me racontait des salades, pendant que tu me laissait seule,

je t’aimais, quoi que tu fasses.

Mais il est temps.

Il est temps de reconnaître que tu as le droit de ne pas m’aimer comme je le voudrais…

Il est temps de te laisser à ta vie, celle que tu as choisie, et de disparaître.

Il est temps de m’autoriser à être aimée autant que j’aime,

Il est temps de reprendre ma liberté pour retrouver ma joie en héritage,

Il est temps de ne plus t’attendre.

Je te souhaite tout le bonheur du monde. Celui que j’aurais tant aimé partager avec toi.

Et sache que je t’ai aimé, like a fool.

A.

match villes / campagne et coronavirus

Je reviens de Bretagne. 2 jours loin de Paris.

L’impression d’être libérée de prison.

Dans le petit village, le temps est redevenu normal. Les heures et les minutes coulent comme de source, nous accompagnant au fil de notre respiration.

Là, nous sommes vivants, réels. Le vent, la pluie, le soleil nous rencontrent, nous bousculent, nous caressent, nous enveloppent, vraiment. On le sent, on le ressent. Cela fait du bien. On a le temps pour ça, on a la place d’aller à leur rencontre, ou pas.

Là, les gens ne font pas semblant, ils sont vrais et ne cherchent pas à faire semblant de vivre, ils sont, simplement. On sent bien que l’on existe vraiment pour eux. Ils nous donnent l’impression d’être. Être, tout simplement et nous pouvons, de ce fait, engager notre être dans une relation avec l’autre être.

Un truc de fou, une relation ! Ecouter et être écouté, regarder et être regardé, sourire, expliquer, laisser l’autre exister, exister soi-même pour l’autre et donc pour soi… wouahhhh ! Ca fait du bien! Il ya quelque chose qui, enfin, s’autorise à se déployer en soi. Pour cette aventure qu’est la vie. Avec ses rires et ses pleurs, ses joies et ses souffrances, qu’importe, c’est vivant !

Je me suis sentie vivante, capable de tous les possibles, bien, enfin avec moi-même. 2 jours…

Je n’ai pourtant rien fait d’extraordinaire, j’ai marché, regardé le ciel, acheté des livres d’occasion, un collier et une tasse, mangé une crêpe (non 3, mais sur deux repas ;) ), discuté avec les gens,  observé le ciel (il change tout le temps en Bretagne, c’est presque une activité à plein temps !;)) admiré les arbres, les fleurs, les nuages, le paysage, fermé les yeux sous le soleil, fermé mon écharpe sous la pluie glaciale et le vent non moins glacial, marché sans but, ou avec le but d’avoir un café, respiré…

Je crois que là bas, le Temps existe encore, de même que l’Espace.

Il y a encore ces repères qui permettent à l’être vivant de se sentir vivant, dans les repères normaux, dans lequel son être peut s’épanouir, exister, en sécurité. Notre être a la maîtrise de sa vie et donc se sent libre et disponible pour être en relation avec les autres, avec le monde. Il peut donc construire sa relation au monde, mettre en mouvement ses désirs profonds et personnels (sa petite musique), prendre sa place et se lier aux autres places, désirs et existences. Être soi et être tous reliés (quel que soit le lien, c’est pas toujours bisounours les liens entre les hommes), c’est ce qui permet à une vie d’avoir du sens.

Les grandes villes, en se voulant modernes, en se soumettant aux impératifs de cette « modernité » numérique, technologique, engendrant la technocratie, ont broyé le Temps et l’Espace sous prétexte de nous libérer.

Elles ont fait de nous des robots normés et soumis à leur temps et à leur espace. Les êtres sont devenus des masses, des conglomérats d’éléments isolés, soumis aux faux désirs de l’apparence et du marketing. Le numérique a tué la singularité de l’être pour pouvoir tout compter, statistiquer, ériger une fausse science qui n’est plus au service de la vérité mais qui se prend pour La seule vérité à accepter sans réserve.

Les grandes villes nous prennent notre être et nos liens avec les autres êtres. Plus rien n’a de sens.

C’était pas comme cela il y a ne serait-ce que 30 ans. J’aimais Paris alors. Qu’est ce qui a fait que cela change ? L’apparition de la troisième révolution technologique avec le numérique. Cela a tout bouleversé grâce à tout ce que cela a rendu possible pour les puissants.

Aujourd’hui, la vie à Paris a perdu beaucoup de sens. Le cadre qui donnait du sens à la vie parisienne n’existe plus.

Plus rien n’a de sens réel. Ni naître, ni grandir, ni apprendre, ni aimer, ni travailler, ni mourir. Tout est entouré d’une gangue de faux semblants qui épuise les gens. Et c’est un peu pareil pour toutes les grandes métropoles du monde me semble t’il.

Je ne parle pas ici des gens qui appartiennent à la case des Très très riches. Pour eux, la perte de sens a d’autres raisons, plus psychologiques. Non, je parle des gens normaux, la grande majorité, qui s’abrutissent dans les jobs bullshit, après des trajets désagréables (euphémisme) dans des RER bondés et puants de l’aigreur des autres, retrouvent des appartements minuscules où les meubles sont multifonctions, et où l’élément le plus indispensable de leur vie est la connection Wifi.

Nous ne sommes qu’une fourmi dans la fourmillière, obéissant aux mots d’ordre des puissants pour agir. Sous prétexte de nous faciliter la tâche, nous sommes devenus des presses boutons, des numéros, des rien-du-tout, des serviteurs de leur puissance financière. Le numérique a permis cela. Il a permis, le contrôle, la normalisation, la communication-propagande, la destruction de toutes les voix discordantes, la pensée, le sens de la vie.

Dans les grandes villes, le numérique est l’outil qui permet de tuer la relation, le temps de vivre, l’espace de respirer, en contrôlant et en obligeant les gens à se précipiter, à obéir à des impératifs perpétuellement assénés par le N+1 ou par la pub, partout, à accepter de perdre son temps dans des transports longs et déplaisants, dans lesquels la promiscuité engendre le malaise, à accepter de ne pas avoir d’espace à soi parce que c’est devenu un luxe.

Et de s’évader de ce monde monstrueux grâce aux écrans, petites musiques dans les oreillettes, petits jeux débiles sous les yeux dans la vie privée; grâce aux graphiques et reportings inutiles devant soi au bureau qui donnent l’illusion de notre propre performance dans la vie professionnelle. Les sens saturés des odeurs des autres ou des produits chimiques de la rue, des bruits technologiques, des goûts trafiqués, des sensations recréées par ordinateur, au bord de la nausée…

Je ne crois pas à l’urbanisation croissante des villes.

Les jeunes générations ressentent que quelque chose ne va pas et expérimentent autre chose. Elles partent des villes pour devenir les humains qu’ils souhaitent être. Qui va voyager et découvrir le vrai monde (au delà des écrans de instagram), qui va devenir couvreur ou charpentier, qui va créer sa ferme, qui va inventer un service, un produit dans un bled paumé…

Ils sont moins cons que nous, les vieux… aveuglés par les promesses de monde idéal du moindre effort, où tout vous est livrés sur votre canapé grâce aux commandes vocales de Adixia au autre robot numérique…

Oui, ils utilisent le numérique et bien mieux que notre génération. mais ils ne le vénèrent pas. Ils l’utilisent. Point. Et tant mieux. c’est une belle technologie. Mais qui doit rester au service de l’Homme, pas l’inverse.

Enfin, pas tous… mais je crois fermement à cette minorité agissante, c’est elle qui va sauver notre monde.

Avec l’aide de notre bonne vieille planète, qui n’a pas dit son dernier mot. La nature est puissante, elle, vraiment.

N’oublions pas l’histoire. Quand le monde européen a été trop peuplé et que les hommes ont dépassé les limites de ce que la nature pouvait leur donner dans l’état de leur techniques agricoles, quand ils ont trop déforesté, trop détruit de ressources naturelles, détruit l’équilibre, au XIVeme siècle, il y a eu la Peste noire.

Dont acte !

Scénario, ça dévisse

Ce n’est pas encore catastrophique, les marches financiers peuvent encore s’en sortir et la panique n’est pas encore d’actualité.

C’est embêtant pour les 1% les plus riches mais il n’y a pas encore lieu de leur envoyer des couvertures de survie.

Ils peuvent même profiter de la demande de désinfectant et de masques.

Certes.

Cela dit, c’est une bonne nouvelle pour les 99 % qui restent.

Peut être que le changement est en marche ? Que leur économie virtuelle et fictive, à ces 1%, leurs châteaux en Espagne vont, enfin, se retrouver en cendres et qu’on va pouvoir reprendre les choses en main pour remettre le monde à l’endroit… Arrêter de polluer, de dérégler le climat, de générer misère et terrorisme.

J’espère, mais je ne me fais pas d’illusions, qu’ils ne vont pas nous faire le coup du chantage à l’emploi et nous faire croire que notre vie (emploi, santé, bien être matériel…) dépend de leur manière de gérer l’économie ! C’est archi faux. Regardez! A chaque fois qu’ils ont demandé des « efforts » aux gens (accepter des baisses de salaires, des licenciements partiels, des pollutions et divers malheurs…) pour « éviter le pire »… On a eu le pire. Il ne faut pas avoir fait les grandes écoles pour comprendre que licencier pour garder des emplois, c’est crétin.

Bon. reprenons. Revenons à notre coronavirus.

Je peux me tromper, mais le système actuel est le suivant:

Toute la version réelle du monde est dénigrée et méprisée. Travail, capital réel (l’argent sonnant et trébuchant, celui qui s’échange pour s’acheter une baguette), capital immobilier, capital alimentaire (nos campagnes) et de santé (nos savoirs faire de santé), capital social (liens humains, métiers, transmission de savoirs, morale…), tout cela est soumis au monde financier et numérisé , détenu sur des lignes de code par 1% de la population.

Ces 1% déterminent absolument tout dans notre monde par le biais de politique néo libérales autoritaires. Le seul mot d’ordre: le profit immédiat.

Ce profit immédiat n’existe pas par la production de richesse réelle dans une entreprise (des trucs et des machins vendus , des besoins de vie apaisés par l’action humaine, réelle: santé, éducation, soins aux personnes âgées, sécurité au quotidien, banque de proximité…) mais par une pure spéculation financière utilisant des algorithmes qui tournent au milliardième de seconde. Ou par des traders fous et shootés.

Le système est uniquement basé sur un grand jeu de Monopoly dans lequel on s’échange des « valeurs » symbolisées par de grandes multinationales qui doivent bidouiller leurs chiffres et employer de moins en moins de monde (ou des gens de moins en moins bien payés) pour produire des trucs de moins en moins bons puisqu’on utilise des matières premières de moins en moins chères et donc produites là où c’est le moins cher, c’est à dire, en général, loin.

On remplit donc les super marchés et les Mall d’une abondance délirante de produits markettés et packagés avec plein de couleurs et de mensonges dessus, dont personne n’a vraiment besoin et de très mauvaise qualité. Bref, on vend de la merde bien empaquetée pour générer une activité. (je ne dis pas des bénéfices exprès). Cette activité va légitimer le jeu spéculatif des multinationales elles-mêmes, qui vont faire leur bénéfice sur les marchés boursiers.

Et ce bénéfice, au lieu de la réinjecter dans l’investissement ou l’économie réelle, elle va être donnée aux actionnaires sous forme de dividendes.

Ca tourne tout seul.

On achète de grandes quantité de produits (ben oui, y a promo !) qui ont nécessité de grands transports avant et après leur production. On est licencié ou dans un boulot précaire qui gagne rien. Donc on a moins de sous. Donc on se replie sur soi, car on ne veut pas partager. Donc l’Etat n’a plus d’impôts pour faire tourner les services publics. Donc tout se dégrade, donc on achète pour oublier. On est prisonnier du système et on croit que c’est le seul possible.

Et le Coronavirus se balade, puisque le système de santé, même dans les pays riches, n’a plus assez d’argent pour fonctionner normalement (baisse des crédits des politiques néolibérales: résultat: Italie)

Pour qu’on accepte cette société inégale et lamentable, ils nous racontent une histoire de dynamisme économique et détruisent tranquillement toute économie, en créant un système virtuel juste fondé sur la croyance que cela va pouvoir continuer comme ça éternellement. Et qu’il est impossible de faire autrement. Ils ont pris le pouvoir politique, et médiatique pour nous raconter leurs salades.

Pourquoi le coronavirus est un danger pour eux ?

  1. La Chine est l’atelier du monde aujourd’hui. Entre les métaux rares, des production agricoles (thé, tilleul, arômes…),l’informatique, le textile et j’en passe. 26 % de son PIB est exporté. Une Chine à l’arrêt, c’est toute les chaines d’approvisionnement des multinationales qui est coincée. C’est le foyer idéal pour une contamination mondiale. Or le Coronavirus est apparu en Chine.
  2. Le système mondial est totalement dépendant des échanges internationaux au long cours. S’ils s’arrêtent, il y aura très vite des ruptures d’approvisionnement, dans les livraisons, dans les productions… et donc sur les bilans des multinationales qui ne savent plus faire autrement. Le coronavirus empêche les échanges.
  3. Tout le système est interconnecté. Ce qui arrive à un point A va avoir une influence sur tout le système. Chaque acteur financier est impliqué dans des réseaux complexes qui lie tout le système. Lehman Brother n’a pas entraîné tout le monde dans sa chute mais ça a été moins une. Et aujourd’hui, c’est pire (et il n’y a plus d’argent public pour venir au secours des crétins qui font n’importe quoi). La peur d’une endémie qui bloquerait l’économie génèrerait une perte de confiance dans des dividendes juteux, qui peut entraîner de ventes rapides  d’actions pour se désengager et donc générer très vite une crise financière. Comment légitimer le haut niveau de l’action APPLE si l’entreprise ne peut plus livrer ses produits pendant des mois? Comment faire venir des Iphone de Chine avec le risque de contamination possible ?

Pour autant, est ce que nous allons vers un monde à la Mad Max s’ils s’effondrent ?

C’est ce qu’ils voudraient nous faire croire. Pour que nous acceptions des « mesures d’urgence » (leur donner le peu qui nous reste) pour les sauver. « Sinon, on licencie! » « Sinon, on ferme »! Mais heureusement, l’économie, ce n’est pas QUE les multinationales !

Et puis, de toute façon, ils le font déjà.

Il me semble que la seule chose à faire, c’est de les laisser s’effondrer tranquillement, de nous désengager de leur système et apprendre à vivre autrement. Vivre SANS les multinationales et réapprendre à produire nous même ce dont nous avons besoin. Revenir aux bases de l’économie: Des agriculteurs (bio, c’est à dire à l’ancienne, avec pas mal de main d’oeuvre, mais  aussi à la moderne: une grosse productivité), des artisans (mais avec des imprimantes 3D, des logiciels libres performants, de nouveaux outils), des petites usines familiales (idem), des distributeurs locaux spécialisés qui connaissent et respectent les produits qu’ils vendent, peut être une monnaie locale, des lieux d’échange de savoir, de prêts, d’échange de services, des professions libérales qui apportent des réponses aux besoins de la population (soin, éducation, culture…) et… aussi une proposition politique qui permettra la reconquête de l’Etat, de l’Europe et du Monde pour, par le biais d’une fiscalité juste et la réduction des inégalités à un niveau raisonnable, permettra d’assumer les grosses dépenses d’infrastructure. Car l’exemplarité est puissante. Ce que chaque village fera pour s’en sortir et remplacer ce que le système ne donnera plus, servira d’exemple pour d’autres villes et villages partout dans le monde, et rallieront ceux qui ont besoin de vivre un monde juste normal.

Et je vous assure que vivre comme ça, ça risque d’être chouette ! Autonome, libre, respecté, avec des liens sociaux de qualité, des gens qui sont heureux de travailler, d’échanger, des bons produits dans l’assiette et dans des bons restaurants, des chouettes habits faits à vos mesures, des transports collectifs chaleureux (c’est le voisin qui s’y colle cette fois-ci, la prochaine fois ce sera la charrette du village avec Flon flon (Flon flon est le percheron auxquel les enfants apportent les carottes en tire bouchon), puis le tour du minibus électrique de Mimile rechargé par l’éolienne du village ou les panneaux photoélectriques de son toit… en attendant le train et la réouverture de toutes les petites gares), des écoles de la vie et pas seulement de l’éducation nationale, dans lesquelles ont fait le jardin, la cuisine, le bricolage avec les vieux du coin, en plus des maths, du français et de l’histoire. C’est le prof de Bio qui est content !

Alors, oui, Agnès, tu nous gonfle avec ton village. Et les villes ?

Alors, d’abord, qu’est ce qui vous obligera à rester dans des villes polluées et pourries quand vous aurez perdu votre bullshit job ? Ensuite, ce que l’on fait dans un village, on peut le faire pareil dans une rue,  une tour, un quartier, une ville. Regardez Detroit ! Reconstituer du collectif avec ses voisins, on peut faire ça partout !

Voilà pourquoi, le Coronavirus peut être utile.

Par la peur qu’il inspire plus que par le nombre de morts, par le blocage des échanges internationaux des multinationales, par le fait que l’offre de produits merdique risque de diminuer sensiblement, il peut nous amener à créer un mouvement qui pourra exiger de changer le système. Parce que le nouveau monde ne dépendra pas du système pour vivre.

Sans importation d’Iphone, il faudra bien se débrouiller. Et vous verrez, cela ne sera pas si terrible !

Et sans face de bouc aussi. On n’aura plus le temps, on aura footing avec Mimile ! et crapette avec nos enfants !

Bon, en attendant, soyez prudents. On se lave les mains, on met un masque et on ne fait pas des poutous à quelqu’un qui vient de Chine, d’Iran ou d’Italie du Nord (provisoirement)

Aller mieux… ouais…

Constat

Pas top

Ma traversée du désert n’est toujours pas finie et je trouve, personnellement que ça commence à bien faire.

Il faut dire que je ne suis pas aidée.

Je ne sais pas comment je fais, mais je me retrouve chaque fois en relation avec des gens qui ne me font pas de bien (c’est un euphémisme) et qui n’ont comme objectif que de m’utiliser (au mieux) ou me détruire.

La logique devrait être que je les envoie bouler, et que je reprenne ma vie en main pour construire, jour après jour, une vie qui me convienne.

Et je n’y arrive pas.

Et tout mon être se révolte et s’autodétruit dans une colère qu’il retourne contre lui. J’ai mal partout, je ne peux plus dormir, je suis fatiguée en permanence, je ne digère plus grand chose, découragée et pleine de larmes, déprimée et vraiment très seule. Obligée de gérer et de m’occuper de luttes, de conflits et de merdes qui me gonflent, coincée dans une vie que je n’aime pas, culpabilisée de ne pas être à la hauteur avec mes enfants… pas top.

Et pourtant, je continue pareil.

Faut être conne.

Je fais exactement l’inverse de ce que je conseille à mes patients.

Débile.

Bon. si on fait le compte:

  1. je dois repartir en bataille contre mon ex qui refuse de me verser la pension des enfants. Du coup, j’ai réduit drastiquement ce que je leur donnais, ils m’en veulent et je me sens super mal. Il va falloir monter un dossier, perdre du temps à argumenter, aller chercher un huissier, me battre pour simplement récupérer ce qu’il doit à ses enfants.
  2. Je ne supporte plus de m’adapter avec la vie commune avec O. Je lui en veux de m’avoir éloigné de mes enfants, d’être de très mauvais conseil et de me les imposer, de me bouffer mon temps et mon énergie, de ne pas pouvoir m’écouter et dialoguer avec moi, de m’empêcher de dormir, d’être malheureux, négatif, et d’aimer ça, de m’imposer son angoisse qui irradie de son corps au quotidien, de devoir m’occuper de lui au lieu de me laisser m’occuper de moi (sans parler de me demander ce que je voudrais qu’il fasse pour m’aider… il n’a pas besoin de me demander, il a son idée), de m’interdire la joie, la légèreté, et l’amour (même s’il n’en est pas conscient). Il est totalement dépendant de moi et me culpabilise de ne pas être ce qu’il voudrait que je sois pour lui. J’en crève. Cette nuit, j’ai eu l’impression de faire une crise cardiaque, ou un syndrome du cœur brisé, je ne sais pas, mais c’était horrible.
  3. je ne suis pas chez moi. Je n’ai pas de chez moi. J’ai besoin de ma chambre à moi, de mon intimité et de mon refuge, seule. Je suis obligée de partager son espace. Et il prend toute demande de tranquillité pour un rejet, me le reprochant et me renvoyant une image de moi détestable, égoïste et injuste. je n’ai plus de vie personnelle (enfants, amis, lieu, temps…), il estime qu’il doit être sans cesse présent dans ma vie.
  4. Je dois faire le deuil de mon amour pour B. La dé-cristallisation stendhalienne joue à fond. B. n’est que lui-même et pas du tout l’homme que je me suis imaginé, construit, rêvé. Et surtout, il n’est absolument pas amoureux de moi. C’est comme ça. Il n’y est pour rien, même s’il en a un peu profité. Mais, j’étais tellement dans un déni de réalité, qu’à vrai dire, c’est compréhensible… Cela dit, la vache, ce que ça fait mal! J’avais l’illusion d’être aimée. C’était faux mais cela me faisait tenir. Je dois y renoncer.
  5. J’ai l’impression que le couple et le bonheur d’être deux m’est interdit. Autour de moi, personne ne semble avoir envie de tomber amoureux de moi. Coucher, oui, y a du monde. Mais s’intéresser à moi comme une compagne possible, ben, là, tout le monde regarde ailleurs.

Ne me reste que m’aimer moi même. ouais…  là, je ne suis pas très douée, en fait.

En fait si.

Mais c’est aller contre mes croyances que d’oser prendre ma liberté. Et ça, j’ai du mal. Qui  je suis pour oser vivre ? Ma mère, mon père (par son inexistence en tant que père), mes frères, m’ont bien répété et enfoncé dans la tête et le corps que je n’y ait pas droit ! que je dois juste être utile, servir les autres, qui eux, ont le droit d’exister, d’être en colère pour se protéger, de refuser ce qu’on leur donne parce que cela ne leur convient pas, de choisir leur vie et de me donner l’ordre de les aider à le faire au mépris de mes désirs les plus essentiels!

Oui, oh, la belle victime ! Oh la belle plainte ! ça je sais faire… et ça m’amène où?

En fait si.

Mais c’est renoncer à accuser les autres de mon mal être alors qu’ils essaient simplement de gérer le leur et que je leur donne l’autorisation de le faire en m’utilisant, alors que je me trahis moi même comme une grande. Alors que c’est moi l’andouille. Pas eux.

Comme dit Guy Corneau « ce qui rend nous rend lourds est notre croyance en nos drames, en nos chaînes, qui sont autant de raisons que nous inventons pour limiter notre liberté parce qu’elle nous fait trop peur. »

Parce que il suffirait:

  1. D’enlever tout l’affect de cette histoire de pension et de le traiter simplement en responsabilité. je ne suis pas méchante parce que je remets la loi en place. Trouver un moment (et un espace) pour cela et m’y tenir.
  2. Dire à O. ce que je ressens et accepter de changer ma vie en fonction de ce qu’il peut accepter lui.
  3. Assumer de mettre Langast comme mon chez moi, et m’y tenir. Y inviter O, B, et mes amis, comme invités. Et peut être, un jour, le partager avec un compagnon.
  4. Regarder autrement mon histoire avec B. et en tirer des enseignements pour m’aimer mieux. (je n’aurais jamais du accepter d’être traitée comme je le fus, je méritais mieux). Je mérite mieux. Je vivrais l’amour mieux car je saurais maintenant les limites à poser.
  5. Arrêter de me plaindre. Bien sûr que le couple m’est permis. Mais pour l’instant, pas encore. c’est tout…

Mais alors, ça me terrifie… surtout le 2 et le 4.

Dingue… Dire la vérité me terrifie! ce que je suis nulle!

Revenons à Guy : »Nous refusons le contentement et inventons l’histoire de notre disette. Nous inventons la guerre pour crier l’injustice de la situation. Toutefois, chaque rayon de lumière nous nourrit, chaque respiration nous purifie, chaque verre d’eau nous structure et nous redonne l’information essentielle. Chaque pensée nous crée.

Tout est là. Il n’y a qu’à goûter, à savourer. Le bonheur, l’extase et la joie vous attendent. Vous n’avez rien à faire pour mériter ça. C’est déjà là, en vous. »

Tout mon amour à vous, lecteur (trice)….

 

Créer des liens…

Ce matin, lecture.

« … évitants: des gens qui, souvent ont été ignorés par leur entourage, accaparé par quelque chose d’autre qu’ils ont eu l’impression d’être plus important qu’eux. Ils ont acquis l’impression d’être invisibles ou insignifiants, et cette douleur les conduit à se montrer colériques et distants. mais sous cette colère, il y a souvent une grande peur. Ils grandissent vite, parce qu’ils ne veulent pas courir le risque de dépendre de quelqu’un qui les rejetteraient. Souvent solitaires, ils refoulent leurs besoins, qui les rendent vulnérables. Ils ont une sorte de complexe de supériorité, fuient l’engagement et ne montrent pas leur tristesse. S’ils entament une relation amoureuse, ils choisissent des gens qui manquent de confiance en eux… »

Ca m’a sauté à la gueule.

Ben oui, c’est ça. Je suis la personne sans confiance en elle qui attire les évitants et les anxieux, tous ces mecs qui ne s’aiment pas et donc n’osent pas être eux mêmes. Ils se réfugient derrière leur souffrance pour refuser de vivre, pour éviter d’être. Soit en disparaissant derrière les besoins des autres qu’ils portent au pinacle (jusqu’au moment où cet idéal aimé se rebelle et tombe lourdement de son piédestale), ça, c’est les anxieux. Soit en se rendant inconsistant, imprevisible et insaisissable (jusqu’au jour où l’autre se lasse de leur courir après, justifiant à postériori leur refus de s’engager, « je le savais… »).

Aucun des deux ne peut construire un lien.

Ni moi non plus, pour être honnête, qui trainait depuis mon enfance un profil anxieux-évitant, au service des autres dans un oubli total de moi, en choisissant des mecs impossibles pour avoir une bonne excuse à l’échec et à ma propre victimisation.

Je comprends mieux. Tous les hommes de ma vie amoureuse ont ce profil et n’ont noué des relations amoureuses avec moi que parce qu’ils sentaient bien que ma fragilité n’allait pas remettre en cause leurs croyances et leurs souffrances. Devenues leur propre identité, cette souffrance les imunisaient contre un rapport à l’intimité, à la vérité de leur être dont ils avaient peur et qui pourtant est la condition essentielle d’une relation.

Etre en relation, pour un humain adulte, c’est oser se mettre à nu devant l’autre, faire confiance à l’autre pour nous accepter sans conditions, avec nos fragilités, nos peurs autant que nos talents et nos merveilles. C’est ne pas avoir peur d’être soi, ne pas avoir peur de l’autre. Baisser les barrière, donner accès à un autre à notre intimité la plus secrète, celle de notre âme autant que celle de notre corps.

C’est pourquoi l’amour, qui est la plus puissante des relations exige la liberté (cette mise à nu et ce renoncement aux barrières ne peut pas s’imposer, c’est nous, seuls, qui pouvons la décider, la vouloir, l’accepter), la confiance (comment laisser l’autre voir tout notre être sinon), et l’acceptation bienveillante de soi.

Si on se trouve nul, moche et sans intérêt, on a trop peur de le montrer. On se protège, on se renferme et on joue la comédie.

J’ai joué la comédie avec les hommes qui faisaient de même.

C’est ainsi.

Tant pis.

Mais désormais, il me faut faire un grand ménage et reprendre tout à zéro.

En commençant par une acceptation plus douce de moi, et en m’autorisant à être,

en m’obligeant à être.

Parce que je crève de trouille.

 

Deuil de lumière, La belle au bois dormant, c’est fini

Pfffffffff…..

Et la bulle se dégonfle. La bulle d’illusion explose face à la lame acérée de la réalité . Bang ! Pffffff……

Parfois c’est comme une explosion qui me saisit en pleine face et j’en suis comme assommée, parfois c’est plus insidieux. Cela s’immisce dans les interstices de ma vie, l’air de rien, par petites touches grises et cela contamine tout comme une mauvaise peste.

Ce n’est pourtant pas si terrible de regarder la vérité en face. D’accepter la réalité, telle qu’elle est. Ben si.

D’ouvrir tout grand les yeux et de sortir d’un monde d’illusions et de rêves qui me font passer à côté de ma vie.

Ma vie est pleine de possibles, joyeux ou douloureux, mais des possibles vrais. Des possibles qui font vibrer, qui font rire, pleurer, ressentir, qui font que l’on est vivant, vraiment. Alors que mes illusions me faisaient vivre dans un univers fictif de grands et beaux sentiments, de fantasmes et de mensonges qui me détachaient de cette unique vie que j’ai à vivre.

Vivre comme si…, n’est pas vivre; c’est marcher à côté. C’est accumuler un vide d’expériences et de liens qui, à force, nous transforment en sac vide et angoissé. C’est imaginer des relations qui n’existent pas, c’est vivre des sentiments qui n’existent pas , c’est s’enthousiasmer pour des projets qui n’existeront pas. C’est renoncer à exister soi-même, dans la singularité de notre apport au monde, pour endosser des costumes normalisés qui ne nous vont pas.

Ce rêve, pourtant, je ne le renie pas. Il m’a protégée dans une période de ma vie où je n’étais pas capable d’affronter la réalité toute nue, cruelle.

Détruite par mon enfance, par mon mariage, chargée de la responsabilité de 5 enfants, sans travail, sans soutien, j’étais une proie facile pour les beaux parleurs et les hommes sans scrupules. Et ils ne se sont pas gênés! Mais mes illusions ont transformé ces expériences lamentables en belles histoires d’amour et j’ai pu les traverser sans trop de dommages.

Comment j’ai pu croire une seconde qu’un homme aurait voulu partager ma vie avec mes 5 enfants et toutes mes emmerdes ? Comment j’ai pu imaginer qu’un homme allait m’aimer tellement qu’il allait prendre le risque de vivre avec moi ? Il y a toujours une part de calcul dans la formation des couples et j’étais un vrai repoussoir! Un joli repoussoir cependant qu’on pouvait maintenir dans l’illusion et mettre dans son lit pour quelques promesses. Et j’y ai cru. Dur comme fer. Comme dans les films. Une adorable idiote.

Bien sûr j’ai pleuré à chaque trahison, mais derrière, après quelques jours, l’espoir renaissait, et je repartais au combat, munie d’une nouvelle foi naïve, mes illusions en cuirasse. Celui là était un con, mais il s’en mordrait les doigts quand il réalisera ce qu’il a perdu en me voyant heureuse avec le suivant , celui qui allait m’aimer… en happy end.

et rebelotte.

Cela a duré 13 ans, à peu près.

Dont 10 ans de fidélité à un amour puissant et ténébreux qui allait, bientôt, bientôt, me revenir quand il allait réaliser à quel point il m’aimait sans le savoir… En écrivant cela je suis à la fois effarée de ma bêtise et de ma candeur toute fraîche. Cette bêtise crasse est attendrissante et si jolie. Bien sûr qu’il ne m’aimait pas, bien sûr qu’il revenait vers moi, de temps en temps, dès que ses affaires de femmes le laissaient sur le carreau, comme un marin à sa pute attitrée dans un port, bien sûr qu’il me gardait soigneusement à la marge de sa vie, disponible, plaisante et insignifiante, mais moi je l’ai aimé de toute mon âme, tel qu’il était. J’ai tout accepté pour voir son sourire et sentir ses yeux caresser mon corps, et ça, je ne le regrette pas.

Mais désormais, il s’agit de me réveiller.

La belle au bois dormant, c’est fini.

Ce deuil est donc la porte vers ma liberté. Ma vie. Celle à nulle autre pareille et surtout, celle qui n’a rien à voir avec un script ou un scénario.

Une vie que je vais vivre pour moi, et pour personne d’autre.

En attendant, je traverse un hivers de dépouillement, d’arrachement de toutes mes illusions, une à une, qui déchirent une partie de ma peau à chaque fois. souffrance… Et honte. J’ai honte de m’être montrée si bête, d’avoir tant donné à ceux qui ne le méritaient pas. J’ai mal de tout ce temps que je trouve gâché, de ces heures perdues, de ces souffrances inutiles…

Mais est ce que cela a été si inutile que cela ?

Aujourd’hui, je suis une écorchée vive que le moindre souffle abat. Je pleure 13 ans de ma vie. Je perds ce qui me faisait vivre (cette certitude, en acier trempé, d’être aimée, malgré tout), je perds mes repères même s’ils étaient artificiels. Je vacille, je me sens fragile, vide, quasi morte.

Même si je sais que cette mort n’est que celle du mensonge, je la ressens comme glaciale au fond de moi.

Et j’ai peur.

Pourtant je sais une chose:

J’entre dans un âge lumineux, un âge où je serai libre de vivre ce qui me convient, un âge où je peux être moi sans me soucier le moins du monde du regard des autres. Un âge de plénitude existentiel. Un âge dont je ne sais encore rien mais qui me sera offert.

J’ai peur, j’ai mal, mais il faut que je tienne la barre et que j’avance, les yeux ouverts, acceptant ce qui est, soucieuse de construire quelque chose de bien avec ce qui est.

 

spleen

Si j’étais un de mes clients, je lui dirais qu’il est en dépression et qu’il a vraiment besoin de prendre le temps du deuil et d’apprendre la patience.

Vide d’énergie, pleine de tristesse, je n’ai qu’une envie, qu’on me foute la paix.

J’en ai marre de lutter, de faire confiance, de chercher à trouver des arrangements et des explications pour me faire accepter par les autres, de renoncer à ce que je suis, à ce que je pense, au respect de moi-même parce qu’en face, qui je suis, ce que je pense, et ma dignité n’intéresse personne.

Trop différente. Si différente. A mille lieu des critères communs qui permettent aux gens de s’entendre.

Toute seule. Si seule. Parce que les gens veulent qu’on soit comme eux pour nous ouvrir leur vie, leur coeur, tisser des liens. Et je ne suis pas comme eux.

J’ai cru, j’ai voulu croire que j’avais trouvé quelques êtres qui m’acceptaient telle que je suis, qui sauraient m’écouter sans me juger ni m’expliquer comment vivre, qui sauraient être de mon côté simplement pare que je comptais à leurs yeux. J’ai cru que lui, me comprenait. Et qu’il me ressemblait. J’y ai tellement cru que je me suis fermée à l’évidence. J’ai accroché mes mains, mon esprit, mon âme, ma vie, à mes illusions. Et je m’y suis cramponnée comme à une bouée de survie, sourde et aveugle à la réalité autour, crispée sur mes rêves, dans ma bulle.

J’avais tellement besoin de me sentir aimée, aimable, un peu comme tout le monde, avec des amis, des amours, normale.

La bulle a éclaté. Elle a projeté dans tous les sens ses éclats de verre miroitants, me laissant face à la vérité, perdue, éperdue, chancelante, sans repères.

Les parures dont j’avais revêtus ceux auxquels je croyais ont disparu et ils sont apparus, nus, tel l’empereur des beaux habits, vrais, simples, et indifférents.

Deuil, renoncement, acceptation.

Il est maintenant temps de faire le ménage et d’arracher de moi ces douces illusions qui me faisaient vivre et sourire, mais me laissent un arrière goût de mensonge et de temps gâché.

Temps gâché à me consacrer à ceux là qui ne me le demandaient pas, à construire ma vie en fonction d’hypothétiques bonheurs, à attendre en vain une main tendue, un désir, un amour.

Temps gâché à imaginer des scénarios qui expliquaient l’absence et le silence, et n’étaient que mensonges.

Temps gâché à prendre en compte la vie des autres pour construire la mienne au lieu de m’occuper, justement, de la mienne.

M’autoriser à pleurer sur ma bêtise et ma naïveté, sur mes illusions stupides et mon acharnement coupable, sur ma fragilité et ma connerie.

Faire un état des lieux et lâcher.Lâcher tout. Mes rêves et mes fausses certitudes, ma fierté et l’image que je peux donner… je m’en fous.

Renoncer à être comme les autres, ceux qu’on comprend et que l’on aime.

Accepter d’être moi. Minablement moi. Sans lendemain qui chantent, seule. Et sereine. Sans ce jeu social dans lequel je suis clairement inadaptée et qui me détruit.

Me construire une vie douce et simple, loin des hommes, loin de ce théâtre des vanités, prendre soin de moi et m’entourer de nature et de livres. Retrouver les plaisirs de la beauté et de l’intelligence. Egrener les jours sans plus rien espérer que la tendresse des heures qui passent, la lueur rose d’un matin sur les nuages, le parfum du Lilas au printemps et le plaisir d’un café mousseux dans une jolie tasse…

Respirer, vivre, écouter, danser… et qu’importe les autres…

Ce n’est peut être pas si terrible, après tout.

le temps c’est de l’argent

Dimanche 26 janvier (à retrouver sur Luxe…)

71 kgs

Suite de ma décision de remplacer le bien être matériel par du temps et de la vie.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bougrement compliqué par les temps actuels de sortir du système. D’abord, on s’est habitué et ralentir induit une sorte de sourde peur et culpabilité qui vous fait l’impression de devenir dépressif. C’est désagréable.

Du coup, j’ai compensé avec des douceurs (moi qui n’aime même pas le sucré !) et j’ai pris 3kgs.

Résultat, un moral encore plus dans les chaussettes.

Pour le reste, je n’ai pas arrêter de courrir, de me créer des obligations, de remplir le vide supposé et ma vie pour ne pas sentir l’angoisse. Je n’ai aps réussi à tenir mes engagements de faire régulièrement mes comptes et j’ai claqué des sous pour mes enfants… Vous savez, quand on fait des cartes bleues en oubliant volontairement de noter les montants? Impossible de résister à mes loulous.

Je me donnerai des baffes !

Par contre, je résiste assez bien aux soldes.

Je me prends un livre, un thé aux doux parfums, un fruit ou une brioche (oui, bon, je sais…) et j’oublie que tout près, dans les rues autour de moi, il ya des tentations perverses qui cherchent à me séduire avec des 50 à 70 % alléchants… enfin, j’essaie. Pour l’instant, ça va.

C’est une technique éprouvée chez moi. La fuite par la littérature, le voyage autour de ma chambre, la vie rêvée d’une autre moi même, libre du temps et des emmerdes. Cela ne fait pas avancer les choses mais, pour l’instant, c’est efficace.

Il y a la version baignoire. Avec mousse ou sans mousse, savon parfumé, eau chaude et livre. Eviter de faire tomber le livre dans l’eau et prévoir une serviette à proximité pour se écher les doigts avant de tourner les pages.

Bref, c’est une vraie aventure que de récupérer la vie telle qu’on désires la vivre et je ne suis pas au bout de mes peines…

Je crois que je vais devoir renoncer à mon fantasme de femme forte et admettre que, cette année, je vais devoir accepter d’être un truc molasson qui glandouille et ne fout rien… Une looser aux yeux du monde. Assumer ce regard très déplaisant du monde et m’en foutre.

C’est pas gagné même si je pare ma démarche de « sobriété heureuse », de « lâcher prise », de « méditation » et de « slow life », le fait est que je prends radicalement à rebours tout ce que le société attend de moi et que c’est pas facile d’assumer cette réalité là.

Bisous à tous

Un nouveau monde? une nouvelle société? Il faut transgresser

Transgression…

Ah ! je vous vois penser… vous êtes en train de penser la transgression à la mode libération sexuelle et/ou morale. Dans la lignée de 1968, il est devenu tendance de renoncer à toute règle, à tout repère, à tout cadre qui pourrait limiter la victoire totale de l’individu sur le collectif.

L’individu a le droit de tout faire, de tout oser, de tout transgresser pour mener son propre épanouissement personnel. Il doit le faire. Sinon, c’est un coincé, un étriqué, un passéiste. Tant pis si cela implique de renoncer à l’autre. L’autre est de toute façon un concurrent, un empêcheur de réalisation de soi, un poseur de limites. Pouah caca !

Et on peut en dire autant de ces structures collectives que l’on appelle société, famille, équipe, collectif de travail, nation, humanité. De même l’héritage de ceux qui nous ont précédés, les sagesses traditionnelles, les philosophes qui nous ont donné leur compréhension de leur réel, la morale, la pensée religieuse… Elles mettaient en place un vivre ensemble dans un cadre reconnu de tous, et limitent, oui, d’une certaine manière, la liberté individuelle, mais en échange, permettent une reconnaissance, une sécurité, une solidarité et des liens d’amour qui nous permettent de ne pas être seuls, rejeté, abandonné, en errance, et fou. Bien sûr, ces structures vivent et comme tout vivant, vieillissent. Comme tout vivant, elles sont imparfaites, maladroites, parfois étroites et castratrices. Mais, s’il est utile de les remettre en permanence sur le chantier, il me parait dangereux de les détruire.

Aujourd’hui, il y a une injonction à tout transgresser, détruire tous les cadres, toutes les règles, tout se permettre sans limites, jusqu’au non sens, sauf la pensée.

On doit créer sa propre vie, à partir de soi et uniquement de soi, sans les autres, sans héritage, sans transmission, dans un unique but: diviniser une image de soi imposée par la société, faire de soi-même un absolu, l’alpha et l’oméga de tout mais dans un cadre normalisé, marketé, rentabilisable. Le « Je » devient roi et nous enferme dans un délire narcissique infantile qui veut tout, tout de suite, éternellement, dans la logique bien huilée de la société de l’Avoir. Il faut tout le temps avoir envie de quelque chose pour se sentir vivant, pour correspondre à l’image qui nous est assénée de la personne belle, heureuse, et admirée parce qu’elle a une voiture (ou une montre, ou un parfum, ou une lessive, ou une application, ou un téléphone, … vous complèterez…) L’objectif de l’être humain de la société de consommation est d’Avoir, d’Avoir l’autre, d’Avoir l’air, d’Avoir tout compris… et d’avoir payé pour ça. Donc de se débrouiller le mieux possible pour Avoir de l’Argent, par le travail ou la bidouille… L’Argent est le maître qui donne accès au bonheur.

Et à mesure que la transgression devient la règle en ce qui concerne les relations humaines et la morale, ce qui se manifeste à travers le sexe, qui est le domaine le plus intime et donc le plus fragile de notre humanité, la pensée, elle est de plus en plus enfermée.

La pensée se voit enfermée, limitée, technicisée, étriquée, étouffée dans les règles et des dénis, tuée.

Et c’est grave en sciences sociales, car c’est elle qui élabore les propositions du vivre ensemble d’une société. C’est elle qui doit donner du sens, c’est à partir d’elle que chacun et tous, nous construisons notre monde.

Où sont les intellectuels qui nous donnent à voir autre chose que ce qui s’est pensé avant eux, sans pédantisme, sans rabâchage, parfois revanchard, souvent abscons, de vieilles querelles ? Des intellectuels qui transgressent la pensée de leurs prédécesseurs pour adapter leur analyse au réel ?

Où sont les chercheurs qui cherchent à comprendre le monde tel qu’il est et non pas tel qu’ils ont appris à le voir ?

Où sont les femmes et les hommes qui cherchent à comprendre ce qui se passe et posent des hypothèses réellement novatrices car ils se sont oubliés en tant que « références en vue » pour se mettre humblement à l’écoute ?

Où sont les universitaires qui transgressent les règles pour rendre à la pensée sa liberté, sa folie, sa force et son intelligence, au delà du cadre scientiste et technique qui l’étouffe et la castre ?

Où sont les livres qui donnent de l’espoir parce qu’ils permettent de penser le réel, la vie, et engagent un dialogue intelligent avec la société ?

Moi je ne vois que vieilles recettes, idéologies racornies, manque d’imagination, cadre étroit et confus (sous prétexte de complexité), compétition idiote et rancœur nauséabonde. je vois de pauvres et tristes enfants qui ont peur et qui essaient d’impressionner les autres… Je ne vois qu’experts infatués d’eux mêmes qui pontifient sur les médias pour montrer à quel point ils sont intelligents et qui ne brassent que du vent ou des vieilles rengaines obsolètes.

Ah oui, on transgresse ! On a le droit de faire tout ce que l’on veut de notre corps. L’abîmer, le tatouer, l’exposer, le torturer, le vendre, le mépriser, le transformer. On a le droit de faire tout ce qu’on veut des autres dès qu’on en a les moyens et le pouvoir. Les épuiser, les violer, les licencier, les éborgner, les handicaper, les humilier, les voler, les asservir , les maltraiter (« ils n’ont qu’à se défendre, traverser la rue, avoir économisé pour leur retraire, prendre un emprunt pour leurs études, ce sont des loosers… »). Mais on n’a pas le droit de penser autrement que ce qu’on nous dit de penser. On n’a pas le droit de penser le Bien, ensemble, de penser un Bien commun possible en dehors du cadre productif !

La pensée officielle en sciences sociales est devenue esclave d’une double pensée unique, qui se bagarrent comme des gamins de cour d’école primaire, sous l’œil amusé de ceux qui sont en train de prendre le pouvoir totalitaire sur nos vies, grâce au contrôle et la désagrégation de la culture, de l’histoire, de la philosophie, des transmissions des savoirs faire qui nous donnaient les moyens de maîtriser le monde par nous mêmes, des savoirs-être ensemble qui nous permettent un juste équilibre entre notre liberté individuelle et la liberté des autres à travers des règles de respect et d’égalité de droits communs.

Il faut produire pour consommer. Et consommer pour pouvoir écouler la production.

Tout le temps

Toujours

Sans limites

Le travail, c’est une technique pour produire, toujours plus et toujours plus vite. En échange d’un salaire pour pouvoir consommer toujours plus et toujours plus vite.

Toutes les activités humaines, même les plus simples et les plus intimes doivent être utilisées pour créer de l’argent. Méditer, se reposer, dormir, aimer, lire, marcher, regarder, manger, toucher, être avec l’autre, donner, écouter, entendre sont des marchés à rentabiliser, à faire rentrer dans le cadre productif.

On crée des produit pour cela. Des formations, des coachs, des applications, des start-ups, des sites, des lieux, des méthodes, des spécialistes… payants. Et qui vont nous imposer de vivre selon un cadre bien précis. « Bien » marcher, « bien » méditer, « bien » manger, « bien » travailler… Être là où c’est rentable, rassemblé comme un troupeau à tondre, connectés, tracés, fichés.

Dans ce monde qui érige la liberté comme un absolu, notre liberté de vivre à notre guise (bien ou pas bien) en fonction de notre humeur et de notre envie, notre liberté à déterminer nous-mêmes ce qui nous fait du bien, choisir qui nous fait du bien, et où et comment on a envie de vivre, et de ne pas faire comme tout le monde, mais d’obéir à notre petite folie particulière, est condamnée.

Avoir le choix

Voir le travail comme une œuvre

Penser le loisir comme le plaisir de ne rien faire

Renoncer à la laisse des nouvelles technologies

Laisser notre corps être ce qu’il est avec plaisir

Préférer le lien à l’épanouissement uniquement personnel

Imaginer un monde dans lequel la production est au service du Bien commun et se trouve limitée par notre intelligence

Imaginer un monde où l’Avoir est raisonné,

et, à la place de l’Avoir, choisir le lien à l’autre, les moments d’échange et de partage, le temps avec l’être aimé

Imaginer un monde que tout le monde construit, à l’intérieur de règles communes, pour que personne ne reste sur la route.

Respecter la merveilleuse capacité des humains à prendre soin des autres et renoncer à la compétition et à la compétitivité qui détruit

Ce qui veut dire:

Imaginer un monde qui n’a jamais existé dans l’histoire (dans la préhistoire, c’est autre chose)

C’est renoncer aux vieilles manières de penser, adaptées (plus ou moins) au monde du passé, c’est à dire renoncer au Capitalisme néo libéral

Mais aussi au Marxisme

Et inventer les règles qui vont prendre dans le capitalisme et dans le marxisme et aussi dans notre pensée créatrice pour créer une structure fiable, pragmatique et intelligente adapté à notre temps.

Peindre, raconter, créer ce nouveau monde

Pour que les gens puissent avoir le plaisir de le construire ensemble

Et de le penser.

C’est le rôle de penseur. Initier un récit.

Je n’en voit pas…. dans les « officiels » du moins

Réalité, quand tu me tiens…

Tout d’abord, il faut partir de la réalité.

Et savoir que cette réalité est forcément subjective. Tous les penseurs politiques sont partis de la partie de la réalité qu’ils ont perçue, comprise, qui était à leur disposition. Pas de la réalité pure. La vérité est bien trop complexe pour être embrassée par la pensée humaine. Il faut toujours avoir à l’esprit que ce que l’on détermine comme la vérité, n’est que notre vérité. Cela ne remet pas en cause l’existence d’une vérité intangible, mais nous permet de ne pas prendre des vessies pour des lanternes et globaliser, universaliser et dogmatiser ce qui n’est une facette de la réalité. Pour finir par la déformer tellement qu’elle devient fausse. (au passage, aujourd’hui, la façon de remplacer la réalité par la mesure de la réalité, le pourquoi par le combien, en se prétendant scientifique est la manière la plus courante de déformer ou même de nier la réalité, une tendance très en vogue dans les universités et les cercles autorisés…)

Donc, partir de la réalité pour imaginer un avenir politique à notre monde.

Quelle est-elle, cette réalité ?

Pour beaucoup, la société est divisée en bons et en méchants. Façon facile d’organiser le monde à la Walt Disney, qui rassure et permet de désigner simplement l’adversaire. Sachant que celui qui énonce l’analyse est forcément du côté des bons.

A droite, on a une vision très individualiste de la société, issue de l’idéologie néo libérale. les bons sont les capitalistes, les riches, l’élite qui profite de la liberté de notre société libérale, bénéficiant des bonnes écoles, des bons soins, des bons logements et de tout ce qui permet à l’individu de s’épanouir et d’entreprendre. Ces gens là ont des valeurs, le goût du risque, de l’investissement, de la beauté, de l’innovation et de l’équilibre… grâce à leur héritage financier qui leur permet de faire ce qu’ils désirent sans trop de soucis. (Le self made man parti de rien est un leurre, construit pour faire croire que c’est leur valeur personnelle qui les a placés dans leur position dominante. L’idée c’est de faire croire à l’égalité des chances et la méritocratie alors qu’elle est totalement faussée par le système. A bien y regarder, les hommes partis de rien (qui ont pu exister il y a 50 ou 100 ans) sont aujourd’hui, la plupart du temps, des magouilleurs, des manipulateurs et des escrocs.)

Et donc, les méchants sont les pauvres. Syndicalistes, salariés, émigrés, locataires, pauvres, en un mot, qui vivent d’expédients et d’aides sociales. Paresseux, fourbes, stupides et craintifs. Ces idiots n’ont pas le goût du risque pour créer une entreprise qui vend du vent et faire de l’optimisation fiscale !!! Ils ne sont pas cultivés, ne comprennent rien et ne savent qu’exécuter des tâches normalisées décidées par l’élite qui, elle, est allée dans des écoles prestigieuses (et très chères) et donc a La Vérité.

A gauche, on a pris le parti inverse. Les bons sont les pauvres. Ils sont travailleurs, intelligents, solidaires, ont le sens du collectif, et honnêtes. Ils sont salariés et leur travail est exploité par des capitalistes qui ne foutent rien. Le travail est un esclavage, pénible et qui n’a pas de sens. Ils sont obligés de faire ce qu’ils ne veulent pas faire, pour pouvoir survivre. Ils n’ont rien. Ils sont fraternels, bienveillants les uns envers les autres et ont une bible (Marx et Engels) qui leur explique le monde, leur asservissement et leur libération prochaine grâce à la violence de la Révolution prolétarienne et en attendant grâce aux moyens de pressions du travail sur le capital par le biais de la Grêêêve !

Les méchants sont les riches, infatués d’eux mêmes, égoïstes, stupides, paresseux et violents. Etre patron est un crime capital, être riche également. Tout ce qui rappelle l’appartenance à cette catégorie sociale (l’argent et le pouvoir) est voué aux gémonies. Gagner de l’argent est un mal, travailler avec plaisir est un privilège que les riches se gardent pour eux… quand ils travaillent (d’ailleurs travaillent ils vraiment? ils utilisent des pauvres pour travailler à leur place ), dépenser de l’argent pour créer de la beauté est suspect (alors qu’il y a tant de pauvres à qui on a volé le fruit de leur travail), être indépendant est étrange. Cela englobe évidemment les dirigeants, les patrons et leurs familles, tous ceux qui gravitent autour ou ne rentrent pas dans le schéma du travail spolié.

Entre ces deux clans (que l’on soit de gauche ou de droite) la seule solution, c’est la guerre. Etre le plus fort, obliger l’autre à se soumettre et imposer sa domination.

N’en déplaise à la gauche, ces 40 dernières années, plus exactement depuis les années 1970, la droite a remporté la victoire. (Cf Chamayou)

Les travailleurs sont individualisés, évalués, et isolés (grâce aux nouvelles technologies) pour leur faire perdre leur force du collectif.

les entreprises sont financiarisées et mondialisées pour faire perdre aux travailleurs leur pouvoir de blocage sur la production.

Le marketing et la publicité, les réseaux sociaux et internet se conjuguent pour créer une culture de la consommation à outrance et créer des imaginaires obligatoires qui empêchent toute autre alternative sociale. ils créent une frustration permanente qui permet de soumettre les gens en ne donnant comme solution à l’angoisse que l’achat. Achat de choses, mais aussi, d’images, de bonheur, de temps, d’amour, de relations, de valeurs… Tout problème a sa solution dans l’achat. Tout besoin est rempli par un marché commercial. L’avenir également. La technologie est le hochet que l’on agite sans cesse sous le nez des gens pour leur faire croire que cela résoudra tous leurs problèmes. technologie que l’on va vendre… (aux plus méritants)

Inégalité, pauvreté , misère ? achetez du rêve et des OGM

Changement climatique ? achetez des solutions high tech pour y répondre et garder votre qualité de vie.

Catastrophes diverses et variées ? un marché s’ouvre !

Bref

Je pense que la réalité est un peu plus complexe.

L’individualisation forcenée mise en place par ceux qui ont pris le pouvoir dans les années 80, a cassé les collectifs qui structuraient la société en classes. (sauf la leur). Les gens sont aujourd’hui face à une société atomisée, où chacun essaie de s’en sortir par ses propres moyens. Pour répondre à ce rêve consumériste, les gens se sont endettés et sont prisonniers du capital dû. Les salariés n’ont plus de moyens d’action réel sur les entreprises. Et surtout, cette logique de conflit est destructrice et ne mène qu’à la destruction de notre civilisation.

Mais des pousses fraiches commencent à s’élever dans ce terreau asséché…

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